‹ Traité de chimie minerale, végétale et animale (volume 2)Chapitre 51 sur 84 · III. ^ T · texte numérisé non relu

III. ^ T

482 SULFATE ZIRCONICO-POTAS8IQUE.

Tacide sulfurique étendu de la moitié ou d*un tiers de son poids d'eau , et faisant digérer le mélange jusqu'à ce que l'excès d acide soit chassé à une' température qui ne s'élève pas au delà du rouge naissant. Le sel se dissout avec lenteur dans l'eau froide , mais très-promptement dans l'eau bouillante. En évaporant la dissolution, on obtient une masse gommeuse, qui finit par se dessécher en un résidu blanc et fendillé , sans traces de cristallisation. Cependant ce sel peut être obtenu sous forme cristalline ; il suffit pour cela de mêler la dissolution avec de l'acide sulfurique; il cristallise alors à mesure que l'acide se concentre et forme son eau mère. Les cristaux ne contiennent pas un excès d'acide combiné, et , après la cristallisation du sel , l'acide est presque exempt de zircone. Les cristaux peuvent être lavés à l'alcool. Le sulfate zirconique contient de l'eau de cristallisation, fond par l'action de la chaleur , se gonfle comme l'alun, et supporte la chaleur du rouge naissant^ sans perdre de l'acide sulfurique. Au rouge vif, il est décomposé, et laisse de la zircone pure. L'ammoniaque versée en excès dans la dissolution de ce sel en précipite de l'hydrate zirconique, et non un soussulfate.

b. Sulfate bizirconique^ irv^ S' =zz îr S^ -h îr. Il se forme quand on ajoute de l'hydrate zirconique à une dissolution aqueuse concentrée du sel neutre, jusqu'à ce que la liqueur ne dissolve plus d'hydrate. En évaporant cette dissolution jusqu'à siccité, on obtient une masse gommeuse, fendillée, qui se dissout dans une trèspetite quantité d'eau ; mais si on Fétend d'eau , il se précipite un sel avec un plus grand excès de base, et le précipité augmente avec le degré de dilution, jusqu'à ce que la liqueur ne jenferme plus que du sel neutre.

c. Sulfate trizlrconique y îrS=ZrS^ + a:^î'. C'est le précipité qu'on obtient, comme nous venons de le dire. Le même sel se forme quand on mêle la dissolution du sel neutre d'abord avec de l'esprit-de-vin, puis avec de l'eau. C'est une poudre blanche, floconneuse , insoluble dans l'eau.

Sulfate zirconicO'potassique. Lorsqu'on mêle la dissolution d'un sel zirconique avec une dissolution de sulfate potassique, il se précipite de la zircone ; si l'on ajoute assez de sulfate potassique pour que la liqueur en soit saturée , la plus grande partie de la zircone se sépare; enfin, la totalité de la terre est précipitée quand on n/eutralise exactement par la potasse l'adde contenu dans Ja liqueur.

