‹ Traité de chimie minerale, végétale et animale (volume 3)Chapitre 42 sur 80 · ALLIAGES BC PLATINE · texte numérisé non relu

ALLIAGES BC PLATINE

lique pendant leur contact avec le platine chauffé au rouge blanc, et s*allient à la paroi interne du creuset. A la vérité, le métal étreLOffer peut être enlevé par Faction alternée d'une légère chaleur rouge et des acides; mais la paroi interne du creuset a dès lors une porosité telle, qu'on peut le regarder comme perdu; e. dans les caldnations fortes et prolongées, il faut préserver le creuset cki contact des charbons : sans cette précaution, le platine se combine sous Tinfluence simultanée du charbon et des cendres, avec des quantités peu à peu croissantes de silicium, et, après quelques années de service , le creuset commence à devenir cassant et à se gercer.

Les gerçures, dans les creusets de platine, peuvent être bouchées avec de Tor ; mais quand on soumet un pareil creuset à une très*forte calcination, lor pénètre dans le platine, et la gerçure se rouvre. Pour raccommoder des fentes et des trous, on peut, d'à* près la proposition de Marx^ profiter de la propriété qu'a le pla« tine de se laisser braser. A cet effet, on cloue une petite bande de platine sur la fente ou sur le trou , après avoir bien nettoyé les surfaces à superposer ; ensuite on chauffe le creuset jusqu'au rouge blanc, et on frappe doucement lendroit à réparer avec un marteau , de manière toutefois qu'il n'en résulte aucun changement dans la forme. En répétant plusieurs fois cette opération, on parvient à opérer une jonction continue entre la bande et le creuset.

La majeure partie du platine est employée à la confection des grands vaisseaux distillatoires , au moyen desquels on concentre l'acide sulfurique dans les fabriques de cet acide , comme aussi à la fabrication des grands vaisseaux de dissolution pour une méthode de séparer l'argent. En Russie , on en frappe une monnaie courante. On a aussi commencé à plaquer avec du platine des ustensiles de cuisine en cuivre. Cooper a fait voir que le précipité quefonne le nitrate mercureux dans une dissolution de platine donne leplus bel émail noir qu'on puisse produire , lorsqu'après l'avoir desséché et débarrassé, par la sublimation , du chlorure mercureux, on le fait fondre avec du strass ou flux ordinaire. On emploie maintenant assez généralement l'éponge de platine dans les lampes à hydrogène, pour enflammer le gaz. Pour qu'il conserve la propriété d'enflammer ce gaz, il faut le garantir de la poussière et de certaines émanations, notamment des vapeurs ammoniacales. Sans cette précaution, il perdrait bientôt la propriété qui le

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rend utile , et on ne pourrait plus à k fin b lui restituer que ] quelques heures , en le calcinant an rouge. La meilleure méthode pour etnpioyer Téponge de platine à cet usage , consiste à fidre de petits pinceaux d asbeste^ don t les filaments conrergen t Ters Textrémité. On trempe ensuite ces pinceaux dans Teau, on les saupoudre de sel platinique ammoniacal bien pulTërisé, et on les chauffe, après la dessiccation, jusqu^à la réduction du platine. Les filaments d'asbeste saillants se trouvent alors recouverts de poudre de platine, et conduisent si faiblement la chaleur, qu'au premier contact avec le gaz hydrogène , la chaleur devient si intense que le gaz s'enflamme.

Ammoniaque et oxyde d'ammonium , copules ai^ec des composés platimques. Le platine possède la propriété de se combiner , tant à letat de métal qu'à Tétat de chlorure, avec l'amide, et de servir ainsi de copule à Tammoniaque, aussi bien qu'à l'ammonium et l'oxyde d'ammonium , auxquels il s'unit de manière à ne pouvoir plus être mis en liberté par les voies ordinairement employées pour séparer le platine. L'une de ces combinaisons , formée d'oxyde d'ammonium et de chloramidure de platine , fut découverte, en i838, par Grosj dans le laboratoire de Liebig; et l'autre, formée d* oxyde d'ammonium et d'amidure de platine, fut découverte y en i84o, par Reiset. A défaut d'autres noms, on les a appelées base de Gros et base de Reiset.

