‹ Traité de chimie minerale, végétale et animale (volume 3)Chapitre 65 sur 80 · OXYDE G0BA.LT1QU · texte numérisé non relu

OXYDE G0BA.LT1QU

X® Oxyde cobaltique. On lobticnt, soit en calcinant fortement le cobalt à Tair libre, soit en dissolvant ce métal dans lacide nitrique ou dans Tacide chlorhydrique bouillant , et précipi*tant la dissolution par un carbonate alcalin« L'oxyde qui provient de la calcination du carbonate cobaltique précipité est d'un gris cendré, et celui qu'on obtient parla combustion du métal est bleu ou bleu grisâtre. Précipité par la potasse caustique de sa dissolution dans les acides , il est d'une belle couleur bleue ; et quand le précipité est bouilli pendant quelque temps, il devient peu à peu violet y et quelquefois d'un rouge sale. D'après Proust^ ce précipité rouge sale est de Y hydrate cobaltique; quand on le calcine dans une cornue ^ il donne de Feau, et laisse l'oxyde avec sa couleur d'un gris cendré. Le précipité bleu, formé par la potasse caustique, est, suivant fFinckelblech ^ un sel basique, qui a toujours la même couleur avec différents acides, mais qui n'a pas toujours le même excès de base. Par l'ébullition avec la potasse, on enlève l'acide qui reste.

L'oxyde cobaltique se dissout par la fusion dans les ilux vitreux, et leur communique une très-belle couleur bleue, qui parak violette à la lumière d'une bougie, et même rougeàtre quand l'oxyde est très-étendu.Pour colorer le verre, il suffit d'une si petite quantité d'oxyde, que certainement nulle matière colorante n'a autant d'intensité que celle-là. Par une ti*op grande quantité d'oxyde, le verre devient noir. Si Ton fiùt fondre de l'oxjde cobaltique avec du borax, et que l'on dissolve la masse vitreuae dana l'eau, à l'abri du contact de l'air, l'oxyde reste sous forme d'une masse bleue volumineuse. Si Ton chauffe l'oxyde avec du verve de borax sur un têt de porcelaine, il passe à ou plus haut degré d'oxydation , et l'on obtient une masse noire, qui , mêlée avec de Toxyde manganique, sert de couleur noire dans la peinture suv émail, et qui, calcinée jusqu'au rouge cerise y repaase à Tétât de Yorrebleu..

L'oxyde cobaltique se combfaie avec les akalis, et peut-être mêiuft avec les terres. Fondu avec la potasse caustique, il s'y dÎMOut et kû communique une couleur bleue ^ sa dissolution est déconpcaée par l'eau et par l'air libre : dans le premier cas, il se précipite de l'oxyde; dans le deuxième, du suroxyde« L'ammoniaque causte- ^pie et le carbonate ammonique dissolvent l'oxyde cobaltique, %m prwnnt une couUur rouge* CeUe couleur esi assea belle^ s» l'oxyda

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cobaltique est pur ; la teinte se change plus ou moins en pourpre sale, et peut même devenir d'un brun noir, suivant que Toxyde contient plus ou moins de nickel. La potasse caustique ne le précipite point de cette dissolution. Il est probable que Toxyde cobaltique, de même que l'oxyde niccolique, a tant d affinité pour d'autres bases salifiables, que l'ammoniaque ne dissout pas tout l'oxyde cobaltique contenu dans ces composés.

