NICKEL
oxydes, trois méthodes, dont la première est due à Phillips^ la deuxième à Laugier ^ et la troisième à Berthier,
i^La première méthode convient surtout quand on a de grandes quantités de nickel à séparer de petites quantités de cobalt : elle consiste à mêler la dissolution avec de l'ammoniaque caustique y jusqu'à ce que les oxydes métalliques , qui se précipitent d'abord , soient redissous. On ajoute à la dissolution bleue de Teau, que l'on a fait bouillir assez longtemps pour en chasser tout l'air atmosphérique ; puis on la verse dans un vase pouvant être bouché, après quoi l'on y ajoute de la potasse caustique, jusqu'à ce qu'on ait obtenu une quantité considérable d'un précipité vert pomme, et que la dissolution ait perdu sa couleur bleue. On bouche le Tase, et on abandonne la liqueur au repos. La liqueur limpide est alors d'un rouge plus ou moins foncé , suivant qu'elle contient plus ou moins de cobalt. On décante la partie limpide, on jette la masse sur un filtre, et on la lave à l'eau bouillante. Dans cette opération , l'oxyde niccolique est précipité de sa dissolution dans l'ammoniaque, tandis que l'oxyde cobaltique reste dissous. Celuici a dès lors une grande tendance à se convertir en suroxyde, qui se précipite sous forme d'une poudre noire : c'est pour cette raison qu'on doit se servir d'eau purifiée d'air. Lorsqu'on fait usage de l'eau aérée, il se précipite avec l'hydrate d'oxyde niccolique lin hydrate vert [de suroxyde cobaltique et d'oxyde niccolique, mélange qui ressemble tellement à l'hydrate d'oxyde niccolique, qu'on ne saurait l'en distinguer par la simple couleur. U faut aussi que la dissolution soit étendue, parce que, dans cet état, l'oxyde cobaltique passe moins facilement à un plus haut degré d'oxydation. Pour s'assurer que l'oxyde niccolique précipité est exempt de cobalt, on le traite par un acide étendu , qui doit le dissoudre totalement, sans laisser de poudre noire; celle-ci serait du suroxyde de cobalt, dont on pourrait débarrasser la dissolution niccolique dans l'acide, en la filtrant rapidement ; mais il ne faut pas que l'acide prédomine trop, car, dans ce cas, l'oxyde cobaltique disparaîtrait au bout de quelque temps.
tl" La méthode de Laugier convient surtout quand on a un mélange de peu de nickel avec beaucoup de cobalt : je la décrirai à Foccasion du cobalt.
3*" La méthode de Berthier consiste à précipiter à la fois les oxydes niccolique et cobaltique par la potasse caustique, à laver u. [\o
6a6 Nic&Eju
le préetpîté et à le délayer encore bunide dan» Teau^ à travers laquelle on fait alors passer un courant de .gaz chlore. L oxyde cobaltique se convertit en suroxyde., il se forme du chlorure de nickel qui se dissout ^ et eu même temps du chlorate niccolique, si la quantité d* oxyde cobaltique est suffisante pour absorber tout roxy(;èiie de Toxyde niccolique. Si Toxyde niccolique prédomine dans le mélange , le suroxyde de cobalt est exempt de nickel» tandis que si Toxyde cobaltique est prépondérant^ le suroxyde de cobalt renferme en même temps un peu de suroxyde de nickel.
L'oxyde niccolique exempt de cobalt est précipité de la dissolutioa par un alcali pur , ou par un carbonate alcalin. Si L'on veut Ven servir pour avoir du nickel métallique, on le fait digérer dans une dissolution d'acide oxalique , on dessèche Foxalate niccolique in&oluble qui s'est formé , et on le calcine doucement dans un creuset fermé ; lacide oxalique réduit Voxyde niccolique^ en donoaiU naissance à de Vacide carbonique , et le métal reste sous Coi'iBe d'une masse spongieuse. Pour avoir du nickel fondu, on le Gomvie d'une poudre de verre exempt de métal ^ et on Texpose, dan» un creuset luté , à la chaleur la plus forte qu'on puisse produire dans un fourneau à vent; le verre sert de fondant pourbr cililer U réunion de la poudre métalUque. Richter crut avoir remarqué que le nickel peut être réduit à une haute tcmpéraitare, sana que la présence d'un corps combustible soit nécessaire. U l'obÛAt an effet ainsi réduit, en introduisant l'oxyde niccolique puriiié dans un creuset de Hesse couvei^ , qu'il exposa à la plus Sorte dialeur d'un £cmr à porcelaine. Il obtint une partie du métal à l'état élémentaire et £Dndu : l'autre portion de l'oxyde s'était scolifiée avec la masse du creuset. Plus tard, Liebig et JVoMer firent Yoir que cette réduction n'était due qu'à l'action du gaz oxyde carbonique.,, et en général à celle des gaz combustibles proTenant du bois et contenus dans L'air du four à porcelaine incandescent, et qtie, pour empêcher toute réduction, il suffisait d'interdir« l'accès de ce« gaz.
