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de la terre, et ëraporant la liqueur pour la faire cristalliser. Quand le terrain est bon à exploiter, il donne ia5 grammes de nitrepar pied cube. On prétend avoir remarqué qu'on obtient dans ce cas plus de nitrate potassique que n'en pourrait fournir la potasse primitivement contenue dans la terre. Si cette observation était exacte , ce serait une nouvelle preuve de la formation des alcalis par des voies qui ne nous sont pas connues.
On lessive la terre nitrifiée avec de l'eau bouillante, et on verse cette eau à plusieurs reprises sur la terre fraîche, jusqu'à ce qu'elle ait acquis un certain degré de concentration . Cette eau contient alors principalement du nitrate potassique , du nitrate calcique et du nitrate magnésique, des chlorures potassique et sodique, et une matière extractive qui donne au liquide une couleur brune. Les nitrates terreux ne sont point susceptibles de cristalliser : il suffit donc d'ajouter à la dissolution de la lessive de cendres de bois, jusqu a ce qu'il ne se précipite plus rien , ou bien de mêler la terre à nitre, avant le lessivage, avec une suffisante quantité de cendres, pour séparer les bases terreuses, et combiner tout l'acide nitrique avec la potasse des cendres. On évapore ensuite la dissolution brune, et l'on enlève la croûte de sel marin qui se forme: en laissant refroidir la liqueur concentrée, le nitrate potassique cristallise en prismes d'un brun jaunâtre, qu'on appelle nitre cru. L'eau mère donne encore du nitre quand on la soumet à une nouvelle évaporation.
Le nitre cru contient des chlorures alcalins et de la matière extractive jaune, qui en altèrent la pureté. C'est surtout la présence des chlorures qui est nuisible, car il est très-difficile de s'en débarrasser; ils proviennent des matières animales qu'on emploie, et qui en contiennent toujours beaucoup. Pour purifier le nitre cru, on le fait d'abord fondre à une douce chaleur, afin de détruire la matière extractive ; puis on le redissout dans l'eau bouillante, on filtre la liqueur, et on la laisse cristalliser par le refroidissement. £n redissolvant les cristaux et les faisant cristalliser une seconde fois, le nitre devient encore plus pur. On l'appelle alors nitre purifié.
En France, pour purifier le nitre cru, on le met en tas, et, pour le laver, on verse dessus peu à peu l'eau mère provenant de la purification du nitre. Cette eau mère est déjà saturée de nitre, et ne dissout plus que des sels étrangers. Après que le nitre a
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été lavé de cette manière, on le dissout dans Teau bouillante, on clarifie la dissolution avec -^^ (du poids du nitre) de colle forte, puis on laisse refroidir la liqueur dans une chaudière de cuivre large et peu profonde, sous le fond de laquelle l'air circule librement, en ayant soin de remuer continuellement vers la fin, de sorte que le nitre se précipite en petits grains ; on enlève ces grains avec des vases particuliers^ dans lesquels ils s'égouttent; ensuite on les arrose avec de petites portions d'eau pure, jusqu'à ce que le sel soit débarrassé de Teau mère; après quoi on les fait sécher. L'eau mère, qui reste, et qui contient encore beaucoup de nitre , est mêlée avec la dissolution de celui qui n'a pas été purifié.