SULFATE ZtBCOKICO-AMMONIQU£. 4^3

La cause de la précipitation de la zircone dépend de la tendance qua le sel potassique à devenir acide, et de celle que possède le sel zirconique à devenir basique. Le précipité se dissout partiellement dans Teau pure, et lorsqu'on le lave, Teau de lavage se trouble au moment où elle arrive dans la liqueur qui a filtré la première. Si on fait bouillir la liqueur mêlée avec le précipité, une portion de ce dernier se dissout dans Tacide libre , et se précipite ensuite pendant le refroidissement; mais la partie non dissoute a éprouvé, par Fébullition, un changement qui consiste en ce qu'elle est devenue insoluble, non-seulement dans Teau, mais aussi dans les acides sulfurique, nitrique et chlorhydrique. Elle subit le même changement quand on la lave à Teau bouillante. Cette combinaison insoluble est un soussel dans lequel Tacide est combiné avec six fois autant de base que dans le sel neutre , et en même temps avec une quantité de potasse si petite , qu'on pourrait regarder sa présence comme n'étant pas essentielle à la combinaison, si le sulfate sodique produisait un précipité analogue, ce qui n'arrive pourtant pas. Le soussel est dissous par le carbonate ammonique, et se précipite de la dissolution quand on la fait bouillir ; le précipité a conservé son insolubilité dans les acides. Cet état d'insolubilité démontre que la terre est passée à l'état de *2ircone, qui semble être provoqué par le sulfate potassique, mais non par le sulfate sodique. Pour le rendre soluble, il faut le faire bouillir ou fondre avec de la potasse ou de la soude caustiques , puis le laver avec soin; Thydrate reste alors à l'état de pureté. Le bisulfate potassique dissout la zircone par la fusion , et forme avec elle un sel double, qui est parfaitement transparent à l'état fondu. L'eau qu'on verse sur ce sel double s'empare du bisulfate potassique, et laisse le sel basique peu soluble dont il vient d être question. Quand la masse saline fondue contient un grand excès de bisulfate, elle se dissout entièrement dans l'eau. — La propriété que possède la zircone d'être précipitée par le sulfate potassique , peut être utilisée pour séparer la terre du fer et d'autres corps. Sulfate zirconico-ammonique. Ce sel double se précipite quand on mêle une dissolution de zircone neutre et concentrée avec du sulfate ammonique. Il ressemble au sel précédent, mais se dissout tant dans l'eau froide et dans l'eau bouillante que dans les acides. Quelquefois on ne réussit pas à produire cette combinaison , et souvent elle se redissout sur-le-champ.

484 OXALA.TE ZIRCONIQUE.

Sulfite zirconique. Il se précipite à l'état de soussel lorsqu'on mêle une solution de chlorure zirconique avec du sulfite ammonique. Le produit est soluble dans un excès de sulfite ammonique, et n'en est pas précipité par l'hydrate potassique. Si la terre est ferrugineuse , le fer restera aussi en dissolution ,* mais il peut être séparé par le sulfîde hydrique. Si la dissolution du sel double est soumise à l'ébuUition, il se précipite de l'hydrate zirconique.

Nitrate zirconique^ ïvW, Il est soluble et se dessèche, à l'aide de la chaleur , en une substance gommeuse, qui finit par se transformer en une masse fendillée ; mais si l'on ajoute à la dissolution de l'acide nitrique libre, il se forme, d'après Hermann^ une masse cristalline par lëvaporation spontanée. Tant celle-ci que le sel gommeux se redissolvent complètement dans l'eau lorsque la température ne dépasse pas H- loo"; la liqueur peut ensuite dissoudre beaucoup d'hydrate zirconique pour former un soussel soluble dans l'eau. On peut aussi, pendant longtemps, ajouter de l'alcali, sans qu'il se forme de précipité. Le sel cristallin, maintenu à une température de +100°, perd, d'après Hermann, de l'eau et de l'acide nitrique, jusqu'à ce qu'il se soit produit un soussel =a^rN^+îr. Il se précipite un sel encore plus basique, en saturant la solution du sel neutre par l'hydrate zirconique, filtrant la liqueur, l'étendant, et la faisant bouillir : il se forme un précipité gélatineux , qui est, selon Hermann, =ZrN^ + Zrr.

Phosphate zirconique. Il est insoluble dans l'eau. En traitant une solution de chlorure zincique par de l'acide fphosphorique , il se précipite à l'état gélatineux, et se dessèche ensuite en morceaux compactes , qui sont , d'après Hermann , un sel neutre , ou

Carbonate zirconique. Le carbonate potassique ou sodique ne précipite pas immédiatement les sels zirconiques. Il se forme un bicarbonate uni à un soussel. Mais lorsqu'on continue l'addition du carbonate alcalin jusqu'à ce qu'il se forme un précipité, celuici est, d'après Hermann^ =:ir*C4-6H ; il y a 20,89 pour cent d'eau, et 76,6 pour cent de terre. Ce composé est soluble dans le bicarbonate potassique.

Oxalate zirconique^ irG^. Il ne se dissout pas, même dans un excès d'acide. C'est là-dessus qu'est fondé le mode de purification

SILICATE ZIRCONIQUE. 4^5

proposé par Dubois et Siheira^ qui consiste à faire bouillir la zircone avec de lacide oxalique, lequel dissout Toxyde t'errique et laisse Foxalate zirconique.

