‹ Traité de chimie minerale, végétale et animale (volume 3)Chapitre 15 sur 80 · Strontium · texte numérisé non relu

Strontium

Le strontium ressemble au métal précédent, et on Tobtient de la même manière. Il est plus pesant que i*eau et Tacide sulfurique. Son atome pèse 5479^85 , et est désigné par Sr. On lui connaît deux degrés d'oxydation , la strontiane et le suraxyde.

i^ hà strontiane tire son nom de Strontion^ en Angleterre j où elle a été trouvée pour la première fois combinée avec Tacide cirbonique , dans un minéral qui fut appelé strontianite y et que Ton confondit pendant longtemps avec le carbonate bary tique natif on v^ithérite. Crawfordy et surtout Cruikshank ^ furent les premiers qui soupçonnèrent y en 1790, que la strontianite renfermait une terre particulière. Ce soupçon fut converti en certitude , trois ans après, par Klaproth et Hope.

La strontiane est à la baryte ce quest la soude à la potasse. On ne la trouve pas en grande quantité dans la nature , où elle est toujours combinée, soit avec de l'acide suif urique ^ soit avec de l'acide carbonique.

On l'obtient pure et caustique par le même procédé qu'on suit à l'égard de la baryte. Le carbonate strontianique natif est plus facile à décomposer que la withérite, par la calcination avec la poudre de cliarbon. La strontiane caustique et anhydre qui résulte de cette opération est infusible comme la baryte ; chauffée à la flamme du chalumeau , elle répand un éclat si éblouissant , que l'œil peut à peine le supporter. Quand on l'arrose avec de l'eau , elle s échauffe et se réduit en poudre blanche, qui, délayée de suite avec la quantité d'eau exactement nécessaire ^ durcit et se prend en une masse cristalline. C'est \hjdrate strontianique combiné avec de l'eau de cristallisation. Cet hydrate est aoluble dans l'eau , et susceptible de cristalliser lorsqu'on le fait bouillir avec 5 à 6 parties d'eau, qu'on filtre la liqueur encore bouillante, et qu'on la laisse refroidir lentement dans un flacon de verre bien bouché ; il cristallise en petites aiguilles , dont on obtient une nouvelle quantité, en évaporant l'eau-mère dans un appareil distillatoire. Ces cristaux sont de l'hydrate strontianique combiné avec de l'eau de cristallisation. Ils sont transparents, et ont la forme d'aiguilles ou de tables groupées les unes sur les autres , suivant que la dissolution était plus ou moins saturée , ou qu'elle s'est refroidie plus ou

jSTRONTIUM. . ï35

moins lentement. Ik contiennent une grande quantité d*eau de cristallisation , qu'ils perdent à l'air , pendant que la terre absorbe lacide carbonique de Tainiosphère et tombe en poudre.

La strontiane est plus légère que la baryte;. elle a aussi une sapeur moins acre et moins caustique, quoique plus forte que celle de la chaux. Elle n'est point non plus vénéneuse, A la température de +i5 degrés, i partie d'bydrate cristallisé en exige 5i d'eau pour se dissoudre complètement, i partie d'hydrate cristallisé se. dissout dans a,4 d'eau bouillante. Chauffé dans un creuset de pla« tine, l'hydrate abandonne son eau de cristallisation ; mais il n'entra en fusion qua une très-haute température, sans perdre Teau qui le constitue à Tétat d'hydrate. Dans un creuset d'argile, il se fond avec la matière du creuset en un verre verdâtre.

La strontiane a pour composition :

Centièmes. Atom«».

Strontium 84955 i

Oxygène i5,45 i

Poids atomique, =647)^85 ; formule, =:SrO ou Sr. L'hydrate a pour composition :

Ccorième«. Atomes.