Le charbon n'est pas le seul corps- qui réduise très*£u»lement l'oxyde niccolique; le ga% hydrogène ^ouit aussi decette propriété. Si l'oa opère la réduction par ce gaz à une terapécatnre rouge blanc, le métal ainsi obtenu forme une masse grise et légèrement frittée; mais si cette réduction se fait à- uiw températtise ^iii selèv< à peine au roug.e naisaant » le métal réduit possède ,. après
OXTDES DE NICKEL. 627
s*être refroidi dans le gaz , la propriété de s'enflammer et de se convertir en oxyde niccolique y dès qu on Texpose à lair. Quand l'oxyde niccolique contient en mélange une faible quantité d une terre précipitée en même temps que lui , le nickel s'enflamme à l'air , même quand sa réduction par le gaz hydrogène a été opérée au rouge cerise, {F'ojrez plus bas la réduction du fer par le gaz hydrogène.)
Quand le nickel fondu ne contient point de cobalt, il est d'un blano argentin^ inaltérable à l'air et parfaitement ductile, soit à froid I soit à la chaleur rouge ; de sorte qu'on peut le réduire en feuilles de o^'^osS d épaisseur, et 1 étirer en fils du diamètre de o™',oi4. II est presque aussi réfractaire que le manganèse. Sa chaleur spécifique est, d après Regnaidt^ =o,io863j d'après DuloRg et Petit ^ s= io35. Son poids spécifique est, d'après Richter ^ de 8,279, et, après qu'il a été forgé, de 8,666. Tupputla. trouvé que le poids spécifique du métal réduit par la poudre de charbon est de 8,38 , et, après avoir été forgé, de 8^82. Ce métal est magnétique presque au même degré que le fer, et il conserve la propriété magnétique qui lui a été communiquée ; de sorte qu'on peut s'en servir pour faire des boussoles. Une température élevée lui fait perdre facilement sa polarité; selon Pouillet^ celle de +35o degrés suffit pour produire cet ef£et.
A une très-haute température, le nickel s'enflamme dans le gaz oxygène, par exemple quand on le place sur un charbon, qu'on aUume celui-ci , et qu'on y fait arriver du gaz oxygène. J'ai vu aussi qu'un fil de nickel , à l'extrémité duquel on avait fixé un charbon ardent, s'enflammait dans un courant de gaz oxygène, et brûlait pendant quelques instants. U lançait des étincelles comme le fer, mais moins brillantes. Gehlen a brûlé, dans du gaz oxygène , du fil de nickel et du fil de fer réunis.
Le nickel se dissout , avec dégagement de gaz hydrogène, dans Tacide chlorhydrique et dans l'acide sulfurique étendu^ mais la dissolution s'opère lentement. L'acide nitrique le dissout aussi , Après l'avoir fait passer à l'état d'oxyde niccolique ; Teau régale ne le porte pas à un plus haut degré d'oxjdation. Ses dissolutions •ont vertes.
L'atome du nickel., sNi, pèse ^69,765.
O^desde nickel. On ne sait pas encore combien le nickel a de degrés d'oxydation 9 mais il est démontré qu'il possède un oxyde
ÜiS OXYDE NICCOLIQÜK.
et deux suroxydes, que Ton peut appeler oxyde niccolique, suroxyde niccoleux , et suroxyde niccolique.
