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GRAPHITE

tcarbone qui se dissout d'abord dans la fonte et s’en sépare ensuite sous forme cristalline à mesure que le fer se volatilise à l’état de chlorure.

Certaines météorites renferment du graphite, qui est identique avec celui de la fonte (Berthelot).

Propriétés. — Le graphite est d’un gris noir, opaque, gras au toucher, tachant les doigts et le papier en raison du peu d'adhérence de ses particules. Il se distingue encore du diamant par sa conductibilité pour la chaleur et pour l’électricité. Il est, comme le diamant, d’une combustion difficile. Sa densité varie entre 2,1 et 2,4. Le graphite naturel n’est jamais du carbone tout à fait pur et il laisse après sa combustion 2 à 5 p. 100 de cendres ferrugineuses et siliceuses ; il renferme en outre une petite quantité d’hydrogène.

Le graphite diffère des autres modifications du carbone par la manière dont il se comporte à l’égard des agents oxydants énergiques. Lorsqu’on traite, comme l'a fait M. Brodie, du charbon de sucre ou du noir de fumée par un mélange d’acide azotique fumant et d’acide sulfurique, il se produit une substance acide noire, soluble dans les acides concentrés, dans l’eau et dans les alcalis, insoluble dans les solutions salines ou acides. Le graphite, par contre, prend une couleur pourprée et se désagrège.

Le produit formé renferme, outre le carbone, de l'oxygène et les éléments de l’acide sulfurique. Chauffé, il se boursoufle en augmentant plusieurs fois de volume et se transforme en une masse floconneuse légère qui est du graphite très divisé. On peut aussi effectuer cette purification en traitant le graphite pulvérisé par 1/10 de son poids de chlorate de potassium et 4 parties d’acide sulfurique; quand il ne se dégage plus de gaz chlorés, on verse le tout dans l'eau. Le produit de transformation est alors séché et calciné. Si l’on veut en même temps débarrasser le graphite des matières siliceuses qui l’accompagnent, on ajoute au mélange un peu de fluorure de sodium (Brodie).

L’oxydation du graphite par le chlorate de potassium et l’acide azotique produit un composé particulier, Y acide graphitique (606).

Usages. — Le graphite ou plombagine, aussi nommé mine de plomb , est utilisé depuis très longtemps pour la fabrication des crayons (son nom vient de Ypdweiv, écrire). Le graphite naturel compacte, ou pulvérisé et comprimé, est débité à la scie en

UiU CARBONE.

baguettes prismatiques que l’on enchâsse dans des enveloppes en jois. Les crayons Conté, inventés en 1795, sont obtenus à l’aide du graphite en poudre qu’on réduit en pâte plastique avec de 1 ai>8lJe très divisée, on comprime cette pâte dans un cylindre en 1er dont le fond est percé d’une ouverture qui moule la pâte en un long cordon qu’on coupe à la longueur voulue. Suivant la proportion d argile, on obtient des crayons plus ou moins durs et plus ou moins noirs. On a aussi associé à ce mélange des matières grasses qui rendent les caractères plus indélébiles.

La plombagine, associée à de l’argile réfractaire, sert à la fabrication de creusets qu’on utilise en métallurgie, notamment pour la fusion de l’acier ou du cuivre.

On utilise encore la plombagine pour protéger le fer (tuyaux de poêle, fourneaux, etc.) contre la rouille ; on l’emploie dans ce cas, soit en poudre sèche, soit délayée avec de l’huile. Elle constitue un lubréfiant précieux pour adoucir le frottement dans les machines, coussinets, engrenages, pièces d’horlogerie, etc. On 1 emploie aussi pour le lustrage des plombs de chasse et delà Poudre à canon ; pour ce dernier usage on emploie en Angleterre le graphite purifié par le procédé de M. Brodie.

La galvanoplastie, enfin, utilise la plombagine pour rendre bons conducteurs les moules qui ne le sont pas eux-mêmes. La couche de plombagine qu’on dépose ainsi à la surface du moule empêche en même temps l’adhérence du dépôt métallique.

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