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ago SULFIDE ANTI MONIQUE,
on le prépare par la voie humide, soit en dissolvant, de Tacide antimonique par rëbullition avec du bitartrate potassique, et précipitant ensuite cette dissolution par le sulfide hydrique ; soit en mêlant l'hydrate antimonique encore humide avec de l'eau, et disant arriver dans le mélange du sulfide hydrique jusqu'à saturation complète ; soit en versant goutte à goutte , et agitant continuellement , une solution de sulfantimoniate potassique ou sodique dans un tel excès d'acide chlorhydrique , que l'acide n'est pas par là complètement saturé. On l'obtient en outre en saturant une solution aqueuse d'antimoniate potassique par le sulfide hydrique : il se précipite une partie du sulfide antimonique formé; puis on introduit dans de l'acide chlorhydrique, goutte à goutte , et avec la précaution indiquée, la dissolution ainsi que le précipité qui s'y était formé , et on la laisse digérer quelque temps avec Facicle chlorhydrique en excès.
Le sulfide antimonique, préparé d'une manière ou d'une autre, est lavé sur le filtre, d'abord avec de Veau acidulée, puis avec de l'eau pure , jusqu'à ce que celle-ci ne rougisse plus le papier de tournesol; on presse ensuite la masse, et on la dessèche à une chaleur douce, ou au-dessus de l'acide sulfurique.
Le sulfide antimonique est d'un jaune rouge, nullement cristallin ; il fond facilement , mais en perdant du soufre qui se vaporise. Il ne se dissout pas dans les acides qui n'exercent pas d'action oxydante sur l'antimoine. Il se dissout, au contraire, facilement dans les sulfures et les hydrates alcalins; par Tébullition , il chasse l'acide carbonique du carbonate alcalin , et le sulfide hydrique du sulfhydrate alcalin. Traité à chaud par des liquides propres à dissoudre du soufre, par exemple l'alcool, l'éther, le sulfide carbonique, l'essence de térébenthine, il se décompose en ce qu'il abandonne djii soufre; c'est ce qui a porté plusieurs chimistes à le regarder comme un simple mélange de soufre avec le sulfide antimonieux.
Le sulfide antimonique est employé comme médicament, e€ porte, en pharmacie, le nom de soufre doré iV antimoine [sulphur auratum antimonii). Pour les usages officinaux, on le prépare, d'après le précepte de Mitscherlich , de la manière suivante : On mélange intimement i8 parties de sulfure antimonique (8 atomes), 12 parties de carbonate sodique sec (18 atomes), i3 parties de chaux caustique (3ß atomes) et 3 ^ parties de soufre (x6 atomes),
PUOSPHÜRK D ANTIMOINE. ^gi
et on chauffe le mélange jusqu*à la fusion dans un creuset. On ajoute la chaux, dans le but d'enlever l'acide carbonique du carbonate sodique, ce qui facilite beaucoup Topération. Par la fusion de ces matières ^ il se forme du sulfantimoniate sodique; mais, comme leswlfosel neutre est de'composé par leau, de manière qu'il se sépare les deux tiers du sulfide, les proportions sont tellement choisies que le sel contienne, pour i atome de sulfide, 3 atomes de sulfure sodique ; c'est pourquoi le sulfosel se dissout dans l'eau bouillante sans se décomposer, et cette dissolution filtrée est précipitée par Tacide chlorhydrique ou par l'acide sulfurique étendu, exempt de plomb; on lave ensuite le sulfide et on le dessèche. Le sulfide antimonique se compose de :
Ceulièmes. Atomes.
Antimoine 61,59 ». a
Soufre 38,4i 5
Poids atomique, =2618,728; formule, =SbS* ou &h. Sa capacité de saturation est =7,68 , ou | de son soufre. Mais les sels neutres n'existent qu'à l'état anhydre. Les sulfobases non solubles sont décomposées par Teau, de manière que^ dans le sel soluble qui prend naissance , il se trouve i atome de sulfide combiné aux 3 atomes de sulfobase.
On a cru qu'il existait entre le sulfide antimonieux et le sulfide antimonique une combinaison correspondant, par sa composition, a lantimoniate antimonique; et cette prétendue combinaison avait reçu le nom de suißde antimonieux. Mais H, Rose^ qui a essayé de préparer cette combinaison, a trouvé un autre résultat par ianalyse du sulfure qu'il avait obtenu. Iiorsqu'on dissout de l'antimoniate antimonique dans l'acide tartrique, et qu'on fait arriver du gaz sulfide hydrique dans la dissolution^ il se précipite d'abord du sulfure, puis du sulfide antimonique. En traitant l'antimoniate antimonique solide en poudre par l'eau et le décomposant par k sulfide hydrique, on obtient sans doute les proportions auxquelles on vise, mais on ne sait pas si c'est une combinaison ou un simple mélange.
Phosphore (T antimoine. Il est blanc, doué de l'éclat métallique, et à cassure lamelleuse. Il entre aisément en fusion , et brûle à l'air avec une flamme verdàtre et une fumée blanche. On n'a pas encore examiné si son phosphore s*oxyde dans l'eau avec dégagement de gaz hydrogène antimonié.
QQ** ANTIMONIUHE POTASSiQtJE.
Jusqu'à présent on ne connaît aucune combinaison de Tanti* moine avec le carbone, *
Les combinaisons de Tantimoine avec les corps halogènes seront décrites à l'article des sels de ce métal.