Borate zirconique. Il est insoluble.

Silicate zirconique y irSi = îrSi^ + Zr. On le rencontré dans le règne minéral , où il porte le nom de zircon; quand il est transparent d*un rouge foncé , on Tappelle hyacinthe^ et on le compte alors parmi les pierres précieuses. Il est toujours cristallisé et trèsdur. L'hyacinthe perd , à la chaleur rouge , sa couleur, et devient limpide comme de l'eau. Il est insoluble dans les acides , sans excepter lacide fluorhydrique , et il n'est décomposé que quand on le calcine avec un alcali caustique , opération pour laquelle la soude est préférable à la potasse, parce que cette dernière donne naissance à un soussel double lorsqu'on traite la masse par un acide, et que ce soussel exige, pour être décomposé et dissous, une nouvelle calcination. Suivant iScÀ^er^r, la poudre zirconienne, lavée par suspension , est facilement décomposée par une forte calcination avec le carbonate sodique. A cet effet, on le mêle avec le quart de son poids de carbonate sodique, et on chauffe le mélange jusqu'à ce que la masse coule facilement , et sans effervescence ou dégagement de gaz acide carbonique. L'acide silicique et la zircone s'unissent tous deux avec la soude. Le silicate sodique et l'excès de carbonate sodique se dissolvent ensuite facilement, lorsqu'on traite par l'eau la masse refroidie broyée en poudre : les oxydes ferrique et manganique se tiennent en suspension dans la liqueur, et il reste une poudre blanche, pesante, insoluble, de zircone sodique, qu'on lave plusieurs fois à l'eau froide, après la décantation de la liqueur. On peut même la laver sur un filtre; mais si ce lavage se prolonge trop, l'eau ne tardera pas à enlever la soude; et la terre, qui se sépare ensuite, est insoluble dans les acides , c'est-à-dire qu'elle se trouve à l'état de *zircone. Lorsqu'on verse de l'acide chlorhydrique concentré sur la zircone sodique , il ne se manifeste pas d'effervescence , mais la masse s'échauffe, se boursoufle, et devient quelque temps après parfaitement soluble dans l'eau. En traitant ensuite cette solution par l'ammoniaque caustique, on obtient un précipité de zircone pure. La zircone, comme l'acide silicique, se trouve dans le zircon sous la modification ^, que la potasse semble maintenir, pendant que la soude exercç une action contraire. On trouve du sili^

486 TITANATE ZIRCOKIQUE.

cate zirconique dans un seul autre minéral, Veudîaljrte, dans lequel il est combiné avec les silicates sodique, ferreux et manganeux. La zircone contenue dans ce minéral est sous la modification " ; elle se dissout donc facilement dans les acides ; de là le nom du minéral, qui signiûe Jhcile à dissoudre.

Acétate zirconique^ îrAc*. Il se dessèche en une substance blanche , pulvérulente , qui se liquéfie à l'air , et se dissout facilement dans Teau et dans lalcool.

Tartrate zirconique. A l'aide d'un excès d'acide, il se dissout aisément dans leau. Le tartrate ammonique trouble la dissolution des sels zirconiques neutres; mais le précipité est redissous par un alcali, et le tartrate zirconique n'est précipité ni parles alcalis caustiques , ni par les carbonates alcalins.

Succinate zirconique. Il est insoluble.

Sélénite zirconique , Àr Se^. C'est une poudre blanche, insoluble dans l'eau et dans un excès diacide sélénieux, et qui est décomposée par la calcination.

Tellurate zirconique ^ îrTe^. Le tellurate potassique neutre développe, dans une dissolution neutre de chlorure zirconique, un précipité qui se redissout dans un excès de sel zirconique. Du moment où celui-ci s'est décomposé à son tour, le précipité devient permanent; alors il est volumineux et transparent, absolument comme l'acide silicique précipité par les acides du silicate potassique.

Tellurite zirconique ^ ZrTe'. C'est un précipité blanc, floconneux.

Arséniate zirconique. Il est insoluble.

Vanadate zirconique , ïr V^ Le sel neutre et le bisel sont so|ublés dans Teau ; par conséquent, les vanadates ne précipitent pas les sels zirconiques neutres.

