Baryum
Pour obtenir ce métal , on emploie le mercure à titre de conducteur négatif, sur lequel on place l'hydrate barytique réduit en bonillie claire avec de l'eau. On plonge dans cette bouillie un fil de platine partant du pôle positif. Il fuut que la batterie électrique soit composée d'un grand nombre de plaques , et qu'elle ait beaucoup d'intensité, sans quoi l'eau seule se décompose. L'amalgame que l'on obtient est distillé ensuite dans des vaisseaux de verre remplis de gaz hydrogène. Le mercure se volatilise , et le baryum reste, quoique imparfaitement débarrassé du mercure. On ne doit pas pousser la chaleur jusqu'au rouge , parce qu'alors le verre se trouverait réduit. On peut aussi se procurer du baryum sans le concours de l'électricité, en faisant rougir la baryte dans un tube de fer , à travers lequel on dirige un courant de vapeur de potassium. On obtient de cette .manière un mélange de baryum et de sousoxyde de potassium. On extrait le métal au moyen du mer* cure, dont on le débarrasse ensuite par la distillation. Le baryum ressemble à l'argent. Il se précipite au fond de l'eau et de l'acide sulfiirique concentré, s'oxyde vivement dans l'eau, dégage du gax
hydrogène, «tse couTcrtit en baryte. A lair, il se cownre peu à peu d'une pellicule de terre. Il entre en fusion avant d'être ronge, et à cette dernière chaleur il réduit le verre , sans ae volatiliser. On peut Taplatir un peu , de sorte qu'il ne parait pas être tout à fait dépourvu de malléabilité.
L atome de baryum pèse 856988, et il a pour symbole fia. On lui connaît deux degrés d'oxydation : la baryte et le suraxyde de baryum.
a. La baryte fut découverte par Scheele en 1774* On la nomma d'abord terre pesante ^ à cause de sa pesanteur; mais ensuite on changea cette dénomination pour celle que l'usage a fait adopter généralement, et quia la même signification. C'est surtout combinée avec l'acide sulfurique que la nature nous offre la baryte , dans un minéral cristallisé qu'on appelle spath pesant. Elle se rencontre aussi quelquefois unie à l'acide carbonique, dans un autre minéral nommé ivithérite.
Voici le procédé qui sert ordinairement pour l'extraire du sulfate de baryte ou spath pesant. On prend huit parties de spath débarrassé par l'eau des parties grossières , et une partie de charbon ; on les réduit en poudre très-fine, et on les mêle exactement ensemble; après quoi on les triture avec deux parties de résine ou de farine de blé. On introduit le mélange dans un creuset de Hesse, et on l'expose, pendant trois quarts d'heure, dans un fourneau à vent , à une température voisine du rouge blanc. Pendant la calcioation , le charbon se combine avec l'oxygène de l'acide sulfurique et de la baryte ; d'où résulte du gaï oxyde carbonique qui se dégage, tandis que le soufre reste combiné avec lebaryunu On ajoute de la résine ou de la farine , parce que , venant à se fondre sous l'influence de la chaleur, elle pénètre dans la masse, et, après s'être carbonisée à la chaleur rouge, elle produit un mélange plus intime de charbon. La masse ainsi obtenue e^t un mélange de sulfure de baryum et de charbon. On la mêle avec de l'eau bouillante, et l'on ajoute peu à peu de l'acide nitrique, en rer muant toujours, jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de gaz sulfide hydrique. Alors on filtre la dissolution chaude , et on lave le résidu insoluble, qui contient souvent beaucoup de spath pesant non décomposé. On évapore la liqueur jusqu à cristallisation; les cristaux obtenus sont du nitrate bary tique. On lesredissout, on les fait cristalliser upeseçopde fois, pi^is on le§ çalqi^e dans une cornue
BÀBTDX. lui