D'après les procédés prescrits en Suède, on fait bouillir la dissolution du nitre jusqu'à ce qu'on voie paraître une croûte saline, et qu'une petite quantité de la liqueur qu'on fait refroidir cristallise. On enlève cette croûte, qui consiste en sel marin, et on la met à part. Lorsque la dissolution est assez concentrée pour cristalliser, on la filtre, et on y ajoute ^ d'eau; alors le sel marin, donjt il cristalliserait une partie par le refroidissement de la dissolution bouillante, trouve assez d'eau pour rester dans la liqueur, dé sorte que le nitre seul cristallise. Quand la liqueur est assez refroidie pour pouvoir cristalliser, on la remue constamment, de manière que la rapidité du mouvement l'empêche de produire de gros cristaux , et qu'il se forme seulement de petits grains cristallins. Dès qu'il ne se dépose plus de nitre , on décante le liquide, et on met la poudre saline dans un sac de toile grossière, que l'on suspend pour faire égoutter l'eau. En même temps on fait tomber de l'eau pure , goutte à goutte , dans le sac, au moyen d'un entonnoir ; l'eau mère brune se porte alors peu à peu vers la partie inférieure, et les dernières portions de liquide qui s'écoulent sont presque incolores. On presse ensuite le sac sur un plan incliné^ pour exprimer mieux encore la dissolution, que l'on reçoit dans un vase placé au-dessous; ensuite on retire le sel du sac, et on le dessèche. Aujourd'hui on ne se sert plus de sac, et on lave le nitre, d'après la méthode française, dans des vases de bois. Le sel sec est mis dans un pot de fonte, et chauffé jusqu'au point où il entre en fusion ; lorsqu'il cesse d'écumer, on verse la masse fondue dans des Aoules en tôle, de la capacité de S à lo kilogrammes, et dans lesquels on la laisse refroidir. Cette méthode
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est avantageuse I soit parce que le nitre occupe, sous cette formei moins d* espace | et qull est impossible d*en perdre pendant le transport; soit aussi parce que le nitre fondu porte par cela même le cachet de la pureté, et que Ion n*a plus besoin de recourir à des moyens particuliers pour s'assurer de sa bonté. En effet, la cassure du nitre pur est rayonnée, et ordinairement à gros rayons. Or, il suffit d*un huitième de kilogramme de sel marin, sur lo kilogrammes de nitre, pour que les rayons soient moins gros; l'addition d*un quart de kilogramme de sel fait naître, au milieu de la masse , une bande qui n'est point rayonnëe ; et lorsque la masse en contient un tiers de kilogramme , elle n'offre plus une cassure rayonnée que sur les bords. Enfin, si Ton ajoute encore plus de sel, la cassure cesse tout à fait d'être rayonnée (i). Cependant, malgré ces avantages , la méthode de fondre le nitre et de le conserver en pains a des inconvénients qui ne permettent pas qu'on l'introduise partout, et qui restreignent son application à des essais que l'on veut faire promptement sur de petites quantités. En effet, i^ la composition du nitre s'altère quand on l'expose à une trop forte chaleur pendant la fusion, quand du charbon vient à y tomber, et par l'action que produit la matière organique qu'il contient; matière qui, répandue dans toute la masse du nitre, et chauffée peu à peu avec lui, donne naissance à une assez grande quantité de nitrite potassique. Cet inconvénient aurait
(i) Eq Suède, où chaque propriétaire est obligé de fournir à VÉUt une quantité délerminée de nitre de bonne qualité, il importe d*avoir un moyen à Taide duquel les contribuables et les préposés du gouveruement puissent se convaincre de la bonté du produit ; et la Tusioa du nitre, envisagée sous ce poiut de vue, est d'une grande utilité. Autrefois on projetait le sel sur un las de charb'ins incandescents, et on jugeait de son degré d'impureté d'après le pétillement qu'il produisait ; mais il arrivait souvent que dans »eB propres intérêts, et au détriment du contribuable, le receveur estimait la qualité du nitre au-dessous de la valeur réelle. Aujourd'hui, au contraire, il est tenu d'accepter le nitre rayonné; et quiconque donne du nitre assez impur pour qu'il n'y ait poiut une oaaaure rayonnée , après avoir élé fondu , doit s'en rapporter k la taxe arbitraire du receveur , et douner une quantité do nilre impur correspondante à celle prescrite de sel recevable. Quant au nilre non fondu, le receveur l'essaye en en faisant fondre une certaine quantité dans une cuiller de fer , et la versant dans de petits moules en t6le , de manière que le pain ait au moins 3 centimètres d'épaisseur après la solidiBcalion. Cette épreuve se fait assez rapidement , et l'on peut très-commodément employer trois cuillers à la fois , et faire trente essais dans l'espace d'une heure. — Celte manière de traiter le nilre a élé imaginée assez récemment par Gustave Schwartz , et le gouvernemeut Ta fait publier, en invitant les contribuables à s'y conformer, sans cependant les obliger de fournir du salpêtre fondu.