Titanate zirconique. On le trouve près de Fredriksvarn en Norwége, où il est accompagné des zircons. Il est contenu dans un minéral cristallisé en prismes rectangulaires à quatre pans, étroits et noirs , connu sous le nom de polymignite , et présente à l'analyse un grand problème relativement à la difficulté qu'éprouve le chimiste quand il s'agit de séparer l'acide titanique de la zircone, de manière à pouvoir évaluer la quantité de chacun de ce^ corps,

8BL8 DE THOIilUH. 4^7

Le polymignite contient en outre des titanates yttrique, céreux, ferreux, manganeux et calcique.

G. Sulfosels de zirconium.

Le sulfure de zirconium forme des sels pour la plupart insolubles ou peu soiqbles; après la dessiccation, ils ne sont pas attaques par Tacide chlorhydrique ou l'acide sulfurique étendu.

Sulfarséniate zirconique^ ir*Às'. Il est précipité tant par les snifarséniates que par les soussulfarséniates. Le précipité ne se montre qu'au bout de quelques instants ; il est d'un jaune citron à rétàt humide , et d'un jaune orangé après la dessiccation , par laquelle la couleur du sulfure zirconîque devient prédominante, n n'est pas le moins du monde altéré par les acides , qui ne lui enlèvent point de zircone. On sait que le sulfure zirconique est pareillement inattaquable par les acides.

Sulfarsénite zirconique^ :^r"As\ Il forme un précipité orange, qui devient plus foncé en se desséchant. La liqueur dont on l'a précipité est jaune, ce qui prouve qu'il y est soluble.

Hjrposulfarsénite zirconique , ir As\ Il se présente sous forme d'un précipité brun foncé, translucide, qui gagne lentement le fond du vase.

Sulfomolybdate zirconique. On ne sait pas avec certitude si ce sel existe ou non. Quand on veut le préparer par double décomposition , il se dégage du gaz sulfide hydrique ; preuve que la terre n'est pas réduite par la sulfobase du sel ajouté.

i3. Sels de thorium.

Lessels de thorium sont incolores, quand Tacide qui entre dans leur composition n'est pas coloré. Us ont une saveur purement astringente, qui n'est accompagnée d'aucun goût amer, acide ou salé. Leurs dissolutions sont précipitées en blanc par Tacide oxalique , même quand elles sont très-acides. Dans les dissolutions neutres, le cyanure ferroso-potassique forme un précipité blanc; et quand on dissout du sulfate potassique dans la dissolution d*un sel thorique jusqu'à ce que la liqueur en soit saturée, ce sel y produit un précipité cristallisé de sulfate double , qui se dépose

488 CHLORURE THORIQDE.

au bout de quelque temps. Ces trois réactions peuvent servir à distinguer les sels de thorium de tous les autres sds, à lexception de ceux à base d'oxyde céreux. Ils diffèrent de ces derniers tant par leur saveur qu'en ce que Thydrate cëreux , précipité par la potasse caustique , jaunit à Tair , tandis que l'hydrate thorique reste blanc. Plusieurs sels thoriques donnent des précipités de soussels quand on &it bouillir leur dissolution. Par la calcination, ib sont plus facilement décomposés que les sels de zirconium, et donnent un résidu de thorine pure.

