‹ Traité de chimie minerale, végétale et animale (volume 3)Chapitre 6 sur 80 · I. Potassium (kalîum · texte numérisé non relu

I. Potassium (kalîum

Humphrjr Daçjr y dont j'ai déjà eu plus d'une fois occasion de signaler les importants services rendus à la chimie, découvrit, vers la fin de l'année 1807, que quand on met de Thydrate potassique, humecté d'eau , sur une plaque de platine communiquant avec le pôle positif d'une forte pile électrique d'au moins cent cinquante couples, ayant quatre à cinq pouces de diamètre, et qu'on conduit un fil de platine du pôle négatif sur la potasse, on voit se former, autour de l'extrémité de ce fil, une multitude de petits globules métalliques semblables à ceux du mercure, qui parfois s'enflamment et brûlent. Ces petits globules sont le radical métallique de la potasse, ou le potassium.

On l'obtient plus facilement et en plus grande quantité avec des piles électriques ordinaires , en se servant du mercure comme

conducteur négatif, et Yersant dessus une dissolution très-con* centrée de potasse caustique , dans laquelle se trouvent encore quelques morceaux de potasse non dissoute« L'affinité chimique du potassium pour le mercure agit alors d une manière si puissante y que le premier se trouve réduit , même par des piles de vingt couples, ayant tm pouce et demi de diamètre. Le mercure s'épaissit peu à peu, et Ton voit s'y former de petits cristaux mé* talliqiies , dont la forme parait être cubique, et qui sont une combinaison chimique du mercure et du potassium. Le conducteur positif doit être en or ou en platine, afin que Falcali ne le dissolve point. Cette méthode a l'inconvénient de ne pas procurer le radical de la potasse pur, mais uni avec du mercure; combinaison que nous appelons amalgame, et qui , même lorsqu'elle est solide, ne contient qu'une très*petite quantité de potassium.

On obtient de plus grandes quantités de potassium , sans avoir recours à l'électricité, en faisant fondre de l'hydrate potassique avec du fer, à une forte chaleur de rouge blanc. Cette méthode a été imaginée par Gaf-Lussac et Thenard.

ThenardàécrixceVie opération delà manière suivante: On prend un canon de fusil , nettoyé intérieurement et ensuite bien séché. On le£aiit rougir d'abord en Q' (pi. I, fig. i), puis en B', afin de pouvoir le courber comme on le voit dans la figure (i). Alors on le recouvre, depuis B" jusqu'en G* , d'une couche d'environ neuf lignes d'épaisseiur d'un lut fait avec cinq parties de sable et une de terre réfractaire. On laisse sécher ce lut à l'ombre pendant cinq à six jours; et quand il s'y forme des gerçures, on les répare avec du lut firais. Ce laps de temps écoulé , on l'expose au soleil ou à une douce chaleur , pour en achever la dessiccation. Le canon étant bien luté, on le remplit depuis Bf jusqu'en G de tournures de fer ou de fil de fer tourné en spirale, en morceaux longs de trois à six lignes, et on l'assujettit, dans un fourneau à réverbère, avec des firagments de briques et d'un lut semblable à celui qui le recouvre (fig. a). On met alors des firagments d'hydrate potassique depuis V jusqu'en A' , et l'on adapte, d'une part, à l'extrémité supérieure A un tube de verre courbé, dont louvertureest bouchée par un petit vase plein de mercure M, placé au-dessous, et, d'autre

(x) On peut aussi faire celte opération k froid , en remplissant le canon de plomb fondu , et quand celui-ci s'est solidifié , le ployant arec précaution, en le battant avec «ne tige de bois ; après quoi on fait fondre le plomb pour le retireTé

part, à Textreinite inférieure un petit récipient de cuirre, 6 6', H H' (fig. I et a), formé de deux pièces qui entrent à frottement lune dans lautre, etquon peut aisément désunir. Ce récipient est placé sur un support L. Son ouverture 6 6' , tournée vers le canon , est adaptée hermétiquement au tube D' , et Vautre ouverture H H' est fermée par un bouchon portant un tube de verre recourbé I. Sous la partie A'^B' du canon, à la distance dun pouce environ, on établit une grille de mi-cy Hydrique en fer E'. Le fourneau doit être disposé de manière que la tuyère d'un souf&el se rende sous la grille (ce qui n'est point indiqué dans la %iire, afi^ de ne pas la rendre confuse) , ou qu'il s'en trouve deux aux côtés opposés du fourneau, immédiatement au milieu de la portion lutée du canon. Ces deux tuyères doivent partir d'un souiBet.

