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Sels de calcium

Les sels de calcium ont une saveur amère, piquante, semblable à celle des sels barytiques. On reconnaît la présence de la' chaux ' au moyen dé Facide oxalique, qui précipite cette terre même de dissolutions très- étendues. Dans les dissolutions concentrées, on peut la découvrir à Taide de Tacide sulfurique , lequel y forme un précipité très-volumineux de gypse. Les sels de calcium solubles (îans lalcool colorent en rouge le bord de la flamme, comme s'ils contenaient en mélange un sel de strontium.

A. Sels haloïdes de calcium.

Chlorure calcique (muriate de chaux), Ca€l. On le rencontre dans la nature, dissous dans Veau delà mer et de différentes sources , qui ne contiennent point de carbonate potassique ou sodique. Le meilleur moyen de se le procurer est de traiter par Teau le résidu calcaire, que les pharmaciens obtiennent dans la préparation de lammoniaque caustique^ et de le neutraliser par Tacide chlorhydrique , ou bien de le laisser à lair jusqu'à ce que Texcès de chaux soit séparé par Taciae carbonique. Ce qui reste à la fin est évaporé jusqu'à consistance de sirop , après quoi le sel cristallise, par le refroidissement, en prismes hexagonaux. Ces cristaux contiennent 49jI2 pour cent ou 6 atomes d*eau. Le chlorure calcique a une saveur salée, amère, attire promptement Thumidité de lair, et tombe en déliquium.

Les cristaux qu'on laisse, à la température de 1 été, dans le vide sur l'acide sulfurique, perdent 4 atomes ou 33,75 pour cent d'eau; ils deviennent ainsi blancs, et présentent l'aspect du speckstein cristallisé. Ils sont alors =i:Ca€I + 2Û. Les d atonies d'eau c{ui restent s'en vont à -f-aroo**.

. Quand on le chauffe, son eau de cristallisation se vaporise avec

CHROMATE DR CfU-iORURj^ CALCIQUE. ^jSi

effervescence, et il se transforme en upe ma^se blanche. A la chaleur rouge , il entre en fusion. Jje sel fondu, exposé quelques instants à la lunaière directe du soleil, paraît lumipeux dans Tobscurité; et, comme Homberg a le premier observé ce phénomène, on a donné le npm àe phosphore de Homberg au chlorure calcique fondu. Il doit être conservé dans un flacon sec et bien bouché. Quand on le mêle avec de Teau , après l'avoir réduit en poudre, il réabsorbe son eau de cristallisation et dégqge de la chaleur, puis se dissout et produit du froid. On s*en sert pour faire des mélanges réfrigérants, avec les précautions que j*ai indiquées en traitant du calorique. En raison de sa grande affinité pour Teau , on •s'en sert pour sécher des gaz humides, et pour débarrasser lalcool des dernières portions d'eau qu'il renferme. Le sel est très-peu soluble dans Teau. Sa solution saturée bouillante renferme, pour loo parties d*eau, 3^5 de sel anhydre; son point d'ébuUition est à + 179*^,5, D'après Graham^ 10 parties d alcool anhydre dissolvent 7 parties de chlorure calcique anhydre à +80 degrés. Par le refroidissement, il cristallise des feuilles rectangulaires , qui contiennent 59 pour cent d*alcool, en place de Teau de cristallisation. Cette proportion d alcool correspond à 3 ^ atomes pour i atome de sel ; mais il est probable que ce nombre fractionné résulte d une erreur d'observation.

Le chlorure calcique absorbe le gaz ammoniac, et en même temps se gonfle beaucoup et tombe en poudre. Si Ton introduit le chlorure calcique saturé de gaz ammoniac dans du gaz chlore ; il s'enflamme, et donne naissance à de Tacide chlorhydrique , du gaz nitrogène et du sel ammoniac. L'ammoniaque se dégage quand on chauffe cette combinaison , ou qu on Texpose à l'air, ou qu'on l'humecte légèrement. D'après H. Rose^ 100 parties de chlorure calcique absorbent 1 18,96 parties d'ammoniaque, proportions qui donnent la formule Ca€l-i-4NH\

Chlorure calcique tribasique y Ca€l + 3Ca. On obtient ce sel en faisant bouillir le précédent avec de la chaux, filtrant la dissolution toute chaude , et la laissant refroidir lentement { il se dé« pose alors de longs cristaux, étroits, plats et minces , qui contiennent 49 pour cent ou i5 atomes d'eau de cristallisation. L'alcool et l'eau décomposent ce sel, en dissolvant du chlorure calcique et laissant de Thydrate de chaux.