i** Oxyde niccolique. On lobtient , soit en dissolvant le nickel dans Facide chlorhydrique concentre ou dans l'acide nitrique, précipitant Toxyde par un alcali et le calcinant , après l'avoir lavé et séché , soit en oxydant le nickel par la calcination avec du nitre, soit en décomposant le nitrate niccolique par le feu. Il a une couleur foncée, d'un gris cendré; il n'est point magnétique, se dissout facilement dans les acides, mais il n'est soluble ni dans la potasse, ni dans la soude caustiques. L'oxyde niccolique forme un hydrate volumineux et d'un vert de pomme, qu'on obtient en précipitant sa dissolution par de la potasse caustique mise en excès ; l'hydrate doit être lavé à l'eau bouillante , pour le débarrasser de l'alcali adhérent. D'après les essais de Tapputi^ on l'obtient à l'état d'une poudre cristalline, d'un vert clair, quand on dissout le carbonate niccolique dans l'ammoniaque caustique, et qu'on dépose la Uqueur parl'évaporation. Dans l'hydrate d'oxyde niccolique, l'eau et l'oxyde contiennent les mêmes quantités d'oxygène, c'est-à-dire qu'il est formé d'un atome des deux principes constituants , =NiOHO.
L'oxyde niccolique a beaucoup de tendance à se combiner avec les bases salifiables. L'ammoniaque le dissout en prenant une belle couleur bleu de ciel ; la potasse , l'eau de baryte et de strontiane précipitent l'oxyde niccolique de cette dissolution. Si Ton verse un excès d ammoniaque dans la dissolution de l'oxyde niccolique dans un acide qui contienne en même temps un autre oxyde métallique ou une terre, l'ammoniaque laisse toujours, sans la dissoudre, une portion d'oxyde niccolique, qui s'est combinée avec lautre oxyde ou avec la terre; lemploi de l'ammoniaque offre donc un moyen fort incertain pour séparer l'oxyde niccolique d'autres corps insolubles dans l'ammoniaque. Toutes les bases plus faibles que Toxyde niccolique, par exemple l'alumine et l'oxyde ferrique, se comportent envers lui comme des addes, et en retiennent une petite quantité; tandis qu'il joue lui-même le rôle d'un acide par rapport aux bases plus fortes qui , par conséquent, en retiennent bien plus lorsqu'on essaye de le dissoudre au moyen de l'ammoniaque. La combinaison de l'oxyde niccolique avec la potasse est décomposée par le lavage; l'eau s'empare de l'alcali , tandis que l'hydrate reste. On chasse l'ammoniaque par
SUROXTDF NICGOtEUX« 6^9
révaporation. Les terres alcalines sont séparées, par la précipitation , au moyen du sulfate ou du carbonate ammonique* Mais la magnésie ne peut pas être séparée par ce moyen ; on ne parvient à l'enlever qu'en précipitant l'oxyde par le sulfhydrate ammonique, et décomposant ensuite l'excès de ce dernier par quelques gouttes de vinaigre. Le nickel se précipite alors à l'état de sulfure, tandis que la magnésie reste dans la dissolution. La plupart des oxydes métalliques décrits jusqu'à présent sont séparés du nickel par un courant de gaz sulfide hydrique , qu'on fait arriver dans leur dissolution. On sépare les autres en précipitant la dissolution par un carbonate alcalin, et traitant le précipité par l'ammoniaque caustique. L'oxyde zincique fait seul exception , parce qu'il est dissous et précipité par les mêmes réactifs que l'oxyde niccolique. On parvient à dissoudre la majeure partie de l'oxyde zincique en traitant le mélange des deux oxydes par la potasse caustique ; mais la séparation n'est complète que lorsqu'on mêle l'oxyde niccolique zincifère avec du sucre pur, et qu'on carbonise le mélange dans un creuset de porcelaine ; on munit le creuset de son couvercle, et ou l'introduit dans un autre creuset couvert, où il est maintenu pendant une heure à la chaleur blanche. Les oxydes sont réduits, et le zinc se volatilise pendant qu'il reste du nickel sursaturé de charbon ; on dissout celui-ci dans Ystcide nitrique , on filtre le liquide pour en séparer le résidu charbonneux, et on convertit le nitrate en oxyde niccolique. L'oxyde niccolique se dissout , par la fusion , dans le verre et dans les flux, et leur donne une couleur d'hyacinthe qui devient foncée à chaud, mais qui perd de son intensité par le refroidissement.
Suivant les expériences de Kothoff^ l'oxyde niccolique se compose de :
Centièmes. Atomes.
Nickel l^il^ '
Oxygène 21,29 i
Poids atomique , = 469967 ^ \ formule, =NiO ou Ni.
a*^ Suroxyde niccoleux. On l'obtient en décomposant le nitrate niccolique à une température qui ne s'élève pas jusquau rouge, ou en faisant digérer l'hydrate niccolique dans la dissolution d'un chlorite. Le suroxyde niccoleux est noir ; il se décompose et dégage du gaz oxygène, quand on le chaufte jusqu'au rouge, ou qu'on le met en digestion dans de l'acide sulfurique ou nitrique
63o SütPÜRB VICOOLIQÜE.