L'appareil étant disposé ainsi, on remplit le fourneau d'un médian ge de charbon froid et de chs^rbon incandescent. On met du Itnge mouillé en B' , afin d'empêcher que le canon n'y devienne assez chaud pour que l'hydrate s'y fonde. Aussitôt que le canoB est bien rouge , on commence à souffler , pour rendre la chaleur aussi forte que possible. On enlève alors le linge placé en B', et on fond l'hydrate contenu en B' B"', en plaçant peu à peu sur la gritts assez de charbons incandescents pour entourer cette partie du tube. L'hydrate, en fondant, coule en B, et s'y trouve en contact, à une très-haute température, avec le fer, dont ui^e partie se con* verttt en oxyde aux dépççs de l'eau qui constitue l'hydrate , ^ Vautre aux dépens de la potasse; d'où résulte un dégagement simultané de gaz hydrogène et de vapeurs de poussium, qui pa»* sent, par l'extrémité infiérieure du canon, (kns le récipient en cuivre. Le potassium se condense, soit dai^s l'extrémité G D da canon, d'où il tombe à l'çtat Uquide dans le récipient, soit dans ce dernier lui-même. Quan^ à Thydrogène, il s'échappe par le tube h Quelquefois il entraîne du potassiuip non condensé ,^ qui le rendr nébuleux, et parfois alors il s'enflamme à l'air. La c^^use qui ùit que le fer réduit le potas^um , paraît être qu'il se produit une combinaison de potasse et d 9xy4e ferreux, pour la ^rniation dur quel l'eau de l'hydrate ne peut point fournir une suffisante quaS'», tité d oxygène; de sorte qu'une portion de la potasse elle-memf est obligée d'abandonner le sien. Voilà pourquoi on est obligé de se servir, pour cette opération , d'un hydrate qui ait été, peu de temps auparavajttJi, fon^jè ai* roju^« 4gy94.iMÇ]KU£ieiibiçijL C9W«Ctt

»OTASSfUM. 47

car il suffit d'une très-petite quantité d'eau, qui àqrait pu ^tre chassée par la chaleur rouge, pour empêcher toute production de potassium, et faire quon n obtienne que de Thydrogène.

Pour reconnaître si l'opération va bien, il faut faire sans cesse attention au dégagement du gaz. Si le gaz est nébuleux, il coule trop d'hydrate fondu à la fois , et l'opération marche trop rapidement. Si le dégagement du gaz se ralentit beaucoup , ce qu'on reconnaît aisément en plongeant le^trémité du tube I dans du pétrole , on en conclut qu'il n'y a plus d'hydrate dans la partie B' fi"; on entoure alors les parties B" B"' de charbons incandescents, et ïon continue de même qu'auparavant. L'opération est terminée quand le feu a été porté successivement depuis B'" jusquen A'; rhydrate s'est alors écoulé de ce dernier point, et la cessation dix dégagement de gaz en a été \a suite. A ce moment on ferme les ouvertures A etJ( , chacune avec un bouchon et du lut; on retire le canon de fusil et on le laisse refroidir. On trouve alors tout le potassiiun dans le récipient G G' H H' ; on sépare la partie G G' de k partie H H'; on retire le métal avec une tige de fer courbe, préalablement trempée dans du pétrole distillé, et on le conserve de la manière que j^indiquerai plus loin.

Il arrive quelquefois , au milieu de l'opéra^on , que les gaz cessent tout à coup de se dégager par I, et qu'ils se dégagent par A* Ce phénomène annonce que l'appareil est obstrué dans l'autre point y parce que, la chaleur n'ayant point été assez forte, l'hy? drate potassique a traversé le fer saps se 4^composer, et s'y e^t solidifié. 11 £aut alors mettre un peu de feu autour de la partie C* du canon , pour fahre fondre l'hydrate, et, si l'on n'y parvient pas, arrêter lopération. Quelquefois aussi il arrive qu'il i)e se dégage de gaz par aucun des tubes : c'est une preuve que le lut est fondu ou fendiUé; que le canon , en contact immédiat avec le charbon , a été converti en fonte, et qu'il s'y est formé i^n ti^ou, par lequel s'échappent et le potassium et le gaz hydrogène. Il faut alors ar« rftter l'opération , qui est tou^t à iait manquée.

La quantité de potassium qu'on obtient de cettç manière s'élève environ au quart du poids de 1 hydratç. Le reste, formant à peu près les deux tiers de ce dernier, demeure combiné avec l'oxyde ferreux. Cette combinaison est très-adhérente au canon de fusU, et on ne peut la retirer que difficilement ^ parce qu'^e est inso* InUe^ ou dii ^mos tr^{ke^ soloble dans i'eau« Sa natura cU«

mique n'a point encore été examinée comme elle le mériterait« Elle paraît être une combinaison déterminée de sousoxyde ferrique et de sousoxyde potassique, dans des proportions telles, que Toxygène du premier soit un multiple de celui du dernier. Si cette combinaison était formée de potasse et d'oxyde ferreux, elle serait décomposée par Teau, parce que la potasse a bien plus d affinité pour Veau que pour Toxyde ferreux , qui, du reste, se combine facilement avec Teau pour former un hydrate.