Chiomate de chlorure calcique^ Ga^l + aCr. Sel déliquescent.

376 lODURB CALCIQUE.

Bromure calcique^ Ca&r. Il ressemble beaucoup au chlorure' et forme un sel déliquescent, contenant de l'eau de cristallisation. Combiné avec une très-petite quantité d*eau, il peut s'unir à une plus grande proportion de brome, qui lui donne une couleur jaune , et qui se sépare quand il vient à absorber plus d'eau. Si l'on mêle de Thydrate de chaux avec un excès de brome , et qu'on évapore cet excès dans le vide, au-dessus d'un vase contenant de l'hydrate potassique, on obtient une masse compacte rouge cinabre, toujours alcaline, qui est une combinaison du calcium avec un nombre d'atomes encore inconnu de brome. Quand on verse très-peu d'eau sur cette masse, elle devient jaune ^ plus d'eau la rend incolore; la liqueur prend une couleur jaune, qui ne tarde pas à disparaître. Cette liqueur blanchit les couleurs végétales tant qu'elle est jaune.

Bromure calcique basique. On l'obtient en faisant bouillir une solution de bromure calcique avec de l'hydrate calcique, la filtrant tandis qu'elle est encore bouillante, et la laissant refroidir. Le sel cristallise alors en aiguilles déliées , comme le chlorure. L'eau pure le décompose en bromure et en hydrate insoluble. Le bromure calcique fondu absorbe du gaz ammoniac , et tombe en une poudre blanche volumineuse, contenant 3 équivalents ou 34,14 pour cent d'ammoniaque.

lodure calcique^ Cal. C'est un sel déliquescent, qui retient l'iode quand on le calcine en vases clos, et l'abandonne lorsqu'on le chauffe à l'air libre, en donnant un résidu de chaux. L'iode en dissout en grande quantité dans une dissolution trèsK^oncentrée dlodure calcique; et en évaporant ensuite la liqueur dans le vide, au-dessus d'un vase contenant du carbonate potassique, le sel cristallise en gros prismes noirs, striés, doués de leclat métallique. Ces cristaux correspondent à une des combinaisons supérieures de l'iode avec le potassium. Si l'on mêle de l'iodate calcique avec de l'iodure de calcium , une partie du calcium s'oxyde aux dépens de Toxygène de l'acide iodique , et on obtient une combinaison brune, que l'on a regardée comme composée d'iode et de chaux, mais qui peut aussi bien être une combinaison (c est-à-dire une sorte de sel basique) de la chaux avec le degré supérieur de combinaison d'iode et de calcium , qui vient d'être décrit. Il parait qu'on obtient le même composé quand on triture un mélange d'iode et d'hydrate calcique.

FLUORURE GALGIQUR. 377

Fluorure calcique (fluate de chaux), CaP. La natpre le présente fréquemment 9 soit cristallisé en cubes ou en octaèdres, soit sous forme de masses cristallines, ou, plus rarement, sous celle de couches compactes. On le nomme généralement spath^fluor. Après avoir été chauffé doucement sur une plaque , il paraît très-lumineux dans Tobscurité , et finit par décrépiter, en perdant son eau interposée ; alors il ne luit plus quand on le chauffe de nouveau. Cependant on rencontre dans la nature du spath-fluor qui ne devient pas lumineux par Tefifet de la chaleur. Une modification de ce sel , qui a été trouvée à Nertschinsk en Sibérie , a la propriété de devenir lumineuse toutes les fois qu'on la chauffe , pourvu que la chaleur n'excède pas un certain degré; on lui a donné le nom de cklorophaneypsLTce qu'elle répand une lumière verte. Si on l'expose pendant quelque temps à la lumière du soleil, il acquiert la propriété de donner dans l'obscurité , pendant assez longtemps , une faible lueur jaunâtre. De Grotthuss^ qui a fait à ce sujet une série d'expériences intéressantes, a trouvé qu'en précipitant le spath-fluor , par l'ammoniaque , de sa dissolution dans l'acide chlorhydrique concentré,- le précipité séché possède la propriété de luire quand on le chauffe, si toutefois le spath-fluor n'a pas perdu cette propriété avant d'avoir été dissous dans Tacide; mais, dans ce dernier cas, c'est-à-dire quand il ne jouissait plus de cette faculté , le précipité en était également dépourvu. Il serait difficile d'expliquer ce phénomène d'une manière satisfaisante. De Grot" thuss assure quun spath-fluor qui a perdu la propriété de devenir phosphorescent, la reprend jusqu'à un certain point quand on fait passer quelques étincelles électriques immédiatement audessus de sa surface.