L'acide chlorhydrique ït disioat «reo dégagement de gax chlore; un mélange d'ammoniaque et de carbonate aromonique le dissout avec dégagement de gas nitrogène $ dans les deux oa« , le suroxjde est ramené à l'état d'oxyde niccolique.
Le suroxjde niccoleux se compose de t
CendèfliM. Atones.
Nickel 71,86 9
Oxygène • ft8|i4 • • • • 3
Poids atomique, iv« loäp^SS; formule, ssKiO* ou Ni«
En traitant la dissolution d'un sel de nikel par un mélange de soude caustique et de chlorite sodique , on obtient un précipité noir qui, selon fFinckelbleeh ^ est du suroxyde niccoleux. Traité par l'ammoniaque caustique , il se dissout avec dégagement de gaz nitrogène, et la liqueur bleue contient de l'oxyde niccolique difsous dans l'ammoniaque» Il se compose de 75,491 pour cent de suroxyde niccoleux, et 149^09 pour cent d'eau :^ H Ni.
Le suroxyde niccoleux a une grande tendance à se combiner avec les oxydes métalliques qui jouent le rôle de bases. En mâant Vhydrate d'oxyde niccolique avec un autre oxyde métallique dans l'eau, et y faisant arrirer du gaz chlore^ on obtient une combi* naison de suroxyde niccoleux avec l'oxyde métallique ajouté, dont un excès se dissout dans la liqueur à l'état de chlorure et de chlorite. Si l'oxyde ajouté est de l'oxyde zincique, l'alcali caustique n'enlèvera pas ce dernier de sa combinaison avec le suroxyde. Si l'oxyde niccolique s'y trouve seul, il se dissoudra complètement à l'état de chlorure de nickel et d'hypochlorite ou de chlorite niccolique.
3® Suroxyde niccolique. On l'obtient, d'après Thenard^ en traitant l'hydrate niccolique par le suroxyde hydrique , avec les précautions qui ont été indiquées à l'occasion des suroxydes de cuivre et de zinc. Il est d'un vert clair sale , et ressemble , par ses propriétés, aux suroxydes de ces deux métaux. Néanmoins The^ nard considère l'existence de cet oxyde comme n'étant point en* core suffisamment prouvée. Il contient de Teau.
Suivant les expériences de Schrotter ^ le nitrure ele nickel s^oh' tient lorsqu'on chauffe l'oxyde niccolique à + a6o° dans un courant de gaz ammoniac ; ses propriétés n'ont pas encore été décrites.
Sulfure niccolique. liC nickel se combine aisément avec le soufre; la combinaison s'opère avec dégagement de lumière. Le sulfure qui en résulte est d'une couleur jaune grisâtre, et jouit de
StTLPORC N!t5CÖLtQtR. 65 1
l'éclat métallique; il est attiré par l'aimant, et dissous par Tacide nitrique et l'eau régale. A I» chaleur rouge il est décomposé, en produisant une efflorescence d'une belle couleur yerte. On obtient aussi le sulfure niccolique en fiiisant fondre l'oxyde niccolique arec du soufre , ou en réduisant le snlfete niccolique par lu poudre de charbon ; mais , d'après Bertfäer^ il perd , par ce dtsraier ttloytn ^ une petite quantité de son soufre. Quant à la formation dti suU ftire de nickel par la fusion avec le foie de sotift« , f en Ai déjà fait mention en traitant des opérations qui ont pour but de dé^ composer le nickel arsenical. Le sulfure niccolique se trôU!r«, dans le règne minéral, cristallisé en aiguilles déliées et capillaires; ce qui lui a valu le nom de nickel capillaire {haarkleÈ). Pdf la voie humide, on obtient le sulfure niccolique en faisant affiler un courant de gaz sulfide hydrique dans la dissolution d'un sel niccolique neutre ; le nickel se précipite. Jusqu'à ce que la* dissolu« tion contienne un certain excès d'acide. Cependant, d'après Gay- Lussac y il est précipité complètement d'une dissolution dans l'acide acétique. C'est pour cela que quand on veut précipiter, à 1 aide du sul&de hydrique, d'autres métaux qui se trouvent dans In dissolution niccolique , il faut y ajouter un excès d'acide , pour s'opposer à la précipitation du nickel. Le sulfure niccolique obtenu par ce pro^ cédé est d'un jaune brun foncé, presque noir. Il se dissout dans un excès de suif hydrate; la dissolution a une couleur jaune brunâtre, et quand elle contient beaucoup de nickel , elle est noire et opa» que. On ne parvient que très-lentement à dépouiller le nickel de l'ar- ^ senic par le gaz sulfide hydrique; car, pendant la dissolution du minerai de nickel dans l'acide nitrique, une partie de l'arsenic se change en acide arsénique, qui n'est décomposé que très«lentement parle gaz sulfide hydrique; mais la séparation s'effectue promptement, lorsqu'on sature la liqueur d'abord d'acide sulfureux qui réduit l'adde arsénique à l'état d'acide arsenieux, et qu'on chasse ensuite l'excès d'acide sulfureux par l'ébullition. L'arsenic est alors facilement précipité par le sulfide hydrique. Le sulfure niccoUque, préparé par la voie humide, se dissout à chaud dans l'acide chlorehydrique, avec dégagement de gaz sulfide hydrique. S'il s'est précipité du sulfure d'arsenic en même temps que du sulfure de nickel, il restera un sulfosel de l'un et de l'autre, non dissous dans l'acide. Le sulfure de nickel se compose de :
63a PHosPHims de nickfx.
