‹ Traité de chimie minerale, végétale et animale (volume 3)Chapitre 27 sur 80 · Vanadium · texte numérisé non relu

Vanadium

Le vanadium a été découvert en i83o par Sejström^ dans un fer suédois, remarquable par sa ductilité extraordinaire, et extrait de la mine de fer de ïaberg, non loin de Jönköping, en Smâtand. Le nom de ce nouveau métal est dérivé de celui de Vanadis^ divinité Scandinave. On ne sait point encore sous quelle forme et d;ins quel état de combinaison le vanadium se trouve dans la mine de Taberg. On le trouve aussi au Mexique, dans une mine de plomb de Zimapan. Del Rio^ qui analysa cette minedéjà en 1801, annonça y avoir trouvé un nouveau métal , qu'il appela erythtrh nium; mais ce même minéral fut analysé peu après par Collet- Descotils^ qui déclara que Terythronium n'était que du chrome impur. Del Rio lui-même adopta l'opinion du chimiste français, et considéra le minéral comme un souschromate de plomb; ainsi le métal, près d'être découvert, demeura encore inconnu aux chimistes pendant une trentaine d'années. Depuis la découverte du vanadium par S^fstrom^ ff^ôhler a reconnu que le minéral de Zimapan contient de l'acide vanadique et non pas de l'acide chromique. Enfin , le même minéral fut aussi trouvé plus tard à Wanlokhead, en Ecosse. On a, en outre, rencontré le vanadium dans le cuivre schisteux de Mansfeld, dans le minerai noird'urane, dans quelques minerais de fer de la Saxe, dans le bohnenerz du versant nord-est du Harz, et dans plusieurs autres localités. — Tai eu occasion d'étudier les propriétés de ce métal et celles de ses combinaisons, sur des échantillons que M. Sefsltdm a bien voulu mettre à ma disposition.

TA. Se/ström ayant reconnu que les scories d affinage de la fonte

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dp Ifr de T^berg contenaient plus de vanadium que le fer luimépiei se servit de ces scories pour obtenir oe métal^ qui s y trouve ^ lern d acide vanadique. A cet effets il emploie le procédé sui-* v4nt: Les scories qui se forment lorsque la fonte est convertie en fer malléable sont porphyrisées , et mêlées avec du nitre et du carl)onate sodique dans les proportions d*une partie de scories , pour une partie de nitre et deux parties de carbonate sodique ; ce ipélange est fortement calciné pendant une heure. On pulvérise la masse refroidie, on Tépuise par l'eau bouillante, on filtre la liqueur, on sature Texcès d alcali par lacide nitrique, et on précipice ensuite par du chlorure bai7tique ou par de lacétate plombique. Le précipité est un vanadate barytique ou plombique^ qui contient en outre du phosphate barytique ou ploaihique, de facide silicique ^ de la zircone et de Talumine. Pendant qu il est encore humide, on le décompose par lacide sulfurique concentré; la liqueur se colore de suite en rouge foncé, et après avoir Ëiit digérer le mélange pendant une demi-heure , on y ajoute de TaU cool, et o|i fait digérer de nouveau; il y a formation d et her, et lacide vanadique est réduit à 1 etat d'oxyde salifiable , dont la dissolution est bleue. On filtre, on fait évaporer la dissolution bleue, et, lorsqu'elle commence à devenir sirupeuse, on la méie, dans un creuset de platine, avec un peu d'acide fluorhydrique , pour en chasser une portion de silice, qu il est presque impossible d éliminer d'une autre manière ; on continue Tévaporation à feu nu, et on finit par chasser l'acide sulfurique à la chaleur rouge. Le réûdu est de lacide vanadique impur. On le fond avec du nitrate potassique, que l'on ajoute par petites portions à la fois. Lacide vanadique s'empare de la potasse et chasse l'acide nitriqfie, et on continue à ajouter du nitrate jusqu'à ce que l'on trouve qu'une petite portion de la masse , qu'on laisse refroidir ^ n est plus rouge. On peut se servir de carbonates alcalins ; mais quand on emploie du nitre , la zircone et l'alumine restent mieux non dissoutes, pendant la dissolution du vanadate potassique. On dissout ensuite la masse dans l'eau, on filtre et on lave un peu le résidu, qui contient encore du vanadium, et ne doit pas être rejeté. Dans le liquide filtré on met un morceau de sel ammoniac, assez gros pour qu'il ne soit pas totalement dissous. A mesure que ce sel se dissout, on voit se former un précipité pulvérulent, blanc, qui est du vanadate ammonique ^ insoluble dans un liquide saturé

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de sel ammoniac. Le phosphate ammoniqae reste dissous; mais quand le liquide est alcalin y ainsi qu il arrive lorsqu'on se sert d'un carbonate pour dissoudre lapide vanadique, il se précipite toujours un sousphosphate ammonique insoluble dans un liquide alcalin. Le Tanadate ammonique doit être lavé d'abord avec une solution de sel ammoniac , et ensuite , pour enlever le sel ammoniac, avec de l'alcool à 0,86. On le dissout de nouveau dans de l'eau bouillante mêlée avec un peu d'ammoniaque, on filtre, et on laisse cristalliser. C'est de ce sel qu'on retire ensuite l'acide ou Toxjde vanadique, en le chauffant doucement dans des vaisseaux ouverts lorsqu'on veut avoir de l'acide, et dans des vaisseaux fermés lorsqu'on veut avoir de l'oxyde.

Le résidu dont j'ai fait mention plus haut est une combinaison basique d'acide vanadique , d'alumine , de zircone et de silice. On en extrait le vanadium par un suif hydrate alcalin ^ ou en fondant le résidu avec du carbonate potassique et du soufre. Il se forme du sulfovanadate potassique, d'où l'on peut précipiter le sulfide vanadique par un acide , par exemple , Tacide sulfurique.

Le vanadium est fort difficile à réduire par les moyens ordinaires , c est-à-dire en le chauffant, à Tétat oxydé, dans un creuset de charbon ; car il ne se réduit qu'aux endroits où il est en contact immédiat avec le charbon, et l'intérieur est un sousoxyde infusible , comme le métal lui-même , à la température à laquelle le manganèse entre en fusion.

Avec le potassium la réduction est facile; on met des morceaux d'acide vanadique préalablement fondus , et des ifiorceaux de potassium de volume égal, dans un creuset de porcelaine; on fixe bien le couvercle , et on chauffe le creuset sur une lampe à esprit-devin. La réduction se fait presque instantanément avec une espèce de détonation. On plonge le creuset refroidi dans de l'eau qui dissout la potasse , et on recueille sur un filtre le vanadium réduit; il se présente sous forme d'une poudre noire, qui brille au soleil, et prend, sous le brunissoir, un éclat métallique gri-* sàtre. Mais de cette manière on n'a pas plus une idée du véritable aspect du métal réduit qu'on n'en aurait de l'or à l'état compact , si on ne le connaissait qu'à l'état pulvérulent, précipité par les sels ferreux.

Ijorsque, pour réduire le vanadium , on se sert de la méthode que H, Rose a découverte pour réduire le titane, l'expérience

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