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peu d'importance, si ces substances convertissaient en carbonate potassique la portion de nitre qu*elles peuvent décomposer; mais le nitrite potassique qui résulte de leur action cristallise avec le nitrate, et le rend moins propre à beaucoup d'usages. Ainsi, quand les pharmaciens se servent de nitre fondu pour préparer des poudres sédatives , qui consistent en un mélange de ce sel et de surtartrate ou de suroxalate potassique, la poudre exhale Todeur de Tacide nitreux, et n'est plus propre à l'usage au(|uel on la destine. ïi^ Le sel fondu se dissout difficilement dans leau, et lorsqu'on veut l'employer pour fabriquer de la poudre à tirer, pour préparer de l'acide nitrique, etc., il faut le soumettre à une pulvérisation lente et difficile, qui diminue la valeur du produit en raison de la peine et du temps qu'elle exige.
Le nitre affecte la forme de Icmgs prismes irréguliers et striés , quand il cristallise au sein d'une liqueur dont le volume est borné, c'est-à-dire, de i à 4^o pintes. Quand, au contraire^ le volume du liquide s'élève de 3 à 4)000 pintes, ce qui rend le refroidissement fort long, il cristallise en gros prismes à six pans , avec deux faces plus larges, et terminés par un sommet dièdre. Ces cristaux présentent ordinairement des cavités longitudinales dans leur intérieur. Ils sont tellement sensibles aux variations rapides de la température, que, quand on les prend dans la main, ils se brisent ordinairement en un ou plusieurs points, avec pétillement. Les cristaux prismatiques du nitre ressemblent beaucoup aux cristaux du carbonate calcique, connu , en minéralogie, sous le nom d'arragonite ; ils ne s'en distinguent que par une différence insignifiante des angles. De même que le carbonate calcique, le nitre peut cristalliser sous deux formes, dont l'une est le rhomboèdre; les angles du cristal rhomboédrique du nitre ne diffèrent que d'un degré de ceux du spath calcaire , ou du carbonate calcique naturel. Les cristaux prismatiques ont de la tendance à devenir bacillaires et dendritiformes , et ce n'est que dans certaines circonstances qu'on les obtient bien isolés et nettement détaches. Le nitre rhomboédrique donne presque constamment des cristaux bien isolés; ce n'est que çà et là qu'on les rencontre en jumeaux, et parallèlement unis; mais les véritables dendrites sont extrêmement rares. Leur formation est celle de toutes les solutions salines donnant des cristaux isolés. Au bord de la goutte de la liqueur saline, naissent des tables rhomboédriques, qui gros*
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sissent d*abord rapidement, mais qui restent ensuite presque stationnaires. A mesure que l^évaporation avance, il se forme sur le nouveau bord, ou dans des points convenablement disposés par Tinëgalité du verre ou des molécules de poussière, d*autres cris-^ taux rhomboédriques , dont plusieurs se rapprochent les uns des autres par ladhésion ou par le mouvement qui a lieu dans la gouttelette, et forment ordinairement des agrégats irréguliers. Des gouttelettes isolées, microscopiques , qui d'ordinaire se conservent liquides, mais forte^nent saturées, lorsque les gouttes plus grosses qui les entourent sont desséchées, se changent subitement en un seul rhomboèdre , sur lequel on peut souvent à peine reconnaître une faible trace d eau mère.
Dans les gouttes très-planes et dans les solutions alcooliques du nitre, il ne se forme quelquefois que des cristaux rhomboédriques, et on n'y aperçoit pas de prismes. Ceci cependant n'a jamais lieu dans les gouttes plus étendues. U se rencontre tou* jours un point qui favorise la formation du nitre prismatique ; celui-ci s'accroît, comme tous les cristaux dendritiques, en longs rameaux au-dessous de la liqueur, envoie çà et là des ramifications latérales, et envahit un large champ de cristalli- ^tion.
