RECHERCHE DE L’ACIDE AZOTIQUE ET DES AZOTATES
tours ; F ammoniaque étant très facile a caracteiiscr pat le piocedé Nessler (358), on conçoit qu’il soit facile de caractériser ainsi indirectement l’acide azotique. Mais il faut avoir soin de s’assurer d’abord de l'absence de l’ammoniaque dans le liquide à examiner ou de l’expulser totalement par une ébullition suffisante avec un alcali.
L’agent le plus sûr pour opérer la réduction de l'acide azotique est le couple zinc-cuivre (1) de MM. Gladstone et Tribe. On introduit le zinc cuivré dans le liquide, de préférence très légèrement acidulé, et on l’y laisse vingt-quatre heures. La coloration brune qu’y produira ensuite le réactif de Nessler y démontrera la présence de l’ammoniaque provenant de la réduction de l’acide azotique.
On peut encore faire bouillir la liqueur avec de la potasse et de la limaille de zinc et recueillir l'ammoniaque dans de l’acide chlorhydrique étendu (la potasse renfermant très souvent des traces d’azotate ou d’azotite, il faut d’abord s’assurer de l’absence de ces sels).
La brucine, l’un des alcaloïdes de la noix vomique, est colorée en rouge par l’acide azotique; cette réaction est d’une sensibilité telle qu’elle permet de reconnaître la présence de 0gr,01 d’acide azotique dans 1 litre d’eau. En ajoutant quelques gouttes d’une solution étendue de sulfate de brucine à une eau azotique, puis un peu d’acide sulfurique concentré, la coloration apparaît aussitôt. Le narcotine se comporte d’une manière analogue.
Une solution de sulfate d’aniline additionnée d’acide sulfurique concentré donne avec quelques gouttes du liquide à examiner des stries roses ou rouges, suivant la richesse du liquide en acide azotique.
La cinchonamine , base retirée de l’écorce de Remigia jmrdieana qui est un faux quinquina, donne un azotate presque insoluble dans une solution acide; elle permet, comme l’ont fait voir MM. Arnaud et Padé, d’isoler de très petites quantités d’acide azotique. Voici, par exemple, comment on peut reconnaître la présence d’un azotate dans le suc d’une plante. On coupe la plante en tranches qu’on introduit dans une solution de 1 gramme de cinchonamine dans
(1) Pour obtenir le couple zinc-cuivre nécessaire à cet usage, il suffit de plonger des lames de zinc dans une solutiou étendue de sulfate de cuivre puis de les laver après qu’elles se sont recouvertes d’une couche de cuivre.
COMPOSÉS OXYGÉNÉS DE L’AZOTE
il eau, acidulée d’acide chlorhydrique; la présence des azo-
tates sc manifeste par la production, entre les cellules de la plante, de petits cristaux brillants d’azotate de cinchonamine.
La plupart des réactions ci-dessus sont applicables à l’acide azoteux comme à 1 acide azotique. Pour reconnaître ce dernier à côté de 1 acide azoteux, il faut d’abord sc débarrasser de celui-ci en faisant bouillir le liquide à examiner avec de l’acide acétique, qui décompose les azotites, sans toucher aux azotates.
398. Dosage de l’acide azotique et des azotates. — L’acide azotique ne formant pas de sels insolubles, sauf quelques sels basiques, ne peut être dosé par précipitation et c’est à des réactions chimiques qu’il faut avoir recours, en déterminant les produits de la réaction. Si l’acide azotique est libre, il convient le plus souvent de le transformer en azotate pour décomposer ensuite celui-ci.
Lorsque l’on veut doser l’acide azotique dans un sel, le salpêtre par exemple, on peut calciner le sel sec avec un acide fixe, comme l’acide borique ; la perte de poids donne l'acide azotique, mais il faut que l’azotate ne soit pas mélangé d'autres sels à acides volatils.