Centième«. Atomes.
Nickel 64,76 I
Soufre 35,214 ^
Poids atomique, =570,84; formule, =NiS ou Ni.
Arfoedson a découvert un autre degré de sulfuration , que Von peut appeler soussulfure de nickel^ et que l'on obtient quand on fait passer un courant de gaz hydrogène sur du sul&te niccolique chauffé au rouge. Au commencement de l'opération, il se dégage de Tacide sulfureux et des vapeurs d*eau, et le sel se con* vertit en une masse jaune pâle, d*un aspect métallique, qui fondaiséinent dans des vaisseaux de verre , quand on élève la température. Cette combinaison diffère de la précédente, en ce qu*elle est plus fusible et que la couleur est plus claire. Le nickel y est combbé avec moitié moins de soufre que dans le sulfure précédent. Ce soussulfure se compose de :
Centièmes« Atomes.
Nickel 78)61 1 "a
Soufre ai)389 • • • • i
Poids atomique, =940,5 15; formule , =NiSouNi.
On obtient des sulfures plus élevés, mais qui n*ont pas encore été examinés, en précipitant les sels de nickel par les bi-, tri« et persulfiires alcalins.
Phosphure de nickel. Le phosphore se combine aisément avec le nickel; la combinaison se présente sous forme d*une masse blanche, dure, assez fusible, et à cassure fibreuse. Chauffée à fair libre jusquau rouge, elle se décompose. D après H, Rose y on obtient un phosphure de nickel gris, en chauffant du chlorure niccoleux dans un courant de gaz phosphure hydrique. Ce phosphure est insoluble dans Tacide chlorhydrique, mais très*solubIe dans Tacide nitrique. Sa composition est Ni' P. On obtient un produit composé de la même manière, mais doué de propriétés différentes, en chauffant un sousphosphate niccolique dans un courant de gaz phosphure hydrique. Cette combinaison se forme facilement; elle est noire, pulvérulente, et dépourvue de la faculté de rendre la flamme du chalumeau phosphorescente.
Le nickel s unit au carbone y quand on fait fondre un mélange de ces deux corps. Lorsqu'on dissout le nickel dans lacide chlorhydrique, il reste du charbon, qid ressemble par son aspect au graphite.