Là où les deux espèces de nitre se rencontrent, il se présente des phénomènes particuliers , qui ressemblent, sous quelques rapports, à ceux que je .décrirai à l'article Sel marin, mais qui sont ici plus faciles à observer. Dès que le rameau (prisme) qui se développe arrive dans le voisinage d'un cristal rhomboédrique, celui-ci se dissout eu partie du côté qui regarde le prisme, et ses arêtes s'arrondissent, pendant que le prisme continue à s'accroître et conserve ses arêtes très-aiguës. Tantôt le cristal rhomboédrique se dissout complètement, et la matière cristallisable passe au prisme. Tantôt le rhomboèdre reste à distance du prisme, le liquide intermédiaire s'évapore, et, après que toute l'eau a été éloignée , on trouve les deux genres de cristaux l'un à côté de l'autre. Mais, ordinairement, les deux cristaux arrivent en contact, soit que le prisme s'accroisse plus rapidement que le rhomboèdre ne se dissout, soit aussi par l'adhésion. Le rhomboèdre est alors instantanément détruit; avec lui disparaissent tous les cristaux de même forme qui viennent à le toucher. La masse se trouble, la surface devient inégale, les bords irréguliers , et bien*
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tôt on voit sortir I de beaucoup de points du bord, des cristaux prismatiques qui continuent à grossir, suivant les mêmes lois que ceux auxquels ils doivent leur origine , et produisent des effets semblables sur les autres cristaux rbomboédriques qu'ils rencontrent Les prismes n'éprouvent pas la moindre altération ; le cliangement des cristaux rbomboédriques consiste évidemment dans leur transformation en un agrégat de prismes.
Les cristaux rbomboédriques secs, bien qu'ils soient plus stables que pendant leur état bumide, ne supportent pas non plus un contact trop prolongé sans éprouver la même transformation. Mis en contact avec du nitre prismatique, ou rayés par un corps aigu , ils se transforment immédiatement, bien que cet effet ne soit pas aussi sensible que dans la liqueur. Du point où ils ont été touchés, Jt s'irradie une légère couche demi-transpa* rente, tandis que le reste conserve sa transparence et l'acuité des arêtes. Mais il s'est alors formé un agrégat de petits crisuux prismatiques , qui n'offrent pas de résistance à la pointe d'une aiguille qu'on promène sur la surface cristalline.
Ces deux genres de cristaux sont anhydres; mais les prismes, qu'ils soient volumineux ou petits , renferment constamment une multitude d'intervalles longitudinaux, contenant de l'eau mère retenue par l'attraction capillaire ; de sorte que le sel, quoique bien pur par lui-même , est sali par de l'eau mère impure. C'est précisément pour cette raison qu'iLest si avantageux de troubler la cristallisation pour obtenir le sel en gi^ains. Cette eau mère est encore cause que le nitre cristallisé, qui n'a point été séché à laide de la chaleur, s'agglomère et s'humecte quand on le pile dans un mortier, même après avoir été conservé pendant longtemps, parce qu'elle est mise en liberté dès qu'on brise les parois des cavités qui la renferment. En séchant alors la masse concassée, cet effet cesse, et l'on peut ensuite pulvériser le sel. Les cristaux de nitre sont inaltérables à l'air. Le sel entre en fusion avant de rougir, et coule alors très-facilement. A une température plus élevée, il donne du gaz oxygène, et se convertit en nitrite potassique. La fusion doit s'effectuer dans un creuset d'argent, ou, au besoin, dans un vase de fer; car les autres vases sont attaqués par la potasse du nitre, et il se dégage de l'acide nitrique : tels sont les creusets de platine, de porcelaine, ou de '^ creuset ordinaire. Le poids spécifique du nitre fondu
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est =3 2)o58. Il a une saveur &cre ^ fraîche et amère; il est très* solubie dans Teau. loo parties d*eau en dissolvent, diaprés les expériences de Gay^lMssac^ l3,3 à o°; 29 parties à+ 18 degrés; 74»6 à -f-4S degrés, et !236 à + 97 degrés. Une solution de nitre, saturée à la température de lebuilition, contient, d après Z^aj^e, pour 100 parties d'eau, 335 parties de nitre, et le point d'ébuUition est à + 1 1 5%9.
Quand le nitre contient du sel marin en mélange, il se dissout en plus grande quantité; cela tient à ce qu'une partie du nitre se décompose et se transforme en nitrate sodique, pendant qu il se forme du chlorure potassique. On a prétendu que le nitre se volatilise pendant Tévaporation de sa dissolution. Mais cette assertion tire Sans doute son origine d*une perte survenue , par des causes inconnues , pendant la purification ;'*au moins cette observation n*a-t-elle pas été confirmée par des expériences exactes. Ce qu'il 7 a de certain , c'est que, quand on distille une dissolution de nitre, il ne passe point de nitre avec la vapeur aqueuse dans le récipient. Le nitre est très-peu solubie dans l'alcool de o,833, et tout à fait insoluble dans l'alcool absolu.
