‹ Traité de chimie minerale, végétale et animale (volume 2)Chapitre 9 sur 84 · C. Sulfosels · texte numérisé non relu

C. Sulfosels

Sulfkjdrates, En parlant du sulfide hydrique , j'ai déjà dit que ce corps convertit tous les alcalis , toutes les terres , et les oxydes d'autres métaux , en sulfobases. Huit de ces sulfobases, celles qui sont produites par les alcalis et les terres alcalines, s'unissent au sul6de hydrique pour donner naissance à des sels qui sont solubles dans l'eau, et qui ont une saveur et une odeur hépatiques très-désagréables. Cette odeur n'appartient pas au sel lui-même , mais elle est la suite de la décomposition continuelle que leur fait éprouver l'acide carbonique de l'air , d'où résulte un dégagement de gaz sulfide hydrique. Les sels qui sont formés par les sulfobases de potassium, de sodium et de lithium, peuvent être chauffés jusqu'au rouge, à l'abri du contact de l'air, sans perdre leur sulfide hydrique. Le sel d'ammonium est volatil ; les autres sont décomposés par la chaleur; ceux de calcium et de magnésium ne peuvent être obtenus qu'à letat de dissolution. Pour distinguer un sulfhydrate du sulfure qui lui sert de base, on ne peut regarder comme un caractère l'efFervescence due au dégagement du

74 SULIOPHOSPRATSS.

gaz sulfide hydrique que les Qcides y font naître; car^ à la qiian^ tité pré9 , ce dégagement est le même daqs les deux cas. Le meil* leur raoy^n pour reconnaître si le sel sur lequel on opère est un ^Ifhydrate, est d* employer , au lieu d'un acide, une di^soUitioa neutre et concentrée d*un sel zincique, manganeux ou ferreux; les sulfobase$ donnent alors un sulfure sans dégagement de gae sulfide hydrique, tandis qu'avec les^ sulHiydrates il y q en même temps dégageknept de ce gaz. Les sulfhydrates sont décomposée par Tair; lorsque l'accès de ce dernijer est limité , le sulfide hydrique seul est décomposé, et il reste une sulfabase^ qui se dépose sQus forme de cristaux jaunes ; car les sulfures de lithium «t des radicaux des terres sont presque tous peu solubles. Si» au contraire, Tair a un libre accès, une partie de la sulfpbase s*oxyde, et se transforme en hyposulfite; tandis qu'une autre partie passe à un plus haut degré de sulfuration. De là vient que les sulfhydrates, quoique sanii couleur par eux-mêmes, jaunissent presque .instantanément lorsqu'on les met en contact avec lair. Les suifhydrates sont décomposés pat toutes les pxyhases^.qu^ils trans« forment , par leur sulfide hydrique, en sulfures : dans ce cas, une oxybase plus faible échange toujours son oxygène contre le soufre d'une base plus forte, de manière qUe quand le sulfhydrate potassique est décomposé , par exemple par de Toxyde cuivrique ou de l'oxyde zincique, il se forme un sulfure de cuivre ou de zinc, de l'eau et de la potasse. — On ne connaît point encore d^ suifhydrates ayant un autre degré de saturation que celui dans lequel le soufre de la l>ase est égal à celui du sulfacide.

Sulfophosphates* Ils n'existent qu'à l'état sec. Les radjcaut des alcalis et des terres alcalines se changent, aux dépens du sulfide phosphorique , en persulfures mêlés avec l'hyposulfo-phosphitede la sulfobase. Mais les sulfures métalliques s'unissent au sulfide phosphorique pour former des sulfophosphates. Ces composée doivent être produits par voie sèche; et cependant ils ne supportent pas Une température très-élevée sans se décomposer en hyposulfo-phosphites basiques, avec dégagement de soufre. Chauffés à Tair libre , ils s'enflamment , brûlent quelques instants avec une flamme phosphorique, et répandent l'odeur de l'acide sulfureux. Us ne sont dissous par d'autres acides que par ceux qui les oxydent en même temps. On prépare les sulfophosphates avec les hyposulfophosphites, en mêlant ceux-ci avec 4 atomes de soufre,

$0IJfOGAR9ON4TBS. ^5

et chauffant h mélange dan^ un vaae di^tillatoire s la moitié du salfide phosphoriqua nouyellement formé. 9e sublime.