On trouve aussi du fluorure calcique dans les os des animaux , dans lesquels il entre pour un ou quelques millièmes de leur poids , principalement dans Timail des dents. On le trouve, quoique en très-petite quantité , djssous dans l'urine de l'homme, en même temps que le phosphate calcique des os. Enfin, il y a quelques sources qui en contiennent, par exemple, l'eau minérale de Carlsbad.

Lorsqu'on veut se procurer ce sel par des moyens chimiques , on prend du carbonate calcique récemment précipité, et on le sature , tandis qu'il est encore humide, par de l'acide fluorhydrique exempt de silicium. Le sel qu'on obtient dans ce cas est aussi

378 FLCJOROflF. CàLCÏQUR.

grenu que le carbonate calclque , et peut être lavé facilement. Si , au contraire, on le précipite d'un sel calcique neutre par le moyen d'un fluorure soluble , on obtient une masse gélatineuse, qui reprend , même après avoir été séchée , son aspect de gelée , quand on verse de Teau dessus , et qui ne peut guère être lavée , parce qu elle obstrue les pores du papier. Cette gelée est si translucide , qu on croit d'abord n'avoir obtenu qu'un précipité très-peu abondant. Vue par réfraction, elle paraît rougeâtre et opaline. L'ammoniaque caustique contribue à rendre la précipitation complète ; mais si la dissolution contient un excès de sel calcique, le fluorure pourra se trouver mêlé de carbonate calcique. I^e fluorure calcique naturel ou artificiel n'est pas décomposé, à une basse température , par l'acide sulfurique; mais il en est imbibé, devient parfaitement transparent, et forme un liquide épais, qui peut être étiré en fils. S'il contient en mélange de l'acide siliciquci il se produit une effervescence due au dégagement du gazfluoride silicique : il se forme du gypse, et la masse perd sa transparence. A +40**, le fluorure calcique pur commence à être décomposé, et perd en même temps sa transparence. Si, avant que la décomposition s'opère, on ajoute de l'eau au mélange, le fluorure calcique se sépare , et la masse devient laiteuse. Les acjdes nitrique concentré et chlorhydrique ont aussi la propriété de donner cette transparence au fluorure calcique, mais sans que la liqueur devienne visqueuse. En y versant de l'eau, le mélange devient laiteux, et la liqueur filtrée ne renferme que très-peu de ;luorurc calcique en dissolution. Ce sel est très-peu soluble dans l'acide fluorhydrique, et la plus petite quantité de carbonate calcique qu'on ajoute à cet acide le rend trouble. Si, au contraire, on ajoute un peti d'un sel calcique à de l'acide fluorhydrique trèsétendu , il ne se forme de précipité que quand on sature l'acide par un alcali. L'acide fluorhydrique forme un précipité de fluorure dans les dissolutions neutres et peu étendues de sels calciques. L'acide chlorhydrique, étendu et bouillant, dissout une petite quantité de fluorure calcique, que l'on peut ensuite obtenir, soit en le précipitant par un alcali, soit en évaporant l'acide libre. Par 1 ébullition avec l'acide nitrique , le fluorure calcique est en partie décomposé. Plusieurs chimistes ont obtenu des dissolutions plus saturées de fluorure calcique dans les acides nitrique ou chlorhydrique ; mais elles doivent leur existence à l'emploi d'un spath-

FLUORORE BORICD-CALCIQUE. 3'JÇ)

fluor silicifère, lequel forme un sel très-soluble dans les acides, le fluorure silico-calcique. Les hydrates potassique ou sodique ne décomposent le fluorure calcique ni par la voie sèche, ni par la voie humide j mais, par la voie sèche, ce sel est facilement décomposé par les carbonates de ces alcalis, surtout quand le spath-fluor employé a été préalablement soumis à la lévigation. Le meilleur moyen de préparer, à Taide du spath -fluor, de Tacide fluorhydrique exempt de silicium, est, sans contredit, de décomposer d abord le spath-fluor par le carbonate potassique ou sodique, afin de se procurer un fluorure à base alcaline exempt de silicium, puis de traiter celui-ci par Tacide sulfurique. D'après les expériences deScheele^ le fluorure calcique n'est pas décomposé par la distillation avec du sel ammoniac, mais il Test quand on le distille avec du sulfate ammonique.

