ANALYSE DE L’AIR
(jiic des rapports volumétriques entie 1 oxygène et 1 azote, négli géant les quantités très faibles de vapeur d’eau, d’acide carbonique, etc., que renferme l’air.
On a vu 96) comment on peut doser l’oxygène dans l’air. Les
expériences eudiométriques rigoureuses exécutées par V. Re-
o-nault sur l’air recueilli dans
diverses conditions de lieux et d'altitude l’ont conduit aux nombres suivants :
Oxygène. . .
Azote .....
En volumes.
En poids.
Ce procédé a l’avantage de pouvoir s’appliquer à une très petite quantité d’air.
Méthode par pesée. — MM.
Dumas et Boussingault ont employé le procédé suivant.
Un tube BB(fig. 122)en verre peu fusible, muni à chacune de ses extrémités d'un robinet en cuivre R et R', est rempli de cuivre divisé, provenant de la réduction de l’oxyde de cuivre par l’hydrogène. On y fait le vide et on le pèse avec soin.
L’une des extrémités de ce tube se relie à un ballon A d’une quinzaine de litres de capacité, également privé d’air et pesé ; l’autre extrémité s’adapte à une
série de tubes absorbants en U et de boules de Liebig C, 11 renfermant de C à F de la potasse en solution ou de la ponce potassée ; les autres, de l’acide sulfurique ou de la ponce sulfurique, de façon à retenir l’acide carbonique et l’humidité. Le tube étant placé sur une grille et chauffé au rouge, on ouvre les robinets avec précaution, de manière à faire rentrer l’air dans l’appareil.
AZOTE
Après s’ètre purifié dans les tubes absorbants, il traverse la colonne de cuivre où il abandonne tout son oxygène; le ballon A se remplit donc d’azote pur. L'expérience est terminée lorsqu’il ne rentre plus d air dans l’appareil. On laisse alors refroidir le tube et on le pèse, ainsi que le ballon, après avoir fermé tous les robinets.
L’augmentation de poids du tube comprend le poids de l’oxygène qui s’est fixé sur .le cuivre, plus le poids de l’azote qui y est contenu, puisque le tube avait été primitivement pesé vide d’air. Pour connaître le poids de l’azote, on fait de nouveau le vide et on pèse. La différence entre ces deux dernières pesées fait connaître le poids de l’azote contenu dans le tube, et la différence entre les deux pesées du tube après y avoir fait le vide, celui de l’oxygène.
L’augmentation de poids du ballon donne la quantité d’azote, auquel on ajoute le poids du gaz contenu dans le tube. MM. Dumas et Boussingault sont arrivés par ce procédé aux résultats suivants :
En poids. En volumes.
Oxygène 23,00 20,80
Azote 77,00 79,20
Ces expériences, répétées à Copenhague par M. Lewy, en 1841, à Bruxelles par M. Stas, en 1842 et par M. Marignac à Genève, en 1842, ont donné des résultats très voisins, soit 22,998; 23,100 et 22,990 p. 100 d’oxygène en poids.
340. Constitution de Pair atmosphérique. — L’analyse de l’air montre que sa composition est invariable ou au moins que les écarts qu’elle présente sont compris dans les limites très étroites. L’air recueilli par Gay-Lussac et de Ilumbold dans une ascension aérostatique, à 7 000 mètres d’altitude, celui recueilli sur le sommet des plus hautes montagnes, celui recueilli au-dessus des mers, comme celui des continents, renferment toujours la même proportion d’oxygène, soit 20,8 à 21,0 volumes p. 100, et cela en toute saison. On a remarqué pourtant que dans les pays chauds la proportion d’oxygène peut être plus faible. L'air recueilli dans le golfe du Bengale en renferme 20,4.
Cette constance avait d’abord conduit à l’opinion que l’air est une combinaison de 4 volumes d’azote avec 1 volume d'oxygène. Dalton, qui ne partageait pas cette opinion, avait pensé que l’oxygène, plus dense que l’azote, devait être plus abondant dans les couches inférieures de l’atmosphère que dans les couches