i4 OXYDE PLâTlNIQUE
un lait jaunâtre; cependant la majeure partie reste sur le filtre« Il contient 7 pour cent de potasse, qui ne peut point être enlevée par ieau. Il se dissout avec lenteur, mais complètement, dans lacide chlorhydrique. Les acides sulfurique et nitrique ne paraissent point exercer d'action dissolvante sur lui; mais ils s*emparent de Talcali , qui est remplacé par une portion de lacide employé. Calciné jusqu au rouge naissant dans des vases dislillatoi^es , il abandonne la moitié de son oxygène , et laisse une combinaison de potasse et doxyde platineux,dontla couleur est foncée. Il détone fortement avec les corps combustibles.
La combinaison de Toxyde platinique avec l'ammoniaque est explosive, et porte le nom àe platine fulminant. Elle a été découverte par Ed, Dasfy, On Tobtient de la manière suivante : On dissout le sulfate platinique dans Ieau , et on le précipite par Fammoniaque. Le précipité est un soussel double, que l'on décompose en le faisant digérer avec une dissolution étendue d'hydrate sodique; la combinaison doxyde platinique et d'ammoniaque reste alors à l'état de pureté,^ Après avoir été lavée et sécbée, elle représente une poudre d'un brun foncé, qui ne fait explosion qua + ai4 degrés, mais avec la même violence que l'or fulminant Elle ne fait explosion ni par l'étincelle électrique, ni par le choc ou la percussion. Elle n^absorbe pas le gaz ammoniac. L'acide sulfiuîque la dissout , en prenant une teinte brune foncée; l'acide nitrique et chlorhydrique n'agissent pas sur elle. Dans le gaz acide chlorhydrique , elle se transforme peu à peu en sel platinique ammoniacal.
L'oxyde platinique se compose de :
Centièmes. Atones.
Platine 86,o5 i
Oxygène i3,95 a
Poids atomique, = 1433,499; formule, = PlO' ou Pt.
En faisant l'histoire de l'osmium et de l'iridium, nous avons parlé d'un degré d'oxydation intermédiaire entre les oxydes osmieux et osmique , irideux et indique. Il est naturel de présumer que le platine a également un oxyde susplatineux. Edmond Dat^ assure que , quand on décompose le platine fulminant par l'adde nitrique bouillant, il reste un oxyde de platine, dont la composition correspond à celle d'un semblable oxyde intermédiaire. Lorsqu'on calcine le platine fortement et pendant longtemps avec de
PLATINK ET HTDROGJcNE. 445
l'hydrate ou avec du nitrate potassique, on obtient un oxyde jaune verdâtre, auquel on peut enlever la potasse, jusqu'à un certain point, parle lavage. Mais cet oxyde est rarement exempt de platine métallique^ qui reste, quand on le dissout dans lacide chlor- Jiydrique. Si Ton soumet le composé d'oxyde platinique et de potasse à une nouvelle et forte calcination avec de l'hydrate potassique, on obtient un composé de potasse et d'oxyde platinique bien plus foncé en couleur, qui, après avoir été lavé avec de l'eau, se dissout sans résidu dans l'acide chlorhydrique , avec lequel on le fait digérer. La dissolution, mêlée avec du chlorure potassique, donne d'abord beaucoup de chlorure double platinique et potassique ^ puis , après Févaporation , un sel prismatique rouge , qui est du chlorure double platin eux et potassique. Il est donc évident que l'oxyde ainsi obtenu contient plus d'oxygène que l'oxyde pla- .tineux, et moins que l'oxyde platinique; mais, dans les essais que j*ai tentés pour l'analyser, je n'ai jamais trouvé le chlorure platineux dans une proportion fixe et invariable par rapport au chlorare platinique, et j*ai toujours vu qu'il se comportait comme un mélange indéterminé d*oxyde platineux et d*oxyde platinique. L'existence de l'oxyde susplatineux est donc encore douteuse*
Platine et hydrogène. Il n'est pas bien certain que le platine puisse se combiner avec Thydrogèné ; cependant, les combinaisons qu'on obtient par les procédés suivants paraissent le rendre vraisemblable. On précipite par l'ammoniaque un mélange de chlorure platinique et de chlorure ferrique , on lave bien la combinaison des deux oxydes métalliques, et, après Tavoir séchée, on la réduit, au rouge naissant, dans un courant de gaz hydrogène. Le métal réduit est jeté de suite dans Tacide chlorhydrique; et le fer étant dissous par la digestion , il reste un corps noir n'ayant pas d'aspect métallique. Desséché et mis en contact avec Taicool, il ne s'enflamme pas; mais quand on le chauffe il prend feu bien au-dessous du rouge , détone légèrement , et est lancé de tous côtés. En vase clos, il se décompose sans explosion. Boussingault a analysé cette combinaison, et il a constaté que, chauffée dans du gaz oxygène, elle produit 1,19 pour cent de son poids d'eau, et que, par conséquent, elle ne renferme guère plus de 0,1 3a d'hydrogène, qui probablement n*est que du gaz hydrogène absorbé et comprimé. Mais il y trouva 20 pour cent de fer que l'acide chlorhy^que n avait pas enlevé , ce qui tenait peut- être à ce