On ne peut guère déduire la composition de ce résidu de la quantité de potassium obtenue dans ce cas ; car beaucoup de potassium à rétat de Tapeur s en va avec le gaz hydrogène, et on ne peut pas assez exactement recueillir tout le potassium réduit. Si cependant loo parties d'hydrate potassique donnent 23 parties de potassium , on a ainsi le tiers du potassium contenu dans l'hydrate. Or, en supposant 3 atomes d'hydrate potassique d'employés , on trouve que le fer s'est converti en sousoxyde aux dépens de 3 atomes d'eau et d'un atome de potasse, tandis que les deux autres atomes de potasse ont été réduits à l'état de sousoxyde potassique. Dans cette expérience, il faut employer le fer en excès, et au moins le triple de l'hydrate potassique. Pour éviter toute action nuisible de la part de l'oxyde de fer qui se trouve sur la paroi interne du canon et sur le fer qu'il contient, on peut, après avoir chauffé le tube au rouge, y faire passer du gaz hydrogène, qui a préalablement traversé un tube rempli de chlorure calcique ; après quoi on introduit l'hydrate, quand on ne voit plus d'eau se dé* poser dans le tube I. Le gaz hydrogène réduit tout l'oxyde de fer à l'état de fer métallique , et l'eau qui résulte de la est entraînée par le gaz hydrogène.

Brunner a ensuite perfectionné cette méthode, à tel point qu'on peut se procurer à moins de frais des quantités de potassium plus considérables que par la méthode précédente. On introduit dans une cornue de fer forgé du tartre charbonné (mélange intime de carbonate potassique et de charbon produit par la décomposition de l'acide tartrique), mêlé avec un quatorzième du poids du tartre de charbon de bois , qui est destiné à empêcher la masse de se fondre, parce qu'alors elle est sujette à passer dans le col de la cornue, qu'elle obstrue en s'y solidifiant. On fait rougir cette cor» nue dans un bon fourneau à vent, et l'on reçoit sous du pétrole, dans un vaisseau convenablement disposé, son ool, qui doit avoir

une direction presque perpendiculaire. Pendant l'opération il se dégage une grande quantité de gaz, et en même temps le potassium se dépose dans le col de la cornue, ou coule goutte à goutte dans le pétrole. Brunner assure que, par ce moyen, le tartre donne trois pour cent de son poids de potassium.

Les Taisseaux dont il est le plus avantageux de se servir pour cette opération sont ceux de fer battu, qui contiennent le mercure du commerce; mais il faut avoir soin de les faire dabord rougir à bknc, afin de chasser tout le mercure qui pourrait y être demeuré, et qu*on ne parvient souvent à expulser totalement qu'en soufflant dans le vaisseau rouge , avec un soufflet à main , pour chasser ses vapeurs. On remplit ensuite le vase d*une masse obtenue en carbonisant le tartre cru , ou en brûlant un mélange de deux à trois parties détartre cru avec une partie de nitre, et à laquelle on ajoute encore depuis un dixième jusqu'à un huitième de son poids de charbon en poudre. A I orifice du vase, qui doit être muni de pas de vis , on visse un bout de canon de fusil long de six à huit pouces, servant à conduire les produits volatils. 11 suffit même que ce canon y entre à frottement , et s'y adapte d'une manière exacte sans être vissé. Le vase est alors placé horizontalement, Textrémité postérieure reposant sur une pierre, dans un fourneau à vent , comme l'indique la fig. 3 , pi. I, où A représente le vase de fer plein de la masse de potasse, et B une brique réfractaire qui le supporte. 11 est très-avantageux aussi de placer, entre la paroi du fourneau et le fond du vase, un morceau de brique qui assujettisse le vase, et l'empêche de se déplacer pendant Topération. Dès que toute l'humidité est partie et la masse légèrement rouge , on visse le tuyau C , pour le passage duquel on a ménagé une ouverture convenable dans le fourneau. Si la vis ne ferme pas bien , on couvre le joint avec un peu de lut argileux. Le tuyau C ne doit pas être pins long qu'il ne faut pour traverser la paroi du four^ neau, et s'adapter ensuite à l'orifice d'un récipient (i). Dès que des ▼apears vertes commencent à se dégager de la masse incandescente , c'est un signe que la réduction commence. On adapte alors un récipient en plaques de cuivre (fig. 4) y qui se compose de deux pièces. Dest la partie supérieure , un mince parallélipipède, haut

(x) Ü est nécessaire , pour rendre le tabe aussi court que possible, que la paroi du soit à cet endroit plus mince qu'ailleurs, ce qu*on obtient en y adaptant un de tâle épaisse ou tin fragment d*uu grand creuset de graphite.

ir. 4

6o votkMivn.

