‹ Traité de chimie minerale, végétale et animale (volume 2)Chapitre 16 sur 84 · PHOSPHATE POTASSIQUE · texte numérisé non relu

PHOSPHATE POTASSIQUE

Niirite potassique y KN. On l'obtient, soît en décomposant du sousnitrite plômbique par du carbonate potassique , sôit en tenant du nitre à l'état de fusion dans un creuset.de platine ou de fer, jusqu'à ce que le bouillonnement produit par le gai oxygène qui se dégage diminue à la même température à laquelle il a commencé. On dissout le sel, et on évapore la liqueur jusqu'au point de cristallisation. Ordinairement il se forme d'abord des cristaux de nitrate potassique non décomposé, puis, en concentrant de nouveau la liqueur, on obtient des cristaux de nitrite. Ce ^el est incolore, ne réagit point à la manière des alcalis, et ^ s'humecte à l'air. La meilleure méthode, pour obtenir ce sel à l'état de pureté parfaite, consiste à décomposer le nitrite argen* tique au moyen du chlorure potassique. — Il a une grande tendance à produire des sels doubles. Le nitrite potassique a été regardé pendant longtemps comme une combinaison d'oxyde nitrique et de potasse I à cause de la propriété qu'il a de développer du gaz oxyde nitrique lorsqu*on l'arrose avec un acide fort. Mitscherlich a démontré qu'une combinaison pareille n'est pas encore connue, et ne se produit pas en calcinant le nitre danà des vaisseaux distillatoires. Il a trouvé que, dans cette distillation, il se dégage d'abord du gaz oxygène, et qu'il se forme du nitrite potassique, qui , à une chaleur plus forte , abandonne son acide et laisse de la potasse.

Phosphate potassique. L'idée d'après laquelle il y aurait trois espè<;es d'acide phosphorique, saturant i, :2 et 3 atomes de base, a beaucoup compliqué la théorie des phosphates, et en a rendu la description obscure. Lorsqu'on sature de l'acide phosphorique ordinaire par du carbonate potassique, jusqu'à ce que la liqueur réagisse à la manière des alcalis , et qu'on évapore ensuite celle-ci jusqu'à cristallisation, on obtient un sel sous forme de cristaux irréguliei'S. Ce sel renferme i atome d'eau de cristallisation ; il est

=K*P-i-H. Chauffé jusqu'à l'incandescence, il perd l'atome d'eau; et on a admis qu'il se changeait par là en 'phosphate potassique. Mais il n'en est pas ainsi. Lorsqu'on le redissout, et qu'on traite la solution par le nitrate argentique, il se précipite du 'sous* phosphate argentique jaune. Le sel est insoluble dans l'alcool. En saturant l'acide 'phosphorique seulement à moitié par la potasse, ou mêlant le sel précédent avec autant d'acide qu'il en contient

Il8 HTPOPUOSPUITE POTASSIQUE.

déjà, on obtient facilement, par T évapora tion , des cristaux gros

et réguliers , surtout si Teau-mère contient une partie de sel non

sursaturé d acide. C'est là le ""biphosphate potassiqu€*:=K9 ; îl contient 2 atonies ou i3,i8 pour cent deau de cristallisation. Il a une saveur acide, et est très-soluble dans Teau. Il conserve son eau encore à + 204*" 9 mais il la perd par la calcination. Le sel qui reste après la calcination a reçu le nom de métaphosphate ('phosphate) potassique. Ce n'est qu*une combinaison de ^phosphate potassique avec l'acide phosphorique anhydre comme copule, et dans cet état elle ne donne pas de réaction acide. Ce sel ne se dissout pas d*abord dans leau froide ^ il se dissout peu dans Teau bouillante; mais la partie soluble se change de nouveau en bi phosphate potassique. On a prétendu qu'il se dépose, sous forme granuleuse , dans une solution saturée à Tébullition, et qu'il est précipité sous cette même forme en traitant par la potasse une solution dans Facide chlorhydrique. Je n ai pas trouvé qu'il en f(lt ainsi.