Sulfapkosphît^s. Ils ressemblent singulièrement au^ précédents) on ne saurait les en distinguer que par la quantité de soufre qu'ils contiennent. On les obtient de même en mêlant lea hyposulfopbosphites avec a atomes de soufre, et chauffant doucement le mélange ; la moitié du sulfide phosphorique se sublima*

Oypo^ulJppkosphiUs. lis ressemblent aux préoédetits. Soumis , secs, à la distillation , ils ne donnent pas de soufre, mais dusuU fide hypophosphoreux liquide. Les uns laissent, d<ins ce cas, des composés basiques, qui supportent une douce chaleur ) \pg autrei ne laissent que la sulfobase. Ils renferment la modification rouge du sulfide hypophosphoreux« Si la base est susceptible de se dis> soudre d;^ns les acides avec dégagement de sulfide hydrique, les hyposulfophosphites seront décomposés en laissant du sulfide hypopfaosphoreux sous forme d'une poudre rouge brique. On les obtient le mieux en chauffant la sulfobase 9 dans un appareil conyenable, avec du sulfide hypophosphoreu^; on chasse ensuite Texpès de ce dernier par une dialeur trés-modéré#5 datit^ un courant de gaz hydrogènp ^c.

Sulfocarbonates. I) est très-difficile de 1|3S avoir k Tétat de pu* reté parfaite , parce que le sulfide carbonique ne décompose pa$ les degrés supérieurs de sulfuration des sulfobases, lesquels degrés supérieurs se mêlent, par conséquent, toujours avec les sulfocarbonates , et parce que ce sulfide décompose difficilement les oxybases, cas dans lequel il se forme un oxycarbonate et un sulfocarbonate. Le meilleur moyen pour préparer ces sels coniiste à faire digérer, à \^ température de -h3o degrés, un mélange de sulfide carbonique, d'eau et d'un sulfure silcalin, par exemple? dn sulfure de potassium, de baryum ou de calcium, dans un vase fermé , et rempli avec le mélange. Il faut ordinairement plusieurs jours pour que la combinaison s'opère complètement. Les dissolutions de foie de soufre dans l'alcool , auxquelles oi^ ajoute du sulfide carbonique, donnent bien naissance 4 UP sulfocarbonate, mais elles précipj|;ent très-imparfaitement le soufre des dissolutions hépatiques des alcalis dans l'alcool, et ne le précipitent pas du tout de celles des terres alcalines. L'eau sépare du su|fide carbonique, et laisse du foie de soufre non altéré, ou un mélange d'un sulfocarbonate et d'un Aursulfure. Les sulfocarbonates à radic;^!