446 SLLFDRÇ PLATINIQLE.
gue cet acide n*avaît pas exerce son action pendant assez longtemps, ou à ce quil était trop peu concentré. Döbereiner pense que le composé en question renferme du gaz oxygène absoHié, qui y oxyde, par la chaleur, instantanément une petite quantité d'hydrogène chimiquement combiné, et occasionne ainsi une explosion. Quoi qu'il en soit, ce composé exige de nouvelles recherches. Il est possible que la petite quantité d'hydrogène qui s y trouve, et dont Texistence y a été démontrée par ßoussi'ngault j provienne de ce que le platine se trouve encore en grande partie combiné avec le fer.
Lorsqu'on fait fondre du platine avec du potassium, et q|i*on traite lalliage par Teau, qui oxyde le potassium et le dissout, le platine se précipite en paillettes noires, qui sont analogues, par leur nature, à la combinaison précédente, et que Humphry Da\,*y regarde comme de Thydrure de platine.
Sulfures de platine. Le platine s'unit au soufre par la vole sèche et par la voie humide. Si Ton chauffe du platine très-divisé dans la vapeur de soufre, ces deux corps se combinent avec dégagement de lumière. La combinaison est très-rarement saturée. Elle est grise, et jouit de 1 éclat métallique. Nous ne connaissons au platine que deux degrés de sulfuration.
1° Sulfure platineux. On l'obtient en triturant bien un mélange de sel platinique ammoniacal et de soufre, et le chauffant dans une cornue jusqu'à ce que tout le sel ammoniac et le soufre en excès soient chassés. Le sulfure qui reste est gris et d'un aspect métallique , semblable à celui du platine seul. Pour le préparer par la voie humide, on décompose du chlorure platineux par un suifhydrate. Après l'avoir lavé, on peut le dessécher, sans qu'il soit décomposé. Quand on le chauffe en vase ouvert, le soufre briMe, et il reste du platine.
Le sulfure platineux se compose de :
Centièmes. Atomes.
Platine 8^)98 • . • . • i
Soufre i4,02 i
Poids atomique , = 1 434,664 ; formule , =PtS ou Pt.
Sulfure platinique. On l'obtient en dissolvant dans l'eau du clilorure platinique, et versant la dissolution, goutte à goutte, clans un sulfhydrate; ou l'on décompose une dissolution de chlorure double platinique et sodique par le gaz sul&de hydrique, (Si Ton
fait arrÎTer ce gaz dans une dissolution ordinaire de platine, il se forme un précipité, qui détone partiellement quand on le chauffe.) Le sulfure platinique est d'un brun foncé , et devient noir par la dessiccation. Si on le fait dessécher au contact de lair, une partie de son soufre se transforme en acide sulfurique, Qt il se produit une si grande quantité de ce dernier, que le sulfure reste humide, et que, quand on le dessèche sur du papier, celui-ci est charbonne par Tacide sulfurique. En le desséchant dans le vide sur de Facide sidfurique , il n*est pas altéré. Soumis à la distillation, il abandonne au rouge naissant la moitié de son soufre, et laisse du sulfure platineux. — Si, d'après Döbereiner^ on introduit du sulfure platinique desséché à lair dans du gaz oxyde carbonique , celuici est décomposé; la moitié de son carbone se combine avec le sulfure platinique, et le gaz se transforme en acide carbonique^ en prenant un volume moitié nu)indre.
En dissolvant du chlorure platinique dans de Talcool, et mêlant la solution avec du sulfide carbonique, on obtient, comme pour l'iridium, un sulfure de platine, qui se prend en gelée dans la liqueur. Après avoir été épuisé par Tébullition et desséché dans le vide, il est dun gris noir, et conduit l'électricité j son poids spécifique est 7,324) et il s'acidifie promptement à l'air. Il n'est pas attaqué par les alcalis, ni par l'acide nitrique de 1,12 poids spécifique ; mais l'acide nitrique fumant le transforme en sulfate platinique. Si on le laisse s'acidifier à l'air , il reste un sulfure de platine qui possède la faculté de convertir l'alcool en acide acétique; mais il ne devient pas incandescent par les vapeurs alcooliques.