A. Sels haUndes de thorium.

Chlorure thorique^ Th€l. Pour l'avoir à l'état anhydre, on procède comme pour le chlorure aluminique ; on mêle la terre avec du sucre pur^ on chauffe le mélange dans un creuset couvert, de manière à charbonner le sucre; et après avoir bien calciné la masse, on la chauffe jusqu'au rouge vif dans un tube de porcelaine , à travers lequel on fait passer un courant de gaz chlore sec Il se produit du gaz oxyde carbonique et du chlorure thorique, et ce sel se dépose à l'endroit du tube où celui-ci cesse d'être rouge; il forme une niasse demi-fondue, blanche, épaisse, à cassure cristalline; on peut le sublimer, et il donne alors un amas de cristaux blancs et brillants. Il se combine avec l'eau, en dégageant de la chaleur , et se liquéfie à l'air. Une fois combiné avec Teau, il ne peut plus être obtenu à l'état anhydre ; et quand on le chauffe , il se décompose, dégage de l'acide chlorhydrique et laisse de la thorine. On obtient le chlorure aqueux en dissolvant l'hydrate thorique dans l'acide chlorhydrique. Quand la liqueur contient un excès d'acide , on peut la faire cristalliser en la concentrant; elle donne alors une masse cristallisée en rayons. L'acide en excès ne se combine pas avec ce sel, mais il le rend moins soluble. Les cristaux sont déliquescents. Si l'on évapore la dissolution à une douce chaleur jusqu'à siccité , on obtient le chlorure thorique aqueux sous forme d'une masse saline, qui se liquéfie à l'air et ne donne point de cristaux. Cette masse est moins soluble dans l'acide chlorhydrique que dans l'eau ; l'alcool la dissout fiicilement. La dissolution du chlorure thorique n'est ni décomposée ni troublée quand on la fait bouillir.

(46 chlorure thorique forme, avec la thorinCi ^es cpmbinaisoni

FLUORURE THOmCO-POTASSlQUE. 4^9

basiques, qui n'ont pas encore été examinées. Si dans la préparation du chlorure thorique on fait arriver le gaz chlore , à son issue du tube de porcelaine , dans un récipient de verre, il laisse sur le verre un léger enduit blanc, nullement cristallin, qui paraît se dissoudre dans leau; il cède, en effet, à celui-ci du chlorure thorique , mais il laisse sur le verre un résidu d^hydrate thorique, qui nest pas visible tant quil est humide, devient blanc parla dessiccation, adhère fortement au verre, et n'est soluble dans aucun acide autre que Tacide sulfurique concentré. Il est remarquable que la terre qu on obtient ainsi par la voie humide se trouve dans un état dlnsolubilité dans les acides.

Chlorure thorico'potassique, KCl +Th€l. On lobtient en évaporant une dissolution des deux sels. Il est cristallisable , trèssoluble , et se liquéfie presque à Tair. L'alcool le dissout aussi très-aisément. En chauffant le sel sec au milieu d'un courant de gaz acide chlorhydrique, on parvient à le dépouiller d'eau, sans qu'il y en ait beaucoup de décomposé. La masse saline calcinée peut être employée à la réduction du thorium au moyen du potassium.

Bromure thorique j Th&r. Le sel aqueux est produit par la dissolution de l'hydrate thorique dans l'acide bromhydrique. Par Tévaporation spontanée, il se dessèche en une masse gommeuse blanche. Si la liqueur contient un excès d'acide bromhydrique , celui-ci est décomposé , il se forme de l'eau et du bromure thorique gommeux d'un jaune foncé , qui ne s'altère pas à l'air : c'est un degré supérieur de combinaison du thorium avec le brome. Lorsqu'on ajoute à ce sel jaune du bromure potassique, l'excès de brome, mis en liberté, se vaporise, et il reste un sel double dissous dans la liqueur.

Fluorure thorique ^ ThF. C'est une poudre blanche, que l'on obtient en versant de l'acide fluorhydrique sur l'hydrate thorique, et qui est insoluble dans l'eau et dans un excès d'acide. Elle n'est pas décomposée par la calcination. Le potassium qu'on met en contact avec ce sel ne réduit le thorium qu'incomplètement, ce qui dépend uniquement de l'impossibilité dans laquelle on se trouve de faire un mélange intime.

Fluorure thorico^potassique ^ R F -h ThF. On l'obtient en précipitant , par l'acide fluorhydrique ou par un fluorure , le mélange d'un sel thorique avec un sel potassique. Ce sel double est bUnC|

490 SULFATE THORIQUB.

pulvérulent, insoluble dans Teau, et résiste à la chaleur rouge. Le potassium réduit, sans dégagement de lumière, le thorium contenu dans ce sel.

