‹ Traité de chimie minerale, végétale et animale (volume 2)Chapitre 8 sur 84 · VAN A DITES · texte numérisé non relu

VAN A DITES

deux modifications isomériques , dont Tune est incolore et Tautre jaune. Les alcalis fixes ne donnent que la première, du moins à 1 état solide; au contraire, on n'obtient que la deuxième avec les bases faibles. Si l'on ajoute, par exemple, une dissolution de chlorure bary tique à 'une solution incolore de vanadate potassique, il se précipite du vanadate barjtique jaune , dont une petite quantité reste suspendue dans la liqueur et lui communique la même teinte ; mais cette couleur disparaît insensiblement, et au bout de a4 Heures Teau-mère, aussi bien que le précipité, sont devenus incolores. Ils la perdent instantanément, si on les porte à une tem* pérature voisine du point d'ébullition. Lacide vanadique donne des sursels, qui sont tous d'un rouge jaune s'ils contiennent i atome de base et a atomes d acide, et d'un rouge brun si lacide y entre pour un plus grand nombre d'atomes. Dans ce dernier cas, les sels se caractérisent aussi par leur peu de solubilité. Dans les soussels , l'acide vanadique paraît obéir aux mêmes lois que l'acide sulfurique.

Les uanadites sont bruns. Il n'y a que ceux dont la base est un alcali qui soient solubles dans l'eau. A l'état humide, ils s'oxydent très-rapidement à l'air, et se convertissent en vanadates. Le sulfide hydrique les cliange en sulfovanadites , en y développant une superbe couleur pourpre, qui est propre aux sulfovanadites, et semblable à celle des permanganates. Les acides changent leur couleur en bleu, en donnant naissance à des sels doubles. L'infusion de noix de galle les colore en bleu noir comme les vanadates.

Les vanadites terreux et métalliques sont insolubles ; ils se précipitent sous forme d une poudre brune, lorsqu'on mêle leur dissolution neutre avec une dissolution de vanadite potassique cristallisé. Ils verdissent facilement lorsqu'on les lave sur le filtre. Comme il est fort difficile de précipiter le vanadium des dissolutions qui le renferment , de manière à pouvoir en déterminer le poids, on profite, pour séparer le vanadium , de l'insolubilité des vanadites, et on précipite l'oxyde vanadique en combinaison avec d'autres oxydes , particulièrement avec l'oxyde mercurique. A cet effet, on mêle la dissolution d un sel vanadique a^ec du chlorure mercurique dissous dans l'eau , et on précipite ensuite par l'ammoniaque. Le précipité consiste en un mélange de vanadite mercurique et de chlorure basique ammoniacal ordinaire; chauffé dans un creuset de platine, il laisse pour résidu dé lacide vana-

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diqoe contenant un peu d oxyde mercurique. On les sépare en dissoWant Faeide dans du carbonate ammoniqtie.

Molybdates. Ils ont une faible saveur métallique. Les acides y produisent un précipité qui se dissout dans un excès diacide, Taeide nitrique excepté. La liqueur acide étendue d'eau, dans laquelle on met du zinc , devient d'abord bleue, puis verte» ensuite, par une action prolongée du zinc , noire et opaque ; enfin , il se précipite de l'oxyde molybdeux. Si, au lieu d'employer du zinc, on fait digérer la dissolution acide avec du cuivre , la liqueur de<* vient d'un rouge foncé et transparente. Mêlés à Tétat sec avec du sel ammoniac , et chauffés , les molybdates donnent une masse noire , qui , traitée par Teau , laisse de l'oxyde niolybdique, soit seul , soit mêlé avec la base à Tétat de chlorure , lorsque ce der^ nier est insoluble dans Teau. Traités par le chalumeau, ils don** nent, avec les flux , une masse brune au feu de réduction , et avec le carbonate sodique, du molybdène, ou un alliage de ce métal avec le radical de la base, quand cellen^i est réductible. Il existe des surmolybdates dans lesquels la quantité d'acide molyb* dique est doublée. On ne connaît point de soussels.

Tungstates. Ils ont une saveur amère , métallique. Les acidea les décomposent et précipitent Tacide tungstique , qui ne se redissout pas dan^ un excès d'acide. Lorsqu'on fait digérer du zinc dans le mélange acide, lacide tungstique devient d'abord bleu, puis d'un rouge cuivreux; mais le principe colorant, qui est l'oxyde tungstique , ne se trouve pas dans la dissolution ; quand on enlève le zinc, cet oxyde absorbe promptement de l'oxygène, et repasse à l'état d'acide tungstique. Fondus au chalumeau avec du pho8« phate ammonico-sodique , les tungstates colorent ce flux en beau bleu au feu de réduction , à moins que la base combinée avec l'acide ne soit elle-même colorée , et ne change par cela même la nuance ; dans ce cas , on commence par enlever la base au moyen d'un acide. Au feu d'oxydation , la couleur bleue passe au jaune , ce qui la distingue du bleu de cobalt, qui reste le même à l'un et à l'autre feu. Lorsqu'on ajoute un peu d'étain au mélange, il est plus facile de fiiire paraître la couleur bleue que quand on le traite au feu de réduction seulement. Si le tungstate renferme du fer, le verre devient rouge au feu de réduction, et vert quand on a ajouté de l'étain. Chauffés au feu de réduction avec du carbonate sodique, ces sels donnent du tungstène , ou des alliages de tungstène. -»