Les deux sulfures de platine constituent des sulfohases, et le sulfure platinique se combine avec les sulfohases plus électropositives que lui; de là vient qu'il se dissout dans les alcalis caustiques, dans les carbonates, les sulfhydrates et les sulfures alcalins, quoique en petite quantité. Les dissolutions sont d'un brun foncé; et quand on y verse un acide, le sulfure se précipite, coloré en brun châtain. Le sulfure platinique se dissout, à l'aide de la chaleur, dans l'acide nitrique concentré, en passant à l'état de sulfate platinique.
Le sulfure platinique se compose de :
Centièmes, Atomes.
Platine, ••« 7^)41 •••% i
Soufre* • % M^^9 •*•#••••;«• a
4/|8 CARBURE DK PLATINE.
Poids atomique, = i63S,8a9 ; formule , =PtS* ou Pt.
Phosphure de platine. Le platîne se combine facilement avec le phosphore dans les mêmes circonstances que le soufre. II devient alors cassant et fusible. On gâte souvent des creusets de platine, quand on y traite des phosphates à une haute température , et qu'il y tombe par hasard du charbon. Le phosphure de pjlfitine est d'un blanc argentin, dur, à cassure cristalline, et plus fusible que largent. Ed. Da\fy assure que Ton obtient du platine combiné avec le maximum de phosphore, quand on chauffe un mélange de sel platinique ammoniacal et de phosphore, et qu'on obtient un phosphure au minimum , en chauffant dans le vide un mélange de platine en poudre et de phosphore. Dans le premier cas, le produit contiendrait 3o, et, dans le dernier, 17,5 pour cent de phosphore. Mais la différence dans ces proportions dépend de la température, et on ne peut pas regarder ces deux phosphures comme des combinaisons définies. Ed. Daifjr croit avoir trouvé que le phosphure de platine fondu cristallise en cubes. Pelletier a proposé d'employer le phosphore à la place de l'arsenic, pour rendre le platine malléable.
Carbure de platine. Le platine a une grande tendance à se combiner avec le carbone. Lorsque , en chauffant des creusets de platine au-dessui d'une simple lampe à esprit-de-vin , on fait arriver le métal en contact avec Tintérieur de la flamme , on voit que les creusets se tapissent extérieurement d'une suie dont chaque parcelle contient du platine; celui-ci reste après la combustion de la suie. Si Ton fait brûler la suie attachée au creuset^ on trouve que ce dernier se recouvre d'une poudre grise dans toute l'étendue de l'enduit fuligineux. Cette poudre est du platine ; celui-ci , étant enlevé par le lavage, met à nu la surface du creuset, qui se trouve ainsi rongé.
Zeise est parvenu à produire une combinaison de platine et de carbone en proportions définies ; on l'obtient en chauffant dans une cornue, jusqu'au rouge, un composé d'oxyde œnylique et de chlorure platineux (composé qui sera décrit dans la Chimie minérale y parmi les produits de la distillation sèche); le carbure de platine reste dans la cornue. C'est une poudre d'un noir de suie, qui tache les corps avec lesquels elle se trouve en contact. Â une douce chaleur, le carboné brûle en se convertissant en acide carbonique , pendant qu'il reste 88,88 pour cent de pla-
AttîAOÉS P£ PLktiUE. 449
Une pulvérulent. L*eau régale en dissout le platine , et laisse le carbone modifié comme il Fest d'ordinaire par Facide nitrique. La composition du carbure de platine peut être représentée par PtG\ Une combinaison analogue semble se produire par la voie humide, lorsqu'on mêle une solution d'acide tartrique avec du chlorure platinique, et qu'on £iit bouillir la liqueur; le carbure de platine se précipite.
Borure de platine. On l'obtient, d'après Coi/et^DesooUls ^ en fondant le platine avec du borax et du carbone. La conE^inaîson est dure y ^^ff^^j légèrement cristalline , et donne de l'adde bo^ rique quand on la dissout dans l'eau régale.
