MODIFICATIONS ALLOTROPIQUES DU PHOSPHORE
Le phosphore ordinaire conservé sous l’eau devient blanc. Mais ce n’est pas là une véritable modification allotropique, mais
PHOSPHORE
■I» passage ,1e l’état vitreux à l’état cristallin. On a aussi décrit ■me modification noire qui s’obtient par la trempe du phosphore fondu à 70». Le phosphore noir redevient jaune par la fusion, puis de nouveau noir à - 8*. L’existence de' cette modification a été contestée et on a attribué la couleur noire à des impuretés; à de l’arsenic d’après Hitler, à du mercure (Blondlol) a du phosphore rouge (P. Thénard).
408. Phosphore rouge ou amorphe. — Cette importante modification du phosphore prend naissance par l’action de la chaeur ou de la lumière sur le phosphore ainsi que sous l’influence d actions chimiques énergiques. La première mention qui en ait '•le faite est due à Emile Kopp, en 1844, qui avait observé sa formation par l’action simultanée de l’iode et du phosphore sur alcool, ainsi que son inaltérabilité à l’air et sa transformation en phosphore ordinaire par la distillation. Mais c’est en réalité aux travaux de Schrœtter, en 1845, que l’on doit une connaissance pusexacle de ce corps qu’il obtenait, comme on le fait encore aujourd hui industriellement, par l’action de la chaleur sur le phosphore ordinaire.
, Brodie a S18nalé la production de phosphore rouge dans l’action d’une petite quantité d’iode sur le phosphore fondu au fond d’un ballon rempli de gaz carbonique.
Préparation. C est par la méthode de Schrœtter qu’on prépare le plus facilement le phosphore rouge. Pour cela, on chauffe le phosphore à 230-250° dans une cornue traversée par un courant de gaz carbonique.
Industriellement, on opère dans une chaudière en fonte a (fig. 133) pouvant contenir 200 à 250 kilogrammes de phosphore et chauffée par un feu de coke dont la combustion est réglée par le robinet b qui augmente ou diminue l’accès de l’air. Le couvercle de la chaudière porte un tube c par lequel se dégage au début l’air et la vapeur d’eau, puis un peu de vapeur de phosphore qui brûle à son orifice; la température est indiquée par les thermomètres t et t' placés dans des étuis ; la tige d sert à nettoyer le tube e si celui-ci est obstrué. On porte peu à peu la température du phosphore à 240°, où on le maintient pendant dix jours environ. Après refroidissement, on détache le phosphore solide et on le broie sous l’eau.
Le phosphore rouge brut renferme toujours du phosphore or-