ALLIAGES UK NICKEL. 633
Alliages de nickel, he nickel se combine facilement avec Tarsenic, et retient ce métal avec force, même à la chaleur la plus violente. Cet alliage n*est point attirable à laimant. Le règne minéral nous offre deux composés d'arsenic et de nickel : celui qui contient moins d*arsenic a reçu le nom de kupfernickel ; il est formé de 2 atomes de nickel et de i équivalent d'arsenic, =Ni' As; il a une couleur cuivrée, jaunâtre, et beaucoup d'éclat. On l'a rencon* tré quelquefois sous forme cristalline, à Richelsdorf ,dans la Hesse, Le second, appelé nickel arye/i/ca/, est blanc; et quand on le chauffe en vases clos , il abandonne de l'arsenic métallique , et se transforme en kupfernickel. Sa formule est MiAs* On trouve en outre, à Loos en Suède, un composé de sulfure et d'arseniure niccoliques, qui s'appelle nickelglanz (mine blanche de nickel). Sa véritable composition paraît devoir étr^ exprimée par la formule Ni S' + Ni As. Quelquefois ce minéral contient un peu d'antimoine, qui remplace alors l'arsenic, atome pour atome. — Dans le cobalt arsenical des fabriques de bleu se trouvent quelquefois des cristaux trèsbien formés, qui, d'après Woehler^ contiennent, en centièmes, 45,87 d'arsenic, = Ni' As. Ces cristaux sont des octaèdres carrés; leurs pointes terminales sont souvent émoussées , au point qu'ils forment des tables à quatre pans. Ils ont une couleur rougeàtre , qui toutefois est beaucoup plus pâle que celle du kupfernickel. — Quand on réduit, par du charbon en poudre, l'arseniate iiiccolique préparé par précipitation , on obtient un culot métallique blanc, non malléable, dont la cassure est à grain fin, et qui n'est point magnétique; le nickel y est combiné avec moitié moins d'arsenic que dans le kupfernickel. Une petite quantité d'arsenic, ajoutée au nickel , ne prive celui-ci, ni de sa malléabilité, ni de sa vei*tu magnétique, mais le rend plus fusible; de là vient que, dans les essais au chalumeau , on obtient un globule de nickel malléable et magnétique , quoique le métal pur soit infusible au chalumeau.
Le nickel et X antimoine pulvérulents , mêlés en atomes égaux et chauffés ensemble, se combinent avec production de lumière, et forment une masse d'un rouge pâle violet^ qui ressemble beaucoup au kupfernickel. Cette combinaison se rencontre naturellement à Andreasberg, au Harz; elle est formée de Ni*^b. Elle devient d'un gris de plomb par une plus grande quantité d'antimoine.
Le titane peut être fondu avec le nickel. Suivant Damour, le mercure s'amalgame avec le nickel , lorsqu'on dissout un sel nie-
(>34 ALLIAGES DC IflCKCL.
eoliqne dans l'ainmonîaque caustique, et qu*on fait digërer la solution dans un vaisseau ferme , avec un amalgame de i partie de zinc et de* 6 parties de mercure. Le sine précipite le nickel , et o^lui-ci s'unit au mercure. Il se dégage en même temps un peu de gaz hydrogène. La décomposition s'opère lentement ; et après qae la liqueurj s'est chargée d'une certaine quantité de zinc , il faut la renouveler ; cette opération doit être répétée jusqu'à ce qu*il ne se dégage plus de gaz hydrogène par les portions de liquide ajoutées. On obtient ainsi un amalgame, qu'on réduit en poudre, et qu'on feit bouillir quelques instants avec de Vacide sulfurique très^étendu , pour enlever les dernières traces de zinc. Cet amalgame est attiré par l'aimant, et s'oxyde à l'air libre.
Le composé de nickel et de zinc se présente sous forme d'une masse blanche et cassante, qui entre dans la composition du packfong des Chinois.
L'alliage A'êtain et de nickel est blanc et cassant; à une température très-élevée, on peut l'enflammer.
Le nickel s'allie, par la fusion, *d\xfer (voyez Fer) et au cobalt; mais ces alliages, et en général la plupart des alliages de nickel, sont peu connus. Il est même beaucoup de métaux avec lesquels on n'a pas essayé de le combiner.
L'alliage de nickel le plus important, et presque le seul qui soit employé, est un mélange de cuivre, de zinc et de nickel, qui est connu depuis longtemps, en Chine, sous le nom de pactfong on tutenag. Aujourd'hui on fabrique, surtout en Allemagne^ de grandes quantités de cet alliage, que Ion y nomme argentan ou méud d* Alger y et qu'on y emploie à foire des objets divers, tels que cuillers, fourchettes, chandeliers, plaques de harnais, armes, etc. L'argentan a une couleur blanche, très-semblable à celle de l'argent , et il prend un très-beau poli ; il est malléable, et susceptible d'être étendu en plaques et d'être tiré en fils. On en obtient différentes espèces, en variant les proportions des principes constituants ; en général, il fout le considérer comme du laiton , auquel on a ajouté \ de son poids de nickel. Un des mélanges les plus usités, et qui donne un alliage très-blatic et irès-malléable, est formé de 3 parties de cuivre, i partie de nickel et i partie de zinc. — - Le cuivre et le nickel seuls , employés , par exemple, en parties égales, ou même dans des proportions telles qu'il y ait une partie de nickel pour a de cuivre, donnent également des alliages mal-