IODURES DE PHOSPHORE
Outre le triiodure et le penta-iodure, qui est très instable, il existe un bi-iodure P2P correspondant à l’hydrure de phosphore liquide. Us se produisent facilement par funion directe des deux éléments, de préférence en dissolution dans le sulfure de carbone.
436. Bi-iodure P2P. — Dens. de vapeur = 284.0. — Ce corps, fréquemment employé dans les expériences de laboratoire, se prépare en dissolvant 2 atomes d’iode (8P,2) et \ atome de phosphore (1 partie) dans le sulfure de carbone, mélangeant les solutions et distillant le sulfure de carbone ; le biiodure de phosphore reste sous la forme d’une masse cristalline rouge-orangé clair. La même solution refroidie à 0° abandonne une partie de l’iodure en longs prismes aplatis de même couleur (Corenwinder).
Le biiodure de phosphore fond à 110° en un liquide rouge clair, distillable sans décomposition. Sa densité de vapeur, déterminée par M. Troost à 263°, a été trouvée égale à 284,5 qui se confond avec la densité théorique indiquée par la formule PT\
PHOSPHORE ET ÉLÉMENTS HALOGÈNES
Le biiodure de phosphore fume à l’air humide en répandant des fumées d’acide iodhydrique et d’iodure de phosphonium. Traité pai 1 eau, il se décompose en produisant un dégagement régulier d’acide iodhydrique, tandis que la solution renferme de l’acide phosphoreux et de l’acide hypophosphoreux :
P2P oH20 = 4HI 4- P03H3 4- P02H3.
Cependant la réaction est plus complexe, car il se dépose en même temps des flocons jaunes de phosphore (ou de sous-oxyde de phosphore), et il se sublime de l’iodure de phosphonium. Les réactions secondaires donnant ces produits peuvent être représentées par les équations :
3P2I44-12H20 = P2 -f-4P03H3-f- J2HI 4P2I4 4- 20H2O = 3 PIPI 4- 5P04H3 4- 13 III.
Le biiodure de phosphore agit comme réducteur. Il a été employé pour la première fois par MM. Berthelot et de Luca pour transformer la glycérine C3H5(OH)3 en iodure d’allyle G3Ii5.I.
437. Triiodure de phosphore. PI3. D. vap. =205.27. — On le prépare comme la combinaison précédente en employant une demi-fois plus d’iode. On évapore la solution sulfocarbonique et on refroidit le résidu sirupeux par un mélange de glace et de sel. Le triiodure se sépare alors en lames hexagonales très solubles dans le sulfure de carbone. Il fond à 55° et cristallise par le refroidissement en cristaux volumineux (Gorenwinder). M. Troost a trouvé sa densité de vapeur égale à 206, conforme à la formule PI3.
L’eau décompose énergiquement le triiodure de phosphore d’après l’équation : PI34-3H20 = 3Hl4-P03H3.
438. Pentaiodure de phosphore PP. — Obtenu par le même procédé que les précédents, il forme une masse cristalline d’un brun noir qui se dissocie à 50° en iode et triiodure. Il est décomposé par l’eau comme le pentachlorure de phosphore (Ilampton).
439. Iodochlorure de phosphore PG13P. — Prismes rouges obtenus par l’addition d’iode, dissous dans le sulfure de carbone, à du trichlorure de phosphore (Sloot).
FLUORURES DE PHOSPHORE.
440. Trifluorure de phosphore PF13. — Dens. =33.98. — Ge gaz a surtout été étudié par M. Moissan qui l’a préparé par deux
PENTAFLUORURE DE PHOSPHORE.
procédés. Action du trichlorure de phosphore sur le üuorure d’arsenic
AsFl3 + PCI3 = PF13 + AsCP
et action du fluorure de plomb bien sec et exempt de silice sur le phosphure de cuivre
P2Cu3 + 3PbFl2 = 2PF13 4- Pb3 + Cu3.
On verse goutte à goutte le fluorure d’arsenic dans le trichlorure de phosphore ; on dirige le gaz à travers un tube refroidi à — 15° pour condenser les vapeurs liquéfiables, on le lave avec un peu d’eau, on le sèche par un passage dans l’acide sulfurique et ; on le recueille sur la cuve à mercure.
Pour le préparer par le second procédé, on chauffe le mélange au rouge dans un tube de laiton muni du tube de dégagement en plomb.
Le trifluorure de phosphore est un gaz incombustible fumant à l’air, qui se condense à —10°, sous une pression de 40 atmosphères en un liquide mobile, n’attaquant pas le verre.
L’eau froide ne le décompose que lentement en donnant de l’acide ûuorhydrique et de l’acide phosphoreux. Les alcalis agissent de même. L’acide chromique le détruit immédiatement. Il en est de même du sodium. Chauffé en présence de la silice, il donne du fluorure de silicium et une partie du phosphore est mise en liberté.
Il se combine à 1 molécule de brome. Avec le gaz ammoniac, il fournit une masse floconneuse disparaissant à l’air.
L’étincelle d’induction paraît le décomposer d’après l’équation
5PF13 = 3PF15 -f- P2.
Alélangé avec la moitié de son volume d’oxygène, il détone, et le produit formé est X oxy fluorure de phosphore PF130, fumant à l’air et donnant de l’acide phosphorique par l’action de l’eau. Il en sera question plus loin.
441. Bromofluorure de phosphore PFPBr2. — Liquide mobile ambré, cristallisable à — 20°, qui prend naissance par fixation du brome à — 10° sur le trifluorure de phosphore. Il fume à 1 air et possède une odeur très irritante. Il se transforme déjà à -Mo0 en pentabromure et pentafluorure (Moissan) :
5PFl3Br2 = 3PF18 -j- 2PBr5.