AIR ATMOSPHÉRIQUE
338. Historique. — L’air était un des quatre éléments des anciens. Sa nature physique n’a été établie qu’au milieu du dixseptième siècle, grâce aux travaux de Galilée, de Toricelli, de Pascal, qui montrèrent que l’air est pesant. Sa nature chimique, entrevue vers la même époque par J. Rey, et un peu plus tard par J. Mayow, est restée un mystère jusqu’aux mémorables recherches de Lavoisier en 1775 (94) qui fît voir, par analyse et par synthèse,
AZOTE
que l’air est formé (l’oxygène et cl’azote. 11 avait maintenu pendant douze jours du mercure [à une température voisine de son point d’ébullition dans un espace limité d’air. Après ce temps, le volume de l’air s’était réduit de 5/6 environ et celui qui restait, la mofette atmosphérique, était incapable d’entretenir la combustion et la respiration; Lavoisier donna à ce résidu gazeux le nom d 'azote. Ayant ensuite recueilli la cliaux mercurielle, ou précipité perse , c’est-à-dire l’oxyde de mercure qui s’élail formé, il le chauffa dans une petite cornue et en isola l’oxygène dont il obtint ainsi un volume égal au sixième de l’air primitif.
L’appareil qu’il employait (fig. 121) était composé d’un matras dont le col, deux fois recourbé, s’engageait sous une cloche remplie en partie d’air et placée sur une cuve à mercure. L'opération terminée, le volume de l’air contenu sous la cloche et dans le matras s’était réduit de 50 pouces cubes à 42 pouces, mesuré dans les mêmes conditions de température et de pression. L’oxyde de mercure formé pesait 45 grains et donna 7 à 8 pouces de cet air éminemment propre à la combustion, le principe oxygine , qu il nomma ensuite oxygène. On voit que, quoique les résultats ne soient pas tout à fait exacts, combien cette méthode était rigoureusement scientifique et comment, par là même, cette simple
Fig. 121.
expérience devait être si riche en conséquences.
Ayant mélangé cet oxygène à la mofette (résidu gazeux de 1 expérience), il reconnut au mélange toutes les propriétés de 1 air.
Presque à la même époque, Scbeele faisait aussi 1 analyse de l’air, mais se contentait d’en isoler la partie irrespirable en absorbant l’oxygène par le sulfure de potassium. Priestley, qui absorbait l’oxygène par le bioxyde d’azote, avait cru pouvoir conclure que sa proportion est très variable; mais Cavendish, par le même procédé, établit que le rapport de l’oxygène à l'azote est lixeet que l’air renferme 20,8 p. 100 d’azote.