d environ dix pduftes, sui* cinq à mx delarg^dans un Mna^ötdix« huit lignes à deux pouces dans l'autre j et ouTert par la bas. Tout près du oâtrf a f il est intérieurement partagé en deux mcntiés , jusqu'aux deux tiers de sa hauteur ^ pur une cloison qui a pour but de prolonger le chemin que le gax doit parcourir, et de diriger celui« ci vers te bas. Sur chaeun de ses c6tés les plus étroits, il présente en haut un tuyau court, dont Vun, d^ est destiné à recevoir l'orifice eu tuyau adapté au vase de réduction, et doit, par conséquent^ s'y ajuster d*une manière exacte; tandis qu'on introduit dans l'autre, d, un bouchon que traverse une tige mince de fer « e^ pour lequel est percé également un trou dans U cloison bbé Cette tige est destinée à être introduite dans le tuyau conducteur, pour le maintenir libre. La fig. 5 représente le même vaisseau paralléli* pipède vu par un de ses côtés les plus étroits i afin de montrer CMmiment un petit tube ^, soudé dans sa partie la plus large, mé« nage une issue au gax. Pour cela, on adapte à ce tube un bouchon I que traverse un tube de verre recourbé | un peu large, que Ton peut plonger à volonté dans le vase G^ contenant du pétrole. £ est un autre taisseau paralléiipipède en plaques de cuivre^ dans lequel D s'adapte exactement, de manière à pouvoir y plonger jusqu'au fond. On verse du pétrole, jusqu'à quelques pouces de hauteur , dans ce vaisseau. Le joint en d est couvert de lut à Fhuile de lin, dont on enduit aussi le joint entre D et E, pour empêcher l'eau d'entrer ou l'huile de sortir par là. E est plongé à son tour dans un autre vaisseau F, plein d'eau froide ^ que Ton renouvelle souvent I ou qu'on refroidit avec de la glace. La fig, 5 représente l'appareil monté , vu par devant; et la fig. 3 le montre vu de haut e» bas« Il faut aussi, dans cette opération , être attentif au dégagement de gax: car lorsqu'il cesse, c'est une preuve que le tuyau du vase de réduction s'obstrue. On se sert, pour débaucher celuiei^ de la tige en fer e e, dont l'extrémité cachée datis Tappareil se termine par un foret ordinaire et bien tranchant , et qu'on fait entrer dans le tuyau dès que le gaz commence à sortir en moindre quantité. 11 faut avoir soin de pratiquer une marque sur cette tige, pour savoir de combien sa pointe^ pénètre dans l'appareil.

L'opération chimique par laquelle la potasse se trouve réduite dans ce procédé est fort compliquée, et n'a pas encore été suffisamment étudiée. Il n'y a qu'une très-petite quantité de potassium qui passe à l'état métallique; une portion assez considérable se

KITAMIUM. 6l

oonV«itH en ulie masM noire, infusible ^ qui pas«« àvife le métal ^ et qui esi la oaute de l'obstrudtion «oiide du ttiyatt« Oéne matière n*tat paa également abondante dans tous ks eai, et »a qttdutitë parait varier d après celle du charbon en poudre qu'on a ajliuléei Si la tige en fet* n*e^t point tentiiné<) par uh foret avee lequel on puisae dégorger le tujauf odui-ei ne tarde pas à s* obstruer eom^ plétement. Il faut alors éloigner le feu« A cet effei, le fourneaft cknt avoir été disposé de manière que les barres de fer qui foritient la grille puissent dli'e retirées promptement et toutes à la fois, sauf lea deux dû milieu^ sur lesquelles ra|ipareil repose^ les cbarbonB iotnbent alora tout d un o6up dans le eendrier« Dès que le vale^ eéau est un peu reftoidi i ou eiilère le récipient , et Ion peroe le fttjaii arec un foret trè§4art^ trenàpé dans dû pétrole. Il faut biefi se garder, en opérant cette perforation^ de laisser pénétrer là moindre humidité jusque la masse^ parce qu'il pourrait en résulter une violente explosion ^ qui chasserait une portion de la maâee brùlatite hors du vaisseau^ et pourrait même foire sauter le foret des niaitis deTopérateilr^ qiii èourrait le risque de se brûler. Le tuyau une fois nettojréi 6n rétablit la grille^ on lute le réen pient, eton.reprend Topératioi!«

Lorsqull ne se dégage plus de gaz sans que lé tuyau soit ob^ atruéf Vopération est terminée. Le vaisseau de l'éduetionee trouve alôr» vide ^ ou bien il ne eontient plus qu'un exoès de charbon ou do carbonate potassique } ate« des sels qui ne se déooHlpesefet point dans ce cß$ j tels que du sulfure, du eyanuf*e et du chlorure potassiques. Le potassium e^t rassemblé au fond du récipient, dans rhuilt^ de pétrole. Si l'opération a bien marché | 1» plue grande partie du produit est du potassium métallique, en globules plus ou moins gros^ et en nMiéses arrondies | d'un gris plombé. £ntre ces globules se trouve une nlalière^ en partie put» térulente et en partie agglomérée f qui résulte de la perforation du tuyau engorgé.