Si l'on mêle du nitre avec le tiers de son poids de charbon de bois, et qu'on touche le mélange avec un corps en ignition, il brûle avec vivacité; le charbon se transforme en acide carbonique aux dépens de l'oxygène de l'acide nitrique , il se dégage du gaz nitrogène et du ga^ acide carbonique, et il reste du carbonate potassique. En général , on peut dire que l'oxyde du corps qui brûle ainsi , aux dépens de l'acide nitrique , reste en combinaison avec la potasse. La grande fusibilité du nilre fait que la combustion, aux dépens de l'acide nitrique, s'opère très-violemment, et avec production d'une forte chaleur.
En mêlant trois parties de nitre avec deux de potasse sèche et une de soufre, on obtient une poudre qui , chauffée lentement jusqu'à ce qu'elle entre en fusion , s'enflamme subitement, et brûle avec un bruit étourdissant; on lui a donné le nom de poudre fulminante^ La potasse qui, par la fusion , s'unit au soufre, pour produire du sulfure de potassium , fait que la masse , devenue liquide, se mêle parfaitement; de sorte que la décomposition s'opère au même instant sur tous les points. La détonation provient de la rapidité avec laquelle le nitrogène se dégage sous forme de gaz.
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Si Ton mêle trois parties de nitre en poudre fine avec une partie de soufre et une de sciure de bois bien sèche, qu'on tasse cette poudre, en même temps qu une petite pièce de monnaie en argent, dans une moitié de coquille de noix, et qu'on y mette le feu, elle brûle avec tant de vivacité, que la pièce fond avant que la coquille de noix soit brûlée. Le métal passe à l'état de sulfure, ce qui augmente sa fusibilité. On appelle ce mélangeyb/i^an/ de Baume. — Lorsqu'on enveloppe d'un morceau de papier i gramme de nitre en poudre fine et a5 centigrammes de phosphore , et qu'on applique un coup violent sur ce mélange avec un marteau large et chaud, il prend feu, et produit une explosion extraordinaire.
La majeure partie du nitre que l'on prépare sert à la fabrica* tion de la poudre. Celle-ci se compose de nitre, de soufre et de charbon , mêlés ensemble dans des proportions qui varient sui* vant les pays et suivant les usages auxquels on destine la poudre. La proportion la plus ordinaire est celle de 76 parties de nitre, i5 de charbon et 9 de soufre. Après avoir pulvérisé ces trois substances, on> les mêle, soit dans un mortier de bois dur, à l'aide d'un pilon garni de laiton, soit dans des tonnes de bois qui tournent sur leur axe, et dans lesquelles on introduit, en même temps que la masse, une grande quantité de petites balles métalliques, qui, mises en mouvement par la rotation du cylindre, la réduisent en poudre et la mélangent. Cette trituration exige plusieurs heures. Quand elle est terminée, on humecte la masse avec de l'eau, et on la pétrit; puis on l'expose à une douce chaleur jusqu'à ce quelle soit presque sèche, et on la passe à tra* vers un crible en la comprimant, ce qui lui donne la forme de grains. Pour polir ces grains, on les introduit dans un tonneau qu'on remplit à moitié, et qu'on fait tourner pendant quelque temps sur son axe. La dernière opération consiste à faire sécher la poudre sur des plaques, qui ne doivent être chauffées qu'à la vapeur. Du reste, pour ce qui concerne le mécanisme de la préparation de la poudre, il y a un grand nombre de méthodes.
Le soufre rend la poudre plus inflammable, le charbon augmente la force de l'explosion, et quand le mélange est bien fait, la masse entière brûle en un instant. Le charbon et le nitre seuls donneraient une poudre plus forte, mais moins facile à brûler. Pendant la combustion de la poudre, le soufre et le charbon se
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combinent avecroxygènede Tacide nitrique contenu dans le nitrc, doù résultent de lacide sulfurique et de lacide carbonique. Lacide sulfurique et une partie de l'acide carbonique restent combinés avec la potasse du nitre. Mais la plus grande partie de Tadde carbonique se dégage, avec le nitrogène de l'acide nitrique, sous forme de gaz, dont le volume surpasse plusieurs milliers de fois celui que ces corps occupaient dans la poudre. Après la combustion, il reste une masse charbonneuse, qui consiste en sulfate et carbonate potassiques et en sulfure de potassium , mêlés avec du charbon qui n*a point brûlé.