Siliemre de platine. ColleUDescotils a constaté qu'un mélange de platine et de poudre de charbon peut être fondu dans un creuset de Hesse par un bon feu de forge ; il prit le produit ainsi obtenu pour du carbure de platine fondu. Ceci m'engagea à faire quelques expériences, dans le but de faire servir le prétendu carbure de platine à la préparation du platine malléable, en employant les mêmes méthodes d'opération que pour le fer; mais le platine fondu resta invariable, même après une chaleur blanche longtemps continuée. Plus tard, Boussingault fit voir que le platine fondu ainsi obtenu était du siliciure de platine. Le platine s'unit au carbone; mais, au contact du creuset, l'acide silicique est réduit par le carbone , et il se forme ainsi un siliciure de platine fusible."^ On l'obtient très-facilement par un feu de forge continué pendant une heure. Il n'est nullement malléable, et a une cassure grenue. Son poids spécifique est environ r=: i8,o ou au-dessous, suivant la proportion de silicium qui s'y trouve. Il se dissout trèfdiffidlement dans l'eau régale ; car il s'y recouvre d'une couche trèsépaisse de silicium, qui s'oppose à l'action de l'acide. Il faut l'enlever detempa en temps, et détacher mécaniquement la croûte de silicium. Alliages de platine. Le platine s'allie facilement à la plupart des métaux. Lorsqu'on emploie les proportions convenables , il s'unit a plusieurs d'entre eux avec un dégagement de lumière souvent très-intense. Fox a ti*ouvé qu'en faisant fondre le platine avec de l'étain, de l'antimoine, du zinc ou du plomb, le mélange s'échauffe jusqu'au rouge blanc complet. Si l'on roule ensemble des feuilles de plomb et de platine, et qu'on les fasse rougir par un bout , la masse s'échauffe au moment de la combinaison, au point d'être lancée de tous côtés.
tu ag
^So ALLIAGES DE PLATIKB.
Le platine a beaucoup d^affinitë pour le potassium , et se cohibine avec lui à une haute température. Lorsqu'on traite lalliage par leau, il s en détache ces paillettes noires dont nous a^ons parlé plus haut , eomme étant , d'après Dàvy^ une combinaison de pbtine et d'hydrogène.
Le platine ) tel qu'on l'obtient parla décomposition du sel platinîque ammoniacal, s'unit à l'arsenic avec dégagement de lumièrei et l'alliage entre en fusion. En faisant fondre ensemble i partie de platûne et s d'arsenic, on obtient i partie et ^ d'arséniure de platine.
Parties égales de platine et de molybdène forment une osasse d'un gris clair, douée de l'éclat métallique, aigre et à cassure compacte. Une partie de platine et quatre parties de molybdène donnent un alliage d'un gris bleu, dur, aigre, à cassure grenue.
On obtient, avec le tungstène , une masse métallique, grise et cassante.
Le platine forme, avec X antimoine, une masse métallique, dure, aigre, dont la cassure est à grain fin ; la majeure partie de l'antimoine peut en être chassée par la calcination. Fox a proposé de donner de la cohérence au platine , en le faisant fondre avec de l'antimoine, puis chassant ce dernier par le grillage, comme il a été dit à l'histoire de l'or. Le petit culot de platine, qui reste, est ensuite forgé.
L'alliage de platine et Ôl iridium est parfaitement malléable quand la proportion du dernier métal s'élève tout au plus a quelques œatièmes \ sa dureté est beaucoup plus grande que celle du platine pur , et il résiste mieux que celui-ci à l'action du feu et des réaic- ^fs. Cet alliage convient particulièrement pour la confection des ustensiles de chimie. Une plus grande quantité d'iridium rend le platine cassant , de sorte qu'il se gerce sous le choc du marteau ; et quand l'alliage contient parties égales des deux métaux, il est tout à fait aigre, mais on peut le braser.
Le platine forme , avec le zinc , un mélange gris bleu , trèsfusible , qui est si cassant , qu'on peut aisément le réduire en poudre. En l'exposant à une haute température , le sine est brûlé; cependant, par ce procédé, la totalité de ce métal ne peut pas ètnp séparée du platine, parce que la masse , moins riche en zinc, q«ii reste, est Irès^peu ftisible.
Vétain donne , avec le platine , un alliage dur,
graia. La présence d'une petite quantité de platine suffit pour diminaer la malléabilité de l'étain.
Le platine se combine très-facilement avec le plomb ; il suffit de yerser du plomb fondu dans un creuset de platine , pour que le plomb dissolve, pendant le refroidissement, une portion considmble du creuset.
Le bismuth s'unit aussi au platine, et une partie de ce dernier peut être extrait de lalliage au moyen de la liquation.
