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H*S + I* = 2HI + S

La réaction inverse se produit entre le soufre et l’acide iodhydrique sec ou en solution concentrée et chaude.

201. Propriétés. — L’acide iodhydrique est un gaz incolore, répandant à l’air d’épaisses fumées blanches, très irritantes. C’est un corps très instable, qui se forme avec absorption de chaleur.

Il est liquéfiable par le froid et cristallise à — 55° (Faraday).

Si l’on introduit, dans un flacon contenant du gaz iodhydrique une bougie ou un jet de gaz enflammé, il se décompose en émettant des vapeurs d’iode. Si l’on y verse quelques gouttes d’acide azotique fumant, il se décompose avec incandescence. 11 en est de même pour l’action du chlore, qui donne de l’acide chlorhydrique et du chlorure d’iode.

ACIDE IODHYDRIQUE.

Pour faire cette dernière expérience, on introduit du gaz acide iodhydrique dans un tube de J 00 ou 150 centimètres cubes de capacité fermé à l’une de ses extrémités et bouché par un liège, puis on fait pénétrer ce tube dans un ilacon de chlore gazeux de capacité double (le tube déplaçant son volume de gaz) en en déterminant la rupture par un choc brusque. La réaction est instantanée et se passe entre volumes égaux de gaz :

Cl2-bIH = ClH + ICl.

Le brome agit d'une manière analogue.

Le potassium, le zinc, le mercure, etc., décomposent l’acide i Iodhydrique sec.

L’acide iodhydrique est extrêmement soluble dans l’eau. La solution saturée à 0° est un liquide deux fois plus dense que l’eau, fumant très fortement à l’air. Si l’on chauffe cette solution, elle abandonne d’abord du gaz, puis atteint une composition constante ■ et distille à 127°; on arrive au même résultat par la distillation d’un acide plus aqueux qui alors commence par perdre de l’eau. lL’hydrate obtenu à 127° (sous la pression normale) renferme ‘57 p. 100 d’acide iodhydrique, soit à peu près III + 5II20 et possède une densité de 1,67.

La préparation de l’acide aqueux par l’iode et l’hydrogène sulfuré conduit à une concentration qui n’est jamais supérieure à 50 p. 100 d’acide (densité = 1,56), la réaction inverse ayant alors

lieu.

La solution d’acide iodhydrique s’altère rapidement par l’oxygène de l’air, et l’iode est mis en liberté; cet iode reste d’abord dissous, mais il arrive un moment où l’acide restant ne peut plus dissoudre tout l’iode libre, et celui-ci cristallise alors.

La lumière décompose l’acide iodhydrique en iode et hydrogène : c’est précisément l’inverse qui a lieu pour le chlore et le brome, qui décomposent l’eau à la lumière en dégageant l’oxygène.

L’acide iodhydrique gazeux est formé avec absorption de chaleur. C’est donc un composé instable ; il agit par suite comme réducteur énergique en se dédoublant en iode et hydrogène. Il réduit l’acide sulfurique et peut réduire même l’acide sulfureux. Aussi est-il employé pour enlever de l’oxygène à une foule de composés minéraux ou organiques ou pour leur fournir de l’hydrogène, l’iode alors étant mis en liberté. Il peut de plus se fixer dircctc- 1. — Chimie minérale. 2i

IODE

mont sur certains composés non saturés. Son emploi fournit une méthode d’hydrogénation indiquée par M. Berthelot et susceptible d’une grande généralisation. Dans ce genre de réactions, l’acide iodhydriquc, qui doit être employé très concentré, s’appauvrit rapidement. On pare à cet inconvénient en faisant intervenir dans la réaction du phosphore rouge qui avec l’iode mis en liberté et l’eau, régénère l’acide iodhydriquc détruit (de Luynes et Salet).