de poroeUine, jtuqn'à ce ^'au rouge blanc il ne se dégage plus aucun gaz. Le rëaîdu de la cornue est de la baryte pure. Cette opération offre cependant deux inconvénients. D'abord le sel fond dans le oommencement y il se boursoufle , de manière à s'élever bcilement d^ns le col de la ccwnue , si celle-ci n'a pas un voluneie proportionné. On peut remédier à cet inconvénient en employant une cornue d'une capacité suffisante j et en chauffant la matière d'abord avec précaution, et en continuant ainsi la chaleur pendant uoe bonne heure ; puis on chauffe plus fortement jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de gaz , ce qu'on reconnaît facilement lorsqu'on munit l'ouverture du col de la cornue d'un bouchon livrant passage à un tube de verre , qu'on plonge de temps en temps dans l'eaq. Le second inconvénient qui se présente pendant la calci* nation dans une cornue est sans remède^ car il consiste en ce que la baryte libre , qui touche immédiatement la cornue, est souillée d'acide silieique et d'alumine , qui entrent dans la composition de la cornue. ^
En décomposant le nitrate barytique par la calcination , il se d^^ge de l'oxygène, et il reste du nitrite barytique« Celui-ci dégage ensuite de l'oxygène et du nitrogène , et laisse un composé de baryte et d'oxyde nitrique ; et ce dernier, pour être expulsé, exige une température encore'plus élevée. Si tout cela n'a pas eu lieu, et qu'on emploie ensuite la baryte pour la préparation du suroxyde, en la calcinant dans un courant d'oxygène, on pourrait croire que, dans cette opération, il n'y a pas d'oxygène absorbé 9 car,i mesure que l'oxygèpe est absorbé, l'oxyde nitreuxest expulsé, et il se dégage du tube un gaz dans lequel on peut rallumer un corps en ignition, comme dans l'oxygène. Ce dégagement cesse au bout de quelques iostaints; puis on ne voit plus paraître aucun gaz jusqu'à ce que la baryte soit saturée. Avant d'enlever la terre, il faut casser la cornue, et réparer, en raclant^ le reste de la masse plus pure des portions adhérentes à la cornue ; mais il faut avpir soin de ne pas y laissa tomber Thaleine , parce que la matière attire l'humidité et l'acide carbonique.
Si l'on n'a pas l'intention de se procurer la baryte à l'état compacte, on peut se servir d'une autre méthode de préparation moins coûteuse, indiquée par Mohr. On emploie, à cet effet, un creuset de Hes^e ordjnaire > ^ont l'inférieur s^ été frotté d'un mélange d'eau et de spath pesapt finement broyé (sulfate |>arytique na-
1^4 BARTGM.
turel) , pois desséché. On mêle le nitrate barytiqne en pondre bien exactement avec un poids égal de spath pesant, et on le jette dans le creuset, avec la précaution de ne pas en détacher Fenduit ; on met par-dessus une couche de spath pesant pulvérisé. Le creuset est fermé par un couvercle, puis chauffé jusqua la décomposition complète du nitrate barytique , ce qui s'effectue sans le moindre boursouflement. Dans la masse refroidie on enlève la baryte par l'eau bouillante, et il reste da spath pesant en poudre, qu'on réserve pour de nouvelles opérations. Le creuset ainsi em* ployé est garanti par son enduit contre l'action de la baryte , et se maintient intact.
Avec le carbonate barytîque , dont la description sera donnée à l'occasion des sels de baryte, on peut se procurer la baryte caustique par le moyen suivant : loo parties de carbonate barytique pur, et qu'on a fait légèrement rougir, sont mêlées intimement avec 6 à lo parties de charbon de bois finement pulvérisé, puis réduites, au moyen d'un mucilage de gomme adragant, en une pâte ferme, dont on fait une boule, qu'on introduit dans un creuset bien brasqué , et qu'on couvre avec soin d'un plus petit creuset renversé. Le creuset est ensuite exposé, pendant trois quarts d'heure ou une heure , à un bon feu de forge. Si l'on peut se procurer une bonne cornue en grès, on y introduit la masse, et on la chauffe dans un fourneau à vent, jusqu'à ce qu'il n'en sorte plus de gaz. Sous l'influence d'une température élevée, le charbon décompose l'acide carbonique , et le convertit en gaz oxyde carbonique, qui , n'ayant pas d'affinité pour la baryte, s'échappe sous forme gazeuse. La baryte reste pure, mêlée cependant avec un peu de charbon en poudre, et parfois aussi avec une petite quantité de carbonate , qui a échappé à la décomposition.
