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COMBINAISONS CHIMIQUES

Influence de la pression. — Dans beaucoup de cas, la réaction entre deux corps liquides ne peut s’exercer qu’à une température supérieure à leur point d’ébullition. Il faut alors, pour la réaliser, élever ce point d ébullition. C’est à quoi l’on arrive en chauffant les corps dans un espace limité, à parois résistantes; les vapeurs produites exercent alors sur le mélange liquide une pression qui permet d’atteindre une température supérieure au point d’ébullition de l’un au moins des liquides mélangés et suffisante pour déterminer la réaction.

Les corps solides eux-mêmes, qui par leur simple mélange sont sans action l’un sur l’autre, peuvent également entrer en combinaison lorsqu’on les soumet à une forte compression. Le soufre et le mercure s’unissent lorsqu’on les triture longtemps ensemble.

Influence de la dissolution. — Nous avons vu que pour que l’affinité puisse s’exercer entre deux corps il faut que leurs molécules jouissent d’une certaine mobilité qui facilite leur contact mutuel et que la chaleur, en dilatant les corps et en les amenant à l’état liquide, les rende aptes à entrer en combinaison. La liquéfaction des corps solides peut être déterminée autrement que par l’action de la chaleur seule. Un corps qui est dissous dans un liquide est liquide lui-même; mais il faut ajouter que pour entrer en dissolution il a dû absorber une certaine quantité de chaleur. Ainsi dissous, c'est-à-dire liquéfié, il peut entrer en réaction, alors qu’à l’état solide il serait resté inerte à l’égard d’un autre corps.

Mélangeons du bicarbonate de sodium en poudre avec de l’acide tartrique également en poudre ; il ne se produira pas de réaction appréciable. Si maintenant nous arrosons le mélange avec de l’eau, il s’établira immédiatement une vive réaction, se manifestant par un dégagement tumultueux de gaz acide carbonique. Les phénomènes de cet ordre avaient conduit les anciens à cet axiome : Corpora non agunt nisi soluta.

6. Phénomènes qui accompagnent les combinaisons chimiques. — Si la chaleur est nécessaire pour déterminer les combinaisons chimiques, elle en est d’autre part une manifestation constante. Un mélange d’hydrogène et d’oxygène qui, comme on I a vu, exige une température de 500° pour entrer en combinaison, produit à ce moment un dégagement de chaleur infiniment supérieur (la température produite peut être évaluée à 2500°) ; c’est pourquoi il suffit de porter un des points du mélange à une température

INTRODUCTION

de 500° pour <jiie la combinaison se propage instantanément dans toute la masse. Lorsque la chaleur dégagée par une combinaison est considérable, elle peut porterie mélange à l’incandescence; il y a alors production de lumière. C’est ce qui a lieu dans le cas que nous venons de rappeler, ainsi que dans beaucoup d’autres. En voici un exemple entre mille : introduisons dans un tube un fragment de baryte caustique et dirigeons-y des vapeurs d’anhydride sulfurique; la combinaison se fera rapidement et la baryte sera portée au rouge vif sous l’influence de la chaleur dégagée.

Toute combinaison chimique directe est accompagnée d’un dégagement de chaleur. Si la combinaison est très lente, cette chaleur pourra ne pas être directement sensible, la quantité dégagée dans un temps donné étant trop faible. Nous reviendrons avec plus de détails à ce sujet dans un chapitre spécial consacré aux principes de thermo-chimie.

Nous aurons également à revenir sur une autre manifestation accompagnant les combinaisons chimiques, nous voulons parler des courants électriques auxquels elles donnent naissance.

7. Décompositions chimiques. — Il faut distinguer plusieurs sortes de décompositions chimiques; les décompositions directes ou dédoublement d’une molécule complexe en molécules simples ou en d’autres molécules composées ; les doubles décompositions, déterminées par un conflit d’affinités. Ces dernières sont les plus nombreuses, surtout si l’on y fait rentrer les décompositions déterminées par l’action d’un, corps simple sur un corps composé. Quelques exemples suffiront pour en faire concevoir le mécanisme. On a déjà signalé la décomposition de l’oxyde de plomb par le charbon; l’oxygène d’abord uni au plomb se porte sur le charbon à la température de l’expérience, donnant un composé gazeux, le gaz carbonique, et du plomb métallique. L'hydrogène agit de même sur un grand nombre d’oxydes métalliques, mettant le métal en liberté et donnant de l’eau en s'unissant à l'oxygène.

Voici de l’oxyde rouge de mercure, combinaison d’oxygène et de mercure. Soumettons-le à l’action du gaz chlorhydrique, combinaison d’hydrogène et de chlore. Nous verrons immédiatement la couleur de l'oxyde disparaître, et à la place de ce corps nous trouverons un composé cristallin blanc, le sublimé corrosif, combinaison du chlore avec le mercure; quant à l’oxygène de l’oxyde de mercure, il s’est porté sur l'hydrogène de l'acide chlorhydrique,

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