76 SULFOCARBOWATlîS,

alcalin ont une couleur orange plus foncée que celle du foie de soufre ; leur saveur est d*abord fraîche et poivrée , et devient ensuite hépatique. Ils sont tous décomposés par la calcination en vases clos. Ceux à radical alcalin fondent, et se transforment en un plus haut degré de sulfuration du radical de la base, en mettant du charbon à nu. L*eau que Ton met en contact avec le résidu , dissout un sulfure métallique contenant trois fois autant de soufre que la sulfobase ; tandis que le charbon reste sous forme d*une poudre noire. Les sels produits par les sulfobases des terres alca* lines et des métaux proprement dits, abandonnent le sulfide car^ bonique, et laissent un sulfure métallique. Les phénomènes deviennent quelquefois plus compliqués quand le sel contient de Teau , parce que celle-ci est décomposée ; mais il est toujours facile de s*en rendre compte. Les sulfocarbonates en dissolution concentrée, et ceux qui sont secs, n'éprouvent point ou n'éprouvent que peu d altération parFinfluence de Tair; on peut les conserver pendant longtemps. Les sulfocarbonates donc le radical de la base peut donner un sel d un degré de sulfuration plus élevé (par exemple le sulfocarbonate ferreux), absorbent de Toxjgène pendant la dessiccation, et se transforment en un mélange, peut-être même en une combinaison d*hjdrate à un plus haut degré d*oxydation (dans cet exemple d*hydrate ferrique) , et de sulfocarbonate à un plus haut degré de sulfuration (sulfocarbonate ferrique), composé qui ne subit plus ensuite d'altération. Les sulfocarbonates des quatre alcalis et des quatre terres alcalines sont tous solubles dans leau; les autres sont insolubles , mais se dissolvent en plus ou moins grande quantité dans les premiers. Quand on mêle un sulfocarbonate soluble dans l'eau avec de l'acide chlorhydrique, il se sépare un corps jaune, oléagineux, qui a été décrit tome I, page 84^9 sous le nom A' acide hydrosulfocarbomque y et qui est une combinaison de sulfide hydrique (formé pgjr la décomposition de la sulfobase) avec le sulfide carbonique %ns en liberté. La liqueur ressemble d'abord à un lait jaune, et il se passe quelque temps avant que le corps oléagineux se rassemble. Les oxybases faibles décomposent ces sels de teHe manière que le radical plus faible se transforme en un sulfocarbonate , tandis que le radical plus fort s'oxyde aux dépens de l'autre. L'air décompose très-rapidement les dissolutions étendues des sulfocarbonates ; il suffit de les foire bouillir, même à l'abri du contact de Tair , pour qu'il se forme un cari>onate, tan-

SULFOSÉLiNIATES. fj'j

dis qu'il se dégage du gaz sulfide hydrique, produit aux dépens de feau qui se décompose.

Il existe des sulfocarbonates avec excès de base; mais les proportions constituantes de ces sels n ont pas été examinées. Les sels neutres ont une composition telle, que quand le soufre est échangé contre une quantité proportionnelle d'oxygène, on obtient des carbonates neutres.

Sulfo'Urénates, Ces sels résultent de la combinaison de sulfo* bases avec un composé électronégatif de soufre, qui a été décrit sons le nom de sulfide urique (tome 1, page 845). lû sont, pour la plupart, d'un jaune citron plus ou moins foncé. Us ont la propriété caractéristique de donner, parles sels cuivriques, un précipité jaune inaltérable, et, par le plomb et le mercure, un précipité jaune clair, qui passe promptement au noir. Ceux d'entre ces sels qui sont solubles, et dont on expose les dissolutions, en vases ouverts , à l'air libre, sont convertis en rhodanures ; tandis que l'hydrogène de leur principe électronégatif forme de l'eau avec loxygène de l'air, et que le soufre de la base se sépare sous forme cristalline. Si on les traite par un oxyde métallique, l'hydrogène s'oxyde aux dépens de celui-ci, le soufre se combine avec le métal rédoit , et la liqueur contient alors en dissolution un sulfocyanure, absolument comme si elle avait absorbé l'oxygène de l'air. Ces sels sont décomposés aussi par l'ébullition : déjà une température de + 5o degrés sufEt pour en commencer la destruction ; il se dégage du gaz sulfide hydrique, et il se dépose une poudre jaune, qui paraît être de l'acide xanthanhydrique. Soumis à la distillation se* che, ils ne donnent aucun produit contenant de l'oxygène, preuve que cet élément n'entre pas dans leur composition. Les proportions entre leurs principes constituants sont telles , que quand l'hydrogène de l'acide se combine avec le soufre de la base , pour donner naissance à du gaz sulfide hydrique, il reste un rhodanure.

Les sulfoseleniates sont tout à fiait inconnus jusqu'à ce jour, et paraissent ne pas exister ^ du moins pas avec les bases capables de former des persulfures.