Fluorure calcique et sulfate calcique. Ils forment ensemble un sel double particulier, qu on obtient en chauffant dans un creuset de platine un mélange d'une partie et trois quarts de gypse avec une partie de spath-fluor. La masse entre en fusion à la chaleuc rouge, et donne un liquide tout à fait transparent, qui se solidifie par le refroidissement, et forme un émail. C'est pour cela que, dans les essais au chalumeau, on se sert de spath-fluor pour reconnaître le gypse, et vice versa. Dans les points de contact, les deux sels fondent avec la plus grande facilité; mais, après quelques instants, l'acide sulfurique commence à être décomposé, et dès lors la masse produit une légère effervescence, devient moins fusible, forme des excroissances semblables aux choux-fleurs, et finit par devenir tout à fait infusible. Le fluorure calcique se comporte de la même manière avec les sulfates barytique et strontique.

En faisant fondre deux parties de spath-fluor avec une partie de carbonate potassique, ou une partie du premier avec deux du second, on obtient, d'après ^e/M/e/-, un liquide transparent, qui perd l'acide carbonique par un feu violent , et devient opaque. Après le refroidissement, la masse est légèrement cristalline et demi-translucide; l'eau lui enlève du carbonate potassique, mêlé avec un peu de fluorure calcique.

Fluorure borico -calcique (fluoborate de chaux), CaF + BF\ On le prépare en dissolvant le carbonate calcique dans l'acide liydro- Uuoborique, sans cependant mettre assez de carbonate pour satu-

38o FLUORURE TANTALIGO-GALCIQUE.

rer l'acide. En abandonnant la dissolution à VeTaporation spontanée , on obtient d*abord des cristaux d acide borique ( qui se trouvait à Tétat de simple mélange dans l'acide hydrofluoborique), après quoi le sel calcique se dépose sous forme d'un précipité gélatineux. Le fluoride borique, en dissolution concentrée, transforme le fluorure calcique artificiel en cette même masse gélati* neuse, qui est dissaute quand on y ajoute plus d'acide. Desséchée, cette masse gélatineuse forme une poudre qui rougit le papier de tournesol , a une saveur acide , et est décomposée par l'eau , qui dissout un sel acide , et laisse un sel avec excès de fluorure cal* cique.

Fluorure silico^alcique (fluate de silice et de chaux), 3CaF + aSi F'. La meilleure manière de le préparer consiste à dissoudre le carbonate calcique dans l'acide hydrofluosilicique , et à évaporer la dissolution à une douce chaleur. On peut aussi l'obtenir en mêlant du spath-fluor en poudre avec de l'acide silicique , et faisant digérer le mélange avec de l'acide chlorhydrique. Ce sel ne se dissout dans l'eau qu'à la faveur d'un excès d'acide, et il cristallise à mesure que cet excès se volatilise pendant l'évaporation. Il cristallise en prismes quadrilatères très-réguliers. Ces cristaux sont décomposés par l'eau , qui dissout un sel acide , et laisse une poudre contenant une plus grande proportion de fluorure calcique. En évaporant la dissolution , on obtient des cristaux du même sel qu'auparavant. Il se dissout sans décomposition dans l'acide chlorhydrique , et ce n'est que par une évaporation prolongée qu'il perd de l'acide hydrofluosilicique, et se transforme en chlorure calcique. Si Ton précipite par l'ammoniaque caustique la dissolution récemment préparée, il se sépare du fluorure calcique, intimement mêlé ou peut-être combiné avec de l'acide silicique , et la liqueur contient du chlorure et du fluorure ammoniques.

Fluorure titanico^calcique. On l'obtient, sous forme de cristaux prismatiques , en dissolvant le carbonate calcique dans l'acide hydrofluotitanique, et évaporant la dissolution. Il ne se dissout que quand il contient un excès d'acide; l'eau le décompose de la même manière que le sel précédent.

Fluorure tantalico^alcique. Il est soluble dans l'eau ; quand on évapore la dissolution, il est décomposé et donne un dépôt peu soluble, formé des mêmes éléments en d'autres proportions*

SULFATE CA.LCIQUE. 38 1

Cyanure calcique^ Ca €y. Il a été peu examiné. On Toblient en

saturant Tacide cyanhydrique par l'bydrate calcique. Par VéTapo-

ration , il est décomposé en carbonate calcique et ammoniaque. Il

est inconnu sous forme solide.