Le même moyen peut servir aussi à extraire la baryte caustique du carbonate naturel ou withérite. Mais ce minéral est beaucoup plus difficile à décomposer, parce que ses molécules adhèrent plus intimement les unes aux autres que celles du carbonate obtenu par précipitation.
On peut encore dissoudre le carbonate barytique dans de lacide nitrique , et décomposer ensuite le nitrate par la chaleur, ahisi qu'il vient d'être indiqué.
La baryte obtenue par l'un ou par l'autre de ces procédés est anhydre, et on ne parvient à la fondre qu'au moyen d'un courant
BARTITM. I aS
br&lant de gaz oxygène et hydrogène , ou dans le foyer d'un miroir ardent. La baryte anhydre est d'un hianc grisAtre. Son poids spécifique est plus grand que celui d'aucune autre terre alcaline, ce qui lui a valu le nom de baryte (de ßapuc, pesant); les anciens chimistes l'appelaient terra pondsrosa. Il a été impossible de déterminer son poids spécifique d'une manière parfaitement rigoureiue. On en a donné le nombre 4^00; mais il est trop bas. Quant â son affinité pour les corps électronégatifs , la baryte ne le cède jfuére à la potasse ni à la soude. Exposée à l'air , elle en attire l'eau et l'acide carbonique, et elle se délite. Elle se délite également à l'air humide , mais exempt d'acide carbonique , et forme un hydrate. Mêlée en poudre grossière avec \ de son poids d'eau , elle se combine avec celle-ci en produisant un si fort dégagement de chaleur, que la masse peut devenir incandescente et se fondre. Son hydrate se dissout dans quatre fois son poids d'eau ; la solution filtrée bouillante dans un flacon qu'on bouche aussitôt laisse, par le refroidissement, déposer des cristaux contenant beaucoup d'eau de cristallisation. L'eau-mère est une solution de baryte dans leaa , qu'on appelle eau de baryie; on la conserve dans un flacon bien fermé , ou bien on continue à l'évaporer par l'ébullition dans un matras, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que \ de la liqueur, qui, par le refroidissement, donne une nouvelle quantité de cristaux.
Un autre mode de préparation de l'hydrate barytique consiste a réduire le spath pesant, par le moyen qui vient d'être indiqué, à l'état de sulfure de baryum , à épuiser la masse par l'eau bouillante , à mêler la solution filtrée et encore bouillante avec de l'oxyde cuivrique en poudre fine, et à agiter la liqueur jusqu'à ce que quelques gouttes versées dans une solution d'acétate plom* bique ne produisent plus de précipité foncé, qui dénoterait la présence du sulfure de baryum. Dans cette opération, le sulfure de baryum échange son soufre contre l'oxygène de l'oxyde cuivrique, et on obtient de la baryte dissoute dans la liqueur, et du sulfure de cuivre qui reste insoluble. La liqueur filtrée bouillante laisse, par le refroidissement , déposer des cristaux d'hydrate barytique.