L'explosion violente que la poudre produit tient à la rapidité avec laquelle se dégagent les gaz acide carbonique et nitrogène, qui, au moment du dégagement, sont échauffés jusquau rouge par la chaleur produite pendant la combustion. Moins la poudre est compacte, plus la combustion est complète, plus laction de la poudre est grande; et lorsqu'on laisse dans un fusil ordinaire un petit vide entre la charge et la bourre , Tarme peut crever par un coup très-modéré, soit parce que toute la poudre est brûlée, soit à cause de l'expansion de Tair enfermé avec elle. Mais quand on bourre bien la charge , une grande partie de la poudre est chassée au dehors sans avoir été brûlée, comme on le voit souvent lorsqu'on tire un coup de fusil sur un terrain couvert de neige.
11 est facile de déterminer avec exactitude la composition de la poudre; cette analyse est souvent nécessaire, surtout lorsqu'il s'agit de rassembler deS munitions de guerre. On pèse la poudre à tirer, on la réduit en poudre fine, et on la délaye dans sept fois son poids d'eau chaude ; on jette le résidu sur un filtre pesé , et on le lave bien avec de l'eau tiède. La portion non dissoute consiste en un mélange de soufre et de charbon; on le sèche avec le filtre , et on pèse le tout. La liqueur filtrée et les eaux de lavage contiennent le nitre; on les évapore jusqu'à siccité, et on pèse le nitre. Celui-ci renferme presque toujours un peu de sel marin , et plus ily a de ce dernier, plus la poudre est mauvaise et faible, parce que la quantité réelle de nitre se trouve diminuée d'autant. Pour déterminer cette quantité, on redissout le nitre, et on verse du nitrate argen tique dans la dissolution. On reçoit le précipité sur un filtre préalablement pesé, on le lave bien, et on le sèche à une forte chaleur, ou bien, ce qui est préférable encore, on le fait
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fondre dans un petit Tase de verre, dont on connaît le poids, loo parties de précipité sec correspondent à 4i parties de sel marin cristallisé. — Pour séparer le soufre du charbon y il existe deux méthodes :
I® D'après Gay-Lussac^ on fait un mélange intime d une partie de poudre sèche et d'une partie de carbonate potassique^ parfaitement exempt d acide sulfurique;on y ajoute ensuite une partie de nitre et quatre parties de sel marin , et on chauffe le tout dans un creuset de platine, ^e mélange brûle tranquillement, et devient blanc. On le dissout dans l'eau , on sature la potasse par l'acide chlorhydrique , et on précipite Tacide sulfurique par un sel barytique. Pour éviter les lenteurs qu'entraînent la précipitation du sulfate barytique, le lavage, etc., on pèse du chlorure barytique rougi au feu, et on le dissout ensuite dans une petite quantité d'eau, dont le poids est également déterminé. On verse cette dissolution dans la liqueur contenant Tacide sulfurique, en ayant soin de n'en pas mettre plus qu'il n'en faut pour précipiter l'acide , ce qui demande une grande attention et beaucoup de patience. En pesant le reste de la dissolution du chlorure, on connaît combien de chlorure a été employé, et on calcule d'après cela la quantité de soufre. Il faut 26 parties de chlorure barytique pour précipiter l'acide sulfurique produit par 49O2 parties de soufre.
a^ On soufBe sur un tube barométrique deux boules Tune à côté de l'autre, et on introduit dans l'une le mélange de charbon et do soufre. Qn dirige à travers le tube un courant de gaz hydrogène, qui a d'abord passé sur le chlorure calcique; et dès que ce gaz a chassé tout l'air atmosphérique des boules, on chauffe très-doucement, à la lampe alcoolique, la boule qui renferme le mélange. Le soufre distille, et se trouve conduit par le gaz hydrogène dans la boule vide. Quand il ne passe plus de soufre, on laisse refroidir le charbon et le soufre au milieu du gaz hydrogène, puis on coupe le tube entre les deux boules, on pèse le soufre et le charbon avec les verres; après quoi on nettoie ceux-ci, et on détermine ainsi leur poids. En substituant du gaz chlore au gaz hydrogène , on arrive à un résultat, pour ainsi dire , plus certain encore; mais alors on n'obtient que le poids du charbon, et l'opération est beaucoup plus désagréable à exécuter.