Combinaisons de V antimoine ai^ec les métaux. — On obtient le seléniure antimonique en faisant fondre l'antimoine avec le sélénium; la masse s'échauffe ordinairement au point de devenir rouge, et le sélénium excédant distille. Le séléniure antimonique ressemble au sulfure, entre en fusion à la chaleur rouge, et donne , par le refroidissement, une masse métallique d'un gris plombé, à cassure cristalline. Chauffé dans des vaisseaux ouverts, une partie du sélénium s'échappe pendant le grillage; mais la masse ne tarde pas à se couvrir d'une scorie vitreuse. On peut préparer cette combinaison par la voie humide , en précipitant une dissolution d'émétique par le gaz séléniure hydrique. Le séléniure antimonique, fondu avec l'oxyde antimonique, donne naissance à des composés qui correspondent au verre d'antimoine et au safran , auxquels ils ressemblent aussi par leurs propriétés physiques. Il est très-vraisemblable que le séléniure antimonique se comporte avec les alcalis absolument comme le sulfure.
Uarsêniure antimonique forme une masse métallique, grise et cassante, que l'on trouve dans le règne minéral. Ni l'antimoine ni l'arsenic ne détruisent les combinaisons que le soufre forme avec un de ces deux métaux.
jintimoniare potassique. L'antimoine se combine facilement avec le potassium et le sodium; la combinaison a lieu avec dégagement (le lumière, à peu près à la température où l'antimoine entre en fusion. Le composé est cassant, ne fond qu'à la chaleur rouge, et se décompose à l'air et dans l'eau , en laissant un résidu d'antimoine. D'après les expériences de Fauquelin , il est facile Je se procurer cet alliage ; ainsi , on l'obtient en faisant un mélange in* time de parties égales de surtartrate potassique et de sulfure antimonique pur, ou mieux encore d'antimoine métallique, et chaufl'ant ce mélange dans un creuset couvert pendant une demi-heure jusqu'au rouge blanc complet. Après le refroidissement de la masse , on trouve au fond du creuset un régule qui, plongé dans Teau, dégage du gaz hydrogène, cède de la potasse à la liqueur, et laisse de l'antimoine. On obtient l'alliage d'antimoine et de sodium en opérant avec du surtartrate sodique et de l'antimoine.
ANTIMONICRE POTASSIQUE. ^gS
D*après les expériences de Sérullas^ ces combinaisons peuvent même être produites par le carbonate potassique ou sodique, mêlé avec la poudre de charbon et Tantinioine. Moins on prend d'antimoine, plus elles seront riches en potassium et sodium. Sérullasa. £iit entrer du cuivre et de l'argent dans 1 antimoniure de potassium; la présence de ces métaux ne s'oppose pas à la réduction de Talcali. En réduisant la masse obtenue en poudre fine, et la plaçant sur du papier, on voit quelle s'échaufTe et devient bientôt rouge. Le meilleur moyen pour la conserver consiste à la tenir sous rhuile de pétrole; car le potassium s'oxyde à l'air. Lorsqu'on préparant cet alliage on met un excès de charbon , on obtient une masse pulvérulente, qui prend feu spontanément avec plus de facilité encore que l'alliage pulvérisé. D'après SéruUas , on peut se procurer un pyrophore, en mêlant bien de l'émétique avec Hctix pour cent de charbon, et exposant le mélange, pendant deux heures, dans un creuset luté, à une violente chaleur blanche. On laisse refroidir la masse dans le creuset, et quand on l'en retire, elle prend feu et brûle en lançant des étincelles. Ce pyrophore forme ordinairement une masse compacte. Il arrive souvent qu'en le retirant du creuset il ne brûle pas de suite; mais il suffit alors de le mettre en contact avec la moindre humidité pour qu'il éclate avec détonation, et que les parcelles lancées de toutes parts deviennent incandescentes. Il faut donc se garder d'y toucher avec les doigts, dont le contact suffit ordinairement pour en déterminer l'explosion, qui pourrait blesser la figure ou les mains. Si, avant d'ouvrir le creuset, on le laisse refroidir pendant cinq à six heures, le pyrophore ne s'enflamme qu'autant qu'on l'humecte; si l'on fait rapidement tomber le contenu du creuset dans un flacon à large ouverture et bouché à l'émeri , le pyrophore conserve , pendant des années , la propriété de faire explosion dès qu'il entre en contact avec l'eau.
Aucun de ces alliages ne se volatilise à la chaleur du rouge blanc.
L'antimoine est très-employé en médecine , et on a essayé jadis de l'administrer sous d'innombrables formes, dont très-peu se sont conservées. Les préparations d'antimoine, prises à certaines doses, agissent comme des vomitifs violents, qui quelquefois pro* dubent en même temps un effet purgatif; à doses plus faibles, elles excitent des nausées, facilitent l'expectoration dans les ma-
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ladies de poitrine, entretiennent et fayorisent la transpiration insensible. Les moines sont les premiers qui en aient fait usage en médecine ; souvent même ils en abusaient sur leurs frères, par remploi de doses considérables administrées au hasard , et qui produisaient des effets très-funestes; c'est ce qui avait déterminé la faculté de médecine de Paris à proscrire, pendant quelque temps^ ces préparations. Le nom du métal est composé du mot grec ocvti, contre « et du mot français moine.
Dans les arts, on se sert de Tantimoine pour Tallier à Tétainet au zinc, afin de les rendre plus durs, et pour purifier lor. Le sulfure d'antimoine convertit les métaux étrangers en sulfures qui sont éliminés , et donne naissance à de lantimoniure d'or, dont on enlève ensuite l'antimoine par la calcination ; son alliage avec le plomb constitue la masse métallique dont on se sert pour la fonderie des caractères d'imprimerie.