L'hydrate forme des cristaux transparents , en partie quadrilatères, en partie prismatiques : ce sont des prismes lisses à six pans, terminés par des pyramides à quatre faces. 11 a une saveur acre ,
I2l6 BAlinfM.
caustique et alcaline. Il agit comme poison sur les animaux ▼!- Tants. A une haute température , il fond dans son eau de cristallisation, qui sëvapore peu à peu, de manière qu'il finit par la perdre entièrement et rester sous la forme de poudre« Dans cet état, son poids est diminué de moitié« A une température plus élevée encore, mais qui n'a pas besoin d'être portée jusqu'au point où l'argent entre en fusion, il fond, et deyient coulant cotnme de l'huile« Versé sur un corps froid, il se solidifie , et prend un as« pect cristallin , en sorte qu'il ressemble assez bien à la potasse fondue et coulée. Il ne perd point, par cette opération , l'eau qui le constitue à l'état d'hydrale, parce qu'elle ne peut pas être expulsée par le feu.
Exposé à l'air, l'hydrate barjtique attire l'acide carbonique, et se délite, en se transformant en carbonate. L'eau de baryte qu'on laisse à l'air libre s'y couvre d'une pellicule de carbonate, qui finit par tomber au f^d du vase, et qui se renouvelle jusqu'à ce que la liqueur ne contienne plus de baryte en dissolution. Si l'on fait congeler lentement l'eau de baryte , la terre cristallise, et l'on peut obtenir ainsi des cristaux très*volumineux et réguliers. L'hysdrate barytiqueest soluble dans l'alcool; mais il exige, pour s*y dissoudre, i5o à 200 parties de ce liquide bouillant.
La baryte est remarquable par sa puissante affinité pour l'acide sulfurique, qui surpasse celle de toutes les autres bases salifiables^ Le composé qu'elle forme avec cet acide est absolument insoluble dans l'eau : aussi se sert-on de la baryte, dans les expériences chimiques , pour reconnaître la présence et évaluer la quantité de Tacide sulfurique. £Ue est même, dans les analyses des substances qui contiennent du soufre , le moyen le plus sûr auquel on puisse recourir pour déterminer la quantité de ce dernier corps. A cet effet, on convertit le soufre, par le nitre ou l'acide nitrique, em acide sulfurique, que l'on précipite ensuite à l'aide d'un selbarytique quelconque. La baryte se compose de :
Gentiènes. Atom«». .
Baryum '•• 89,55 i
Oxygène io,45 i
Poids atomique, =956,88 ; formule, =BaO ou Ba.
SDROXTDÏ DE BARttJM. I2I7
L'hydrate fondu se compose de :
Centièmes. Atomeé.
Baryte., w .... « 89,4s i
£au 10,52 I
Poids atomique, = 1069,36 ; formule, =BaH. L'hydrate cristallisé se compose de :
Centièmes. Atomes.
Baryte 45,97 t
Eau 54,o3 10
Ces cristaux , chauffés jusqu'à + loo** dans un courant d air exempt d'acide carbonique , tombent, suivant Smith^ en une poudre composée de BaH*.
2^ Suroxyde de baryum. On l'obtient en brûlant le métal dans du gaz oxygène ^ ou faisant rougir de la baryte caustique et an-* hydre dans un tube de porcelaine à travers lequel on dirige un courant de gaz oxygène. Celui-ci est absorbé en entier; et lorsqu'il commence à sortir par l'autre extrémité du tube, la terre est presque entièrement suroxydée. On continue encore l'opération pendant quelque temps , afin de saturer complètement la baryte d'oxygène. Il faut avoir soin de faire passer le g^z sur de l'hydrate potassique avant qu'il n'arrive sur la baryte, pour le débarrasser de l'acide carbonique et de l'eau, qui, tous deux, décomposent le snroxyde.