B. Oxysels de thorium.

Sulfate thorique , Th S. Quand on veut préparer ce sel avec de la terre calcinée, il faut réduire celle-ci à Tétat de poudre trèsfine, car les parties plus grossières ne se dissolvent pas; après quoi on verse dessus de lacide sulfurique étendu d'une petite quantité d'eau , par exemple , de la moitié de son poids. Quand Facide contient plus d'eau, il ne commence à agir sur la terre que lorsqu'il est arrivé à ce degré de concentration. Après une forte digestion de quelques heures , on chasse l'excès d'acide par une douce chaleur; le sel reste alors sous forme d'une poudre blanche. Il se dissout dans l'eau, quelquefois instantanément, d'autres fois au bout d'un certain ^emps. Si on verse dessus une trèspetite quantité d'eau , le mélange s'échauffe , ^t le sel se dissout alors beaucoup plus lentement. Pour avoir du sulfate thorique cristallisé, il suffit d'ajouter un peu d'acide sulfurique à la dissolution , et de la livrer ensuite à l'évaporation spontanée à la température de + iS*" ou au-dessous. Le sel neutre cristallise peu à peu , et l'acide , qui servait seulement à déplacer le sel , finit par rester presque seul dans l'eau mère. Les cristaux sont rhomboédriques , et ne s'altèrent pas à l'air à + iS"" et au-dessous. A une température un peu plus élevée, ils deviennent d'un blanc laiteux, et abandonnent | de leur eau de cristallisation , dont ils perdent la totalité à +6o'^,sans toutefois tomber en poussière. Ils contiennent 29 \ pour cent ou 5 atomes d'eau de cristallisation. Ce sel possède, de même que le sulfate yttrique, la propriété singulière de se dissoudre dans l'eau avec une lenteur extrême. Il peut rester longtemps dans l'eau sans que les angles des cristaux s'arrondissent. Si on le chauffe dans l'eau , il ne tarde pas à devenir d'un blanc laiteux ; en même temps il perd | de son eau de cristallisation, et s'entoure d'un nuage blanc, qui disparaît par le refroidissement. La cause de ce phénomène est que le sulfate thorique abandonne, à une température un peu élevée , une partie de son eau, et forme une combinaison qui ne contient que i4 ^ pour cent ou a atomes d'eau de cristallisation ; ce sel est d'autant moins

SULFATE THORICOPOTAlSSIQUE. 49 1

soluble dans Teau , que celle-ci approche davantage du point d'ébullition ; mais la portion qui s'était déposée se redissout à mesure que la liqueur se refroidit. Cette propriété est si prononcée, que quand on chauffe une dissolution étendue de sulfate thorique dans un vase plat, jusqu'à ce que la liqueur commence à se troubler, qu'on l'enlève alors du feu, et qu'on souffle fortement contre la surface, la dissolution reprend sa limpidité. Une dissolution de ce sel, avec ou sans excès d'acide^ étant évaporée à Taide de la chaleur, le sel se dépose sous forme d'une masse très*volumineuse, légère, d'un blanc laiteux, quand même la température n'a pas été élevée au delà de + ao** ; et la liqueur finit par ne plus contenir que des traces de sel , et l'acide libre qui pouvait s'y trouver d'avance. Le sel qui s'est ainsi déposé peut être lavé à l'eau bouillante sans perte considérable; il consiste en cristaux microscopiques lanugineux, très-déliés, mous et flexibles, qui se dissolvent complètement, quoique avec lenteur, dans leau froide, et qui sont dissous beaucoup plus promptepient quand le volume d'eau est grand. Il se passe des mois entiers avant que l'eau soit saturée de ce sel.

Le sulfate thorique est insoluble dans l'alcool , qui le précipite d'une dissolution aqueuse ; quand on opère à chaud, le sel ainsi précipité contient i4 ^ ou 2 atomes d'eau combinée, tandis que, précipité à froid , il en retient 29 ^ ou 5 atomes pour cent.

Quelques circonstances font présumer que la thorine se combine, par la voie sèche , avec un excès d'acide sulfurique, et que c'est ce sursulfate qui se dissout de suite dans l'eau.

11 existe aussi des soussulfates thoriques, et , à ce qu'il parait, à plusieurs degrés de sursaturation. Si l'on ajoute de l'ammoniaque caustique à une dissolution neutre de sulfate thorique, il se forme un précipité qui ne tarde pas à disparaître, et qui paraît ainsi former un soussel soluble. Si l'on ajoute assez d'ammoniaque pour que le précipité devienne permanent, sans que cependant toute la thorine soit précipitée, on obtient un soussel insoluble. Si l'on reçoit ce dernier sur un filtre et qu'on le lave à l'eau, surtout à Teau chaude, celle-ci s'empare dune portion d'acide sulfurique , et il reste sur le filtre un sel qui contient encore plus de base en excès. On ne sait pas encore où s'arrête l'action décomposante de l'eau.