Rhodanure (sulfocyanure) calcique^ CaC*N*S'. Sa dissolution dans lalcool donne des cristaux acîculaires. Il est déliquescent à l'air y et se dissout facilement dans Teau et dans 1 alcool. Mis dans Tappareil dessiccateur , le sel tombé en déliquium cristallise difficilement et irrégulièrement ; les cristaux ne tardent pas à s*efHeurir, pour devenir de nouveau déliquescents à lair. Ils contiennent 3 atomes ou st5,46 pour cent d eau ; le dernier atome ne s'en va^ que lorsque le sel a commencé à se décomposer à + 170^

Mellanure calcique ^ CaC^N*. En solution concentrée , il se précipite sous forme d'une masse blanche épaisse. Il se dissout facilement dans l'eau bouillante, et cristallise, par refroidissement, en aiguilles qui, selon Liebig, contiennent 4 atomes ou 24,07 pour cent d'eau, dont 3 atomes ou i8,o5 pour cent s'en vont à +isto^

B. Oxysels de calcium.

Sulfate calcique (gypse) , Ca S. On le rencontre fréquemment dans la nature , soit à l'état anhydre, soit uni à de l'eau de cristallisation. A rétat anhydre, il forme souvent de gros cristaux limpides , des prismes rectangulaires ou hexagonaux à sommet tronqué, et d'autres cristaux dérivant de cette forme. Les minéralogistes rappellent tantôt muriacUcy de muriasy sel marin, parce qu'il se rencontre dans les gîtes de sel gemme; tantôt ankydritey pour indiquer qu'il ne renferme pas d'eau. Le poids spécifique du dernier est 2,927. Cependant le sulfate calcique existe le plus ordinairement combiné avec de l'eau de cristallisation; on lui donne alors le nom de gypse. Il forme soit des prismes hexagonaux à sommet trièdre , soit des masses à larges lames , clivables, comme le mica^ en lamelles extrêmement minces (pierre à Jésus, verre de Marie) ; enfin, on le rencontre à l'état compacte et granuleux (albâtre), sous forme de paillettes, etc. Il renferme 2 atomes ou 20,79 poiur cent d'eau. Son poids spécifique est =2,322. Exposé à + loo** dans le vide, il perd i atome d'eau, en devenant opaque. De l'eau gypseuse , soumise , dans une chaudière^ à la pression de plusieurs atmosphères, laissa, par l'évaporation , déposer une

38a SULFATE C\LGIQITE.

poudre grenue, qui^ d après une analyse de Johnston^ était du sulfate calcique avec 6,21 pour cent d*eau de cristallisation, =:îiCaS + H.Le gypse est un sel peu soluble dans Teau, qui cristallise néanmoins en petites aiguilles quand on évapore lentement sa dissolution. Dans les dissolutions de sels calcaires, il est précipité par Tacide sulfurique ou les sulfates, sous forme d*une masse très-volumineuse, dont les moindres parcelles offrent, sous le microscope, une structure cristalline. Il a peu de saveur, et se trouve en dissolution dans beaucoup d*eaux de source, qui ont alors une saveur fade et terreuse , si cette saveur n*est pas masquée par la présence d'autres matières. Il est à peu près aussi soluble dans Teau froide que dans Teau bouillante. A -j- 5**, il est tout aussi soluble qu'à + loo^ Le maximum de solubilité est à + 35** ; celleci diminue tant par un abaissement que par une élévation de température. Suivant Poggiale^ 100 parties d'eau dissolvent o,2o5 parties de gypse anhydre à 0°; 0,219 parties à + 5**; 0,241 parties à + 20**; 0,254 parties à -f- 35* ; o,25i parties à + 5o**; 0,244 parties à + 70°; 0,2 3 1 parties à -h 90** , et 0,217 P^^''^^^^ à +100®. Il se dissout en bien plus forte proportion dans lacide chlorhydrique que dans Teau pure. Il est insoluble dans l'alcool. Chauffé brusquement dans un creuset, il abandonne son eau de cristallisation avec pétillement, et tombe en poussière. A + iôo% il perd I atome d'eau ; le second atome s'en va à + I32^ A une température très-élevée, il fond , et se solidifie en une masse opaque. Chauffé considérablement au-dessus de la température nécessaire à l'élimination de l'eau de cristallisation, il perd son affinité pour l'eau; on ne peut la lui rendre, ainsi qu'au sulfate anhydre naturel , qu'en dissolvant le sel dans l'eau ou dans lacitle chlorhy-. drique, et évaporant la liqueur jusqu'à cristallisation. Ordinairement on le calcine dans des fourneaux particuliers, que Ton échauffe jusqu'au point qui convient pour cuire le pain. Si Ton verse de l'eau sur du plâtre calciné , il réabsorbe son eau de cristallisation et se durcjt ; la masse ainsi obtenue sert à la préparation des médailles et des bustes en gypse, etc. La bouillie de gypse, récemment préparée , est coulée dans des moules qui sont ordinairement faits avec du gypse, et in^bibés d'huile ou de soufre, pour empêcher que le gypse qu'on a versé dans le moule ne s'y attache. Le gypse artificiel , employé de la même manière , n'acquiert pas le même degré de dureté que le gypse naturel. Ce phé-