Le procédé suivant, dû à Pelouze, est beaucoup plus généralement applicable. Il est fondé sur la réaction du chlorure ferreux sur les azotates, en présence de l’acide chlorhydrique, qui donne naissance à du bioxyde d’azote et à du chlorure ferrique:
6FeCl2 + 8HC1 + 2Az03Iv = 2KGI + 4H20 + 2AzO + 3Fe2Cl6.
On peut, comme l’a recommandé M. Schlœsing, recueillir le bioxyde d’azote, mesurer le volume dégagé et en déduire l’acide azotique, ce qui nécessite l’emploi d’un appareil assez compliqué. Il est plus expéditif de déterminer la quantité de chlorure ferrique formé, ce qui a lieu à l'aide d’une dissolution titrée de permanganate de potassium. Ce réactif est décoloré par les sels ferreux el n’est pas modifié par les sels ferriques. Si donc on connaît la quantité de fer tenue en dissolution et qui décolorerait un volume connu de permanganate titré, puis que l’on détermine la quantité de ce réactif qui est décolorée après l’action de l'azotate, on pourra, de la différence entre ces deux quantités, déduire laproportion d'azotate d’après l’équation ci-dessus.
Dans un ballon, muni d’un tube effilé pour se mettre à l'abri de
ANHYDRIDE PERAZOTIQUE.
l’air atmosphérique, ou traversé par un courant d'hydrogène, on dissout 1 gramme de fd de clavecin dans 50 centimètres cubes d’acide chlorhydrique concentré et pur; quand tout le fer est dissous, à l'état de chlorure ferreux, on y ajoute 0gr,607 de salpêtre ou une quantité équivalente d'un autre azotate ; cette quantité est celle qu'il faudrait pour produire la réaction intégrale. Après quelque temps d'ébullition, tout l'azotate est décomposé, ce qui se reconnaît tà la disparition de la teinte brune. On étend ensuite la liqueur à 1 litre avec de l'eau purgée d’air, puis on y ajoute, après refroidissement complet à l’abri de l'air, la solution titrée de permanganate. On connaîtra ainsi la quantité de fer existant encore en dissolution à l’état de sel ferreux. En déduisant cette quantité de 1 gramme de fer employé, on obtient celle qui correspond au fer à l’état de chlorure ferrique et, par suite, à l'azotate (3 molécules de chlorure ferrique ou 6 atomes de fer correspondent à 2 molécules d’azotate).
Ce procédé n'est pas applicable au dosage de petites quantités d’azotates. 11 vaut mieux dans ce cas transformer ce sel en ammoniaque par le couple zinc-cuivre ou par un autre réducteur et doser l’ammoniaque par un des procédés que nous avons signalés (358). A chaque molécule d’ammoniaque = 17 correspond 1 molécule d’acide azotique Az03II = 63.
ANHYDRIDE PERAZOTIQUE. — Az2Oe(?).
399. Ce composé se forme, comme l’a fait voir M. Berthelot, lorsqu’on fait éclater l’étincelle d’induction dans un mélange d’oxygène et de peroxyde d’azote en vapeur, mais il est très instable et tend à se décomposer de nouveau en oxygène et peroxyde d’azote. MM. Ilautefeuille et Chappuis l'ont obtenu en soumettant l’air à l’action de l’eflluve. Il se forme dans ce cas en même temps que l’ozone et sa formation atteint un maximum. A ce moment, il tend à se dédoubler en peroxyde d’azote et oxygène, en même temps que l’ozone disparaît.
L’anhydride perazotique est incolore, mais caractérisé par un spectre d’absorption composé de bandes plus ou moins obscures dont les plus caractéristiques sont situées dans le rouge et dans l’orangé (X=668 à 655 et 628 à 625). Refroidi à — 23°, il se condense en une poudre cristalline blanche, très volatile. Pour établir sa composition, MM. Ilautefeuille et Chappuis ont fait I. — Chimie minérale. 33