‹ Traité de chimie minérale et organiqueChapitre 249 sur 408 · ORIGINES DE L’ACIDE CARBONIQUE DE L’AIR · texte numérisé non relu

ORIGINES DE L’ACIDE CARBONIQUE DE L’AIR

de l’acide carbonique. La différence indique la quantité de chaux qui a été saturée par l’acide carbonique et par conséquent la quantité de ce dernier contenue dans le flacon. La saturation de l’eau de chaux par l'acide oxalique est indiquée par le papier de cureuma qui cesse de brunir quand cette saturation est atteinte.

Th. de Saussure avait admis que la moyenne de l’acide carbonique dans l’air est de 4 dix-millièmes. M. Reiset, par des expériences nombreuses effectuées en 1882, a montré que cette proportion est trop forte; il ne l’a jamais trouvée atteinte à Paris, à l’air libre. D’après plus de 200 expériences faites à la campagne, la moyenne générale est de 2,96 dix-millièmes d’acide carbonique. M. Sclmlze à Rostock est arrivé au même résultat, soit 2,92 dixmillièmes comme moyenne de trois ans d’observation.

343. Origines de l’acide carbonique de l’air ; causes de sa constance. — L’acide carbonique est dégagé en quantités considérables par les volcans et par les fissures du sol dans beaucoup de contrées volcaniques. C’est un produit constant de la combustion du charbon et des matières organiques, et on a calculé que la combustion des charbons de terre que l’Europe retire annuellement du sein de la terre produit 80 milliards de mètres cubes d'acide carbonique. En outre, les phénomènes de putréfaction et de combustions lentes qui s’accomplissent avec tant d’activité à la surface du sol donnent aussi lieu à d’énormes quantités d’acide carbonique. La respiration enfin verse des torrents de ce gaz dans l’atmosphère. Un homme brûle en moyenne 240 grammes de carbone par vingt-quatre heures et produit ainsi 445 litres d’acide carbonique, comme cela ressort des expériences de MM. Andral et Gavarrct. On estime que la race humaine tout entière doit produire annuellement 260 milliards de mètres cubes de gaz carbonique.

Toutes ces causes réunies devraient à la longue modifier la constitution de l’atmosphère, en diminuant d’une part la proportion d’oxygène et en augmentant d’autre part celle de l’acide carbonique. Nous avons vu pourtant que la composition de l’air est constante. Ce fait primordial tient à la respiration des végétaux. Priestley remarqua le premier que les plantes purifient l’air; lionne! observa que les feuilles qui séjournent dans l’eau se couvrent de petites bulles que Priestley reconnut plus tard être de l’oxygène. Ingenhousz démontra que les feuilles n’exercent cette fonction que sous l’influence de la lumière. Enfin, Percival et Sen- I. — Chimie minérale. 29

AZOTE

ncbier firent voir que la présence de l'acide carbonique était une condition essentielle du phénomène.

Ainsi les végétaux s’assimilent, pendant le jour, le carbone qui a été brûlé par la vie animale et restituent à l’atmosphère l’oxygène qui lui avait été soustrait.

Un autre phénomène important intervient pour régulariser la proportion d’acide carbonique dans l’atmosphère : c’est son absorption par les eaux de la mer. Il y a dans l’eau de la mer, dit M. Schloesing, 98mgr,5 d’acide carbonique par litre, principalement à l’état de bicarbonates. Une cause quelconque abaisset-elle le taux de ce gaz dans l’atmosphère, les bicarbonates en fournissent. ; dans le cas contraire, l’eau en dissout et le cède aux carbonates neutres qui se sont déposés. Ainsi la mer n’est pas une cause constante d’absorption de l’acide carbonique aérien, mais tantôt elle en cède, tantôt elle en prend et joue ainsi le rôle d’un grand régulateur. Une partie de l’acide carbonique dissoute par la mer est fixée par certains animaux sous forme de carbonate de calcium, ainsi que l’a fait remarquer M. Peligot, pour formelles coquilles, les carapaces, toutes les productions madréporiques qui vont se déposer au fond de la mer, pour constituer dans le cours des siècles des roches nouvelles. La formation relativement rapide des îles madréporiques de l’Océanie en est une démonstration frappante.

344. Autres matériaux contenus dans l’air. — Outre l’oxygène auquel il faut ajouter des traces d 'ozone (98), l’azote, l’acide carbonique et la vapeur d’eau, l’air renferme, d’une manière à peu près constante, de l’ammoniaque sous la forme de carbonate et sans doute d’azotite ou d’azotate, puis d’une manière accidentelle des carbures d’hydrogène, de l’hydrogène sulfuré, des principes volatils organiques. Enfin, il tient constamment en suspension des corpuscules de nature très variée, poussières, minérales ou organiques, êtres organisés ou aptes à la vie.

Une partie des principes gazeux résulte de la putréfaction des matières organiques ou de la vie des plantes aquatiques qui émettent du gaz clés marais et de X oxyde de carbone (Boussingault). Si l’on fait passer de l’air parfaitement privé de vapeur d’eau et d’acide carbonique, sur une colonne d’oxyde de cuivre chauffé au rouge, il y a production d’acide carbonique que 1 on peut condenser dans des tubes absorbants.

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