Base de Gros; Chloro-amidure de platine ammonique. Ce composé n'a pas encore pu être préparé isolément ; on ne l'obtient qu'en combinaison avec les oxacides ou avec les corps halogènes, par conséquent sous forme de sels. Il se forme lorsqu'on fait digérer à une douce chaleur, avec l'acide nitrique, une combinaison verte de i atome de chlorure platineux et i équivalent d'ammoniaque , qu'on appelle chlorure platineux ammoniacal^ et dont la préparation , ainsi que les propriétés , seront décrites avec détail à l'histoire des sels de platine. L'acide brunit d'abord; mais, par une digestion prolongée , la poudre verte devient bbnche. La transformation s'est alors accomplie, et on arrête l'action de l'acide, parce que, si cette action se prolongeait , la poudre deviendrait jaune par la formation du sel platinique ammoniacal.

La poudre blanche est le nitrate de la nouvelle base, insoluble dans l'acide nitrique, mêlé avec du platine réduit. L'eau pure dissout le sel, et laisse le platine. D'après les analyses que Gros a faites de plusieurs de ces sels , la nouvelle base se compose de :

Ccntièmet. AtoflMf.

Hydrogène. 3,39 '^

Nitrogène 16,09 4

Platine.».. 55,93 ••••• x

Chlore. ao,o6 a

Oxygène 4»53 i

ou de:

t atome de chlorure platineux. • = Pt+aCl

I atome d'amide. ..•••.••.... = 4H+sN

I atome d oxyde ammoniqne. . • s=s 8H+aN 4*0

=i2H+4N+Pt+2CI+0

Poids atomique, = aao5,io3; formule, =NH*Pl€l+NH*. Pendant sa combinaison avec les hydracides , Thydrogène de ceux-ci s*empare, comme d'ordinaire, de l'oxygène de Foxyde amnionique, pendant que le corps halogène s'unit à l'ammonium.

La formation de cette base a lieu de la manière suivante : Le chlorure platineux ammoniacal se compose de NH^+Pt€rI. Deux atomes de ce composé sont nécessaires pour former i atome de la nouvelle base. Pour l'un des deux atomes , le platine se sépare à 1 etat métallique, tandis que l'équivalent de chlore s'unit à i équivalent d'hydrogène de l'ammoniaque ; celle-ci se réduit alors à i équivalent d'amide, qui se combine avec le second atome de chlorure platineux ammoniacal , pendant que l'ammoniaque de ce dernier se transforme, sous l'influence de l'acide, en oxyde d'ammonium, copule avec le chloro-amidure de platine, qui l'accompagne dans sa combinaison avec l'acide nitrique. L'acide chlorhydrique qui se produit dans cette réaction est cause que, par l'action trop prolongée de l'acide nitrique , dont le mélange avec l'acide chlorhydrique constitue une faible eau régale, le sel nouvellement formé se détruit, et se change en sel platinique ammoniacal.

Cette base peut probablement exister à l'état libre, et elle est alors soluble dans l'eau. Car , lorsqu'on mêle la solution d'un de ses sels avec de la potasse ou de la chaux caustique , l'acide s'unit à la base plus forte , et il ne se dégage pas d'ammoniaque. Mais , lorsqu'on fait bouilhr le mélange, il se développe de l'ammoniaque par suite de la décomposition de la nouvelle base, pendant que la base la plus forte se change en chlorure aux dépens du chlorure platineux ; la liqueur filtrée est précipitée par le nitrate