70 ANTIMOBTITIS.

Les tun{[sutes $t conpoitenl comme les molybdates, rtlitivemeiil à leurs diflerenta degrés de saturation.

jiniimoniateê. Ces sels présentent deux modification^ isomériques, dont Tune est^ comme pour les silicates, déterminée par la calcination : les antimoniates ainsi modifiés sont insolubles dans 1 eau et dans les acides. Le passage d'une modification a Tautre est accompagné de production de feu et de lumière; les sels métalliques colorés perdent ainsi presque toute leur couleur. Les antimoniates alcalins fortement calcinés se trouvent dans 1 état insor luble; mab, par une ébullition prolongée, ils passent à réftat soluble. Les antimoniates dissous sont précipités par les acides, dont un excès ne dissout pas le précipité, qui prend une teiftte rouge de feu quand on fait passer du gaa sulfide hydrique à travers le mélange. Si on les met en digestion dans de l'acide chlor* hydrique, ou d'abord dans du surtartrate potassique, et ensuite dans de l'acide chlorhydrique , en plongeant un fer poli dans la liqueur , l'antimoine se réduit et se précipite sous forme d'une poudre métallique foncée, suffisamment caractérisée par la facilite avec laquelle elle entre en fusion et brûle. L'acide tattrique troubla la dissolution des antimoniates; mais le précipité se dissput^ à l'aide de la chaleur, dans une quantité suffisante d'acide tartcii|ue« Pour distinguer les antimoniates des an timon i tes , il n'ei^st^^ aur cun autre moyen que de mettre l'acide en libeité , et d ob^fsrver s'il dégage ou non de l'oxygène quand on le calcine. Si l'acide ne donne pas d'oxygène et qu il ne fonde pas, c'est une combinaison d'acide antimonique avec l'acide antimonieux. L'acide antimonieux pur (oxyde antimonique) fond. On reconnaît la présence des antimohiates métalliques le plus facilement par la voie sèche , ati dialumeau : l'antimoine se vaporise au feu de réduction, tandis que la base méullique reste. Par la voie humide, ii faut employer un sulfliydrate pour enlever l'acide antimonique^ et précipiter ensuite du aulfure antimonique par de l'acide cblprhydriqu^. — r Pn n'a pas examiné ses différents degrés de saturation.

Aatimonites (appelés autrefois hyparUimonites). On ne les obtient neutres que par la voie sèche. L'antimonite potassique^ préparé en faisant fondre ensemble des poids atomiques égaux d'acide antimonieux et de carbonate potassique, est décomposé par l'eau^ qui dissout la base, ainsi qu'une petite portion d'antimonjte, et laisse un sel acide; ce sel, par l'addition d'une plus grande

quantité d'^n^ «st djétiomposé encore davantage, aans que cependant tout Talcali puisse être séparé. Les antimpnite^ neutres à base insoluble ne $ont pas décoinposés par Teau , maU il« $e dissolvent dans r^icidf; chlorbydrique ; î^au précipite ensuite Tai^ide antimonieux. Ils se comportent comme les précédents au chalumeau et avec Ie4 sulfhydrafes.

TautaUues. On Ma reconnaît à Tinsolubilité de l*acide dans Ta* cide chlorhydrique, et k ce que les sulfhydrates ne leur font éprouver aucun changement. Il est vrai que les silicates et les ti* t4nate$ «ont dans le mém^ cas; mais les uintalates diffèrent des premiers par U couleur blanc de lait que présente leur acide quand il est mis à pu par des acides plus forts , par leur pesanteur, et plu* la propriété qu*ils ont, quand on les fait dissoudre en quan* tité suf^nte, au chalumeau, daps du borax fondu, de donner un yerre limpide , qui devient laiteux par le refroidissement > ou, s'il est déjà refroidi, par une nouvelle application d'une ohsileur douce* Ils diffèrent des titanates en ce qu'ils ne colorent pas les flux au feu de réfluction.

Lei différents dégrés de saturation ont été peu étudiés ; dans les %o^9Unt^UXfi^ qu'on rencontra dans la nature» h base te multiplie par I ^ et par 3.