Les sulfobases alcalines ne donnent pas de sulfosiUnites^ parce . qu'elles réduisent le sulfide sélénieux, qu'elles dépouillent de son soufre , pour produire du foie de soufre, et dont elles séparent le sélénium ou se l'approprient , de manière à produire un degré su-

^8 8ULFARSilflATES.

përieur de sélëniation à radical alcalin. Mais les solfobases dé* pourvues de degrés supérieurs de sulfuration se combinent avec les sulfides sélénieux , en donnant des composés insolubles dans Teau ) et reconnaissables à Fodeur de sélénium qu*ils exhalent quand on les traite au chalumeau. Ces composés n*ont pas encore été examinés davantage. On les obtient en chauffant doucement des sélénites métalliques secs dans un courant de gaz sulfide hy* drique bien desséché.

Les sulfotelluraUs sont complètement inconnus.

SuIJotellurites. Us sont d'un jaune clair. De mâme que les sels précédents , on ne peut les obtenir, à l'état neutre^ que sous forme sèche. L*eau dissout la base, avec un tiers seulement du sulfide. La dissolution du sel basique se décompose promptement par le contact de Tair : il se forme un hyposulfite, et le sulfide se précipite. Les sulfotellurites à base alcaline peuvent être calcinés en vases clos, sans abandonner du soufre ni du tellure; ceux dont les bases sont faciles à réduire perdent tout leur soufre, et laissent une telluribase \ ou bien ils n abandonnent que la majeure partie du soufre, et alors il reste un mélange d'une sulfobase avec une telluribase. Dans les sulfotellurites solubles, la base contient une fois et demie autant de soufre que le sulfide; ils cristallisent, et renferment de Teau de cristallisation.

Sulfarseniaies. Ces sels contiennent le degré de sulfuration de larsenic, qui correspond par sa composition à lacide arsénique. Leur couleurvarie. Lessulfarséniates des métaux alcalins sont d'un jaune citrin à l'état anhydre , et incolores ou jaunâtres lorsqu'ils contiennent de l'eau combinée. Leur saveur est hépatique, avec un arrière-goût amer, extrêmement nauséabond. Décomposés ps|r un acide, ils répandent une odeur hépatique particulière, semblable à celle de l'orpiment dans du vernis à l'huile de lin. Il se dégage en même temps du gaz sulfide hydrique, lorsque les sels sont à l'état solide ou en dissolution concentrée, tandis qu'on n'aperçoit aucun dégagement de gaz, quand les dissolutions sont étendues. Les sels que forment les radicaux des alcalis, des terres alcalines, de la glucyne, de l'yttria, et un très-petit nombre de métaux, sont solubles dans l'eau ; les autres ne s^y dissolvent pas. Us ont beaucoup de tendance à former des sels avec excès de base, dont la plupart cristallisent, propriété qu'on ne rencontre que rarement parmi les sels neutres. Quelques sulfiu>stniAtes se combi-

Dent avec un excès de 1 élément électro-négatif; mais lorsqu'on les traite par l'eau , ils ne sont pas complètement sursaturés de sulfide airsénique; en outre, la concentration et la température exercent de Tinfluence sur Tétat de saturation. Une dissolution qu'on fait bouillir avec un excès de sulfure électronégatif 9 en dépose une portion par le, refroidissement. L'alcool décompose les dissolutions concentrées neutres de ces sels; il se précipite un soussel, et il reste en dissolution un sel contenant le double de sulfide arsénique, qui se décompose par la distillation, de la manière que j'ai indiquée dans le tome II, page a56. Par la distillation sèche, les sulfarséniates neutres donnent du soufre, et se transforment en sulfarsénites. Les soussulfarséniates , au contraire, n'éprouvant aucune altération. Les soussulfarséniates à radical alcalin, et même celui de baryum, ne sont pas décomposés quand on les chauffe au rouge blanc; mais tous les autres abandonnent le sulfide arsénique plus ou moins complètement, en laissant la sulfobase. Chauffés à lair libre, ils se décomposent assez facilement, et laissent la base à l'état de sulfate, ou simplement à l'état oxydé; quelquefois , et c'est ce qui arrive aux sels métalliques, le résidu contient aussi de l'arséniate. A l'état de dissolution , ils sont décomposés par les oxydes métalliques : il se forme un arséniatedans la liqueur, et il se précipite un soussulfarséniate. Les dissolutions concentrées de ces sels se conservent asse:& bien à l'air libre, mais celles qui sont étendues se décomposent, quoique avec beaucoup de lenteur : il faut plusieurs mois pour que la décomposition soit complète. La liqueur se trouble, dépose du sulfide arsénique et du soufre, et renferme, outre du sulfarséniate non encore décomposé, de l'arsénite et de l'hyposulfite, lequel se trouve converti en sulfate quand la décomposition est achevée. Les sulfarséniates donnent facilement des sels doubles; lorsque les oxysels peuvent produire des sels doubles, les sulfarséniates correspondants en forment aussi. En outre, les sultïît*sénii^tea alcalins dissolvent une grande partie des sulfarséniates méuUiques.