Ce dernier a une teinte de gris sale. Pulvérisé et mêlé avec de l'eau , il se réduit en une poudre extrêmement fine et blanchis comme de la neige, sans donner lieu au moindre dégagement de chaleur. Cette poudre est l'hydrate du suroxyde de baryum* D'après Uebig et W'àhler^ on l'obtient très-facilement en chauffant une partie de baryte anhydre^ dans un creuset de platine, jusqu'au rouge naissant , et en là saupoudrant petit à petit avec une partie de chlorate potassique pulvérisé; par ce moyen la baryte brûle d'une manière visible aux dépens de l'oxygène du chlorate potassique , et se transforme en suroxyde. On laisse refroidir la masse, qui est un mélange de chlorure potassique et de suroxyde barytique, et on la traite par l'eau ^ celle-ci fait passer le suroxyde à l'état d'hydrate et dissout le chlorure potassique. On exprime bien le suroxyde et on le fait sécher à l'air libre, sans le concours de la chaleur. — Suivant de Saussure , on obtient cet hydrate sous la forme de cristaux, en laissant de Teau de baryte pendant quelque
ia8 9ÜLFURE DE BARYUM.
temps en contact avec une grande quantité d*air atmosphérique exempt d'acide carbonique. Saussure ayant versé une couche mince d'eau de baryte sur le fond d!un grand flacon^ et abandonné le flacon bouché pendant 3 à 4 semaines dans un endroit dont la température variait çntre +a et lo degrés^ilseforma des cristaux dliydrate de suroxyde d'un: diamètre de 3 à 4 millimètres.
C'est la propriété qu il a de se combiner avec l'eau qui nous a fait connaître le suroxyde hydrique^ car, lorsqu'on mêle cet hydrate avec un acide étendu, la baryte se combine avec l'acide, tandis que l'eau et l'oxygène , qui se dégagent en même temps , donnent naissance au nouveau composé. Si l'on verse sur l'hydrate de suroxyde de baryum une dissolution de certains sels métalliques, tels que le nitrate manganique, zincique, cuivrique ou niccolique , la baryte se combine avec l'acide , et l'oxyde métal« lique passe à l'état.de suroxyde. On peut faire rougir le suroxyde de baryum sans qu'il se décompose ; mais à une très-haute température il perd^ dans des vaisseaux ouverts, une partie de son oxygène. Au contraire , son hydrate est décomposé par l'eau bouillante , avec dégagement de gaz oxygène ; et l'on ne peut le dessécher ni par la chaleur, ni sous le récipient de la machine pneumatique. On obtient cet hydrate sous la forme de paillettes cristallines et soyeuses, en versant une dissolution de suroxyde hydrique dans de l'eau de baryte. La facilité avec laquelle il se décompose, et repasse à l'état de baryte, fait qu'il a une saveur alcaline, et qu'il réagit, à la manière des alcalis, sur les couleurs végétales.
Ce suroxyde et ceux des terres suivantes ont été découverts par Thenard; il a trouvé que le baryum contient, à l'état de suroxyde, deux fois autant d'oxygène que la baryte. Ce suroxyde se compose donc de:
Centièmes. AtoBei.
Baryum 8i,o8 i
Oxygène i8>92 ^
Poids atomique, = 1 1 56,88 ; formule, =Ba. L'hydrate, d'après une expérience approximative de Liebiget ff^öAler^se compose de i atome de suroxyde et de 6 atomes d'eau =Baii^
Sulfure de baryum. On peut l'obtenir de plusieurs manières différentes :
a. Ox\ fait rougir de la baryte caustique dans un tube de porce-
SULFURE DE BARYUM. I29
laine, et on y fait passer , au rouge , un courant de gaz sulfide hy^ drique.
b,On chauffe de même, dans un courant de gaz sulfide hydrique, du sulfate barytique réduit en poudre. La température doit, dans ce cas , être portée complètement jusqu'au rouge, parce que Fhydrogène n'exerce pas d'action réductive à une température plus basse; ainsi, le sulfate barytique reste non altéré lorsqu'on le chauffe dans une boule de verre au-dessus d'uue lampe à alcool. Dans ces deux opérations , il se forme de l'eau et du sulfure de baryum.