Sousphos p hâte potassique ^ K^P. On le prépare en ajoutant de l'hydrate potassique à un des sels précédents, et enlevant l'excès d'hydrate par le moyen de l'alcool ; le soussel se précipite sous forme d'un liquide oléagineux. Il est déliquescent, et n'entre point en fusion au rouge naissant. Quelques chimistes prétendent qu on peut obtenir jin soussel insoluble par la calcination. J'ai trouvé qu'il n'en est pas ainsi ; l'alcali ajouté en excès reste, soit à lëtat d'hydrate, soit à l'état de carbonate potassique. Graham rapporte qu'on obtient un soussel par la fusion de 2 atomes d'un sel neutre avec I atome de carbonate potassique. Il n'y a qu'une dissolution très-concentrée qui fournisse le sel cristallisé en aiguilles. Conservé à l'état sec^ il ne s'altère ni ne s'humecte dans l'air; dissous, il attire l'acide carbonique.

Phosphite poUusique ^ K'P. C'est un sel déliquescent, qui, évaporé dans le vide au-dessus de Tacide sulfurique, donne des indices de cristallisation. Il est insoluble dans l'alcool.

Hjrpophosphite potassique ^^V^. On l'obtient quand du phosphore s'oxyde aux dépens de l'eau dans laquelle on le fait bouillir avec de l'hydrate potassique. On obtient ce sel pendant la préparation du gaz phosphure hydrique non spontanément inflammable, en faisant bouillir du phosphore avec une solution alcoolique d'hydrate potassique ; mais il se trouve alors mêlé avec de la

PERCHLORATE POTASSIQUE. 1^9

potasse en excès. L'opération terminée, on y ajoute une plus grande quantité d*alcoo], afin de redissoudre le sel qui pouvait se précipiter , et on fait digérer la solution avec du bicarbonate potassique pulvérulent : Thydrate potassique se carbonate et se précipite ; lalcool est séparé par la distillation. On peut aussi l'obtenir avec le sel calcaire , en précipitant la chaux par le carbonate potassique. Il ne cristallise pas, mais forme une masse saline, soluble dans l'alcool , et qui fond à l'air plus promptement que le chlorure calcique. Sa solubilité dans l'alcool fournit un moyen facile de le séparer des sels précédents, lorsqu'il en contient.

H oxyde phosphorique potassié ^ KP*0, est un composé noir insoluble, qui prend naissance lorsqu'on verse une solution d'hydrate potassique sur de l'hydrate phosphorique. Dès que la combinaison a eu lieu , on décante l'hydrate potassique , on lave la poudre noire avec un peu d'eau froide, on la presse bien, et on la dessèche dans le vide. Si on la laisse dans un liquide alcalin , surtout chaud, elle se dissout avec dégagement de gaz hydrogène: il se sépare de l'hydrate phosphorique, et du phosphate potassique reste dans la liqueur. Lorsqu'on traite l'hydrate phosphorique par un peu de potasse dissous dans beaucoup d alcool , il se dissout un peu d'oxyde phosphorique potassié dans Talcool, qui se colore en rouge. Il paraît y avoir en dissolution un composé basique; car s'il y a de l'hydrate phosphorique en excès, celui-ci noircit pendant que la solution devient incolore.

PerchlorcUe potassique^ K€l. Ce sel a été découvert par le comte Stadion. J'ai déjà rapporté avec détail (tome I, page 544) la manière de le préparer, en traitant de l'acide perchlorique. Mais il faut noter ici quelques changements, par suite de l'investigation plus tard entreprise par Marignac, Le chlorate potassique , chauffé jusqu'à fusion, ne se décompose pas en chlorite et en perchlorate potassiques , et le premier n'est pas la cause du dégagement de l'oxygène. Le sel est simultanément décomposé de deux manières différentes , circonstance assez ordinaire dans les métamorphoses chimiques : l'un de ces modes de décomposition fournit du chlorure potassique et du gaz oxygène, l'autre donne du chlorure et du perchlorate potassiques. Par une chaleur lente et modérée , le dernier mode prédomine; on aura alors plus de perchlorate potassique qu'on n'en obtient par le partage dd sel en III. 9

l3o CHLORATE POTASSIQUE.

