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IODE. — EXTRACTION

Les bromates mercureux, de plomb et d’argent sont insolubles. Celui de potassium est peu soluble dans l’eau froide. Tous les autres sont plus ou moins solubles.

IODE. — I = 1 26,53

Deus. vap. expér. (air) = 8,72; (H) = 125,9. P. moléc. = 253, OG.

196. Historique. — État naturel. — L'iode a été découvert par le salpétricr Courtois, en 1811, dans les cendres de varechs. Son étude, d’abord entreprise par Clément et Desormes, a été approfondie par Gay-Lussac dans des mémoires demeurés célèbres et parus de 1813 à 1815. H. Davy, qui avait à la même époque reconnu la nature élémentaire de ce nouveau corps, lui assigna son nom, en raison de la couleur violette de ses vapeurs (de ’.woyjç).

L’iode est un corps très répandu dans la nature quoique ne se rencontrant jamais qu’en minime quantité, accompagnant scs congénères le chlore et le brome et comme eux existant toujours a l’état de combinaisons, c’est-à-dire à l’état d’iodures métalliques, quelquefois à l’état d'iodatcs. Il existe dans les eaux de la mer, dans beaucoup d’eaux minérales et quelquefois dans les eaux douces; on a aussi signalé sa présence dans l’air (Chatin). Les plantes marines, varechs et fucus , absorbent les iodures contenus dans l’eau de mer et ces sels se retrouvent dans les cendres de ces plantes, aussi bien que dans les cendres de divers mollusques et polypiers. On constate facilement leur présence dans la cendre des éponges. Les animaux marins supérieurs s’assimilent également l’iode que l’on trouve surtout dans l’huile de foie de morue.

Les nitres du Chili et du Pérou sont relativement riches en iode, et cet élément y est surtout contenu à l’état d’iodate de sodium qui s’accumule dans les eaux mères du raffinage du nitre.

Signalons encore la présence de l’iode dans certains phosphates fossiles (Kuhlmann), dans le sel gemme, dans la houille. L’iodure d’argent se rencontre parmi les minerais argentifères de Zacatecas (Mexique), ainsi que celui de plomb.

197. Extraction. — Les varechs , goémons, fucus qui servent à l’extraction de l’iode sont des plantes cartilagineuses croissant au fond de la mer et que celle-ci rejette sur les cotes où on les recueille pour la fabrication de divers sels de sodium et de potas-

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sium qu’elles laissent à l’incinération. Ces plantes renferment toutes de 1 iode, mais dans des proportions très variables. Celles qui viennent du large sont généralement plus riches que celles qui croissent sur les côtes. Celles qui donnent le plus d’iode en fournissent environ 1 p. 1000 (. Digitalus stenolobus , Dig. stenophyllus, etc.).

L’incinération des varechs recueillis au printemps et séchés occasionne une perte notable d’iodures par volatilisation, aussi préfère-t-on aujourd’hui soumettre ces plantes à une calcination en vase clos qui donne lieu en même temps à des gaz combustibles et à du goudron utilisables. Les cendres sont alors mélangées de charbon. Dans l’un et l'autre cas, on les soumet à un lessivage méthodique pour en retirer les sels solubles (chlorures et sulfates de sodium et surtout de potassium avec très peu de carbonate de sodium). Après avoir fait cristalliser la majeure partie de ceux-ci on obtient une eau mère qui est traitée pour l’iode et qui renferme en outre des bromures.

Un autre procédé pour obtenir des solutions riches en iodures a été breveté il y a quelques années par MM. Pellieux et Allary. Ce procédé repose sur la fermentation ou putréfaction des varechs et sur l’osmose ou dialyse des jus provenant de la fermentation. Les iodures s’accumulent dans ces jus et ne peuvent en être retirés sans perte considérable par l’évaporation et l’incinération. MM. Pellieux et Allary les concentrent par un courant d’air chaud circulant à leur surface, et quand ils ont acquis une concentration de 30 à 40° Baume, ils les soumettent à la dialyse dans un appareil Dubrunfaut, semblable à celui qui sert à l’osmose des mélasses. Les matières organiques restent dans le dialyseur, tandis que les iodures passent avec les autres sels. Un mètre cube de jus qui par incinération, fournit lkil,3 d’iode en donne 9kil,3 par ce procédé, sans compter lkil,l qui reste avec les matières organiques et qui n’est pas perdu.

Pour retirer l’iode des lessives obtenues par Tune des méthodes ci-dessus, on peut utiliser plusieurs réactions.