Dans les sul&rséniates dont on connaît avec quelque certitude les différents degrés de saturation, le soufre du sulfide arsénique est à celui de la base comme 5 : t, a et 3 ; et, de même que dans les oxyseb , c'est la proportion 5 : 1 qiti constitue la combinaison neutre.

8o HTPOSULFARSi^ITES.

SidfarsénUes. Ces sels renferment le sulfide arsénieux, c'est-àdire le sulfure d'arsenic , qui correspond par sa composition à Tacide arsénieux. Pour les obtenir à l'état neutre et sous forme solide, il faut employer la voie sèche; car leurs dissolutions sont décomposées à un certain degré de concentration, et déposent une poudre brune, qui est un hyposulfarsénite, tandis qu'il reste dans la liqueur un soussulfarséniate; cependant la décomposition n'est complète qu'au moment où ce dernier sel cristallise. En étendant d'eau la liqueur et la faisant bouillir, le précipité brun se redissout, et le sulfarsénite se reproduit. La décomposition s'opère aussi quand on traite, par une petite quantité d'eau, les sels obtenus par la voie sèche, ou qu'on ajoute de l'alcool à une dissolution étendue de sulfarsénite; dans ce dernier cas, il se précipite un soussel, qui devient noir en peu d'instants, parce qu'il subit la décomposition dont il vient d'être parlé. Quand on précipite par l'alcool les dissolutions des soussulfarsénites animonique, barytique et calcique, cette décomposition du soussel précipité n'a pas lieu; elle ne s'effectue quej^uand la dissolution renferme un sel neutre, ou un sel contenant un excès de sulfide arsénieux. Lorsqu'à la température ordinaire de l'air on dissout du sulfide arsénieux jusqu'à parfaite saturation dans de l'alcali caustique étendu, ou dans un sulfhydrate alcalin, il en résulte un sel qui contient deux fois autant de sulfide arsénieux que le sel neutre ; et si on fait digérer ce sel avec un excès de sulfide arsénieux préparé par la voie humide, ce dernier se convertit en sulfide hyparsénieux , parce que la liqueur dépose de l'arsenic, et que le sulfarsénite se convertit en sulfarséniate. Les sulfarsénites à base alcaline ne sont pas décomposés par la distillation sèche; la sulfobase retient, à la chaleur rouge, plusieurs fois autant de sulfide arsénieux qu'il en faut pour la saturer exactement. Les autres sels sont décomposés par la calcination; il distille du sulfide arsénieux, et il reste, ou un soussel, ou la sulfobase seule.

Les sulfarsénites se comportent comme les sulfarséniates, quand on les met en contact avec les oxydes métalliques , les acides ou l'air, ou qu'on les expose à l'action simultanée de l'air et du feu. Dans leurs différents degrés de saturation, le soufre du sulfide arsénieux est à celui de la sulfobase comme 3 : i, 2 et 3; c'est la proportion 3 ; a qui constitue la combinaison neutre.