chlorite et en chlorure potassiques. Lorsqu'on chauffe le chlorate potassique doucement jusqua ce que le gaz oxygène commence à se dégager, et quon maintient le sel à cette température jusqu a ce qu'il ait perdu 4 5 pour cent de son poids en oxygène, on remarque que le résidu se compose de 64 à 65 pour cent de perchlorate potassique , et de 12 à i3 pour cent de chlorate potassique; le* reste est du chlorure potassique. En poussant la chaleur plus loin, jusqu'à ce que le sel ait donné 8 à 8 ^ pour cent de gaz oi^ygène (ou 6 ^ litres de gaz pour 100 parties de sel), on n'obtient pas un rendement bien considérable en perchlorate potassique ; car la quantité de celui-ci ne s'élève tout au plus qu'à 66 pour cent du poids du sel employé ; mais le chlorate potassique est alors complètement détruit, ce qui rend plus facile la préparation du perchlorate potassique parfaitement pur. ^P^^^ 1^ séparation du chlorure potassique , on doit obtenir au moins 60 pour cent de sel parfaitement pur.

L'acide perchlorique a une affinité tellement grande pour la potasse, qu'il sépare cette base à l'état de perchlorate de tous les sels potassiques avec lesquels on le mêle. Ce sel se forme également lorsqu'on introduit les pôles d'une pile électrique dans une dissolution concentrée de chlorure potassique ; îl se dépose alors peu à peu autour du pôle positif. 11 est sans couleur, a une faible saveur de chlorure potassique, et fornïe ordinairement de trèspetits cristaux. En laissant sa dissolution refroidir très -lentement, on peut l'obtenir en cristaux plus volumineux, qui sont des octaèdres à bases carrées. Il exige 65 parties en poids d'eau à •+- 15 degrés pour se dissoudre; mais il est dissous en assez grande quantité par l'eau bouillante. Il est insoluble dans l'alcool. Il détone faiblement lorsqu'on le broie avec du soufre. La haute température qu'il exige pour fondre fait qu'il ne donne non plus qu'une faible détonation sur les charbons ardents. Chauffé un peu au delà de 4oo degrés, il se décompose, donne 4^7 17 pour 100 de son poids d'oxygène, et laisse du chlorure potassique.

Chlorate potassique , K G\, La préparation de ce sel a déjà été décrite dans le tome I, page 54a ) quant aux circonstances principales. Elle consiste à faire arriver du gaz chlore dans une dissolution de carbonate potassique, jusqu'à ce que le liquide n'en absorbe plus. Le tube qui conduit le gaz est facilement obstrué par

CHLORXTU POTASSIQUE. l3l

le sel qui se forme à son orifice; c'est pourquoi j'attache ordinairement à son extrémité , par Tintermédiaire d'un tube flexible de caoutchouc, un entonnoir de verre; le courant de gaz acquiert, par ce moyen , assez de force pour briser la croûte saline plus large et plus mince qui se forme. La lessive est souvent légèrement colorée en rouge par l'acide permanganique (i) ; mais cette colora* tion disparait aussitôt que la liqueur est entièrement saturée de chlore; ce que Ton reconnaît à ce qu'un morceau de papier de tournesol en est de suite blanchi , et que la poudre d'indigo qu'on y jette prend une couleur de rouille. — Les sels qui se forment pendant l'absorption du chlore ne consistent d'abord qu'en chlorite et en chlorure potassiques , dont le premier reste en dissolution , tandis que le dernier se précipite. Il convient donc beaucoup de retirer la lessive quand elle est saturée de chlore environ à moitié, de décanter la portion non cristallisée, de laveries cristaux avec un peu d'eau , de mêler l'eau de lavage avec celle qui a été décantée, et de continuer à faire passer un courant de chlore à travers la liqueur.

