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I!4 TRITHIOWATE POTASSIQUE.
s*il renferme de Talcnli libre, il s'oxyde très-rapidement, pour former d*abord du sulfite, puis du sulfate potassique.
DSipping ^ découvert une modification isomérique de ce sel; on l'obtient en mêlant, par petites portions successives , une solution étendue presque bouillante de chromate potassique neutre avec une solution de soufre, dans une lessive de potasse; cette dernière solution est un mélange de dithionite potassique et de pentasulfure de potassium, KS^, dont le soufre s'oxyde aux dépens de l'acide chromique, pour former de l'acide dithioneux, qui s'unit à la potasse pendant qu'il se précipite de l'oxyde chromique vert. Si la solution a été trop concentrée, elle se prend aisément en une masse verte gélatineuse, ce qu'il faut éviter en l'étendant suffisamment. On y ajoute le foie de soufre en faible excès, on filtre, et on fait bouillir la solution. Quelquefois celle-ci dépose d'abord un peu de sulfate potassique , qu'on sépare^ puis on concentre encore davantage la liqueur; par le refroidissement, il se dépose de gros octaèdres à base rhomboïdale ; en concentrant davantage l'eau mère qui reste, on obtient des prismes moins jaunes, hexagonaux, à sommet dièdre. Si la liqueur est trop concentrée , elle se prend, par le refroidissement , en une masse d'aiguilles brillantes. Les deux sels sont déliquescents à l'air; mais le sel octaédrique l'est plus que l'autre. Soumis à la chaleur, ils perdent leur eau de cristallisation , et deviennent blancs. Les cristaux octaédriques renferment i atome, ou 8,62 pour cent d'eau, tandis que les cristaux prismatiques en contiennent 3 atomes pour 2 atomes de sel, ou ia,4 pour cent d'eau. La composition est, au reste, la même que celle du sel qui vient d'être décrit.
Trithionate potassique (hyposulfate potassique sulfuré), K+S'O". La préparation de ce sel, d*après Langlois^ a été mentionnée à Wvùc\e jécide trithionique. Suivant Baumann^ on l'obtient encore plus facilement en faisant digérer le dithionate potassique à +70** avec du soufre. Au bout d'une heure, la liqueur devient jaune, et au bout de quelques heures la couleur a disparu ; après quoi on évapore la solution à une douce chaleur, pour la faire cristalliser. D'après Plessy^ on l'obtient aussi en sursaturant avec du gaz acide sulfureux une solution de dithionite potassique tellement concentrée, qu'elle n'est plus miscible à l'alcool, pendant qu'on la maintient à une température de + aS** à + 3o^ Lorsque la liqueur est devenue jaune et qu'elle exhale une odeur d'acide sulfureux, on
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la laisse reposer pendant 12 heures : le trithionate cristallise, mêlé de soufre précipité. L'eau mère donne encore plus de sel lors-> qu'on la concentre par lalcool , et qu on la sature de nouveau par le gaz acide sulfureux. — Le trithionate potassique est alors dissous dans Teau de+ So"" à + ôo**; la solution est filtrée pour séparer le soufre non dissous , et mêlée avec ^ de son volume d al-* cool de 0,84 à la même température : par le refroidissement il se dépose des cristaux de sel pur. Si la solution est moins concentrée, et qu'on la sature par le gaz acide sulfureux, il ne se précipite pas de soufre avec le sel qui cristallise; mais Teau mère qui reste contient du sulfate et du tétrathionate potassiques en mélange. Le trithionate potassique cristallise en prismes droits rhomboïdaux, à sommet dièdre, formé par les arêtes aiguës; il a une saveur saline amère; il est inaltérable à l'air et complètement neutre. Il est très-soluble dans Teau ^ mais il ne supporte pas 1 ebullition sans se décomposer de la même manière que lacide trithionique.
Tétrathionate potassique ( hyposulfite potassique sulfuré ) , K-f-S*0\ U n'a pas encore été décrit.