Hyposulfarsénites. Ces sels contiennent le sulfide hyparsénieux

SDLFANTIMONI ATES, 8 1

OU realgar, auquel ne correspond, que l'on sache, aucune combinaison d*ar$enic et ci*oxygène. On les obtient parla voie sèche quand on fait fondre des solfobases avec du sulfide hyparsénieux, ou des sulfarsénites avec de l'arsenic métallique; mais ils peuvent alors retenir tant de sulfide hyparsénieux , que la masse fondue n'est plus soluble dans l'eau. La combinaison neutre obtenue par la voie sèche est décomposée par l'eau ; elle dépose du sulfure d'arsenic noir ou brun foncé, et se transforme en un sulfarséniate. Ces sels ne peuvent pas être préparés en traitant immédiatement le sulfide hyparsénieux par la potasse caustique ou par un suif hydrate, parce qu'il se forme ainsi, comme dans le cas précédent, un sulfarséniate et du sulfure noir d'arsenic. Mais on les obtient en faisant dissoudre du sulfide arsénieux, à l'aide de l'ébullition , dans une dissolution un peu concentrée de carbonate potassique ou sodique, et filtrant la dissolution encore bouillante, qui est incolore et limpide : par le refroidissement elle se trouble, et laisse déposer en abondance une matière brune et floconneuse, semblable au kermès minéral, et qui est un composé neutre de sulfure alcalin et de sulfide hyparsénieux. On les obtient aussi en évaporant les sulfarsénites jusqu'au point de cristallisation. Ces sels sont rouges et d'un brun foncé; la plupart d'entre eux ne se dissolvent pas dans l'eau. Ceux à base alcaline sont décomposés par l'eau pure , qui les transforme en un soussel soluble et en un sursel insoluble. Les acides en séparent du sulfide hyparsénieux. Du reste, ils ont été peu examinés.

Sulfantimomates. Ceux à base alcaline sont tous solubles dans l'eau et cristallisables.Les sels neutres ne peuvent être obtenus que sous forme sèche ; lorsqu'on veut les dissoudre ils se décomposent, et l'eau ne dissout que des soussels. En général', ils ressemblent beaucoup aux sulfarséniates. Ceux qui se déposent, dans leurs dissolutions y sous forme de cristaux incolores, renferment de Teau chimiquement combinée , et se composent de 3 atomes de sulfobase en combinaison avec i atome de sulfide. Par la voie humide , le sulfide ne peut pas être uni à une quantité moindre de base. Par la voie sèche, on peut obtenir des composés neutres; mais lorsque la base est soluble dans l'eao, celle^i dissout un sel bibasique incolore , en laissant le sulfide non dissous en combinaison avec une petite quantité de sulfobase. La dissolution d'un sel métallique étant versée goutte à goutte dans une solution m. 6

8a SULFANTlMONlTES.

de sulfantîmonîate bibasique, les deux sels se décomposant, et H se précipite un sulfosel métallique bibasique. Mais si Ton véfse, d'une manière inverse, goutte à goutte, une solution, paii* exemple*, d'un sulFantttlioniate sodique bibasiqtie dans la solution d'iin sel neutre métallique, il se précipite, d*après les expériences de Rahtmehberg^ un mélangé de 8 atomes de sulfure métallique et dé I atome d*acide âtltimonique.On pourrait être dans rincertitudedè savoir si le produit aitisi obtenu est une combinaison ou un précipité simultané, si la même chose n'arrivait pas au sulfarséniate au même degré de satut^ation ; mais comme Tacide arsénique est solubie dansTeau, il reste ici en dissolution, tandis qu'il ie précipite 8 atomes de sulfure métallique. Ces 8 atomes sont formés des 3 atomes d'oxyde métallique qui ont échangé leur oxygène contre les 3 atomes de soufre de la sulfobase, et des 5 atomes de sulfure métallique qui ont pris naissance par l'échange des 5 atomes de soufre que donne le sulfide au moment où il se convertit en acide par l'absorption de 5 atomes d'oxygène. Les sulfantimoniates alcalins sont très-solubles dans l'eau, mais insolubles dans l'alcool.