La plus grande partie du potassium, provenant du tartre et du nitre, s'échappe avec le gaz, dans un état de combinaison qui n'est pas encore connu. Cette combinaison gazeUse biuleaVecune flamme blanche mêlée de rouge ^ et laisse de la potasse régénérée. Il s'en dépose une matière blanche, grise, ou quelquefois noire, qui devient verte et s'enflamme à Tair^ prend une teinte rouge avec l'eau, et dont je parlerai pltts .au long dan» la suite»

Ce qui bit que ce procédé est cependant si avantageux ^ c'est que les matériaux en sont peu coûteux , et quon peut l'exécuter assez en grand pour obtenir quatre à cinq onces de potassium à la fois.

Le potassium , condensé dans le pétrole , doit d'abord être débarrassé de la matière noire qui s'y trouve constamment mêlée, et avec laquelle il s*est en partie fondu. On en retire tout le métal , on le noue dans une forte toile humectée de pétrole , et on le met dans du pétrole, qu'on chauffe jusqu'à + 65^. On saisit ensuite la toile avec une large pince, dont les branches puissent être rapprochées par une vis , et , pressant ainsi fortement la toile^ on en fait peu à peu sortir le potassium fondu. Il en jaillit sous forme de globules limpides métalliques, qui se réunissent. Cependant, le potassium ainsi obtenu contient encore du carbone, et doit être distillé dans une cornue de fer. On peut^ au besoin, effectuer la distillation dans une cornue de porcelaine ou de verre ; mais alors il se produit beaucoup de potasse aux dépens des éléments de la cornue« La cornue qui remplit le mieux le but qu'on se propose est faite avec une boule en fer forgé solide, munie d'un long col de fer , qui se rétrécit vers l'intérieur sous forme dcicône, et dont les parois s'inclinent sous un angle de 8 à lo degrés. A ce col on soude un tuyau de fer qui, avant la soudure, est courbé de manière a représenter un col de cornue. Le potassium est introduit dans la boule, et on le recouvre de pétrole, pour le garantir contre l'action de lair. Le col est ensuite adapté h frottement, et son extrémité ouverte s'engage dans un récipient assez rempli de pétrole pour fermer l'ouverture du col de la cornue. La cornue est d'abord chauffée doucement, jusqu'à ce que le pétrole soit passé à la distillation ; puis on élève graduellement la température, pour arriver à la chaleur la plus forte que le fourneau puisse donner. Le potassium distille alors , et tombe par gouttes dans le pétrole du récipient. On frappe de temps en temps légèreitient le col de la cornue, afin que le potassium s*en détache et s'écoule. Dès que la cornue est en pleine incandescence et qu'il ne distille plus de potassium , l'opération est terminée. Il reste souvent un peu de potassium dans le col de la cornue; on l'en détache, pour le faire tomber dans le pétrole, au moyen d'un fil de fer rotde, humecté de pétrole recourbé au bout. La matière qui reste dans la cornue est noire, poreuse^ et développe dans l'eau le carbure d'hydro-

POTASSIDM. 53

gène dont il a écë fait mention dans le tome I , page 984* Cette matière est donc un composé de potassium et de carbone.

Ia matière noire, de laquelle on a retiré le potassium, donne une nouTelle quantité de ce métal lorsqu'on la soumet d*une manière semblable à la distillation parla chaleur rouge. Mais on peut aussi l'employer pour d'autres usages, par exemple, pour la préparation des acides rhodicique et croconique , ainsi que je l'ai fait voir dans le tome I, page 622.

lia préparation du potassium est une de ces opérations qui ne s'exécutent plus guère dans les laboratoires des chimistes. Mais on la pratique en grand dans les fabriques de produits chimiques ; et le chimiste qui n'a pas les moyens de préparer lui*méme lepo* tassium, se le procure dans le commerce à un prix inférieur à ce que ce produit lui coûterait s'il le préparait lui-même.

Le potassium ressemble assez au mercure , quant à l'aspect. II est demi-fluide à + iS degrés , plus fluide à + 4o''> ^ complètement liquide à + SS"* , température à laquelle ses petits globules se réunissent les uns aux autres , pour en produire de plus gros. A -4- 10 degrés, il est malléable et a le brillant de l'acier poli; à zéro, il eat cassant et a une cassure cristalline.

D'après les indices de forme cristalline jusqu'ici observés, il est permis de crcnre que le potassium cristallise dans les formes du système régulier. Pley-sehl dit avoir obtenu une fois, pendant la distillation du potassium , une petite masse attachée au col de la cornue et recouverte de cristaux cubiques. A une température voisine de la chaleur rouge, il commence à bouillir, se volatilise, et se convertit en un gaz d'un beau vert, qui se condense en gouttelettes à la surface des corps froids. Son poids spécifique , dans son plus grand état de pureté, est = o,865 à + i5 degrés.