1° Traitement par le chlore. — On traite la solution par un courant de chlore, qui précipite immédiatement l’iode. Comme un excès de chlore redissout l’iode, pn arrête le courant de chlore aussitôt que tout l’iode est précipité. Pour connaître ce moment on fait une prise d’essai sur le liquide clarifié, qui ne doit plus

EXTRACTION DE L’IODE. 3lt>

I abandonner d’iode par l’addition de chlore ni par celle d’nne

II goutte d’eau mère. Si le point de saturation est dépassé, on y revient par l’addition d’une quantité suffisante d’eau mère. L’iode

U est recueilli, lavé avec de l’eau, égoutté et séché sur des plaques i poreuses, puis sublimé.

2° Traitement par l’acide nitrique ou les vapeurs nitreuses. —

| Ces réactifs, comme le chlore, mettent l’iode en liberté. Comme l’iodure est accompagné de chlorures, il peut également y avoir du chlore libre, donnant du chlorure d’iode soluble; il y a donc i aussi un point de saturation à atteindre.

3° Traitement par le peroxyde de manganèse. — L’iode, comme le chlore et le brome, est déplacé de ses combinaisons (iodures) par un mélange de peroxyde de manganèse et d’acide sulfurique :

2INa + 3S04H2 + MnO2 = 2S04NaH + SCÙMn + 2H20 + 12.

Pour éviter la mise en liberté simultanée du chlore et du brome, on n'ajoute à l’eau mère que la quantité de peroxyde de manganèse nécessaire pour déplacer l'iode qui y est contenu, ce qu’on établit par une analyse préalable. L’opération s’effectue vers 100° dans des chaudières en fonte surmontées d’un chapiteau, d’où partent des tubes en plomb s’engageant sous une série d’allonges en terre; c’est dans celles-ci que se condense l’iode volatilisé. Quand il ne se produit plus de vapeurs d'iode, on ajoute une nouvelle quantité de manganèse pour recueillir le brome, dans d’autres récipients spéciaux.

4° Traitement par le sulfate de cuivre. — On isole facilement l’iode contenu dans les iodures solubles en ajoutant à ceux-ci du sulfate de cuivre, avec addition de sulfate ferreux, ou plutôt d’acide sulfureux ou de sulfite de sodium. L’adjonction de ces agents réducteurs a pour but de convertir la combinaison cuivrique en sel cuivreux, l’iodure cuivreux Cu2I2 étant tout à fait insoluble dans l’eau

2S04Cu H- 2NaI + SO2 -h 2H20 = SOlNa2 + 2SCÙH2 + Cu2I2.

On recueille ce sel et, après l’avoir lavé à l’eau, on le décompose par le peroxyde de manganèse et l’acide sulfurique.

C’est ce procédé qui est le plus convenable pour retirer l’iode des nitres du Pérou, où il est surtout contenu à l’état d’iodate de sodium. L’acide sulfureux ramenant ce sel à l’état d’iodure, on

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piécipilera on même temps par le sulfate de cuivre l’iode de l'iodale et celui de l’iodure. La réaction de l’iodate est la suivante :

2S04Ga + 2I03Na -h 7S02 + 8IPO = SO*Na* + 8SO *H2 -+• Cu2I2.

L’iode obtenu par les procédés ci-dessus doit être purifié par sublimation. Cette operation s etlectue dans des cornues en grès cb au fiées a 110 ou 120 au plus dans un bain de sable, y compris le col pour qu il ne s obstrue pas. Ce col est en communication

Fig. 100.

a\ec un réservoir ellipsoïdal dans lequel se condensent les vapeurs d’iode. L’iode ainsi purifié est vendu comme iode bisublimê.

Poui obtenu 1 iode chimiquement pur, on peut employer le procédé suivi par M. Stas pour la détermination du poids atomique de cet élément. Ce procédé consiste à précipiter par l’eau une solution saturée d’iode dans l’iodure de potassium. On lave le précipité, on le distille avec de l’eau, puis on le fait égoutter et on le dessèche dans le vide sec, d’abord sur de l’azotate de calcium, puis sur de la baryte caustique.

198. Propriétés. — Propriétés physiques. — L’iode est un corps cristallisé, presque noir, à éclat métallique, à peu près opaque. Il a pour densité 4,948 à 17°. Il fond à 113-115° et se solidifie à 1 13°, 6. 11 bout au delà de 200°, d’après M. Stas. (Les indications anciennes portaient 107° pour le point de fusion et 175° pour le point d’ébullition.) L’iode émet déjà des vapeurs à la température ordinaire et il se sublime à la partie supérieure des

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