Strontiane 85,2i i

Eau 14,79 i

Poids atomique, = 7 59,76 ; formule, =SrH. L'hydrate cristallisé 9, pour composition :

Centièmes. Atomes»

Strontiane 36,53 i

Eau....« 63,47 '^

Poids atomique, =1772,08 5 formule, z=SrH-f-9H. Exposé à l'air privé d'acide carbonique, il se réduit, à + 100^, en une poudre qui , d'après Smith ^ se compose de SrH\

Les sels de strontiane ont la propriété de communiquer une belle couleur rouge à la flamme des corps en combustion : c'est ce qu'on observe , par exemple, quand on met un peu de chlorure strontianique sur la mèche d'une bougie allumée, ou qu'on fait brûler de l'alcool sur du coton, a la surface duquel on a répandu une certaine quantité de ce sel. Cette propriété sert à faire distinguer rapidement la strontiane de la baryte.

La meilleure manière de séparer ces deux terres l'une de l'autre consiste à faire usage de l'acide fluorhydrosilicique, qui précipite

l36 DÉCRIÉS DE SÜLFÜRATIOW Dû STROWTIllM.

les sels barytiques , mais forme avec la strontiane un sel très-solubie dans un léger excès d'acide.

a** Suroxyde de strontium. On n'a point encore examiné si Ton peut obtenir ce corps par la voie sèche. On se procure \ hydrate de suroxyde de strontium^ sous la forme de paillettes brillantes, en mêlant de l'eau de strontiane avec du suroxyde hydrique. Les propriétés de ce suroxyde sont semblables à celles de l'hydrate de suroxyde barytique; mais on peut mieux le dessécher dans le vide, quoiqu'il y perde un peu de son oxygène. Le strontium y est combiné , suivant Thenard^ avec deux fois autant d'oxygène que dans la strontiane. Représenté par Sr, il contient i atome de métal et a atomes d'oxygène»

Sulfures de strontium. On les obtient de la même manière que ceux de baryum. D'après les expériences de H, Rose y il se décompose, par l'eau, en strontiane et en sulfhydrate strontianique; mais on ne s'est pas encore assuré s'il se produit en même temps un oxysulfure. Le monosulfure strontianique répand une lueur rougeâtre, lorsqu'on le porte dans l'obscurité après l'avoir exposé à la lumière du jour. Il a pour composition :

Ceutièmes. Atomes.

Strontium 73>i3 •• i

Soufre 26,87 ^

Poids atomique, =74894S<> 5 formule, =:SrS ou Sr.

Degrés de sulfuration plus éie^^és du strontium. Si l'on fait bouillir de l'hydrate strontianique avec du soufre et de l'eau, et qu'on laisse refroidir la liqueur avant qu'elle soit parfaitement saturée de soufre, il s'y forme, d'après Gay-Lussac, des cristaux prismatiques jaunes, qui sont un bisulfure de strontium. La dissolution jaune contient le degré de sulfuration le plus élevé qui ne cristallise pas.

Le strontium n'a été encore combiné avec d'autres métaux qu'avec le mercure. Avec du chlorure de strontium et un amalgame de sodium on obtient, par le même procédé, comme pour le baryum , un amalgame de strontium moins fluide que l'amalgame de sodium, et qui se décompose si facilement, qu'il faut l'enlever au bout de 3 minutes, et qu'après la dessiccation on ne peut pas le conserver sûrement sous l'huile de pétrole.

CHAUX. i37

7» CcJcium.

On obtient ce métal par le même procédé que le baryum. Il est blanc comme l'argent, 6*enflamme aisément à l'air, et donne de la cbaux pour produit. L'amalgame, exposé à lair, s y recouvre sur-le-cbamp d'une croûte noire de chaux et d'oxyde mercureux. Quand il est très-concentré, il est épais et peu coulant, comme l'amalgame de platine , et se recouvre à l'air d'une croûte noire si épaisse, que la masse en devient solide. Après avoir été débarrassé de la plus grande partie du mercure par la distillation, cet amalgame est solide et dur \ il se couvre à l'air d'une croûte calcaire blanche.

L'atome du calcium, désigné par Ca, pèse a5i,9. On connaît à ce métal deux degrés d'oxydation.