Suijantimonitéè (autrefois appelés hyposulfantimonites). Comme les précédents, on ne peut les obtenir neutres que sous forme sèche. Ceux dont la base est solublë sont décomposés par l'eau froide en un sel basique qui se dissout, et erï sulfide antimonieux qui i*este non dissous. A l'ébullition, le sel basique dissout encore une qudtitité notable de sulfide antimonieux, en formant ainsi un sel moins basique; mais, par le refroidissement, le siilfide antimonieux se dépose en grande partie. C'est là-dessus que repose la préparation du kermès minéral (tome II, p. aSS). Les sulfantimonîtei â basés alcalines, qu'on fait bouillir avec du soufre, ie changent en sulfantimôhiates; si l'action a été complète, la liqueur ne se troublera plus par le refroidissement. On n'a pas encore réussi à préparer des sultan timonites alcalins cristallisés; car, au moment où on les concentre par l'évaporation , il se pi'édpite de l'antimoine métallique X il se produit en même temps du sulfure d'antimoine, et il se dépose un éulfantimoniàté basique.

Le règne minéral offre une multitude de sulfantimotiites métalliques simples et doubles , tant neutres que basiques ; ils se rencontrent, pour ht plupart, en cristaux d'ùh Sctat métallique, tantôt uoira, tantôt d'an gris dé plomb. Leâ bases ordinaires qui s'y

SULFOMOLTBDATE8. 83

trouvent sont les soussulfures d'urgent, de cuivre, de pioinb et de fer,

Sulfomolybdates, Ces sels contiennent le sulfide molybdique^ ou degré de sulfuration qui correspond à Taeide moljbdique. Ceux qui ont pour base les alcalis et les terres alcalines sont solubles dans Teau; Ja dissolution neutre a une belle couleur rouge; lors^* quelle contient un excès de sulfide niolybdique, elle tire sur le brun, et quand la sulfobase y prédomine, elle est rousse. Les sulfomolybdates cristallisent; les cristaux sont tantôt bruns ou d*un rouge rubis^ tantôt d*un rouge rubis, vus par transparence, et, vus par réflexion, d'un beau vert semblable à celui des élytres verts de certains coléoptères. Ils sont décomposés par les acides ; ceui-ci, mis en excès, en dégagent du sulGde hydrique, et précipitent une poudre d un brun noirâtre presque noir, qui est du sulfure raolybdique. Ils sont décomposés par la distillation sèche; tantôt la sulfobase se combine avec le soufre du sulfide molybdique , et lorsqu'on verse de Teau sur ce degré supérieur de sulfuration de la base, il s'y dissout en laissant du sulfure molybdi* que; tantôt, quand la base n'est pas susceptible de passer à un plus haut degré de sulfuration , le soufre se volatilise, et le résida contient une combinaison ou bien un simple mélange de sulfure molybdtque avec la sulfobase. Réciproquement le sulfide molybdique ne décompose pas, par la voie humide, les degrés supérieurs de sulfuration des radicaux des terres alcalines. Les dissolutions ^ neutres concentrées se conservent assez bien à l'air; mais elles sont décomposées très-promptement quand la liqueur renferme un excès, soit de sulfobase, soit d'une oxybase. La dissolution étendue des sels neutres, exposée à l'air, devient peu à peu plus foncée en couleur; une partie de la base absorbe de l'oxygène et passe à l'état d'hyposulfite , tandis qu'il se forme dans la Hqueûr un sulfosel avec un excès de sulfide molybdique , lequel finit par se décomposer lui-même : il se dépose du sulfide mo« lybdique, et la liqueur devient bleue; cette dernière contient alors l'oxybase, combinée tant avec un des acides du soufre qu'avec de l'acide molybdique, et la couleur bleue provient de la présence du roolybdate molybdique. Cependant cette décomposition marche avec tant de lenteur, que pendant qu'elle s'opère la liqueur se dessèche, et qu'il faut redissoudre le sel plusieurs fuis avant qu'il soit complètement décomposé.