'c. On iàit arriver du sulfide carbonique gazeux sur de la baryte incandescente, ou même sur du carbonate bai-ytique. La baryte bnUedans le gaz du sulfide carbonique, et il se produit du sut* fîire de baryum et du carbonate barytique. L'expérience étant continuée à une forte chaleur, ce dernier lui-même se décompose, et on obtient du sulfure de baryum , du gaz oxyde carbonique et du soufre libre , qui se sublime.
d. On taille un morceau de charbon de manière à le faire entrer exactement dans un creuset de Hesse; on le perfore au milieu pour en faire, en quelque sorte, un creuset de charbon; on en remplit la cavité jusqu'aux | avec de la poudre de sulfate barytique; on ferme l'ouverture avec un couvercle de charbon ; on remplit le creuset argileux de poussière de charbon ; on y renverse, en guise de couvercle, un autre creuset plus petit; et on évapore le tout au tirage d'un feu de forge. Â une chaleur suffisante , la portion qui se trouve immédiatement en contact avec le charbon se réduit à l'état de sulfure de baryum : il se produit du gaz acide carbonique qui , dans la cavité de charbon incandescent , se change en gaz oxyde carbonique; celui-ci se change, à son tour, aux dépens du sulfate barytique, en acide carbonique , qui , de nouveau, est réduit à l'état d'oxyde carbonique par le creuset de charbon. Le sulfate barytique se trouve donc dans une atmosphère permanente de gaz oxyde carbonique, et se réduit par là complètement à l'état de sulfure de baryum, qui reste sous forme d'une masse granuleuse cristalline, contractée , d'un gris
blanc.
Si l'on a besoin de retirer du spath pesant une plus grande quantité de sulfure de baryum, par exemple, pour la préparation de la baryte , on peut même se passer d'un creuset. On mêle inti-
l3o SULFORE DE BilHTüM.
tnement 5 parties de sulfate barytique (spath pesant) broyé fin avec une partie de charbon en poudre, et assez de colle de farine . ou de mucilage de lin , pour qu*on puisse façonner la niasse en cylindres qui, étant desséchés, sont enveloppés dune couche de charbon et calcinés dans un fourneau à vent. lia cuite terminée, on enlève les cylindres encore incandescents, et on les laisse re* froidir dans un pot de fera couvercle.
Le sulfure de baryum est blanc ou d'un gris blanchâtre. On ne Ta pas encore obtenu fondu aux degrés de chaleur auxquels on la exposé. Il ne s'agglomère que sous forme de grains demi-crista)iins. Il a une saveur à la fois alcaline et hépatique^ et s'oxyde trèsdifficilement à la chaleur rouge pour se changer en sulfate barytique. En calcinant, dans une analyse, du sulfate barytique ensemble avec le filtre, on remarque qu'il se produit toujours du sulfure de baryum par la réduction d'une partie du sulfate; et quelque longuement qu'on calcine ensuite la masse, elle n'en dé* gage pas moins du sulfîde hydrique , lorsqu'on y verse de l'acide chlorbydrique.
Le sulfure de baryum s'unit à l'eau et s'y dissout ; mais, d'après les expériences de RosCj il se forme en même temps, à froid aussi bien qu'à chaud, par suite de la décomposition de l'eau , plusieurs composés solubles dans l'eau, savoir, de l'hydrate barytique, du sulfhydrate de baryum, un oxysulfure de baryum, enfin du sul* fiire de baryum libre en dissolution. Lorsqu'on fait bouillir avec de leau le sulhirede baryum réduit par le charbon et encore mêle de charbon , et qu'on filtre la solution bouillante dans im flacon qu'on remplit complètement et qu'on ferme aussitôt, onobtient une dissolution d'un jaune clair,* cette coloration est due à une portion de bisulfure de baryum , qui s'est formée aux dépens de Tair, et dont la production est difficile à éviter. Cette dissolution laisse, pendant les premières douze heures, déposer une masse d'abord écailieuse, puis granuleuse, sur laquelle nous reviendrons. La liqueur limpide est ensuite distillée dans une cornue, prce qu'elle ne supporte pas l'évaporation à l'air libre sans que ses éléments s'oxydent, jusqu'à ce qu'elle ait acquis un certain degré de concentration. Avec les vapeurs d'eau il passe un peu de sulfide hydrique , et par le refroidissement il se dépose dans le liquide restant des cristaux granuleux de sulfure de baryum hydraté, et l'eau-mère renferme du sulfhydrate de baryum en dissolution. U
OXYSULFÜAE DB BARYUM. l3l
est difficile d obtenir ie salfure de baryum ainsi déposé etempt doxysulfure.