Les combinaisons les plus remarquables que forme l'oxyde cobaltique avec les bases sont celles qui résultent de son union avec la magnésie, l'alumine et l'oxyde zincique. Si l'on verse du nitrate cobaltique sur la magnésie^ qu'on sèche et qu'on calcine celle-ci, elle prend une teinte rose qui est faible, mais si caractéristique que, dans les essais au chalumeau, on reconnaît la présence de la magnésie dans les minéraux qui ne contiennent ni des oxydes métalliques ni de l'alumine , en triturant le minéral avec de l'eau, faisant tomber une goutte du mélange sur du charbon, desséchant la matière, et y ajoutant un peu de nitrate cobaltique, desséchant de nouveau, et faisant fortement rougir le mélange. Après le refroidissement, la masse est toujours d'un rouge pâle , plus ou moins prononcé, suivant qu'elle contient plus ou moins de magnésie. Si on parvient à la fondre , la couleur acquiert plus d'intensité encore. On obtient la combinaison de l'oxyde cobaltique avec Y alumine^ en mêlant un sel d'alumine exempt de fer, par exemple de l'alun de Rome avec une dissolution de cobalt par- £iitement pure, précipitant la liqueur par un alcali, lavant le précipité avec soin, le desséchant et le calcinant fortement. On obtient ainsi une belle poudre bleue, que l'on peut comparer à loutremer pour la pureté de la teinte, et à laquelle on donne plus ou moins d'intensité , en y faisant entrer des proportions diverses de cobalt. Mais , pour que cette couleur soit parfaite , il est nécessaire que les matières qui servent à sa préparation soient entièrement exemptes de fer et de nickel. On peut aussi l'obtenir en versant du nitrate cobaltique sur de l'alumine déjà précipitée, faisant dessécher le mélange et calcinant le résidu. La couleur bleue de ce produit peut servir à reconnaître l'alumine au chalumeau, et à découvrir la présence de cette terre dans des minéraux qui ne contiennent point d'oxydes métalliques. La masse devient bleue par la calcination ; mais il faut prendre garde qu'elle n'entre en fusion, car alors elle bleuirait , même quand elle ne contiendrait point d'alu-

SUROXYJDE DE COBA.LT. 64 1

mine. Cette couleur bleue a été découverte par Gahn , ainsi que l'emploi de Toxyde cobaltique, comme réactif dans les essais au chalumeau. Au jour, elle peut remplacer Fouiremer; mais, à la lumière du feu, elle a une teinte violette comme tous les bleus de cobalt. On prépare la combinaison de Toxyde cobaltique avec Xoxjde zincique, de la même manière que celle avec Talumine; sauf qu'on emploie, à la place d'un sel aluminique, un sel ziucique exempt de fer. Après avoir été calcinée, cette combinaison est d'un assez beau vert; elle a été découverte pArRinmanfiy et a reçu , pour cette raison , le nom de vert de Rinmann. On ne s'en sert pas, parce que sa beauté ne répond pas au prix élevé auquel elle revient.

D'après l'analyse de Rothojjfj l'oxyde cobaltique a pour composition :

Centièmes. Atomea.

Cobalt 78,68 I

Oxygène 21,32 i

Poids atomique, =468,991, • formule, =CoO ou Go.« L'hydrate renferme 8o,656 pour cent d'oxyde, et 19,344 pour cent d'eau, = HCo. Les combinaisons de l'oxyde cobaltique avec les acides sont en général rouges, lorsqu'elles contiennent de l'eau, et bleues, lorsqu'elles sont anhydres.

a. Le suroxyde de cobalt s'obtient, d'après fFinckelblech^ à l'état anhydre, lorsqu'on expose le cobalt métallique (réduit par le gaz hydrogène à une douce chaleur) à la température rouge commençante, et qu'on l'y maintient jusqu'à ce qu'il n'augmente plus de poids, ou lorsqu'on fait fondre le nitrate cobaltique à une douce chaleur, jusqu'à ce que l'acide nitrique soit chassé, et le résidu solidifié en une masàe d'un gris acier. On réduit cette masse en poudre, et on la calcine de nouveau, pour éliminer les dernières traces des éléments de l'acide nitrique. Par la voie humide, on obtient le suroxyde de cobalt à l'état d'hydrate, en précipitant un sel de cobalt par un mélange de chlorite potassique et de potasse caustique , ou en faisant digérer Toxyde cobaltique récemment précipité avec une solution de chlorite sodique. Après la dessiccation , il forme une masse noire, agglutinée , d une cas* sure vitreuse. A l'état de poudre, il ressemble à la terre d'ombre. L'eau peut en être expulsée à une douce chaleur, sans que le suroxyde change d'aspect. On le rencontre quelquefois dans le règne II. 4i

6^1 SmOXYDK DK COBALT.

minéral, sous le nom de noir de cobalt. Par la calcination, il se décompose avec dégagement d*oxygène et d*eau, et laisse, d*a* près Hess^ un composé intermédiaire d*oxyde et de suroxyde , qui va être décrit; par une forte chaleur rouge, il se réduit en oxyde cobaltique. D'après Becquerel^ on obtient le suroxyde cristallisé en tables carrées, en maintenant l'oxyde cobaltique pendant longtemps en fusion avec de Thydrate potassique, laissant la masse refroidir lentement, et 1 épuisant par de l'eau.