I** La chaux. Connue de toute antiquité, cette terre est une des substances les plus répandues dans la masse de notre planète« On ne la trouve jamais pure, mais toujours combinée avec des acides, par exemple, avec l'acide carbonique dans la craie, le marbre, le spath calcaire, la pierre à chaux, les coquilles des mollusques; avec l'acide sulfurique dans les différentes espèces de gypse; avec l'acide phosphorique dans les os des animaux, et avec l'acide silicîque dans un grand nombre de minéraux.

Pour l'obtenir pure , il suffit de calciner du carbonate calcique entre des charbons , dans un fourneau à vent; l'acide carbonique se dégage , et la chaux reste pure et caustique. Quand on la destine à des usages chimiques , on prend les morceaux de marbre que les statuaires détachent de leurs blocs , des coquilles d'huîtres ou de colimaçons, et au besoin du calcaire primitif ou de la craie. La chaux des coquilles contient quelquefois du suliure de calcium, provenant du soufre des matières animales.

Dans les arts , on désigne sous le nom de chaiix vwe une sorte de chaux caustique qu'on obtient en calcinant la pierre à chaux dans des fours construits pour cet usage. Cette chaux est impure. EUe a une couleur plus ou moins grise ou jaunâtre , et contient de l'alumine, de l'acide silicique , de l'oxyde ferrique; parfois aussi un peu de magnésie et d oxyde nianganique.

Quand on calcine du marbre, de la craie ou des coquilles au milieu de charbons ardents, les morceaux deviennent gris et bru-

l38 CH\UX*

nâtres à la surface, à cause de la cendre qui s'y attache, et qni se fond quelquefois avec la chaux. Il faut gratter cotte couche entérieure, et casser chaque morceau en deux, parce qu'il arrive quelquefois que le centre est occupé par un noyau non encore décomposé de carbonate calcique , qu on doit séparer de la portion calcinée. On conserve la chaux vive dans des vases bien clos, et surtout dan» des flacons de verre bouchés. Lorsqu'on calcine des calcaires impurs à une trop haute température , la chaux se combine intimement avec les substances étrangères mêlées avec elle; oe qui lui fait perdre une partie de sa causticité et deaa propriété de se déliter avec Teau. On l'appelle alors chaux brûlée.

Pour empêcher les morceaux de chaux de se couvrir dune croûte d'impuretés y on a proposé de calciner le marbre ou le spath calcaire, soit dans un creuset couvert, soit dans une cornue dé grès. Mais alors il faut une chaleur bien plus considérable pour dégager l'acide carbonique ; et quand on tasse trop la chaux et qu'on la chauffe trop rapidement, elle entre en fusion au pourtour du creuset , sans abandonner son acide ; après quoi elle résiste encore plus à l'action du feu. Si, au contraire, on dirige des Tapeurs aqueuses sur la masse pendant qu'on la calcine dans h cornue, l'acide carbonique s'en dégage bien plus promptement, et l'on obtient la chaux presque aussi vite qu'à feu nu. Ce phéno^ mène n'est pas produit seulement par l'eau en vapeur ; il l'est aussi par l'air atmosphérique et par tout autre gaz , l'acide carbonique excepté. Il tient à ce que le gaz acide carbonique est bien plus facilement entraîné par un autre gaz que quand il est obligé de soulever la couche d'acide carbonique pur qui remplit l'appareil, et qui, par son inertie ou sa pression , s'oppose au dégagement du reste» Ce qui se passe ici ressemble à ce qui arrive pour l'eau, qui ne se vaporise plus dans un air saturé de gaz aqueux ] tandis que sa vaporisation s'opère avec d'autant plus de rapidité que l'air se renouvelle plus souvent à sa surface. Je rappellerai à ce sujet que quoique toutes les espèces de gaz, à l'exception de celui qui doit se dégager, agissent absolument delà même manière que le gaz aqueux, ce dernier mérite cependant la préférence, tant parce qu'il est plus facile de se le procurer, que parce qu'il se condense sans laisser autre chose dans le gaz que Tair atmosphérique qui était contenu dansTeau^ introduite non bouillie dans l'appareil.

Quand on veut avoir | pour des expériences chimiques ) une

Page 1