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OXYGENE.
le] était l’état (le la question à l’époque où Lavoisier entreprenait ses premières recherches sur ce sujet, en I 772. Son esprit rigoureux et méthodique ne pouvait se contenter de raisonnements aussi
contraires à l’observation directe et à la raison. Il fit voir que non seulement les métaux, mais tous les corps augmentent de poids en brûlant. Ayant brûlé du phosphore dans un appareil clos, plein d’air et pesé, il constata que le poids de l’appareil restait invariable, quoique le produit de la combustion pesât plus que le corps brûlé ; l’augmentation de poids subie par celui-ci était donc due à une partie de l’air enfermé dans la cornue et non à une cause extérieure, telle que le calorique. La même expérience répétée avec l’étain le conduisit au même résultat : l’augmentation de poids de l’étain était précisément égale au poids de l’air disparu, comme le démontrait la pésée de l’appareil après y avoir laissé rentrer l’air.
La découverte de l’oxygène par Priestley, puis par Lavoisier luimême, qui l’isola directement de l’air par l’intermédiaire du mer-: cure, vint donner une éclatante sanction aux interprétations de ses premières expériences. Il acheva de démontrer dans la suite que tous les corps combustibles donnent en brûlant un poids de produits exactement égal à celui du combustible, plus celui de l’oxygène fixé; en un mot, que rien ne se crée et rien ne se perd, principe qui aujourd’hui passe pour un axiome. La combustion de l’esprit-de-vin, de l'huile, de la cire donne naissance à de l’eau et à de l’acide carbonique; Lavoisier recueillit ces produits delà combustion, et de leur poids, comparé à celui du corps brûlé, il put déduire la composition approximative de ce dernier.
Malgré sa grande simplicité, malgré la rigueur mathématique des déductions, la théorie de Lavoisier sur la combustion trouva une grande résistance et fut vivement combattue par ses contemporains, même les plus illustres, habitués à raisonner avec un être imaginaire. Berthollet écrivait encore en 1785 dans le système du phlogistique, et ce ne fut qu’en 1 7 8 G que Fourcrov introduisit la théorie de Lavoisier dans son enseignement. Quant à Priestley, auquel pourtant est due la première découverte de l’oxygène, il mourut phlogisticien en 1804.
95. Respiration. — L’acte de la respiration est un phénomène de combustion lente, et l’on savait depuis longtemps qu’un air devenu impropre à la combustion l’est aussi à la respiration. Déjà,
RESPIRATION
t en 1669, J. Mayow disait que l’esprit niLroraéricn est formé do particules absolument nécessaires au maintien de la vie animale , qui sont séparées de V air et mêlées a la masse du sanq. G est encore aux Iravaux de Lavoisier qu’on doit la connaissance exacte des phénomènes chimiques qui accompagnent la respiration. L’air dans lequel a respiré un animal, et qui est devenu irrespirable, occupe sensiblement le même volume qu’avant le phénomène, ce qui a lieu aussi pour l’air dans lequel on a brûlé du charbon. Comme celui-ci, l'air après la respiration renferme de l’acide carbonique, et son volume devient le même dans les deux cas lorsqu’on absorbe cet acide carbonique par un alcali. A ces observations importantes, faites en 1777, succèdent bientôt les remarquables recherches de Lavoisier et de Laplace sur la chaleur animale développée par la respiration, desquelles il résulte que la chaleur produite est - supérieure à celle que produirait la combustion du charbon pour produire la même quantité d’acide carbonique que la respiration. .Lavoisier reconnaît plus tard que cela tient à ce qu’il y a en même temps combustion d’hydrogène. Quant à l'azote de l’air, il ne prend aucune part à ces phénomènes.
Lavoisier place le siège de la respiration dans le poumon. Cet organe devrait donc être plus chaud que le reste du corps, ce qui n’est pas. Lavoisier et Laplace répondaient à cette objection par la rapidité de la circulation du sang et par l’évaporation qui se produit dans le poumon. Lavoisier avait pourtant dès l’origine entrevu le vrai sens du phénomène, c’est-à-dire que le sang vient se charger d’oxygène dans le poumon, d’où il se répand dans le système artériel où se passe la combustion.
L’oxygène pur peut être respiré impunément pendant quelque temps. Régnault a fait vivre des animaux pendant vingt heures, sans qu’ils éprouvassent de malaise, dans un air renfermant 2 à 3 fois plus d’oxygène que l’air atmosphérique, mais en ayant soin d absorber l’acide carbonique produit. Il est probable qu’à la longue ce régime ne, laisserait pas que d’apporter des troubles dans l’économie.
Sous pression, l’oxygène agit comme un poison, ainsi que l’a fait voir P. Bert : un oiseau meurt avec de violentes convulsions dans de l’oxygène comprimé à 3 ou 4 atmosphères.
96. Dosage de l’oxygène libre. — L’oxygène peut être facilement séparé des mélanges gazeux par divers réactifs absor-
OXYGENE.
bants ; ceux que l’on emploie le plus fréquemment sonL le phosphore et le pyrogallol en présence d’un alcali. Le phosphore ordinaire absorbe assez rapidement le gaz oxygène, dont la proportion est indiquée par la diminution de volume qu’éprouve le mélange gazeux après quelques heures, en ayant soin de faire subir aux volumes observés, avant et après l’absorption de l’oxygène, les corrections habituelles de température, de pression et de tension de vapeur d’eau. L’expérience peut se faire à la température ordinaire dans une éprouvette ou dans une cloche courbe et en chauffant.
Lorsqu’on introduit du pyrogallol sous une cloche contenant de l’oxygène, mélangé ou non d’un autre gaz, sur la cuve à mercure, il ne se produit pas de réaction ; mais si l’on y fait passer ensuite un peu de potasse caustique, on voit aussitôt le pyrogallol se colorer en brun foncé, en même temps que le volume du gaz diminue ; la coloration intense que prend le liquide rend ce mode d’absorption assez peu pratique.
L’oxygène peut encore être absorbé par l’hydrate ferreux (mélange de sulfate ferreux et de potasse). M. von der Pfordten a recommandé récemment l’emploi de la solution bleue de chlorure chromeux, que l’on obtient en réduisant une solution de chlorure chromique par le zinc et l’acide chlorhydrique, précipitant par l’acétate de sodium, dans une atmosphère d’acide carbonique, puis dissolvant l’acétate chromeux précipité dans l’acide chlorhydrique.
Le moyen le plus précis pour doser l’oxygène dans un mélange gazeux exempt de composés oxygénés, l'air par exemple, consiste à faire détoner dans l’eudiomètre, sur la cuve à mercure (37), le mélange avec un excès d'hydrogène : la diminution de volume résultant de l’eau formée est due pour un tiers à l'oxygène. Si Y représente le volume de l’air, Y’ le volume de l’hydrogène et Y" le volume final, la quantité x d’oxygène est donc don-
Y-bY'-Y" née par l’équation
toutes corrections faites.
C’est par ces procédés qu’on peut doser l’oxygène dans l’air atmosphérique et dans l’air dissous dans les eaux, après qu’on l’en a expulsé par l’ébullition.
On doit à MM. Schiitzenbcrger et Risler un procédé très élégant et très précis pour doser l’oxygène dissous dans une eau ; il est