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NOMENCLATURE. — CORPS COMPOSÉS

les observa lions *qui seront relevées en temps et lieu. En ce qui concerne les métaux rares, pour lesquels les données physiques vont pas pu encore être établies avec certitude, il y aurait quelpies réserves à faire. Pour certains éléments, et nous citerons le riucinium qui est connu depuis longtemps, on n'est point encore ïxé sur la valeur réelle à assigner au poids atomique : l’oxyde de e métal est représenté par quelques chimistes par la formule GIO vec Gl= 9,08 ; pour d’autres, cet oxyde serait un sesquioxyde jPO3 et le glucinium aurait dans ce cas pour poids atomique 13,6.

Nous nous contenterons de signaler ici ces rares hésitations lues aune connaissance encore incomplète de ces éléments.

Nous ne rappellerons que pour mémoire l’hypothèse émise par ?rout, chimiste anglais, en 1800, que les équivalents des corps ■impies sont tous des multiples simples de r hydrogène. Cette hypohèse ne saurait plus être admise en présence des résultats beaucoup plus précis auxquels sont arrivés les analystes modernes. \L Stas, le premier, a montré que si, pour beaucoup de corps, iette hypothèse se rapproche de la vérité, elle ne saurait être envisagée comme une loi naturelle. Il a montré par exemple que pour l’oxygène le poids atomique ne peut pas être supérieur à 15,960.

La détermination chimique des poids atomiques est fondée sur ’ analyse de combinaisons faciles à obtenir à l’état de pureté, ou lien par la synthèse de composés bien définis, en partant des éléments amenés à un degré de pureté aussi complet que possible. Les procédés spéciaux employés pour chaque élément seront mentionnés dans l'étude de ceux-ci.

48. Corps composés. — Leur nombre est pour ainsi dire infini. xVvant les mémorables découvertes de Lavoisier, dans le dernier quart du dix-huitième siècle, et les conséquences que son génie avait su en tirer, les substances étaient désignées par les noms les plus arbitraires, sans autre règle que le caprice des chimistes ou alchimistes; aussi un même corps portait-il les noms les plus variés ; pour n’en citer qu’un exemple, nous rappellerons que le sulfate de potasse était désigné indistinctement sous les noms de specificum pur y ans, nilrum fixum ou vitriolatum, arcanum duplicatum , panacea holsatica , sel de Duobus , sel polychreste de Glaser , tartre vitriolé et autres. Les alchimistes avaient consacré les métaux aux divers astres : le plomb à Saturne, l’étain à Jupiter, le

INTRODUCTION

fer à Mars, l’or au Soleil, le cuivre à Venus, l'argent à la Lune, F j vif-argent à Mercure. Ce dernier nom est le seul qui ait survécu. I De là les noms de sucre cle Saturne, de safran de Mars, de lune 1 cornée, etc., etc., dont quelques-uns ont subsisté. D’autres fois,! les corps étaient désignés d’après leur aspect physique; les beurre. ; A étaient des substances molles, comme le beurre d’antimoine, b j beurre de bismuth; l’acide sulfurique était X huile de vitriol, etc. I

Une semblable obscurité avait porté quelques chimistes du dix- \ huitième siècle à faire prévaloir des principes fixes pour la dési- 1 gnation des sels : les vitriols étaient les sulfates; les nitres, le.4 ; azotates. C’était un progrès; mais ce ne fut qu’après la découvert* j du rôle de l’oxygène par Lavoisier, qu’on fut à même d’établii i une notation réellement scientifique. Guyton de Morveau fut 1* j promoteur de la nomenclature dont le principe est encore admis à aujourd’hui, et dont les règles premières furent posées par Guytor t de Morveau, Lavoisier, Fourcroy et Berthollet en 1787.

De même qu’on représente les éléments par des symboles ayan j une valeur numérique, on représente les corps composés par lc’iij réunion des symboles des éléments qui le constituent. Les for 1 mules PbO, KC1, SO3 représentent les combinaisons définies di plomb avec l’oxygène, du potassium avec le chlore, du soufn : avec 1 oxygène. Nous entrerons plus loin dans des détails plu précis sur la signification de ces formules, dont l'usage ne s’es répandu que longtemps après l’emploi de la nomenclature.

49. Composés oxygénés. — L’oxygène forme avec les autre: corps simples des combinaisons qui, par leur caractère chimique peuvent être partagées en plusieurs classes : les acides ou plutô leurs anhydrides , les oxydes salifiables ou basiques, les oxyde . indifférents et les oxydes non salifiables. Les acides résultent er général de l’union d’un métalloïde avec l’oxygène, les oxyde.' basiques, de l’union d’un métal avec l’oxygène. Les premier.' sont doués de certains caractères généraux : une saveur aigre et la propriété de modifier certaines couleurs végétales; ils rou gissent la teinture de tournesol (1) et le sirop de violettes. Le: bases possèdent, lorsqu’elles sont solubles, une saveur urineuse; dite alcaline, plus ou moins prononcée, elles bleuissent la teintun de tournesol et verdissent le sirop de violettes. Beaucoup d’autre;

(1) La matière coloraale du tournesol est un sel, le lithmatc de calcium , qui es bleu; l’addition d’un acide met en liberté V acide lit/unique, qui est rouge.