Suivant de Bonsdarff^ le potassium conserve, aux températures ordinaires de l'air, parfaitement son état métallique, dans l'oxygène aussi bien que dans l'air atmosphérique, pourvu que ceux*ci soient parfaitement exempts de gaz acide carbonique et de gaz aqueux ; mais dans l'air atmosphérique ordinaire , mêlé de gaz acide carbonique et de gaz aqueux, il s'oxyde peu à peu sans phénomène lumineux. Quand on le chauffe jusqu'au point où il se volatilise, il prend feu et brûle d'une manière très-vive. L'étincelle électrique l'enflamme également. Il est, de tous les corps connus, celui qui a le plus d'affinité pour l'oxygène; de sorte qu'on

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a dû la peine à 1^ consanrer mm qu'il soit atteinl d'oxydlatioii. 4 une hauu temp^Uire, il p^dqit presque tous les eopps oiydés q«e l'on connaît, Chauffé suffisamment , il s'enflamme et bvùle dans tous les gas qui ooi)tiennent de lozygàne, tels que l'oxyde nitrique et loxyde nitreuK , Taefde carbonique , l'oxyde carbo« nique, etc. )l peut aussi prendre feu et brftier dans le gas sulfide hydrique, le gas phosphure dihydrique, le gai acide eklorhyr drique, etc. La manière ordinaire de le conserrer consiste à le tenir dans des flaeons bouchés , sous du pétrole. Le pétrole qu'on emploie pour cela doit Itre exempt d'humidité , ce qu'on ob* lienl en le tenant pendant quelques jours ren%mé dans un flacon fermé) eo^tenant de larges fragments de chlorure caloique fondu. Ce mode de eonserTation est incommode, en of qu'on a de la peine ensuile à le débarrasser d^ Thuile qui y adhère ; mi^is il s'y conserve tresrhie^ , et j en possède des morceaux qui sont gardés ainsi depuis vingt fins. L'huile s*épaissit, et forme, avec la potasse produire par loiygène de Tair qui s'introduit dans le flacon chaque fois qii on l'ouvre, une mafs^ molle et brune , qui entoure le métal. Lorsqu'on veut l'employer, on purifie facilement le potassium en l'introduisant, après avoir enlevé la plus grande partie de la matière savonoen^^« ^^^* ^^ lubedeverr« étiri en une pointe fine, et en Texprimantau moyen d'une tige enveloppée d'étoupe et n)Quillée de pétrole. Le tube est chauffé dans du pétrole jusqu'à lafu3iQn du potassiDmi ^t lofiqupu veui fiôre usage de celuiTci, on retire le tube et Qu y fiiit descendru la tige, de manière à pe qm le mét^l tomb« «iveotout spnépifit \k won Yftw« reniplpyer.

Si l'on i^it cbanifer dM pptessinm dans du e%» hr4f^èHf% ç^ dernieiR dipiinil^ de vpluine » e( il ^pquiert la propriété de s'enflammer à Tair, tant qn il est eneqre chaud i mais» à ipe^ur^ q^'il se refrqidit» le potaisium «e condenie» et If ga« pesse d'ét«^ inflammable. Le potassium parait dqno ne ppint Itre combiné phimiqnement avec l'hydrogène , opiptn^ semWönt J'?id»pe»re plusieurs pliimîstes* Gay^lMS^ac et Thenßrd pn^ troyvé que, quand pn le ehauffe dans du gax hydrogène jusqn'9 une certaine t^mpf nit^re inférieure à la chaleur rouge,}! el^sorbe ce gaz et se pqnvertit en une mas3e pulvérulente grise, qni, m^lée e^ec (lu m^ri^^i^i dégage du gax hydrogène, tandis que le pptfi^^ium PÄfSe à l'étal d'^m^l^ game? et qui, jetée dfins I e^iii, donne nn yn^rt df plus de gaz l^y-

PMAfSIDM. 5$

dfogène que Je potassium non bjdrogën^. Cette masse s*enflamma spontanément dans le gaz oiygène et à Tair. EUe se compose 4e 3 atomes de potassium et de i équivalent ou 9 atomes dehydro* gène. D'après Jacqueline qui a constaté la propriété du potassium d'absorber le gaz hydrogène, cette absorption n a lieu que dans oertainss limites de la température^ au delà desquelles ces corps se sépsrent l'un de l'autre par la chaleur { mais l'absorption recom* menée dès que la température est abaissée de nouveau. Jaoqußltß ] a employé pour la séparation de petites quantités d'hydrogène et de nitrogène.

