‹ Traité de chimie minerale, végétale et animale (volume 3)Chapitre 5 sur 80 · PREMIÈRE DIVISION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE DIVISION

MSTAUX ÉLECTROPOSITIFS , DOUX 1JRB OXTDBS FORMENT DBS ALCALIS

ET DBS TERRES.

Avant d*examiner les métaux électropositifs chacun en particulier, je vais donner, sur les substances appelées terres et alcalis^ quelques notions générales , qui en rendront Tétude plus facile.

I^ plupart de ces corps jouissent à un si haut degré des pro* priétés qui distinguent les bases salifiables, que nous pouvons les considérer comme le prototype de ce que nous entendons par le mot de base. Avant que leur composition fftt connue, et tant quon les croyait des corps simples, les chimistes les partageaient en trois classes , alcalis^ terres alcalines et terres proprement dites. Quelques-uns réunirent les deux premières classes en une seule, sous le nom commun d* alcalis. Nous conserverons ici la division primitive.

a. Alcalis, Il y en a quatre, savoir : la potasse , la soude, la li* thine et l'ammoniaque. Cette dernière est appelée aussi alcali volatil ^ par opposition avec les trois autres, qu*on nomme alcalis

fixes. En outre, l'amnnfoniaque n*est pas composée de la même manière que les autres alcalis, comme je le dirai plus au long en décrivant cette substance. Mais elle a une analogie si prononcée avec les alcalis , par rapport à toutes ses propriétés, qu on ne peut pas la ranger dans une autre catégorie. — Autrefois les alcalis étaient très-souvent désignés sous le nom de sels Uxiviels^ parce que c est des cendres végétales qu'on tire la potasse et la soude , et t\fie. la dissolution des cendres dans Teau est communément ap* pelée lessive,

b. Terres alcalines. Il y en a également quatre : la baryte, la strontiane , la chaux et la magnésie. Elles diffèrent des alcalis par leur peu de solubilité dans leau, quand elles sont pures, e( par l'i&solfibUilé de leurs 6irbonates neutres.

MÉTAUX iLECTROPOSITIFS ALGA.LISABLES. 4^

e» Terres proprement dites. On en compte einq: l'alumine $ la glucyne, lyttria , la zircone et le thorine. Autrefois on rangeait aussi dans cette classe la silice, que nous ayons déjà fait connaître sous le nom d*acide siliciqae.

Les alcalis et les terres alcalines se distinguent par diyers earactères, indices d une plus grande basicité, que n'ont pas les autres bases salifiables. Ces caractères sont :

1* Une saveur particulière 9 appelée lixivielle, et la propriété^ plus ou moins prononcée , de dissoudre et de détruire les matières animales, même la peau TÎTante. Ils n'en jouissent qu'à l'état de pureté; état dans lequel on les désigne par Fépithète de caus^ tiques^ de xaiiGTixoç, briMant. Celte dénomination est d'un uiage très-fréquent^ et sert principalement à indiquer que l'alcali ou la terre est libre de toute espèce de combinaison arec des acides. Par opposition, on appelait autrefois alcalis dulcifiés les carbonates, qui ont bien la saveur lixivielle , mais qui ne sont point doués de la causticité. On dit qu'on causUfie un alcali quand on le prive dé l'acide carbonique, sans que celui-ci soit remplacé paf un autre acide.

L'ammoniaque a une odeur qui lui est propre. Les dicalis fixes, au contraire, sont inodores à la température ordinaire de l'air. Mais leurs dissolutions concentrées bouillantes, et les vapeurs qui se dégagent quand des terres alcalines caustiques sont chaufféea avec de l'eau, ont une odeur faible, mais caractéristique, et qui se ressemble pour tous. L'addition d'une matière organique quelconque rend cette odeur plus forte et la change un peu : c'est alors celle qu'on désigne sous le nom d'odeur de lessive.

Ol" La propriété de verdir diverses couleurs végétales bleues ou rouges, par exemple le principe colorant Je la violette, du chou rouge, des roses rouges, etc.; de bleuir diflerentes couleurir rouges , comme le tournesol et le fernambouc rougis par les acides^ enfin, de faire passer au brun certaines couleurs jaunes, telles que le curcuma , la rhubarbe , le bois de Brésil. L'oxyJe plom* bique et ses soussels partagent avec eux cette propriété à un faible degré.

Quelques-uns des alcalis^ les terres alcalines et l'alumine, combinés avec l'acide silicique, et moins fréquemment avec l'acide carbonique ou l'acide sulfurique , constituent la masse principale de notre globe, autant dii moins (ju'on en peut juger d'après ce

que nous savons jusqu'à présent sur la constitution de la croûte

terrestre.

Gomme les alcalis et les terres étaient connus longtemps avant la découverte de leurs radicaux métalliques, on a déduit les noms des nouveaux métaux de ceux que les alcalis ou terres portaient déjà y en 7 ajoutant la terminaison en ium. Quelques chimistes ont pensé que, pour être parfaitement conséquent, il faudrait changer les anciens noms des alcalis et des terres, en les modifiant d'après les dénominations nouvelles imposées à leurs métaux : qu'on devrait dire, par exemple, oxyde potassique au lieu dépotasse , et oxyde calcique au lieu de chaux. Mais il est à craindre qu'il n'y ait là moins le désir de rester conséquent à un principe, que de faire plutôt sensation , à défaut d'autre moyen, en créant des mots nouveaux. Il faudrait alors dire aussi, pour être conséquent, oxyde hydrique au lieu d'eau; mais personne n'a songé à pousser inutilement aussi loin l'observation des règles. Outre que les noms des alcalis et des terres sont bien connus , courts , et exempts de toute équivoque , je crois d'autant plus à propos de les conserver, que ces composés forment une classe de corps parfaitement distincts des autres oxydes métalliques par leurs propriétés y et que la plupart d'entre eux jouent, soit dans la théorie, soit dans la pratique de la chimie, un plus grand rôle que les métaux et les oxydes métalliques des autres sections.

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