BlSULFilTE CALCIQUE. . 383

nomène, sur lequel on a longtemps discuté, tient à ce que ce sel artificiel est trop volumineux , et ne forme , par conséquent^ pas une masse assez dense pour prendre une consistapce convenable. Payen a fait voir qu'en comprimant fortement le gypse artificiel avant de le calciner, et tandis qu'il est encore huitiide, le desséchant et le calcinant dans cet état, on lui donne la propriété de durcir comme le gypse naturel. Le gypse calciné sert aussi à imiter le marbre; à cet effet, on Thumecte avec une dissolution de colle forte , on le pétrit avec des matières colorées , et on l'applique sur les objets qu'on veut en recouvrir^ cette préparation est connue sous le nom de stuv. Le gypse calciné qu'on mêle avec un peu d'alun avant d'y ajouter l'eau, ou qu'on laisse, une fois durci et desséché , reposer dans une solution bouillante d'alun , devient beaucoup plus dur et compacte, et prend un aspect cristallin. Il est alors bien plus inaltérable à l'air et à la pluie qu'auparavant. En agriculture y on emploie le gypse comme engrais. 11 exerce surtout une actioil avantageuse sur les légumineuses, par exemple , les pois , les vesces , le trèfle. Il ne sert pas , à proprement parler, d'aliment aux plantes^ et on ignore son mode d'action. On a voulu l'expliquer, en supposant que le gypse forme du sulfate ammonique avec le carbonate ammoniacal de l'air ou du fumier, et qu'il sert de cette manière à fixer l'ammoniaque dont les plantes s'approprient ensuite le nitrogène. Mais celte explication ne repose pas sur des expériences ; et si elle était exacte , il faudrait que le gypse eut une influence marquée sur les graminées , qui n'ont pas la faculté, comme les légumineuses, de s'approprier le nitrogène de l'air , lorsque le nilrogène manque à la terre où les plantes croissent; mais le gypse n'y exerce aucune action.

Bisulfate calcique^ GaS-+-HS. On l'obtient en traitant le sulfate calcique anhydre par l'acide sulfurique de -f-8o" à -f- loo** : le tout se transforme en une masse grenue. L^acide en dissout une partie, qui, par le refroidissement, se dépose de nouveau en grains. On met le sej sur une brique sèche , qui absorbe l'acide. Mais cette opération doit se faire dans un appareil dessiccateur , parce que le sel se détruit par l'humidité de l'air. Ces cristaux granuleux, vus au microscope, sont des prismes courts, incolores, transparents. L'atome d'eau qui s'y trouve est de 7,672 pour cent. Le sel se déeompose à l'air : l'acide sulfurique en attire Thumidité et

384 • DITHIONITE CALCIQUE.

coule, pendant que le sulfate neutre reste sous forme cl*une poudre fine. Ueau le décompose instantanément de la même manière. L*acide sulfurique, décanté du sel acide ^ laisse, à mesure qu*il attire l'humidité de l'air, déposer des cristaux aciculaires fins , mais dont on n*a pas encore évalué la proportion d'eau.

Sulfate calcicO'Sodique y CaS + NaS. Ce sel double est insoluble dans l'eau, et ne contient point d'eau de cristallisation. On le rencontre dans le règne minéral sous forme de cristaux transparents ; les minéralogistes lui ont donné le nom de glaubérite. Les deux bases y contiennent la même quantité d oxygène. D Câpres Berthier^ cette combinaison peut être obtenue par des moyens chimiques, en faisant fondre un mélange des deux sels. Ceci s'effectue sans doute par la formation d'un sel double analogue, pendant que du gypse hydraté en poudre fine, délayé dans une solution de carbonate , de sulfate ou bisulfate potassiques , se prend très-rapidement en une masse compacte, semblable à celle qu'on obtient en humectant d'eau le gypte calciné ,- mais le durcissement s'opère bien plus vite que dans le dernier cas.

Le sulfate calcique s'unit , par la fusion , aux fluorures barytique, strontique et calcique, avec lesquels il forme un liquide transparent, qui devient d'un blanc laiteux en se solidifiant.