202. Iodures. — Ils correspondent aux chlorures et aux bromures et s’obtiennent par des procédés analogues. Ils sont généralement moins volatils et surtout plus altérables sous l’influence delà chaleur, surtout au contact de l’air. Les iodures mercureux, thalleux, de plomb sont très peu solubles, l’iodure cuivreux et celui d’argent sont insolubles, le dernier est jaune et se distingue par son insolubilité dans l’ammoniaque, qui le blanchit. Les autres iodures insolubles sont également colorés; ceux de plomb et de thallium en jaune, l’iodure mercureux en vert olive, l’iodure mercurique en jaune ou en rouge. Les iodures sont décomposés par le chlore, par le brome et par l’acide azotique, qui mettent en liberté l’iode, facile à caractériser par l’empois d’amidon. L’acide sulfurique dégage des fumées blanches d’acide iodhydrique accompagnées de vapeurs violettes d’iode libre.

Les iodures solubles donnent avec le sulfate de cuivre additionné d’acide sulfureux un précipité blanc sale d’iodure cuivreux Cu'-p.

203. Recherche et dosage de l’iode. — Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit de la réaction de l’iode libre sur l’amidon. Pour donner une application de cette réaction, nous indiquerons la marche recommandée par M. Chatinpour constater la présence de l’iode dans une eau. On évapore doucement de 1 à 10 litres d’eau dans une capsule avec addition de quelques décigrammes de carbonate de potassium pur, ou plus, si l’eau est très saline. La présence de ce sel empêche la volatilisation de l’iode pouvant résulter d’une décomposition des iodures dissous. Le résidu de l’évaporation au bain-marie est calciné légèrement pour détruire les matières organiques et convertir en iodure les traces d’iodate possible, puis mis en digestion avec de l’alcool rectifié à 80 centièmes environ, qui dissout l’iodure de potassium. On évapore de nouveau la solution alcoolique, on chauffe le résidu puis on l’arrose de quelques gouttes d’une solution d’amidon. L’emploi du chlore ou de l’acide azotique pour mettre l’iode en

PROTOCIILORURE D’IODE.

liberté doit être évité à cause de la difficulté de n’en pas mettre un excès, et on les remplace par une goutte d’acide sulfurique ordinaire. L’iode se manifeste par une couleur violette ou, s’il y en a très peu, par une couleur pourpre ou rosée.

De petites quantités d’iodures peuvent être décelées par la réaction du sulfate de cuivre et de l’acide sulfureux ou par une solution de chlorure de thallium qui donne, dans la solution légèrement acide, un précipité,- un trouble ou une coloration jaune très caractéristique. Ce réactif permet même de précipiter l’iode à côté du chlore et du brome. Le précipité recueilli et pesé fournit la teneur en iode. Ce procédé, quoique n’étant pas tout à fait précis, est souvent applicable lorsque la proportion d’iode n’est pas trop faible. On peut aussi séparer l’iode de ses congénères parle sulfate de cuivre ou, ce qui est plus sensible, par une solution ({'azotate de palladium qui donne avec les iodures un précipité noir d’iodure de palladium PdP, insoluble dans l’acide chlorhydrique. La calcination du précipité laisse du palladium métallique du poids duquelondéduitriodeenlemultipliantparP :Pd=2,3962(H. Rose).

L’iode se dose le plus souvent sous forme d’iodure d’argent, qu’on pèse après l’avoir fondu; la petite quantité de précipité restée adhérente au filtre donne par l’incinération de l’argent métallique, qu’on pèse à part et auquel correspond une quantité équivalente d’iode. Si l’iode est accompagné de chlore et de brome, on procède comme pour le dosage du brome à côté du chlore. On précipite le mélange par l’azotate d’argent (l’iodure comme le bromure d’argent sont contenus dans les premières portions précipitées). On pèse, après fusion, le précipité séparé du filtre ; on le traite à chaud par le brome, qui transforme l’iodure en bromure; il y a une perte de poids correspondant au déplacement de l’iode par le brome. Après un traitement par le chlore, on n’a plus que du chlorure d’argent et une nouvelle perte de poids correspondant au brome. Le calcul se fait comme cela a été indiqué page 310.

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