lie potassium, mis en contact avec Teau, preud fi^u et brûle avec une flamme rouge. Si l'on en jette un morceau ^ la ^Mrfoce de ï^ny il s'y promène sous la forme 4*un globule embrasé rouge, et laisse, quand la flamme est éteinte, un petit globule transpHrent, qui disparaît en petilUnt; c>#t de la pptasse fondue, qui fait une légère explosion , causée par }a chaleur développée par sa combinaison avec l'e^u- Dans cette expérience, il faut avoir sous la main une cloche de verre, que l'ou renyçrse #ur le petit globule trsnsparcpt au moment où la flamme s'éteint; par par son explosion, qui , en eUe^-mlme, n e^l ni violente ni dangereuse, ce petit globule projette des gouttelettes fines de lessive caustique qui endommagent les habit# , et peuvent- blesser dangereusement les yeux.

Lorsque l'op jette du potassium sur de la glace, il s'y embrase également et s y meut d'uPO m^pière irrégulière. Le même phénomène arrive sur un papier humide , qu'on a teint ayec de la rhubarbe ou du curçuma; et le chemin que le globult? ^ parcouru est marqué par un sillon brun , indiquant la réaction de l'alcali. La flamme que l'on observe dans cette combinaison est diie près, que uniquement à du gaz hydrogène; car c'est aux dépens 4^ 1 eau que le potassium brûle.

Si Ton jette du potassium sur du mercure dont la surface soit humide, comme celui sur lequel on a fait passer l'haleine, l'enduit humide recule aussitôt, et le mercure redevient net jusqu'à une grande distance du potassium. Celui-ci est agité d'qn mouvement gyratoire continuel à la surface du métal ^ et ?e convertit en hydrate potassique, san^ dégagement de lumière. Plus le çlobu)e devient petit, plus l'iiumidité répapdue à la surface du mercure angtPfPte de nouveau j de manière qu'il finit par ne plus se mou-

56 POT46SK.

voir que dans les limites dun très-petit cercle, et qu'au moiu^it où les dernières traces du potassium disparaissent , la surCice du mercure se trouve couverte d*une couche mince d'hydrate potassique, dissous dans Teau, quil a attirée de Tair. Le mouvement du potassium parait être une suite de Toxydation par l'humidité« Ce mouvement parait provenir d*un développement de gaz hydro* gène, et être analogue à celui du camphre sur Teau. Il se manifeste dans tous les gaz humides, même dans ceux qui ne contiennent pas d*oxygène ; mais il n'a pas lieu dans ceux qui sont parfaitement exempts d'eau , ni dans Tair et Voxygène secs.

Le poids atomique du potassium est de 4^}9x69 et il a pour symbole K.

Le potassium a trois oxydes : le sousoxyde, l'alcali et le suroxyde.

i** Le sousoxjrde de potassium s'obtient en faisant chauffer le métal dans de l'air qui ne contient point assez d'oxygène pour le convertir en potasse , ou en exposant un mélange d'une partie de potassium et de i ^ d'hydrate poussique à une température qui ne doit point dépasser + 3oo degrés. On l'obtient aussi, mêlé avec du silicium, en chauffant du potassium dans des vaisseaux de verre dont les principes constituants, la potasse et l'acide silicique, se décomposent. Tant que ce sousoxyde est chaud, il a une teinte rouge grisâtre; mais, après le refroidissement, il est gris. Chauffé à l'air, il s enflamme facilement, souvent déjà à une température de +20 À +^5 degrés; il prend feu au-dessous de la chaleur rouge, et se convertit en suroxyde potassique. 11 s'oxyde aux dépens de l'eau et passe a l'état de potasse , avec dégagement de gaz hydrogène, mais sans inflammation. Chauffé dans le vide , sur du platine ou sur du fer, il se décompose, à la chaleur du rouge blanc, en potassium qui se volatilise, et en potasse qui reste. On ne connaît point encore parfaitement sa composition ; on présume que le potassium s'y trouve combiné avec moitié moins d*oxygène que dans la potasse. S'il en est ainsi , il contient 21 atomes de potassium et un atome d'oxygène, et sa formule est RH) ou K.

â" LsL potasse se rencontre, dans la nature, comme partie constituante de divers matériaux et dans certains corps organisés. Elle se trouve dans les minéraux les plus répandus , dans le feldspath et le mica, dont le premier en renfenne un sixième de son poids, et le second une quantité variable, communément un

douzième environ« La manière la plus ordinaire de l'obtenir consiste cependant à Textraire des cendres des Tegétaux, de ceux^ par exemple, que nous brûlons dans nos foyers; on Ten retire en grand pour les besoins du commerce, qui la connaît sous le nom Ae potasse* De là le nom de potassium. Dans les langues d'origine gothiqae, telles que l'allemand, le suédois et le hollandais, ce métal est appelé kalium ; et l'oxyde, qui constitue une base, a reçu le nom de kali^ pour le distinguer de hpotasche (nom allemand qui signifie cendres en pot, et qui est réservé plus particulièrement au carbonate potassique impur du commerce). Le nom de kali est d'origine arabe; les savants arabes l'employaient, comme encore maintenant, avec l'article al (ai kali) y pour désigner tous les alcalis , qu'ils prenaient pour un seul et même corps* Autrefois la potasse était aussi nommée alcali végétal; mais, après que Klaproth l'eut découverte aussi dans des corps inorganiques, on ne tarda pas à trouver qu'elle est plus répandue dans le règne minéral que la soude, à laquelle on donnait, par opposition, le nom à'alcali minéral; et depuis lors ces deux dénominations sont totalement abandonnées.