Sulfite calcique^ CaS. Ce sel forme une poudre blanche, peu soluble,qui exige, pour sa dissolution complète, 800 parties d'eau. Un excès d'acide le rend plus soluble ; par le refroidissement d'une semblable dissolution, saturée à chaud, il cristallise en longues aiguilles hexagones. Il s'effleurit lentement en passant à l'état de sulfate. Exposé à l'action de la chaleur, il perd 2 atomes ou 22,89 po^r cent d'eau de cristallisation, et se transforme, à une température plus élevée, en gypse et en sulfure de calcium.

Dithionate (hyposulfate) calcique , Ca S. Il forme des cristaux transparents , très-solubles , qui contiennent 26,34 pour cent ou 4 atomes d'eau. Il exige , pour se dissoudre , 2,46 parties d'eau à -f- 19**, et seulement 0,8 parties à + 100".

Dithionite (hyposulfite) calcique^ Caè. On le prépare comme les sels correspondants de baryte et de strontiane. Il est très-soluble dans l'eau. Sa dissolution, évaporée à une chaleur qui n'excède pas -+-60**, donne, par le refroidissement, de gros prismes hexagones qui sont transparents, et contiennent 6 atomes ou 4i>54

PHOSPHATE CALCIQUE. 385

pour cent d'eau. A Fair, ce sel s'efQeurit à la température de + 40*"* Il s^ dissout dans un poids d'eau égal au sien ; et quand on chauffe sa dissolution au delà de + 60% il se décompose en sulfite et en soufre.

Trithionate calcique y CaS^O*. On l'obtient, d'après ^au;;ia/tn , lorsqu'on fait digérer pendant quelques jours, en vases clos , une solution concentrée de dithionite calcique avec une poudre fine de soufre , entre +5o° et +6o^ La solution ne devient pas jaune comme pendant la préparation du sel potassique. Par l'évaporation de la solution à une douce chaleur, et enfin dans l'appareil dessiccateur , on obtient le sel sous forme d'une masse irrégulièrement cristalline , qui s^humecte facilement à l'air.

Nitrate calcique ^ GaN. Il se forme dans l'eau mère du salpêtre. Je l'ai trouvé en quantité assez considérable dans les eaux des fontaines de Stockholm , où il est accompagné des nitrates potassique et magnésique. Il cristallise difficilement en longs prismes hexagones , avec 4 atomes ou 3o,5 pour cent d'eau, attire promptement l'humidité de l'air, se dissout dans le quart de son poids d'eau , et en toute proportion dans l'eau bouillante. La solution saturée bouillante a son point d'ébullition à + i5i% et renferme, pour 100 parties d'eau, 302,8 parties de sel anhydre. Il se dissout dans son poids d'alcool bouillant. Si le sel et l'alcool sont anhydres, et la solution saturée à la température de l'ébullition , on obtient par le refroidissement, selon Graham^nne masse compacte non cristalline, qui renferme une combinaison chimique entre le sel et l'alcool. Le nitrate calcique se décompose facilement par la calcination. Fondu jusqu'à décomposition commençante , et exposé quelques instants à la lumière, il luit faiblement dans l'obscurité; c'est pourquoi on l'appelait autrefois phosphore de Baudouin. En faisant bouillir le nitrate calcique dans une solution d'hydrate calcique , on obtient une liqueur très-alcaline , qui renferme un sel basique en dissolution. La partie qui reste insoluble après le lavage à l'alcool est, suivant Millon , un sel encore plus basique. On n'a déterminé la composition d'aucun de ces soussels.

Nitrite calcique, GaN. D'après Mi tscherlichy il est déliquescent.

Phosphate calcique. Il est très-abondant dans la nature, où on le trouve soit dans le règne minéral, soit dans les os des animaux, dans lesquels il entre comme principale partie constituante. L'a- III. u5

386 SOUSPHOSPHA.TE CAXCIQUE.

cide phosphorique peut se combiner en plusieurs proportions avec la phaux.

a. Phosphate calcique neutre ^ aCaP. On l'obtient en versant goutte à goutte une dissolution de phosphate sodique cristallise dans une dissolution de chlorure calcique. Il se forme un précipité demi-cristallin; et quoique le phosphate sodique employé réagisse à la manière des alcalis, la liqueur au sein de laquelle s est fait le précipité est acide, surtout quand la chaux n*a pas été précipitée totalement. Cela tient à la formation dune petite quantité d'un soussel calcique. Le précipité ainsi obtenu est une poudre cristalline, qu^ vue sous le microscope, paraît composée de petits (ils dont les extrémités se divisent en trois ou plusieurs £ls encore plus fins. Après la dessiccation , elle est pulvérulente. — Ce sel renferme 21,90 parties ou 4 atomes d'eau combinée. U se dissout facilement dans les acides, même dans une eau chargée d'acide carbonique , et c'est à l'état de dissolution dans ce dernier acide qu'on le trouve dans plusieurs eaux minérales.