Ce qui cristallise d'abord est du chlorure potassique , avec si peu de chlorate que ce n'est pas la peine d'essayer de l'extraire. Pour juger approximativement de la proportion de ce dernier , on fait sécher le sel, et on en jette une petite portion sur des char« bons ardents; lorsqu'il décrépite seulement, et qu'il ne produit qu'une fois ou deux une petite détonation , il ne convient pas d'opérer l'extraction du chlorate. — Plus tard le liquide dans lequel on fait arriver le courant de chlore donne plus de sel, et celui-ci devient de plus en plus riche en chlorate; lorsqu'enfin le gaz n'est plus absorbé , et que la liqueur prend une odeur de chlore, il ne se forme plus de chlorate. En général, on peut admettre que la lessive est saturée, quand elle perd la couleur rouge qu'elle a prise pendant l'opération , et qu'elle devient jaune. On la décante alors de dessus le sel, on laisse égoutter celui-ci, on le dissout dans deux fois et demie à trois fois son poids d'eau bouillante, et on filtre la dissolution toute chaude à travers du papier Joseph* A mesure qu'elle se refroidit, le chlorate potassique cristallise en paillettes souvent irisées. Après le refroidissement on

(i) L'aeidt permanganique peut provenir soit du manganèse contenu dans la potasse, floitd*iiiie portioa dêehloride BMDganique volatil.

l3a . CHLORATE POTASSIQUE,

décante la liqueur, qui contient trop peu de chlorate pour mériter qu'on révapore. On redissout le sel , et on le fait cristalliser de nouveau. Il est pur quand sa dissolution dans leau n*est pas pré* cipitée par le nitrate argentique.

La liqueur saturée de chlore, qui a donné pendant l'opération des cristaux de chlorate, est réduite à moitié par Tévaporation, puis abandonnée à elle-même ; elle donne encore des cristaux qui consistent en un mélange de chlorate, de carbonate et de chlorure potassiques; on en extrait le chlorate, comme nous venons de le dire. Cette solution contient de Thypochlorite potassique, qui se décompose, par la chaleur, de deux manières différentes : il donne en partie du chlorate et du chlorure potassiques (le premier sel en plus grande quantité), en partie du chlorure potassique et du gaz oxygène qui se dégage avec une légère effervescence, et la liqueur se colore en jaune rougeâtre par du permanganate potassique qui s'y dissout. Le sel qui reste dans Teau-mère après la cristallisation achevée , contient peu ou ne contient point de chlorate potassique. Par une nouvelle évaporation , on obtient encore de petits cristaux, qui consistent en un mélange cristallin , ou bien en un sel double , composé de chlorure et de bicarbonate potassiques. Lorsqu'on dissout ces sels dans leau bouillante et qu'on évapore lentement la dissolution, elle fournit des cristaux octaédriques trèsréguliers, qui ne sont autre chose que du chlorure potassique; mais obtenu par cette voie , ce sel ne cristallise pas sous une autre forme. Pendant la préparation du chlorate potassique, il importe que la lessive soit complètement saturée de chlore. Cette saturation contribue à la destruction de l'hypochlorite potassique contenu dans la liqueur , et change ce dernier en chlorate potassique; car tant que la solution renferme un excès de potasse, il se forme en grande partie de l'hypochlorite ; et lorsqu'on vient à évaporer une semblable liqueur alcaline , il se dégage beaucoup de gaz oxygène avec effervescence.

Un autre mode de préparation , et , à ce qu'il paraît, plus avantageux , a été indiqué par Graham. Il consiste à mêler ensemble atomes égaux de carbonate potassique sec et d'hydrate calcique , ou 19 parties du premier et 10 parties du second, à introduire le mélange dans un vase cylindrique, et à y faire arriver du gaz chlore jusqu'à saturation complète. Le gaz chlore est par là absorbé avec production de chaleur, pendant que de l'eau se dégage

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