AFFINITE
enfin ce dernier par du charbon, à une température élevée : le charbon s’emparera de son oxygène pour donner du gaz carbonique, et le fer sera de nouveau libre. Ce sont là des réactions chimiques donnant naissance à une succession de combinaisons ; en dernier lieu, on retrouve le fer qui avait d'abord été combiné au soufre dans le sulfure de fer.
Le mercure peut se combiner directement à l’oxygène de l’air, pourvu qu’on le porte à une température suffisante; il se convertit ainsi en une poudre rouge qui, portée ensuite à une température plus élevée, se scinde de nouveau en oxygène et mercure.
Les molécules de sulfure de fer, d’oxyde de fer, de gaz sulfureux, de gaz carbonique, d oxyde de mercure, sont des molécules de corps composés. Quant au fer, au soufre, au charbon, au mercure, à l’oxygène, qui entrent dans la composition de ces corps, on n’a pu encore les dédoubler. Ces corps sont les corps simples ou élémentaires.
4. Affinité. — Les molécules des corps simples ou des corps composés sont retenues entre elles par la cohésion. Mais cette cohésion ne doit pas être confondue avec la force qui rive les uns aux autres les atomes, similaires ou non, dans les molécules et qui maintient unis les éléments d’un corps composé. Cette force est Y affinité et l’on dit souvent quelle est élective , c’est-à-dire qu elle ne s'exerce pas indifféremment, ni avec la même intensité, entre tous les corps. On veut exprimer par là ce fait que la formation de chaque combinaison exige un travail plus ou moins grand de la force chimique, ou affinité, travail qui peut d’ailleurs être mesuré par la chaleur dégagée. (Voy. Thermo-chimie.)
Dans l’action de l'air sur le plomb, c'est l’affinité qui porte l’oxygène sur le plomb et les maintient unis. En chauffant l’oxyde de plomb avec du charbon, on revivifie le plomb, et le charbon s’empare de son oxygène, comme si son affinité pour ce corps était plus puissante, dans les conditions de l’expérience, que celle du plomb. Cette notion, très ancienne, revient à celle-ci : Il y a plus de travail chimique effectué dans l’union du charbon avec l’oxygène que dans celle du plomb avec le même élément, ce qui est indiqué par un plus grand dégagement de chaleur, et la réaction marche dans le sens du plus grand travail possible de l’affinité.
5. Circonstances qui déterminent les combinaisons chimiques. — Pour que deux corps puissent entrer en conibi-
INTRODUCTION
liaison, il faut que, dans l’un d’eux au moins, les molécules soient amenées dans un état de mobilité qui permette leur contact plus intime avec les molécules du corps voisin. Cette condition, qu’on peut regarder comme indispensable^ n’est pas toujours suffisante; en ellet, beaucoup de liquides ou de gaz peuvent être mélangés sans que leur affinité se manifeste. Celle-ci 11e s’exerce que dans certaines limites de température. Ainsi, pour que les gaz hydrogène et oxygène se combinent pour former de l’eau, il faut porter le mélange en un point à une température de 500° environ.
Une élévation de température est donc souvent indispensable pour déterminer les combinaisons. Une partie de la chaleur qu’on communique ainsi aux corps en présence est employée à préparer la combinaison en diminuant la cohésion; une autre partie sert à augmenter X énergie chimique des atomes.
L’ électricité peut aussi agir de diverses façons. Une étincelle électrique détermine, comme la chaleur, la combinaison des gaz hydrogène et oxygène. L 'effluve ou les décharges obscures , en exaltant l’énergie des atomes, favorisent un grand nombre de combinaisons.
La lumière peut également provoquer l’exercice de l’affinité. Les gaz hydrogène et chlore, sans action l’un sur l’autre à froid et dans l’obscurité, se combinent brusquement sous l’influence des rayons solaires ou de certaines lumières artificielles, par exemple celle de la flamme du sulfure de carbone mélangé de peroxyde d'azote liquide, ou brûlant dans une atmosphère de bioxyde d’azote ; cette flamme est riche en radiations chimiques.
Les corps poreux possèdent la propriété de favoriser certaines combinaisons gazeuses. Le platine très divisé ( mousse de platine , noir de platine) jouit surtout de cette faculté. Si nous présentons un fragment de mousse de platine à un jet de gaz hydrogène, nous le voyons rougir et le gaz prendre feu. Cette propriété est due en général à une condensation du gaz dans les pores du platine, condensation qui a lieu avec dégagement de chaleur (dans le cas particulier, la chaleur dégagée est due en partie à la combinaison du platine avec l’hydrogène). Le platine détermine de même la combinaison du gaz sulfureux avec l’oxygène.
Les phénomènes de nitrification (combinaison de l’azote avec l’oxygène en présence d’un composé alcalin) sont également facilités par la présence de corps poreux.