Sulfate thorico'potassique ^ KS + ThS. Le meilleur moyen

49^ NITRATE THORfQlTK.

pour préparer ce sel double est de suspendre un morceau de sulfate potassique dans une dissolution de thorine. Au bout de quelque temps la liqueur commence à se troubler , et il se dépose au fond du vase une poudre cristalline, qui couvre aussi les parois du vase, et qui n*est autre chose que le sel double. On décante la liqueur , et on lave le précipité avec une dissolution saturée de sulfate potassique. Si Ton veut précipiter à l'état de sel double toute la thorine contenue dans une semblable dissolution (et cette précipitation peut être importante dans des expériences analytiques) , il faut , comme je Fai dit en parlant de Textraction de la terre, mêler la dissolution avec une dissolution de sulfate potassique saturée au point de Tébullition , et mettre cette dernière en quanti^ assez grande pour que la liqueur refroidie donne des cristaux de sulfate potassique excédant ; alors Teau mère restante ne contient plus de thorine. Le sel double précipité se dissout assez facilement dans Teau froide , et encore mieux dans Teau chaude, et cristallise soit par le refroidissement, soit par Tévaporation spontanée de la liqueur. Je l'ai obtenu cristallisé en prismes rectangulaires, qui étaient entrelacés en forme de croix par leurs sommets tronqués transversalement ; la face extérieure avait des angles rentrants, longitudinaux, et les cristaux étaient par conséquent hémitropiques. En faisant bouillir pendant longtemps une dissolution neutre de ce sel, il se décompose jusqu'à un certain point ; il se forme du bisulfate potassique, qui reste dissous, et il se dépose un soussulfate thorique. Mais ce dernier se dissout facilement dans les acides, et diffère, sous ce rapport, du dépôt produit, dans les mêmes circonstances, par le sel zirconique correspondant. Le sulfate thorico-potassique est insoluble dans Talcool. 11 contient de Teau de cristallisation , qui s'échappe à une douce chaleur, sans que les cristaux tombent en poussière. Si Ton chauffe un mélange de thorine et de bisulfate potassique jusqu'à ce qu'il soit en fusion rouge, on obtient le même sel double, mais celui-ci ne se dissout pas dans le sel fondu. — Le bisulfate thoricopotassique cristallisé est formé, en centièmes, de 39,3ia parties d'acide sulfurique, de ^3,1 38 de potasse, de 33,i39 de thorine, et de 4)412 d'eau. On n'est pas parvenu à combiner ces deux sels dans d'autres proportions.

ffitrate thorique^ ThN, Il est trè^-soluble, tant dans Te^u que

ACIÉTATE THORIQUK. 49^

dans Talcool. Place dans un espace clos , au-dessus dun vase contenant de Tacide sulfurique, il se dessèche en une niasse cristalline. A Tair, il reste sirupeux et dans un état demi-liquide. Sa dissolution n'est pas troublée par Fébullition.

Nitrate thorico^potassique ^ KN-f-ThN. Il est très-soluble dans Teau et dans Falcool. Par Tévaporation spontanée, il forme un amas de cristaux rayonnes.

Phosphate thorique^ Th*P. C'est une poudre blanche, insoluble dans Teau et dans un excès d'acide phosphorique , et difficile à fondre au chalumeau.

Borate thorique. Il se précipite en flocons blancs, insolubles dans l'eau et dans un excès d'acide borique.

Carbonate thorique. Il se précipite avec effervescence , et contient par conséquent moins d'acide carbonique que les carbonates ordinaires. Il ne se dissout pas dans de l'eau saturée d'acide carbonique. L'hydrate thorique attire , pendant la dessiccation , l'acide carbonique de l'air, et se dissout ensuite avec effervescence dans les acides.

