‹ Traité de chimie minérale et organiqueChapitre 98 sur 408 · NATURE DE L’OZONE · texte numérisé non relu

NATURE DE L’OZONE

d’iode et formation sans doute d’un peroxyde de potassium. Le chlorure de potassium est converti en chlorate. On a déjà vu le parti que l’on tire de l’action de l’ozone sur l’iodurc de potassium et l’amidon pour constater sa présence.

L’ammoniaque donne dans une atmosphère d’ozone des fumées blanches d’azotite d’ammonium. L’ozone transforme les sels ferreux neutres en sels ferriques basiques. Il agit sur les sels mangancux en en séparant de l’hydrate de peroxyde ; ainsi une bande de papier imprégnée de sulfate manganeux brunit dans une atmosphère ozonéc. Il en est de même du papier imprégné de proi toxyde de thallium; celui-ci est transformé en peroxyde brun.

L’ozone attaque énergiquement les matières organiques. Il transforme le cyanure jaune en cyanure rouge. Il attaque profondément le caoutchouc ainsi que le liège. Il décolore l’indigo et le tournesol, et son action sur la solution de sulfate d’indigo peut servir à reconnaître la présence de l’ozone dans un gaz.

La teinture de gaïac bleuit sous l’influence de l’ozone et Schœnbein a souvent utilisé cette propriété pour le caractériser.

Dans certains cas, l’ozone produit des réductions. Ainsi, il décompose les peroxydes d’hydrogène et de baryum en donnant de l’oxygène ordinaire. Le cuivre, les peroxydes de manganèse et de plomb peuvent détruire des quantités indéfinies d’ozone, sans se modifier, au moins en apparence; de même pour l’argent, qui donne d’abord du peroxyde qu’un excès d’ozone décompose.

100. Nature de l'ozone. — La première opinion émise sur la nature de l’ozone est due à Schœnbein, qui envisageait ce corps comme de l’oxygène polarisé négativement, admettant en outre l'existence d’un autre oxygène actif, Yantozone polarisé positivement. Il s’appuyait pour soutenir cette opinion sur l’action qu’exerce l’ozone sur le peroxyde d’hydrogène dans lequel il supposait la présence de l’aritozone : l’oxyde, ou oxygène négatif, se portait sur l’antozone ou oxygène positif pour donner de l’oxygène inactif

et du protoxyde d’hydrogène ou eau : O-f-II2 0 0 = H2 0-b 0 0. Il admettait en outre que la production d’ozone était toujours accompagnée de celle du peroxyde d’hydrogène, ce qui s’observe en effet dans un grand nombre de cas, par exemple dans l’oxydation lente du phosphore à l’air humide. D’après les vues de Schœnbein, la polarisation de l’oxygène pouvait être renversée dans certaines

OZONE

circonstances et les réactions de l’ozone faire place à celles du peroxyde d’hydrogène ou réciproquement.

Ainsi le peroxyde d’hydrogène qui ne bleuit pas la teinture de gaïac produit cette réaction lorsqu’on y ajoute une petite quantité d’extrait de malt; celui-ci déterminerait la transformation de l’antozone en ozone.

Ces idées ingénieuses de Scliœnbein n’ont pas été adoptées et n'ont plus aujourd’hui qu'un intérêt historique.

M. Williamson a émis l’opinion que l’ozone est du peroxyde d'hydrogène en vapeur, ce qui paraissait confirmé par le fait que l'humidité favorise la production d’ozone par l’étincelle. Plus tard, M. Baumert admettait que l’ozone est un trioxyde d’hydrogène IPO3 ; mais ayant reconnu que l’oxygène pur et sec pouvait fournir de l’ozone, il admettait en outre l’existence d'une modification allotropique de l’oxygène, qui se transforme ensuite en ozone au contact de l’humidité.

Les expériences de MM. Becquerel et Fremy, Marignac, de la Rive, Andrews et Tait, Sorct, ont parfaitement démontré que l’ozone ne renferme pas d’hydrogène, qu’il se forme sans l’intervention de l’humidité et qu’il n’abandonne pas d’eau lorsqu’on le décompose. Ce n’est donc qu’une modification allotropique de l'oxygène.

L'oxygène ne peut être modifié que partiellement par l’électricité et nous avons vu que les circonstances les plus favorables, c’est-à-dire une très basse température, ont conduit aune transformation de 50 p. 100. En effet, dès que l’ozone a acquis une certaine tension, il se dissocie dans une limite qui dépend de la température. Mais si on absorbe au fur et à mesure l’ozone qui se forme, par un corps susceptible de l’absorber, la tension limite n’est jamais atteinte et tout l’oxygène contenu dans un espace clos est peu à peu absorbé. Ainsi, MM. Fremy et Becquerel ayant fait passer l’étincelle dans un tube très étroit renfermant de l’oxygène, en présence d’iodure de potassium, virent ce gaz s’absorber peu à peu complètement.

La formation de l’ozone a lieu avec contraction, comme l'a démontré en premier lieu M. Andrews à l’aide de l’appareil ci-joint (fig. 09). Le tube cia! , qui est traversé par deux fils de platine et terminé par une partie presque capillaire bed recourbée en U, est rempli de gaz oxygène sec; le tube en U contient de l’acide sulfurique destiné à servir d’index manomélrique. Avant de faire

Page 1