Tit^ncUe^, Par la voie humide ils se çqinport^nt comme le^ pré» cédents; mais, au chalumeau, ils présentent une propriété dis« tinçtive : lorsqu'on les traite par le phosphate ammonico^sodique^ à un bon feu de réduction, ou bien à un feu moins intense^ en j ajoutant de l'étain, ils donnent un yerre dopé d'une belle couleur pourpre tirant sur le bleu, qui augmente d'intensité par le refrol** dissement , et qui devient même noire quand on a employé trop de titan^te.

Stanaatef. Ils présentent également deux modifications, suivant que l'acide est'stannique ou ^stan nique. Ils ont été encore trop peu étudiés ppur pouvoir êti'e décrits sous le rapport de ces deux modifications différentes. L etain, dans les stannates, peut être faciienïpnt séparé, soit au cbalurn^u y soit par la voie humide, au moyen des siiifhydrates ; les acides précipitent, dans la hqueur, du sqlfid^ stannique. Le 'stannate neutre potassique se change , par |a cal^ cination > en ^st4nnat0 potassique. L'eau y dissout ensuite un spuasel, et laisse de l'acide *»tannique. Par Temploi d'un certain excès

7^ PERMANGANATES.

de potasse on peut, par la calcinatioiiy empêcher le changement de Tacide 'stannique en acide ^stannique.

Bismutkates. Ils sont à peu près inconnus. Ils présentent aussi deux modifications , dont Tune est rouge , Tautre incolore ou jaune.

Uranates. Ce n*est que sous forme solide qu'on les obtient neutres avec les alcalis. Ils sont d*un rouge brique et décomposés par leau, qui dissout la moitié de Talcali, et laisse un biuranate alcalin insoluble, d un rouge plus intense. Les uranates neutres a base msoluble ne sont pas décomposés par Teau. L*acide uranique donne, comme l'acide borique, des sursels à différentes proportions d'acide ; dans ces sels , l'acide uranique n'est pas décomposé par la calcination. Les uranates se dissolvent tous dans l'acide chlorhydrique, en donnant une liqueur jaune citron. Fondus, au chalumeau , avec le biphosphate sodique , ils colorent la perle en vert au feu de réduction; cette couleur repasse au jaune à un faible feu d'oxydation.

Ferrâtes, Ces sels ne sont , pour ainsi dire , connus qu'en di^ssolution. Ils n'existent qu'avec les alcalis et les terres alcalines ; ils sont décomposés par l'ébullition , avec dégagement de gaz oxygène, s'il n'y a pas un grand excès d'alcali. Sous forme solide, ils sont d'un rouge sale, et d'un rouge vineux en dissolution. Toutes les matières organiques , tous les acides, ou sels susceptibles d'absorber de loxygène, s'oxydent aux dépens des ferrâtes, et donnent un précipité d'hydrate ferrique.

Permanganates. A l'état solide, ils ont une couleur noire qui tire sur le brun. Projetés sur des charbons ardents, ils détonent. L'eau les dissout avec une magnifique couleur rouge pourpre, qui passe au rouge cramoisi parla dilution. La plupart des substances organiques en détruisent la couleur, en faisant passer l'acide à l'état d'hydrate de suroxyde, qui se précipite. Une gouttede la dissolution qu'on laisse tomber sur du papier perd sa couleur , et laisse une tache brune, due à la déposition du suroxyde. Mêlés avec de l'ammoniaque, ils donnent Heu à un développement de gaz nitrogène; eu même temps il se précipite de Thydrate de suroxyde. Les acides n'en précipitent rien ; mais quand on chauffe la liqueur, il se dégage du gaz oxygène , avec précipitation d'hydrate de suroxyde. Lorsqu'on ajoute de la potasse caustique à la dissolution , il se

suuphtdràtks. ^3

produit sans doute du manganate potassique , car la liqueur devient yerte; îl est vrai qu il ne se dégage point de gas oxygène^ mais ce corps peut rester engagé dans une autre combinaison ; la Uqueur peut le retenir, par exemple, à letat de suroxyde hydrique, en combinaison avec de Teau; en effet, il sufBt de neutraliser l'excès de la potasse par un acide, pour que le permanganate se reproduise avec la couleur rouge qui lui est propre. — On ne connaît pas encore des permanganates à différents degrés de saturation.

Les manganates sont encore peu connus. Ils ont une coulent verte , qu'ils soient à Tétat solide ou en dissolution ; les sels neutres ne paraissent exister qu'à l'état solide ; car lorsqu'on vient à traiter par Teau ceux d'entre eux qui y sont solubles, il se produit des permanganates avec dépôt d*hydrate de suroxyde manganique. Les soussels peuvent se dissoudre sans altération ; mais, du moment où on neutralise la base par un acide, il se précipite de l'hydrate de suroxyde, et la liqueur prend la couleur rouge qui caractérise les permanganates. — On ne connaît pas des manganates à différents degrés de saturation.

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