Uhydrate de sulfure de baryum est blanc, grenu, et jaunit à l'air, par suite de la formaiion d'hydrate bary tique et de bisulfure de baryum. Sa solution aqiieuse est incolore, mais elle jaunit, parla même raison, à l'air. L*hydrate de sulfure bary tique se compose de :
Centièmes. Atomes.
Sulfure de baryum. . . 6i,o4 x
Eau 39,96 6
Poids atomique, =1733,33; formule, :=Bag^ Le sulfure de bajyum donne, avec les sulfides, des sels en général peu solubles, excepté celui qu'il forme avec le sulfide hydrique.
Oxytulfure de baryum. Les cristaux squammeux et grenus déjà mentionnés, qui se déposent d'abord dans la solution aqueuse sa« turéeà chaud de sulfure de baryum, sont formés de deux oxysuU Aires distincts, difficiles à séparer l'un de l'autre. On reconnaît fadlement qu'ils <ont composés de baryte et de sulfure de baryum , parce que, étant traités par une solution de chlorate potassique dans l'acide nitrique, le sulfure de baryum se convertit en sulfate barydque qui reste insoluble , et de la baryte se dissout dans l'a« cide; celle-ci est ensuite précipitée par l'acide sulfurique, de manière que les quantités de sulfate barytique ainsi obtenues puissent être comparées entre elles. La difficulté qu'on éprouTe à séparer complètement les cristaux squammeux qui se forment les premiers des cristaux granuleux qui se forment ensuite, rend le résultat analytique un peu incertain à l'égard du nombre relatif des atomes de baryte et de sulfure de baryum contenus dans ces cristaux inégaux. Par approximation , Rose assigne aux cristaux squammeux, comme probable, la formule : 4BaM'^-f- 3BH% et aux cristaux granuleux : BaH''' + BaH'^
On sait depuis longtemps, par Texpérience , qu'une solution aqueuse saturée de sulfure de baryum , laissée immobile pendant environ un ou deux mois dans un flacon fermé, forme un dépôt considérable d'assez gros cristaux incolores, qu'on a pris pour du sulfure de baryum hydraté. Ces cristaux ont été plus exactement examinés par if. Rose^ qui a démontré qu'ils constituent un oxysttlfure de baryum. Ce sont, ftutvaot lui, des tables hexagonales do-
l3a DEGRÉS DK SULFURATION PLUS £LEV£S DU BARYUM.
décaédriques avec des arêtes fortement émoussées. Ces crislaux ont pour composition :
Centièmes. Atomes.
Sulfure de baryum.. . 43)6o 3
Baryte i3,i4 i
Eau ! 43,a6 28
De là la formule : =i3aH'- 4- 3BalP.
Dissous dans Teau bouillante , ces oxysulfures se décomposent; le sulfure de baryum se décompose de telle façon que la moitié de son radical s'oxyde aux dépens de Teau pour former de la baryte y pendant que son soufre s'unit à l'hydrogène pour donner naissance à du sulBde hydrique , qui, avec Tautre moitié, produit du sulfhydrate barytique. Celui-ci reste dissous pendant que l'hydrate barytique cristallise.
