CHLORURE S^L^IQUE
cipieot une matière épaisse, incolore, sirupeuse, qui ne tarde pas à se solidifier en prenant l'aspect d*une cire blanche. 11 ne se dégage pas d'acide sulfureux, mais un peu de chlore. Le produit de la distillation attire Thumidité de Pair, et exhale ensuite Todeur de l'acide chlorhydrique. Il l'orme avec Teau une dissolution limpide, contenant de l'acide chlorhydrique, de l'acide sélénieux et de l'acide sulfurique. Ces acides s'y trouvent, suivant H. Ro^e^ dans de telles proportions, quon peut admettre une combinaison de a atomes de quinquaci-chloride sulfurique avec 5 atomes d'adchlomre sélénique= 2(S€P + 5S)+ 5 (SeGl* -h Se) , qui exigent remploi de lo atomes de chlorure sélénieux et de la atomes dacide sulfurique, contenant ii atomes d oxygène et 4 équivalents de chlore de plus que ne suppose la formule, et dont la dépense 0 est pas justifiée par l'expérience. Peut-être cette combinaison o'est-elle autre chose que Se€l'+S, analogue aux composés de l'acide sulfurique anhydre avec d'autres chlorides qui n ont pu être débarrassés d'un petit excès d acide sulfurique.
Il ne se produit pas de perchlorure sélénieux en exposant le se« léniiun ou le chlorure sélénieux à l'action du gaz chlore. Il est cependant probable que ce perchlorure , de même que le perchlo* rure sulfureux, existe en combinaison avec d'autres corps. On n'a pas encore exs^miné l'action du gaz chlore sur l'acide sélénieux anhydre. Il se forme peut-être par là un aci-chloride sélénique.
Chlorure sélénique. Si Ton ajoute du sélénium au chlorure de sélénium sec, ce dernier devient jaune à l'endroit où il est touché par le premier, et en chauffant, les deux corps se combinent et forment un liquide jaune foncé, translucide, qui peut être distillé, quoiqu'il soit beaucoup moins volatil que la combinaison solide. Il tombe au fond de l'eau et y conserve pendant quelque temps sa liquidité, mais finit par être décomposé en acides sélénieux et chlorhydrique qui se dissolvent dans l'eau, et en sélénium qui reste, en conservant la forme de la masse plongée dans l'eau« Cependant, il est difficile de séparer l'acide du sélénium qui reste, et il m'est toujours arrivé qu'après avoir délayé et même lavé ce résidu dans leau bouillante, le filtre sur lequel je l'avais séché était devenu friable par l'action de l'acide chlorhydrique.
Dans un essai tenté pour saturer le chlorure de sélénium avec du séléoiiàiOi jusqu'à ce qu'il refusât d en dissoudre à l'aide de la chaleur , j'iu UrouTe qu'il peut se combiner avec troi« fois plus de
'J08 SliLÉiriDE CA.RBOJVJQUE.
sélénium qu*il n'en contenait auparavant , ce qui correspond à la composition suivante :
Centièmes. Atomes.
Sélénium 69,085 2
Chlore 3o,9i5 i
Poids atomique, z=:i43i,8i8; formule, =Se'€l. Il a donc la même composition que le chlorure sulfurique.
Bromure de sélénium. On l'obtient en faisant tomber du sélénium, par petites portions, sur du brome. La combinaison se fait avec violence et dégagement de chaleur. Après le refroidissement, la masse est solide, de couleur orangée . et soluble dans Teau.
h'iodure de sélénium n 'a pas encore été examiné.
Ij^ fluorure de sélénium s obtient, d après Knox^ en chauf&nt du fluorure plombique dans des vapeurs de sélénium , qui se partage alors entre le plomb et le fluor. Le séléniure plombique reste, et le fluorure de sélénium se sublime sous forme de cvistaux, qui peuvent être de nouveau volatilisés sans éprouver de décomposition. Le composé ainsi obtenu se dissout dans Teau, et la dissolution renferme de lacide fluorhydrique et de lacide sélénieux. C'est donc du fluorure sélénieux =SeFj\ Il se dissout, sans se décomposer , dans l'acide fluorhydrique concentré.