456 AMIl>frM DK KATIiri AMMOiriQVÊ.

argentique, ce qui n'avait patf lieu auparavant. On réussira certainement à l'obtenir , en employant pour cela les méthodes les plus convenables. Quant aux sels de cette base qu'on a jusqu'à présent examinés, je les décrirai parmi les sels ammoniques copules. Base de Reiset ; Amidure de platine ammonique. On peut l'obtenir isolée. On fait bouillir le chlorure plaiineux ammoniacal (et même le chlorure platinique, suivant Kané) avec de l'ammoniaque caustique ; on en ajoute de temps en temps de nouvelles quantités , et on continue ainsi jusqu'à ce que tout soit dissous, ce qui exige une ébullition prolongée. La solution renferme alors le chlorure de la nouvelle base; ce chlorure peut être séparé, soit par l'évaporation de la liqueur et la cristallisation du sel, ou plus proniptement encore par le mélange de la solution avec l'alcool , qui précipite le sel. On lave ensuite ce dernier avec de l'alcool, on le redissout dans l'eau , et on traite cette solution par le sulfate argentique , jusqu'à ce qu'il ne se précipite plus de chlorure ar^ gentique; la liqueur contient alors en dissolution le sulfate de la nouvelle base. On mêle cette liqueur avec de l'eau de baryte saturée, jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de sulfate de baryte; puis on la filtre et on Tévapore à une douce chaleur, ou mieux encore dans le vide, sur l'acide sulfurique; car la liqueur attire 1 acide carbonique de l'air. Enfin, il s'y dépose de petits cristaux prismatiques, qui n'ont pas d'odeur; mais leur saveur est alcaline, et tellement caustique qu'on peut les comparer avec les alcalis fixes caustiques. L'oxyde d'ammonium, en se copulantavec l'amidure de platine, maintient ses éléments réunis avec tant de force, qu'il supporte la température de l'ébullition sans donner naissance à de l'ammoniaque , c'est-à-dire , sans qu'il se décompose en eau et en ammoniaque ; et comme la copule ne renferme pas de chlore, les alcalis caustiques n'y exercent pas non plus, par rébullitioD, une action décomposante. La nouvelle base se combine avec tous les acides pour former des sels ; elle produit avec plusieurs acides, par exemple avec l'acide carbonique, des sels tant neutres qu'acides. D'après l'analyse de Reiset^ elle se compose de :

Centièmef. Atomes.

Hydrogène. . • 4^24^ is

Nitrogène. 20,090 4

Platine 69,988 • • • x

Oxygène. • • • 6,674 ••••••••• i

PAtLADIUlf. 4S7

Ott de : i«

Amidure de platine. • . s=: 4H+aN+Pt Oxyde ammonique. • • = SH+aN +0

= iaH+4N4.Pt-hO

Poids atomique, =1762,449; formule, =:NH'Pt+NH*. Ainsi, en ôtant à la base de Gros i équivalent de chlore , on a la base de Reiset, Cette dernière peut être facilement convertie en la première. Lorsqu'on traite le chlorure de la base de Reiset ^ =SfB'Pt+?{H*Gl, par un peu d'acide nitrique , il se dégage un peu de gaz oxyde nitrique, et la liqueur renferme alors le nitrate

de la base de Gros^ =Ng*Pt€l+NH*N. Dans cette réaction , le chlore du chlorure d'ammonium dans le premier sel se porte sur la copule, et l'ammonium s'oxyde aux dépens de l'acide nitrique pour former de loxyde ammonique. On ignore si, d'une manière inverse , en enlevant du chlore , on peut transformer la base de Gros en celle de Reiset,

L'amidure de platine ammonique cristallisé, soumis à une douce chaleur, perd i atome d'eau, et se change en ammoniaque copulée avec de l'amidure de platine. L'eau et les acides le convettissent de nouveau en la combinaison d'oxyde ammonique. A une température plus élevée, il se décompose ; il se dégage du gaz ammoniac, de l'hydrogène et du nitrogène, pendant qu'il reste du platine métallique. Les sels de cette base serorft, ainsi que ceux de la base précédente, décrits dans XHafurgie (histoire des sels).

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