Oxalate thorique y ThÙ. C'est une poudre blanche, pesante, insoluble dans un excès d'acide oxalique, et très-peu soluble dans d'autres acides étendus. Il a beaucoup de tendance à passer, sous forme laiteuse, à travers le iiltre sur lequel on le lave; mais cela n'arrive pas quand on se sert, pour le laver, d'une eau contenant en dissolution un peu d'acide oxalique.

Oxalate thorico^potassique. C'est une poudre semblable à la précédente, et insoluble, comme elle, dans l'eau et dans les acides étendus* Ce sel diffère cependant de l'oxalate simple , en ce qu'il devient noir et alcalin quand on le calcine. Si on brûle le charbon, le résidu blanc se délite dans l'eau, qui dissout du carbonate potassique et laisse la terre blanche dans un état de grande division.

Formîate thorique^ ThF. En dissolvant l'hydrate thorique dans l'acide formique , et livrant la dissolution à l'évaporation spontanée, on obtient un sel cristallisé, qui est décomposé par l'eau froide en sel acide soluble , et en soussel , qui reste. L'eau bouillante, au contraire, dissout le formiate thorique sans le décomposer. Il est peu soluble dans l'alcool.

Jcétate thorique^ ThÀc. Quand on délaye de l'hydrate thorique humide dans un excès d'acide acétique, la terre se résout en une

494 VANADATES THORIQUES.

masse opaque , visqueuse , qui ressemble à de la coUe de fisirine. Le carbonate thorique, au contraire, se délite simplement dans Tacide, en produisant de reffervescence ; mais il ne se dissout que peu de terre. Dans les deux cas , Tacétate thorique se sépare, par une douce évaporation , sous forme d*une masse non cristalline, dun blanc laiteux, et l'acide en retient très-peu en dissolution. L*acétate potassique ne précipite pas la thorine de ses dissolutions , même à laide de 1 ebuUition, parce qu'il se forme dans ce cas des sels doubles.

Tartrate thorique , Th Tr. On le prépare en saturant l'hydrate thorique par l'acide tartrique. Il est blanc, floconneux, insoluble dans l'eau, et soluble partiellement dans l'ammoniaque. Il est dissous par un excès d'acide tartrique , et donne alors , par l'évaporation , un sel acide cristallisé. Ce sursel est décomposé par l'alcool en sel plus acide, qui s'y dissout, et en sel neutre, qui reste. Ni le surtartrate , ni aucun autre sel thorique auquel on a ajouté de l'acide tartrique , n'est précipité par les alcalis , et on ne peut en extraire la thorine qu'en détruisant l'acide tartrique par la calcination.

Tartrate thorico-potassique ^ KTr + ThTr. On l'obtient en faisant digérer l'hydrate thorique avec de la crème de tartre et de l'eau. Il forme un sel cristallin , peu soluble, dont la dissolution n'est pas précipitée par les alcalis, et seulement rendue opaline par le cyanure ferroso-potassique.

Succinate thorique , Th Se. Il forme un précipité blanc, floconneux , quand on mêle le sulfate thorique neutre avec un succinate neutre. On obtient la même combinaison quand on traite l'hydrate thorique par l'acide succinique^ mais, dans ce cas, le sel est plus blanc et plus compacte. Il est peu soluble dans un excès d'acide succinique.

Tellurate thorique, Th Te. C'est un précipité blanc, floconneux, insoluble dans un excès de sel thorique.

Tellurite thorique , Th Te. Mêmes propriétés.

Arséniate thorique^Th* As. Il est insoluble dans l'eau et dans aii excès d'acide arsénique.

Chromate thorique , Th Cr. Le sel neutre se précipite en flocons d'un jaune clair ; le sel acide est soluble en jaune dans 1 eau.

Vanadates thoriques. a. Sel neutre y Th V. 11 forme tin précipité

SELS Cl^REUX. 49^

jaune qui ne se dissout point, même lorsqu'on chauffe le liquide d'où il s'est précipité, b. Le bisel est soluble dans Teau.

Molybdate thorique , Th Mo. Il est blanc et insoluble. Les bimolybdates précipitent aussi les dissolutions des sels thoriques.

Tungstate thorique <, Th W. Comme le précédent.

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