Sélénide carbonique. Le sélénium qu'on fait passer, sous forme de gaz, sur du charbon chauffé au rouge blanc dans un tube de porcelaine, ne se combine pas avec ce corps. Mais certains phénomènes qui se manifestent , lorsqu'on traite par de l'acide chlorhydrique étendu un composé de sélénium et de cyanure potassique , m'ont porté à croire qu'il existe réellement un sélénide carbonique, qui serait alors analogue au sulfide carbonique. On obtient, en effet, un composé semblable au sulfide carbonique, lorsqu'on mêle le cyanure ferroso- potassique avec un excès de sélénium, et qu'on chauffe le mélange dans une cornue. Une partie du sélénium s'unit au cyanure potassique et une autre au fer, et le cyanogène se compose, à cette température, en nitrogène, qui se dégage à l'état de gaz , et en sélénide carbonique , qui passe à la distillation. Ce produit a l'odeur du sulfide carbonique, il est incolore ; mais il n'a pas été examiné davantage.
Dans la combinaison du sélénium avec le cyanure potassique, le sélénium se trouve uni au cyanogène pour former un corps halogène composé, parfaitement analogue au rhodan, dans lequel le
SJÉLiNIURBS METALLIQUES. SOQ
soufre est remplace par un égal nombre d'atomes de sélénium. Ce composé, formé de C'N'Se*, n'a pas encore reçu de nom particulier. Relativement à ses éléments, on pourrait rappeler cjranosélan. On ne peut pas l'isoler^ pas plus que le rhodan. Sa combinaison avec le potassium ressemble au rhodanure potassique, avec lequel elle est isomorphe. En traitant la dissolution par un acide , on n*obtient pas de composé analogue à Tacide rhodanhjdrique; mais il se précipite, sans dégagement d acide cyanhjdrique , une poudre rouge, qui, par son aspect, ressemble à du sélénium précipité, et qui, selon toute probabilité, corres* pond, par sa composition, à lacide xanthanhydrique ; enfin qui est produite par la même métamorphose par laquelle l'acide rhodanhydrique donne naissance à Tacide xanthanhydrique. Cependant, cet objet mérite de nouvelles recherches. Quoi qu'il en soit, le sélénium s'est ainsi manifesté comme un corps qui, dans les mêmes* circonstances que le soufre, peut faire partie d'un radical composé.
Séléniures métalliques. Le sélénium se combine, comme corps électronégatif, avec les métaux qui sont électropositifs relativement à lui,* dans la plupart des cas, la combinaison est accompagnée d un dégagement de lumière semblable à celui que produit le soufre, quoique moins intense. Si ce phénomène n'est pas constant, cela tient, comme pour le soufre, à ce que plusieurs métaux, et souvent ceux qui devraient dégager le plus de lumière, exigent, pour s'y combiner, une si haute température, que le sélénium distille avant que le mélange ait acquis la chaleur nécessaire pour que l'union se fasse instantanément. Le fer et le zinc sont dans ce cas.
Les séléniures métalliques ont à peu près les mêmes caractères physiques que les sulfures. La plupart d'entre eux ont l'aspect métallique, sont plus fusibles que leurs métaux; et lorsqu'on les chauffe fortement à feu nu, le sélénium brûle lentement, et donne une faible flamme azurée et une odeur de raifort. Il est plus difficile de chasser le sélénium par le grillage , que le soufre; ce qui dépend uniquement de la moins grande combustibilité du sélénium. Les séléniures métalliques sont dissous par l'acide nitrique, quoiquun peu plus lentement que le sélénium seul; quelquesuns, celui de mercure par exemple, ne sont oxydés que trèslentement par cet acide.