Le chlorure manganique offre un bon moyen de constater la richesse de ces solutions. Le sulfure de baryum précipite le sulfure de manganèse en rouge brique; le sulfhydrate barytique occasionne le même précipité ; mais , en outre, il détermine un dégagement de sulfide hydrique ; et Thydrate barytique précipite de l'hydrate blanc d'oxyde manganeux. On verse la solution de baryte goutte à goutte dans la solution de chlorure , où un œil exercé distingue facilement la partie prédominante.
Degrés de sulfnration plus élevés du baryum. Les divers degrés de sulfuration du baryum n'ont pas encore été examinés. En faisant bouillir le monosulfure de baryum avec une plus grande quantité de soufre^ on voit que celui-ci se dissout, et on obtient d^ pentasulfure de baryum , analogue au pentasulfure de potassium. L'hydrate barytique, bouilli avec du soufre, produit le même composé ; mais alors celui-ci contient en même temps de Thyposulfite barytique en dissolution. Le pentasulfure de baryum se dissout facilement dans l'eau aussi bien que dans l'alcool. Il ne s'obtient pas cristallisé ; mais, après l'évaporation dans le vide, il forme une masse saline d'un jaune opalin. Exposée à l'air, sa solution se trouble instantanément à la surface. 11 se compose de i
atome de baryum et de 5 atomes de soufre =Ba; il renferme 54 pour cent de soufre.
Le sulfate barytique réduit en une pâte épaisse avec du mucilage de gomme adragant , puis desséché et calciné au milieu de char* bons , fournit le phosphorus bononiensiSy qui , ayant été exposé à
PHOSPHÜRS DF BARYUM. 1 33
la lumière solaire , et conservé dans un flacon hermétiquement bouché, a la propriété de luire quelque temps avec un éclat jaunâtre dans lobscurité.
Phosphure de baryum. On Tobtient en faisant rougir de la baryte caustique anhydre dans un matras de verre à long col , et jetant ensuite du phosphore dessus. Il se forme du phosphate baryùqueet du phosphure de baryum; la masse entre en fusion, et se présente, après le refroidissement, avec une couleur brune et un éclat métallique. Une chaleur trop forte décompose le phosphure de baryum ; du phosphore se volatilise , et il reste de la baryte. Le phosphure de baryum se décompose dans l'eau, et donne lieu à de Thypophosphite bary tique , avec dégagement de gaz phosphure hydrique.
Lc& combinaisons du baryum avec les autres métaux , à l'exception de celle avec le mercure, n'ont pas encore pu être produites. Aux méthodes indiquées pour la préparation du baryum on peut ajouter la suivante, décrite par Boettger: On agite un amalgame de sodium avec une solution parfaitement saturée de chlorure de baryum : il «e dégage un peu d*hydrogène ; mais la plus grande partie du sodium précipite le baryum et s'unit directement au chlore. Le volume du mercure augmente considérablement par le moyen du baryum , et il se remplit tellement de grains cristallins damalgame de baryum , qu'il semble être solidifié. L'amalgame est alors aussitôt enlevé, puis rapidement desséché sur du papier brouillard , et conservé sous de l'huile de pétrole. A l'air, il se recouvre d'une croûte très-blanche de carbonate barytique; dans l'eau pure il forme peu à peu, et avec dégagement d'hydrogène, de l'eau de baryte; dans une solution de sel ammoniac il produit un amalgame d'ammonium ; traité sur un verre de montre par une solution de sulfate cuivrique , l'amalgame éprouve un mouvement de rotation : il se forme du sulfate barytique, qui est violemment projeté; et sa couleur varie, parce que le produit est alternativement mêlé d'oxyde cuivreux et d'oxyde cuivrique. Dans le même intervalle le liquide forme deux tournants en sens opposé. Dès que le mouvement se ralentit, l'amalgame se revêt d'une efflorescence sous forme de mosaïque, qui est produite par le précipité. Cette action réciproque peut durer un quart d'heure à une demi-heure.
.l34 STROIfTIlIM.