‹ Traité de chimie minérale et organiqueChapitre 75 sur 408 · SPECTRES D’ABSORPTION · texte numérisé non relu

SPECTRES D’ABSORPTION

quel point on peut ainsi augmenter l’intensité de la lumière solaire sans faire disparaître la raie du sodium, il fit tomber la lumière directe du soleil sur la fente de l’appareil, à travers la flamme du sodium, et il vit à son grand étonnement apparaître la raie noire avec une intensité extraordinaire. Le même phénomène se produisit lorsqu’il remplaça la lumière solaire par la lumière de Drummond, ou par un fil de platine porté à l'incandescence; cependant ces sources lumineuses donnent des spectres continus, privés de raies obscures (Ann. Ch. Phys. 3, t. LXV1II, p. 19).

Ces phénomènes s’expliquent aisément dans l’hypothèse qu’une flamme chargée de sodium absorbe les rayons de même réfrangibilité que ceux qu’elle émet, et qu’elle est au contraire parfaitement transparente pour tous les autres ; cela résulte de l’égalité entre les pouvoirs émissif et absorbant.

77. Spectres d’absorption. — La raie noire qui résulte du renversement de la raie brillante du sodium s’observe aisément en brûlant un fragment de sodium devant la fente du spectroscope. Il se produit d’abord la double raie brillante du sodium ; mais lorsque la combustion est devenue très active, on remarque un spectre continu, mais pourvu des mêmes raies , devenues obscures. A ce moment, le sodium forme un noyau incandescent émettant toutes les radiations ; mais celles-ci sont obligées de traverser la vapeur incandescente jaune, qui absorbe les rayons quelle émet elle-même.

Les spectres à raies noires sont donc des spectres d 'absorption.

Si l’on intercale entre une source lumineuse et un spectroscope un cylindre creux de fer fermé par des glaces, dans lequel on vaporise diverses substances : sodium, potassium iode, etc., on observe les spectres d’absorption de ces vapeurs : ces spectres ne correspondent pas toujours aux spectres d’émission ; mais il faut remarquer que ceux-ci sont produits à une température beaucoup plus élevée. Beaucoup de gaz et de vapeurs, même incolores, produisent des spectres d’absorption caractéristiques pour chaque substance. La vapeur d’eau sous pression est dans ce cas (Janssen).

On observe encore des spectres d’absorption en plaçant devant la fente d’un spectroscope des solutions de corps colorés, tels que les sels de chrome, d’urane, les permanganates, etc., ou bien des solutions de matières colorantes. Pour celles-ci les spectres d’absorption sont aussi caractéristiques que les spectres d’émission poulies combinaisons des métaux.

INTRODUCTION

L’examen du spectre d’absorption du sang’ fait voir des différences caractéristiques suivant que sa matière colorante, l’hémoglobine, est combinée à l’oxygène (oxyhémoglobine du sang artériel) ou qu’elle est unie à de l’oxyde de carbone, ou à de l’acide cyanhydrique (Hoppe-Scyler, Stockes). On a construit pour cet usage des appareils spéciaux dans lesquels les spectres sont amplifiés par un microscope. La figure 47 représente le spectre de l’oxybémoglobine (1) et celui de l’hémoglobine réduite (2).

| n îijti rr j lin 1 1 1 1 Tj itti jti i i j i v i » pTrrp r rTjTTTr 1 1 1 1 1 pi m pTnjrn rj iTrrprri p 1 1 ijtt n 1 1 1 1 1 1

Fig. 47.

L’examen des spectres d’absorption est, comme celui des spec^ très d’émission, d’un usage important pour l’analyse minérale. C’est grâce à lui qu’on est arrivé à caractériser une partie des éléments rares contenus dans la cérite, la gadolinite, etc., dont les uns possèdent un spectre d’absorption et non les autres.

Les spectres d’absorption des matières colorantes varient avec la nature des substances qui les accompagnent (acide, ammo niaque, etc.). L’examen de ces spectres est d’un grand secours pour caractériser cette classe de substances.

Pour figurer les spectres d’absorption on représente généralement l’intensité des raies ou des bandes par des courbes dont le point culminant correspond à l’absorption la plus forte. Une inflexion plus ou moins brusque de la courbe indique une dégradation correspondante de la bande d'absorption.

78. Spectroscopie céleste. — La comparaison des raies du spectre solaire avec les raies claires qui caractérisent les substances de notre planète montre une coïncidence parfaite entre un grand nombre d’entre elles, non seulement comme position, mais aussi comme intensité relative. La raie du sodium, comme nous l’avons vu, est nettement caractérisée dans le spectre solaire ; il en est de même des quatre raies de l'hydrogène et des nombreuses raies du fer.

Page 1