PROPRIÉTÉS DE L’HYDROGENE SULFURÉ
Pour liquéfier le gaz hydrogène sulfuré sous la pression nor- ; male, il faut le diriger dans un tube refroidi par un mélange d’an- , hydride carbonique et d’éther.
L’eau dissout 4,37 fois son volume de gaz hydrogène sulfuré I à 0° et 3vol,23 h 15°. L’alcool en dissout 18 fois son volume à 8° et j 12 fois son volume à 10°.
La solution possède l’odeur du gaz; elle trouve un emploi fré- I ■ quent dans les laboratoires.
Propriétés chimiques. — L’hydrogène sulfuré est combusitible et brûle avec une flamme bleuâtre; enflammé dans une j éprouvette à gaz, il brûle incomplètement et laisse déposer du soufre sur les parois du vase. Mêlé avec une fois et demie son volume d’oxygène, il constitue un mélange détonant qui donne par sa combustion son volume de vapeur d’eau et son volume d’anhy- • dride sulfureux
H1 2S + CF = H20 -f- SO2.
2 vol. 3 vol. 2 vol. / 2 vol.
Avec une quantité plus. faible d’oxygène, la combustion est incomplète et il y a dépôt de soufre; ceci a même lieu avec les rapports de 2 à 3 si l’on n’a pas eu soin d’ajouter un excès d’oxygène.
Un mélange de gaz hydrogène sulfuré et d’oxygène bien secs se conserve sans altération; mais en présence de l’eau, l’hydrogène sulfuré est lentement décomposé : le soufre se dépose et l’hydrogène est brûlé. C’est ce que l’on observe quand on conserve une solution d’hydrogène sulfuré dans l’eau aérée, ou que cette solution éprouve le contact de l’air (1).
Tous les agents oxydants décomposent l’hydrogène sulfuré; le plus souvent en se portant sur l’hydrogène et en mettant le soufre à nu, plus ou moins complètement. Lorsqu’on verse de l’acide azotique fumant dans un flacon à large goulot rempli de gaz suifhydrique, celui-ci s’enflamme vivement. Dirigé dans l’acide azotique, il le décompose et abandonne du soufre. Il en est de
(1) Certaines circonstances, notamment le voisinage de corps poreux, peuvent déterminer une combustion totale de l’hydrogène sul lu ré, qui se transforme alors en acide sulfurique. C’est ce qui a lieu dans certains établissements d’eaux thermales, minéralisées par l’hydrogène sulfuré libre, comme à Aix-les-Bains, où les rideaux de toile et même les rampes de fer sont rapidement corrodés. Cela se remarque surtout dans les parties peu ventilées comme les étuves et il est probable que la température a de l’influence sur ce phénomène, ainsi que la vapeur d’eau, qui est
à l’état de saturation.
COMBINAISONS DU SOUFHE AVEC L’HYDROGÈNE
morne lorsqu’on dirige le gaz à travers des solutions oxydantes de chromate ou de permanganate potassiques.
Le chlore et le brome décomposent l’hydrogène sulfuré, sec ou humide. Dans le premier cas, ces métalloïdes peuvent s’unir au soufre, s’ils sont en excès; dans le second cas, le soufre est mis en liberté. L’iode ne décompose l’hydrogène sulfuré qu’en présence de l’eau : la réaction, qui est très nette, sert à la préparation de l’acide iodhydrique étendu et au dosage de l’hydrogène sulfuré et des sulfures solubles.
Le chlorure ferrique agit comme le chlore ; il est ramené à l’état de chlorure ferreux et il y a dépôt de soufre
Fe2Cl6 + H2S = 2FeCl2 + 2HG1 + S.
L’acide sulfurique concentré est réduit par l’hydrogène sulfuré à l’état d’acide sulfureux et le soufre se dépose. Le gaz sulfureux et l’hydrogène sulfuré secs sont sans action l’un sur l’autre; mais lorsqu’ils sont humides, ils se décomposent mutuellement, soit totalement d’après l’équation
lorsque le mélange traverse un tube chauffé, soit avec formation simultanée d’acide pentathionique, lorsque la réaction se produit à froid au sein de l’eau :
oH2S + oSO2 = S806H2 + 5S + 4II20.
Beaucoup de métaux décomposent l’hydrogène sulfuré, en s’emparant du soufre et en mettant l’hydrogène en liberté. L’argent noircit en présence de traces d’hydrogène sulfuré. Le mercure est de même noirci par ce gaz par suite de la formation de sulfure. D’autres métaux le décomposent à chaud, et d’une manière complète; tels sont l’étain, le cadmium, etc. Le potassium, le sodium ne mettent que la moitié de l’hydrogène en liberté en se transformant en sulfhydrate (229).
L’hydrogène sulfuré possède une réaction acide faible, aussi est-il fréquemment nommé acide suif hydrique ; il agit sur tous les oxydes secs en les transformant en sulfures, avec dégagement de chaleur.
En agissant sur une solution de potasse, il fournit du sulfure ou du sulfhydrate
KIIO -F- II2S — KHS H- H20 2KHO -h H2S = K2S + 2H20.