PROPRIÉTÉS DE L’OXYDE DE CARBONE
de carbone est situé à — 139,5 ou — 141°, pour une pression de 34 à 35 atmosphères. Il bout à 150° sous une pression de 20 atmosphères, et à — 190° sous la pression normale. Evaporé rapidement dans le vide, il se solidifie à — 207-211° en une masse neigeuse.
L’oxyde de carbone est absorbé par la fonte au rouge, qui en prend 4 à 5 fois son volume (Graham), c’est ce qui explique son passage, par diffusion colloïdale (28), à travers les parois d’un poêle porté au rouge. Cette circonstance est importante à considérer au point de vue de l'hygiène, en raison de la toxicité de l’oxyde de carbone. Pour remédier aux dangers qui en résultent, les poêles doivent être pourvus d’un revêtement intérieur en briques pour que la température de la fonte n’atteigne pas le rouge, ou bien être entourés d’une enveloppe de tôle laissant un espace libre en communication avec la cheminée.
Propriétés chimiques. — L’oxyde de carbone est combustible et brûle avec une flamme bleue en donnant de l’anhydride carbonique ; il ne trouble pas l’eau de cliaux, ce qui a lieu après sa combustion. Il est sans action sur le tournesol. Mélangé d’oxygène (1/2 volume), *il détone à 650°; la combinaison lente commence déjà à 480° (Mallard et Lechatelier). La mousse de platine peut déterminer cette combustion.
L’oxyde de carbone se dissocie à une température très élevée en carbone et oxygène qui transforme une autre portion de l’oxyde, dans les parties les moins chaudes du tube, en anhydride carbonique; c’est ce qu’a démontré Deville à l’aide du tube chaud-froid (9). Il est aussi décomposé par une série d’étincelles électriques.
L’oxyde de carbone est absorbé par une solution chlorhydrique ou ammoniacale de chlorure cuivreux qui l’abandonne de nouveau par la chaleur. Il donne avec le chlorure cuivreux une combinaison cristallisable.
L’oxyde de carbone réduit la plupart des oxydes métalliques au rouge et joue par suite un rôle important dans la métallurgie ; c’est par lui que sont réduits les minerais de fer dans les hauts fourneaux.
Le potassium en fusion absorbe l’oxyde de carbone en donnant des combinaisons qui se forment aussi dans la préparation du potassium ( croconate et rhodizonate de potassium).
COMPOSÉS OXYGÉNÉS DU CARBONE
Chauffé longtemps avec une lessive de polasse à 100°, il fournit du formiate de potassium (Berthelot).
coh-kho = hcook.
Exposé au soleil en présence de son volume de chlore, il s’y combine poui donner 1 oxychlorure de carbone ou phosgène.
595. Action physiologique — L’oxyde de carbone est un gaz délétère. Des lapins périssent en 23 minutes dans l'air contenant 1/45 de ce gaz (lourdes); un moineau périt instantanément dans un air qui en contient 4 à 5 p. 100; au bout de 2 minutes avec une proportion de 1p. 100 (F. Leblanc). C’est à sa piésence dans 1 air, beaucoup plus qu’à celle du gaz carbonique, que sont dus les accidents, souvent mortels, produits par les gaz que 1 on appelle vulgairement la vapeur de charbon ; celle-ci n’est autre qu’un mélange d’oxyde de carbone et d’acide carbonique émis par un brasier de charbon. F. Leblanc a vu périr un chien en 25 minutes dans une chambre où il avait allumé de la braise de boulanger et dont l’atmosphère renfermait à ce moment 4,61 p. 100 de gaz carbonique et 0,54 d’oxyde de carbone; cette dose de gaz carbonique eut été ihsuffisante à elle’seule pour déterminer la mort.
Les personnes respirant dans un air vicié par l’oxyde de carbone éprouvent rapidement des maux de tête et des vertiges suivis de syncope et finalement d’asphyxie. On sait combien ces empoisonnements, volontaires ou non, sont fréquents. Ils ont pour cause surtout un manque d’aération de la pièce dans laquelle brûle un foyer de charbon, ou qui est chauffée par un poêle en fonte.
Claude Bernard a reconnu que l’empoisonnement par l’oxyde de carbone est dù à la combinaison de ce gaz avec les globules du sang qui alors ne peuvent plus fixer l’oxygène et le porter dans le torrent circulatoire. Quant à l’empoisonnement par le gaz carbonique, il est dû principalement à ce fait que la tension de ce gaz dans l’air qui pénètre dans les poumons s’oppose au dégagement de celui qu’apporte le sang veineux et par suite à son remplacement par l’oxygène.
Le sang vicié par l’oxyde de carbone se reconnaît aisément à son spectre d’absorption qui ressemble beaucoup à celui des globules oxygénés, mais qui en diffère par ce fait que les agents réducteurs ne le modifient pas, ce qui arrive pour le sang oxygéné.