HISTORIQUE DE LA COMBUSTION
En 1630 déjà, Jean Rey, médecin péri gourd in, soutenait glorieusement que le surcroît de poids vient de l'air et il appuyait sa thèse sur des arguments d’autant plus remarquables que les découvertes de Descartes, de Pascal, de Toricelli sur la pesanteur de l'air n’avaient pas encore vu le jour. J. Rey met du reste luimême cette pesanteur hors de doute. J. Mayow, médecin anglais, arrivait quarante ans après à une conclusion identique et admettait que l’augmentation de poids subie par les métaux est due à un principe particulier de l’air et qui n’en constitue qu’une partie, Y esprit nitro-aérien. Ces conceptions si justes ne prévalurent pas contre certaines idées abstraites sur la nature du feu. Boyle à la même époque soutenait que l’augmentation de poids était due à la fixation du principe du feu qui traversait les parois du vase ; de même Lémcry et d’autres. De plus, une nouvelle théorie se produisit, qui devait dominer pendant tout le dix-huitième siècle. Stalil, médecin du roi de Prusse, supposa que les métaux sont formés par une terre métallique unie à un principe inflammable, le phlogiston ou phlogislique. Ce principe se perdait par la calcination, laissant la terre métallique ou métal cléphlogistiqiié. Inversement, pour revivifier le métal, il fallait lui restituer le phlogistique en chauffant la terre avec un corps riche en phlogistique, par exemple le charbon. Stalil pourtant ne devait pas ignorer l’augmentation de poids que subissent les métaux par la calcination, seulement il n’en tenait pas compte, et tous les efforts qu’ont faits ses partisans pour faire cadrer cette théorie avec les faits les mieux observés ne réussirent qu’à les dénaturer. Comment concevoir en effet qu'un corps puisse acquérir une augmentation de poids en perdant une partie de sa substance et, réciproquement, qu'il puisse perdre du poids en reprenant ce principe ? Guyton de Morveau chercha à pallier cette contradiction en admettant que le phlogistique est plus léger que l’air, mais cette explication n’était pas soutenable, comme l’a fait remarquer Lavoisier, attendu que dans ce cas l’augmentation de poids devrait être tout au plus égale au poids de l’air déplacé, ce qui est bien loin de la vérité. Il aurait fallu admettre pour le phlogistique un poids négatif. Chaque chimiste du reste se faisait une idée spéciale du phlogistique, ce Protée, comme l’appelait Lavoisier, qui changeait de forme et d’allures suivant les circonstances.