Le cuivre s allie aisément au platine. A parties égales des deux métaux, lalliage est d'un rouge clair et sans ductilité; ^ de platine donne au cuivre une couleur rose et une cassure à grain fin; Talliage est ductile, et se conserve mieux à l'air que du cuivre pur. D'après Clarke , parties égales de cuivre et de platine donnent un alliage ductile, d'un jaune d'or. Avec 7 parties de platine, 16 de cuivre et x de zinc, Cooper a obtenu un alliage jaune d'or. (Y. Zmc.)
Parties égales de platine et de nickel donnent un alliage fusible, d'un jaune pâle , susceptible d'un beau poli , et possédant la propriété du nickel d'être attiré par l'aimant.
Le cobalt forme, avec le platine, un alliage également fusible.
Le platine forgé n'est pas attaqué par le m^ercure ; mais le métal, qui re^te après la décomposition du sel double platinique et ammonique , se combine aisément avec le mercure , à une température un peu élevée. La masse s'écbauffe pendant que la combinaison s'opère. L'amalgame est visqueux et mou comme du beurre, mais il durcit peu à peu. Après avoir chassé le mercure par la distillation y à une température qui n'atteint pas tout à (ait le rouge, il reste une masse boursouflée , poreuse, facile à réduire en poudre, et dont on peut, par la calcination , chasser encore une plus grande quantité de mercure. Si Ion fait ensuite bouillir cette poudre avec de l'acide nitrique de i,ai poids spécifique, jusqu'à ce que cet acide ne dissolve plus rien , on obtient un résidu pulvérulent qui, d'après Boettger^ renferme encore 7 à 8 pour cent de mercure , mais qui n'empêche pas le platine de devenir incandescent sous l'influence d'un courant de gaz hydrogène à l'air, ni de convertir l'alcool en acide acétique. Le mercure peut en être chassé par une forte calcination longtemps continuée. £n traitant immédiatement par l'acide nitrique l'amalgame récemment préparé , on obtient, selon ce même chimiste , une poudre de platine qui ne possède pas cette propriété.
45l ALLIK^BS M »LittHÈ»
L'tf/^n^utih âicilement au platine, etfûvtne avec hii un alliage très-difficile à fondre , beaucoup moins ductile que largent, et que Ton peut décomposer eu partie par la liquation. Une légère addition de platine donne plus de solidité à Targent ; mais il suffit d'ajouter à largent 7 pour cent de platine, pour le rendre moins ductile et diminuer sa blancheur. Quand la proportion de platine excède 5 pour cent, largent soumis à la coupellation éprouve peu de mouvement, et n'offre pas le phénomène de la fulguration. En traitant l'alliage de platine et d'argent par lacide nitrique, on obtient une (Ëssolution qui contient toujours tant de platine, que Ion peut utiliser cette propriété pour le départ de Tor platinifère; on le fait fondre avec de l'argent : le platine se dissout avec l'argent dans lacide nitrique.
L'inaltérabilité du platine au feu , son insolubilité dans la plupart des acides, la propriété qu'il possède, à l'état forgé, de ne pas être attaqué par le soufre ni par le mercure , le rendent plus propre qu'aucun autre métal à la fabrication des ustensiles de cuisine et de chimie, surtout à la confection des creusets. Il est un peu cher, mais beaucoup moins que l'or, et vaut, après avoir été travaillé, à peu près, autant que quatre fois et demie son poids d'argent contenant un septième de cuivre. Quand on se sert de vases de platine, il faut prendre les précautions suivantes pour les conserver intacts : a. Ne pas y traiter des mélanges qui puissent y dégager du chlore; t. ne pas j fondre de nitre ni d'alcali caustique, qui, même quand l'air est exclu, font passer le platine à l'état d'oxyde platineux, lequel se dissout dans l'alcali, et lui donne Mne teinte verte noirâtre ; quand on opère à lair libre , le platine passe au degré supérieur d'oxydation dont il a été question plus haut; c. ne pas y calciner des mélanges qui puissent laisser un ré» sidu de métal ou de phosphore : par exemple, aucun sel ^ métallique à acide végétal, parce qu'alors le platine se combine avec les métaux réduits, et quand on dissout ceux-ci au moyen des acides, le platine, auquel ils sont alliés, se détache en même temps, d'où résulte une fossette dans le creuset ; fK il faut se garder d'élever la température du creuset jusqu'au rouge blanc , quand on y calcine des oxydes métalliques qui n'ont pas une très-forte affinité pour l'oxygène, comme ceux de plomb , de bismuth, de cuivre, de cobalt, de nickel, d'antimoine; car, quoique ces oxydes ne soient pas réductibles par eux-mêmes, ils sont ramenés à l'état métal-