ACIDE AZOTIQUE
humide. Ils se combinent à l’eau avec une forte élévation de température. Leurs vapeurs attaquent énergiquement les matières organiques.
Le phosphore et le potassium s’enflamment au contact de l’anhydride azotique. Le soufre est oxydé et il se forme de l’anhydrosulfate de nitrosyle. Les métaux inattaquables par le peroxyde d’azote le sont également par l’anydride azotique.
ACIDE AZOTIQUE. — AzCUH — 62,9.
387. Historique. — Formation. — La découverte de l’acide azotique ou nitrique parait due à Geber, célèbre alchimiste arabe du viiic siècle, qui l’obtenait en calcinant le salpêtre avec de l’alun ou du sulfate de cuivre. Raymond Lulle au xm° siècle le préparait en chauffant le salpêtre avec de l’argile. Sa préparation par l’action de l’acide sulfurique sur le salpêtre est attribuée à Glauber. On l’appelait autrefois esprit de nitre ou eau-forte , ce dernier nom est encore usuel.
Jean Mayow, en 1669,- en a le premier étudié la constitution; il admettait que l’acide azotique ou nitrique est formé de deux principes dont l’un est emprunté à l’air, l’autre à la terre. Lavoisier y démontra la présence de l’oxygène. Enfin Cavendish en établit la véritable constitution en réalisant sa synthèse par l’action de l’étincelle électrique sur l’air humide (1785) et Gay- Lussac en fit connaître la composition exacte en 1816.
L’acide azotique se produit lorsqu’on fait passer l’étincelle électrique dans l’air humide; avec l’air sec, il se forme une petite quantité de peroxyde d’azote. Si l’on opère en présence d’une solution alcaline, il se forme un azotate (Cavendish). L’acide azotique prend aussi naissance lorsque l’on fait détoner un mélange d’air et d’hydrogène et si l’on opère dans un eudiomètre à mercure, la surface du mercure se recouvre de petits cristaux d’azotate de mercure (Bunsen). On constate aussi sa formation lorsqu’on fait brûler un jet d’hydrogène dans un flacon plein d’air ou bien un jet de gaz ammoniac dans l’oxygène. La production d’acide azotique et des produits inférieurs d’oxydation de l’azote est surtout abondante lorsqu’on dirige un courant de gaz ammoniac mélangé d’oxygène à travers un tube de verre contenant de la mousse de platine chauffée à 300°. L’ozone oxyde aussi directement l’ammoniaque.
COMPOSÉS OXYGÉNÉS DE L’AZOTE
L acide azotique, uni à l’ammoniaque, se rencontre dans les
atmosphérique.
388. Nitrification. — L’acide azotique ne se rencontre pas dans la nature à 1 état de liberté, par contre les azotates sont très répandus et prennent naissance d’une manière continue dans certaines circonstances. Leur production porte le nom de nitrification et résulte de l’oxydation de l’ammoniaque ou des matières organiques azotées au contact de l’air, en présence de composés alcalins et d’un corps poreux, le composé alcalin est généralement le carbonate de calcium. L’humidité est indispensable au phénomène. C’est ainsi qu’il se forme de l’azotate de calcium à la surface des murs qui avoisinent les écuries ou en général qui sont exposés à des émanations ammoniacales ; dans ce cas, le revêtement calcaire du mur fonctionne comme alcali et comme corps poreux; l’azotate formé apparaît en efflorescences blanches.
On provoquait autrefois la production de ce sel dans les nitrières artificielles (voir Azotate de potassium). L’évaporation dans les pays chauds est également une cause de nitrification qui s’ajoute à la précédente; elle donne naissance, comme l’a fait voir Schœnbein, à de l’azotite d’ammonium; ce sel, rencontrant dans le sol des carbonates alcalins ou alcalino-terreux, se transforme en azotites correspondants, que l’action oxydante de l'air convertit ensuite en azotates. Telle serait, au moins en partie, l’origine des dépôts considérables de salpêtre qu’on rencontre aux Indes, en Chine, en Egypte pendant la saison sèche, après la période des pluies. Les dépôts d’azotate de sodium au Pérou et au Chili doivent pourtant avoir une origine différente.
Aux conditions ci-dessus qui déterminent la nitrification, s’en joint une autre, sans doute la plus importante, c’est la présence d’un ferment particulier, ainsi que l’ont montré récemment MM. Schlœsing et Müntz. Ce ferment est un organisme aérobie présentant la forme et l’aspect des germes de bactéries (corpuscules brillants de M. Pasteur) ; il se reproduit par bourgeonnement et a été nommé micrococcus punctiforme. La température la plus favorable à la fermentation nitrique est voisine de 37° ; cette fermentation est nulle à 0°, très lente au-dessous de lo° et s’arrête vers 50°. Une température de 100" tue le ferment nitrique, une lumière intense diminue également son activité. Les