Nitrate potassique (salpêtre, nitre, nitrum prismaticum) ^ KN. Ce sel remarquable était déjà connu des anciens. On ne l'obtint d'abord que par Tefflorescence du sol en Egypte, aux Indes, dans quelques contrées du midi de l'Europe, et en Amérique. Plustafd on apprit dans tous les pays à le préparer. L'analyse des végétat|x Ta fait découvrir aussi dans différentes plantes, telles que la bourrache, l'aneth, et plusietirs autres. En France, en Espagne et aux Indes orientales, on en trouve dans le calcaire secondaire, d'où l'on peut l'extraire avec avantage par la lixiviation. On prétend qu'il se reproduit au bout de quelques années dans la pierre dont on l'a tiré par le lavage, de sorte que celle-ci peut en donner plusieurs fois de suite. John Davy^ qui a examiné la pierre à nitre de l'île de Ceylan , parait croire que l'acide nitrique se forme aux dépens des éléments de l'air , dans une roche poreAse et humide, composée de carbonate calcique mêlé avec du feldspath , et daps laquelle on trouve depuis n ^ jusqu'à 8 pour 100 de nitre. Il a rencontré danncette roche des traces légères de matières aniuiales; mais il ne croit pas que ce soit cette matière qui ait fourni le nitrogène nécessaire pour la production du nitre , lequel , en outre, ne se trouve qu'à la surface où Uair pouvait pénétrer dans
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la roche. Cependant on peut opposer à cette opinion toute!» les expériences qui ont été faites relativement à la production artificielle du nitre, et qui s accordent dans ce résultat , que ce n*est pas le nitrogène de l'air qui donne naissance à Tacide nitrique, niais qu'il faut pour cela des matières organiques nitrogénées. Si^ dans les grottes à nitre visitées par John Davy^ le sel ne se trouve qu'à la surface, cela peut dépendre de ce que la roche (pendant que des nitrates se forment avec le temps dans Tintérieur de sa masse, aux dépens des matières organiques quelle renferme) se dessèche peu à peu à la superficie , par Teffet du contact de lair ; de sorte que la capillarité amène petit à petit les liquides de dedans au dehors, et que ces liquides laissent à la surface, ou près de là, le nitre qu'ils contiennent. La production artificielle du nitre a lieu ordinairement aux dépens des matières animales qu'on expose à Tiniluence de Tair, après les avoir mêlées avec de la cendre et de la terre calcaire. La plupart des matières d'origine animale renferment de l'oxygène, du carbone, de l'hydrogène, du nitrogène, un peu de soufre et de phosphore. Lorsqu'elles se putréfient dans un endroit clos, ou après avoir été mises en tas, les corps combustibles se combinent entre eux, et le nitrogène produit de Tammoniaque avec l'hydrogène ; mais si l'accès de Tair n'est pas limité, ces éléments s'oxydent, et se transforment en acide carbonique, en eau , etc. ; tandis que le nitrogène passe à l'état d'acide nitrique, qui se combine ensuite a^c les alcalis et les terres, de manière à donner naissance à des nitrates. Les endroits où l'on veut produire du nitre doivent être couverts d'un toit, pour que la pluie n'entraîne pas le sel.
On donne le nom de nitrières artificielles à ces emplacements. On met sous le toit une terre meuble , que l'on mêle avec des débris de matières animales et végétales, de la cendre et de la chaux, ou de la marne, au milieu de laquelle on place quelquefois des ramilles I qui entretiennent la porosité de la masse. Du reste, onT dispose te mélange par rangées ou par petits tas , qu'on remue fréquemment, ou dans lesquels on pratique de petits trous, afin de donner plus d'accès à l'air. De temps à autre il faut arroser le mélange avec de l'urine , qui contient plus de nitrogène qu'aucune autre substance animale. Au bout de deux ou trois ans , le nitrogène est converti en acide nitrique, et
le nitre est formé. On s'en assure en lessivant une petite quantité