b, Sousphosphate calcique^ Ca? P. Il prend naissance lorsqu'on précipite un sel calcique par du sousphosphate sodique , ou qu'on traite le sel précédent par de la soude caustique. On l'obtient aussi en mêlant une solution de phosphate alcalin avec de l'ammoniaque caustique, et versant le mélange goutte à goutte dans une solution de chlorure calcique, sans en précipiter la totalité de la chaux. Le sousphosphate calcique forme un précipité demi-transparent , à peu près comme l'hydrate aluminique \ mais , par le lavage , il devient blanc , opaque , et , après la dessiccation, terreux. Il renferme 2 atomes d'eau de cristallisation. On l'obtient, par la voie sèche , en traitant le sel neutre récemment précipité par une solution concentrée de chlorure calcique , puis évaporant la liqueur et calcinant le résidu jusqu'au rouge. Pendant l'évaporation aussi bien qu'au commencement de la calcination, il se développe de l'acide chlorhydrique; et la masse calcinée, après le lavage à Teau, laisse le sousphosphate calcique non dissous. Il est trèsprobable, bien que l'expérience n'ait pas encore décidé, que cette

combinaison soit = Ca Gl + 3Ca^ P , et que le chlorure calcique y remplace le fluorure calcique dans le minéral qui porte le nom àiapatite. Ce minéral, en partie incolore, en partie diversement coloré , est cristallisé en prismes à 6 pans ; c'est du sousphosphate

SEL DOUBLE 1>£ PHOSP^ATE NEUTBE. 887

caldqae combiné soit avec du fluorure calcique neutre, soit fivec du chlorure calcique, soit avec ces deux corps à la fois, d après la formule ci-dessus indiquée.

e. Sel double de phosphate neutre et de sousphosphate calciques^ •• ••

Ca*P + aCa'P. Il prend naissance toutes les fois qu'une solution de sel calcique est versée goutte à goutte dans une solution de phosphate alcalin , sans que la totalité de l'acide phosphorique soit précipitée. La réaction alcaline de la liqueur se trouve par là diminuée , et présente à la fin une réaction acide ; la liqueur renferme alors du biphosphate alcalin. Le moyen le plus sûr d'obtenir le sel exempt de tout autre mélange, consiste à verser goutte à goutte une solution de chlorure calcique dans un mélange de phosphate ammoniacal et d'ammoniaque caustique. Le précipité qui se forme a l'aspect d'une masse gélatineuse, demi-transparente, qui rend la liqueur, si on ne l'étend pas, épaisse comme une pâte. U occupe beaucoup d'espace sur le filtre, et se lave très-lentement. Après la dessiccation, il forme des morceaux compactes à cassure vitreuse , et transparents sur les bords amincis. Une très-petite quantité de fer , qui ne colore pas le sel humide , le rend d'un beau bleu par la calcination. Ce sel contient 3 atomes d'acide phosphorique et 8 atomes de chaux, ou, en centièmes , 48,787 parties d'acide phosphorique et 5 1, 263 parties de chaux. On n'a pas encore examiné s'il renferme de l'eau chimiquement combinée. Lorsqu'on dissout le phosphate calcique, basique ou neutre, dans de l'acide chlorhydrique , et précipitant la solution par l'ammo- ,niaque , on obtient le même sel à l'état de précipité ; ce n'est qu'à la fin, par l'addition d'un excès d'ammoniaque, qu'il se formf^ un sel encore plus basique, mais qui, même en laissant le préci* pité longtemps en contact avec la liqueur alcalipe , ne passe pas à

l'état de Ca'P; peut-être se maintient-il dans un état correspondant à la composition de Tapatite; de telle feçon que Ga€l soit,

dans la formule de ce minéral, remplacé par Ga'P=C*P-h

3Ca'P ; dans ce cas, il contiendrait 47)97 pour cent d'acide phosphorique , et 52,o3 pour cent de chaux.

Tous ces sou^phosphates calciques sont solubles dans l'acide nitrique et dans l'acide chlorhydriqqe, tant concentrés qu'étendus; et en général) à un certain degré de dilution , ils ont leur maxi-

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