La potasse se rencontre si rarement libre de toute combinaison, qu'il est difficile de l'avoir pure. La forme la plus ordinaire sous laquelle nous la connaissons est celle d'hydrate, qui nousToAre par conséquent combinée déjà avec de l'eau.

On ne peut obtenir de la potasse anhydre qu'en brûlant du potassium dans la quantité de gaz oxygène sec nécessaire pour convertir ce métal en alcali. Trop peu d'oxygène donne lieu à la formation d'une certaine quantité de sousoxyde ; trop, à du suroxyde. On peut aussi s'en procurer en faisant fondre une partie de potassium avec 1,4 d'hydrate potassique; l'eau de l'hydrate se trouve alors décomposée, il se dégage du gaz hydrogène, et se forme 2,3 parties de potasse anhydre. Cette dernière est blanche, tirant un peu sur le gris. Elle entre en fusion à la chaleur rouge, et se volatilise à une température fort élevée. La masse fondue est dure; elle a une cassure conchoîde , et son poids spécifique surpasse celui de Thydrate« Elle s'unit à l'eau avec la plus grande violence; et si les deux corps ont été employés en proportions justes , l'hydrate qui en résulte subit la fusion ignée et devient rouge. La potasse se compose de :

58 liOTAMI«

Potasftium.« ••«•#»*• 83,o5 .et* i»ft« < Oxygène. ,,,«••,,. , i6,g5 »«•»«» t***« x Poids atomique =?585|9i6; formule c=K.O ouK*

On obtient X hydrate potassique d^ns tous le» cas où l'on cherche jt se procurer la potasse en la dégageant d*autre» combinaison». Je vaU faire connaître brièvement la méthode que Ton suit pour le retirer du bois.

1^4 cendres de }a plupart des plantes donnent de la potasse^ quand on les lessive avec de Teau. Plusieurs pays riches en forétSi tels que la $uède, 1^ Polpgnç, la Russie et VAmérique du nord, fabriquent cet alcali en grand. On réduit une grande quantité de bois en cendres, qu op lave d abord avec de l'e^u froide, puis avec de Te^u bouillante, La potasse est dissoute, ainsi que tous les autres sels contenus dans les cendres, tandis que les terres restent. On évapore les dissolutions jusqu'à siccité, et Ton obtient ainsi un sel noir, que Top blanchit ensuite par la calcinationj après quoi on le verse dans le commerce sous le nom dt potasse calcinée.

La potasse du commerce n*est point pure. L'alcali sy trouve combiné en partie avec de lacide carbonique, en partie avec de Tacide silicique, et mêlé avec des sels de la cendre, qui consistent principalement en sulfate et chlorure potassiques, et quelquefois aussi en une petite quantité de carbonate sodique (i).

Pour obtenir la potasse pure jusqu a un certain point, on la fait dissoudre dans de l'eau bouillante, on filtre la dissolution, et on 1 évapore jusqu'à ce qu'elle cristallise. Les sels étrangers se déposent; et lorsqu'après plusieurs évaporations successives il ne se forme plus de cristaux, 1^ lessive qui reste est évaporée^ à siçcité^

(i) Quoique j'aie Toccasion , dans la chimie végéule, de donner la composition des cendres de différentes espèces de bois, je crois cependant utile de rappeler ici que la potasse du commeroe contient tous les sels solubles de la oendre du bois employé à sa fabrication , et qu« cos sols peiivent b^imcpfip varier, tant d'après loi 4ifîèffei|t09 espèœt 4^ bois, que d'aprèi le terrain dans lequel celles-ci ont végété. D'après les recherches de Berthicr ,^\di potasse tirée des espèces de bois les plus communes varie dans sa composition comme il suit :

Çhéoe. Tilloul. Bouleau. Sapin. Pia.

PQtas#^fiVM plifs o^ in^ias 4« »çu<ki 64,1 6p,04 ?9,5 ^^ 47iOo

Acide carbonique 34,0 37}42 i7»o 3o,3 20,75

Acide siilfurique 8,i 7,53 a,3 3,x xa,oo

Acide chlorhydriqtie o, i x,8o 0,9 0,8 6,60

Acide silicique o,a 1,61 1,0 1,0 t,33

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