84 SULFOTUNGSTATES.

Les sulfomolybdates ont plusieurs degrés de saturation. Dans les sels neutres y le soufre du sulfide est à celui de la base comme 3 : i.

Hyptrsulfomolyhdates. X])es sels contiennent un degré de sulfuration du molybdène, dans lequel il entre deux fois autant de soufre que dans le sulfure molybdtque, et qui n'a pas d'analogue parmi les combinaisons du métal avec Toxygène. Tous ces sels sont d'une couleur rousse ou rouge, pulvérulents, et rarement cristallisés. Ils sont insolubles dans l'eau, à Texception de ceux à base alcaline, qui ne dissolvent presque pas l'eau froide, mais qui sont dissous par l'eau bouillante, et ne se déposent pas par le re* froidissement de la liqueur. Les dissolutions sont d'un rouge foncé. Les acides décomposent ces sels , en dégagent du sulfide hydri* que, et mettent en liberté du sulfure de molybdène, qui se pré* cipite sous forme de flocons d'un beau rouge foncé. On n'en connaît pas plusieurs degrés de saturation avec les bases.

Sulfovanadates. A l'instar des sulfosels précédents, les sulfovanadates alcalins sont très-solul>les dans l'eau ; ceux des terres alcalines sont peu solubles, et ceux qui ont une autre sulfo-base sont insolubles. A l'état solide , ils sont d'un brun fonce , presque noir. La dissolution dans l'eau a une couleur brune, semblable à celle de la bière. La dissolution est précipitée par l'alcool; le précipité, qui n^a rien de cristallin , est rouge foncé. Les acides précipitent les sulfovanadates avec une couleur brune foncée.

Sulfovanadites. A l'état solide , ils sont noirs. Ceux des alcalis sont solubles dans l'eau , et la dissolution qu'ils donnent se fait remarquer par une couleur pourpre magnifique, qui rivalise en beauté et en richesse avec celle des dissolutions des permanganates. Une légère proportion d'oxydes métalliques étrangers détruit la beauté de la couleur. Le meilleur moyen de préparer cette <:iiSSolution rouge , consiste à faire passer un courant de gaz sulfide hydrique dans une dissolution de vanadate potassique. Les acides en précipitent du sulfide vanadeux noir, qui ne tarde pas à se rassembler, et se dépose difficilement.

Suljotungstates, Leur saveur est hépatique. Les dissolutions sont jaunes ou rouges. Les sels cristallisés ont quelquefois une belle couleur rouge rubis. Les sursels sont d'un brun foncé. Les sursels et les sels neutres se maintiennent assez bien en dissolution, niéufe quand ils sont exposés au contact de l'air. Du reste, on

SELS DK POTASSIUM. " 85

peut leur appliquer , en général, ce que j'ai dit des sulfomolybdates. Dans les sulfotungstates neutres, le sulfide contient trois fois autant de soufre que les bases.

Suif ost annotes . Ils contiennent le sulfide stannique, dont la composition correspond à celle de l'oxyde stannique. Ceux qui ont pour base un alcali ou une terre alcaline se dissolvent dans l'eau; l'alcool les précipite de la dissolution , et les sels à base alcaline prennent) dans ce cas, une consistance oléagineuse. lU supportent la calcination en vases clos , sans être décomposés. Ils ne forment point de sursels; car, en mettant la dissolution d'un sulfostannate neutre en digestion avec du sulfide stannique , la base alcaline se convertit en persulfure , et le sulfide en sulfure susstanneux.

Il existe, en outre, des sulfauratesy des sulfiridates^ dos sul" Joplatinates y etc.; mais, dans ces sels, les affinités du sulfure électronégatif sont très-faibles.

Il est possible qu'on puisse produire, par la voie sèche, des sulfoborates , des sulfosilicates , des suijotitanates et des sulfotan" talatesj que l'eau convertirait sur-le-champ en oxjsels, avec dégagement de gaz sulfide hydrique. C'est, du moins, ce que Tcxpé* rience a constaté pour les sulfotantalates.

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