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MODIFICATIONS ALLOTROPIQUES DU PHOSPHORE

se manifeste qu’à + 20° et est bientôt, suivi de l’inflammation du phosphore. Mais si Ton vient à diminuer la pression de l’oxygène en la ramenant à ce qu’elle est dans l’air atmosphérique, le phénomène apparaît aussitôt. On arrive à ce résultat soit en întioduisant de l'azote ou de l’hydrogène dans le tube con tenant l’oxygène pur et le phosphore, soi t en raréfiant l’oxygène.

L’expérience se fait en introduisant un bâton de phosphore, puis du gaz oxygène dans un long tube fermé par un bout et rempli de mercure sur une cuve à mercure profonde. Si le niveau du mercure est le même à l’extérieur et à l’intérieur du tube, il ne se produit aucune lueur; mais si l’on vient à soulever le tube, le gaz qu’il renferme se raréfie et il arrive un moment où les lueurs apparaissent; c’est lorsque la pression de l’oxygène se rapproche de 1/5 de la pression atmosphérique.

L’oxygène est indispensable pour que la phosphorescence ait lieu. Elle ne se produit pas dans le vide barométrique, ni dans l’azote, l’hydrogène, etc. ; on la fait apparaître par l’introduction d’un peu d’oxygène. La présence de certains gaz ou vapeurs diminue ou arrête complètement la phosphorescence dans l’air : l’éthylène, l’hydrogène sulfuré, l’acide sulfureux, le gaz d’éclairage ; les vapeurs d’éther, de pétrole, d’essence de térébenthine sont dans ce cas.

Il est à remarquer que les corps que nous venons de citer détruisent ou absorbent l’ozone. Or nous savons qu’il y a production d’ozone dans l’oxydation lente du phosphore. Il faut en conclure que la phosphorescence est liée à la présence de l’ozone. En effet si, comme l’a fait M. Joubert, on introduit un peu d’ozone dans un tube contenant du phosphore et de l’oxygène pur à la pression ordinaire, on voit les lueurs se produire, mais seulement pendant un instant; elles cessent quand l’ozone a été consommé par le phosphore et ne recommencent que par l’introduction d’une nouvelle quantité d’ozone.

Il est indispensable, pour la réussite de ces expériences, de maintenir le tube à basse température, par des affusions d’éther, par exemple, et de le soutenir par une pince et non avec la main.

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