NOMENCLATURE. — COMPOSÉS OXYGÉNÉS.

.0rps peuvent être employés pour caractériser un acide ou une jase : l'hélianthine ou méthylorange est jaune en présence d’une 3ase et rouge en présence d’un acide minéral. La phtaléine cia ohénol est incolore en présence des acides et rouge avec les bases.

Si nous brûlons du phosphore ou du soufre à l’air, et que nous recevions dans l’eau les produits de la combustion, nous aurons me solution possédant les caractères acides. Brûlons du plomb à ’air et mettons l’oxyde ainsi produit en présence de l’eau, il iéterminera la coloration bleue du tournesol légèrement rougi : )et oxyde est basique. Il en est de même de l’eau qu'on aura raitée parle potassium ; la potasse produite estime base puissante.

Les combinaisons de l'oxygène avec les corps ci-dessus peuvent >e faire en différentes proportions, il faut donc que les noms qui ioivent les désigner rappellent le degré de combinaison.

Pour les acides, ou anhydrides, on fait suivre cette dési- ! gnation générique du nom du corps terminé par la syllabe ique s'il n'y a qu'un degré d’oxydation. S’il y a deux degrés d’oxydation, le premier est caractérisé par la terminaison eux, la terminaison ique étant réservée au composé le plus oxygéné. Le soufre forme deux degrés d’oxydation : SO2 et SO3; le premier est Y anhydride sulfureux , le second Y anhydride sulfurique. Le phosphore donne de même Y anhydride phosphoreux et Y anhydride ohosphorique. Mais il arrive que l’on découvre des degrés différents d’oxydation; pour les distinguer des autres, on fait précéder ie nom de l'espèce par la préfixe hypo lorsque le nouveau degré l’oxydation est inférieur; par la préfixe hyper ou per, lorsqu’il 3st supérieur. Ainsi Y anhydride persulfurique S207 est plus oxygéné que l’anhydride sulfurique. Les acides hyposulfureux et iy p o suif urique sont moins oxygénés que les acides sulfureux 3t sulfurique.

Pour les oxydes, on fait généralement suivre ce mot du nom lu métal. Lorsqu un même métal forme plusieurs oxydes, on nomme protoxyde ou monoxyde celui qui renferme 1 atome d’oxyncne poui 1 atome de métal; sesquioxyde, celui qui renferme 3 atomes d’oxygène pour 2 atomes de métal ; bioxyde , trioxyde, etc., pour celui qui renferme 2 ou 3 atomes d’oxygène. Le terme peroxyde est employé pour l’oxyde (non acide) le plus oxygéné. L expression protoxyde a souvent été employée pour désigner le premier oxyde cl deutoxyde ou bioxyde pour désigner le second. I. — Chimie minérale. a

INTRODUCTION

Ces désignations sont défectueuses et sujettes à confusion; ainsi 1 le bioxyde de mercure , le bioxyde de cuivre n’ont pas pour coin- j position HgO2, GuO2, mais IlgO et CuO; il vaut mieux les nom- j mer protoxydes, en nommant les oxydes inférieurs Hg20 et Gu2( 1 | oxydules ou sous-oxydes. Une appellation basée sur les meniez | principes que la nomenclature des acides est préférable et s’étenc i à toutes les combinaisons du même ordre. On désignera les I oxydes ci-dessus et d’autres par les noms suivants :

Oxyde mercurique IlgO

— cuivrique CuO

— ferrique Fe203

— slannique SnO2

Les métaux peuvent aussi former avec l’oxygène des combinait g sons à caractère acide, tel est le manganèse. Comme ce métal | forme une série très nombreuse d’oxydes, nous croyons utile d’eJ donner, comme exemple, la liste avec les noms qui leur con

viennent :

Protoxyde ou oxyde manganeux MnO

Oxyde mixte Mn30;

Sesquioxyde ou oxyde manganique Mu203

Bioxyde ou peroxyde MnO2

Anhydride manganique (acide) MnO3

Anhydride permanganique (acide) Mn207

Le second de ces oxydes, que nous avons désigné par mixte, e: envisagé comme un oxyde salin, c’est-à-dire comme une comb liaison de deux autres oxydes MnO et Mn203. Le bioxyde MnO2 e ce que l’on a nommé un oxyde singulier, parce qu'il paraissait r présenter ni caractère acide ni caractère basique. On voit encoi que les oxydes les plus riches en oxygène sont indiqués conin anhydrides acides.

Il existe, enfin, des oxydes dits indifférents ; ce sont ceux qe suivant les circonstances, peuvent fonctionner comme oxyd acides ou comme oxydes basiques. Le sesquioxyde d’aluminiu ou alumine APO3, l’oxyde de zinc, etc. sont dans ce cas.

Les alcalis, les terres alcalines sont des oxydes ou leurs b drates, connus depuis longtemps, et dont les métaux sont difficil à isoler ; le nom de ces métaux a été tiré de celui de la terre ell même, et l’on a conservé à ces oxydes le nom ancien. Telles so-

Oxyde mercureux Ilg20

— cuivreux Cu20

— ferreux FeO

— stanneux SnO

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