Le suroxyde de cobalt a les propriétés d'une base salifiable, et peut être corlibiné avec les acides; mais les composés qu'il forme sont peu stables : Ils ne tardent pas à dégager de l'oxygène, et laissent un sel d'oxyde cobaltique en dissolution. Les acides sulfurlque, nitrique et phosphorique, dissolvent l'hydrate de suroxyde avec une coloration brune ; l'acide chlorhydrique donne naissance à un chloride brun, soluble dans l'eau; mais la lumière et la chaleur y déterminent aussitôt un commencement de décomposition : il se dégage de l'oxygène et du chlore. L'acide oxalique le dissout avec dégagement de gaz acide carbonique , pour former un sel double vert d'oxyde et de suroxyde. L'acide acétique eti est le meilleur dissolvant : il dissout l'hydrate lentement, mais complètement, en un liquide brun foncé, qui supporte l'ébullition sans se décomposer, et qui a une puissance tinctoriale telle qiie quelques gouttes suffisent pour communiquer à une bouteille d'eau une couleur jaune. Exposé à l'influence de la lumière du soleil, cette dissolution se transforme rapidement en sel d'oxyde. La potasse caustique y précipite de nouveau Thydnite de suroxyde. Le phosphate et l'arséniate de soude y forment des précipités bruns. L'hydrate de suroxyde est, au bontraire, décomposé par les acides formique, larlrique, citrique, ràcémique, etc.; l'oxyde cobaltique se combine ensuite avec la partie non décomposée de l'acide. L'hydrate de suroxyde n'est pas altéré par l'ammoniaque, tandis quil est dissous en vert, et avec dégagement d'acide carbonique, par l'oxalate ammonique. Nous n'avons aucune donnée sur la propriété qu'aurait le suroxyde de cobalt deisc combiner avec les bases; il est cependant probable qu'il ressemble, sous ce rapport, au suroxyde de nickel.

fP^inckelbfech j qm examina lé premier les rapports du suroxyde de cobalt, proposa d'appeler ce dernier oxjde cobaltique y et de réserver à l'oxyde inférieur le nom acja/de cobaüeuJb. Ceci est en

COMPOSES d'oxyde ET DE SUHOXTDE DE COBALT. 643

harmonie avec la nomenclature employée pour les oxydes de manganèse et de fer. Il ne faut pas cependant se hâter de transporter le nom d*un corps bien connu à un autre; il faudrait alors appliquer aussi la même réforme à la nomenclature des oxydes de nickel. I^our éviter cet inconvénient, j*ai conservé Tancienne dénomination. Tai pensé, d'ailleurs, qu'il ne valait pas la peine d'iiitroduire des changements dans une' nomenclature qui subira sans doiite, avec le temps, une refonte totale. Le suroxyde de cobalt se compose de :

Centièmes. Atomes.

Gobait 7I9O98 a

OxygèHe 28,912 3

Poids atomique, = 1087,983 ; formule, =GoO'' ou éo. L'hydrate

se compose de 75,466 pour cent de suroxyde , et de 24,534 pour

<:ent d'eau , = S Go.

Composés d oxyde et de siiroxyde de cobalt. Le suroxyde, chauffé à une forte chaleur rouge, perd de l'oxygène, et laisse , d'après Winckelhlech , une poudre d'un noir velours , dans laquelle 100 parties de cobalt se trouvent combinées avec 82 parties d'oxygène,=*Co + Go. Lorsqu'on maintient cette poudre au rouge sombre jusqu'à ce qu'elle n*augmente plus de poids, elle absorbe de nouveau de l'oxygène, pour fournir un oxyde dans lequel 100 parties de cobalt sont unies à 36,2 parties d'oxygène, =:Co4-Go. Ce composé produit, avec Fafcide oxalique, un sel, sans qu'il y ait dégagement d'acide carbonique. Exposé à la chaleur blanche , le composé d'oxyde et de suroxyde ne laisse que de l'oxyde cobaltique. Il se forme un produit semblable, dont la composition n'a pas été examinée de plus près, lorsqu'on expose au contact de l'air l'oxyde cobaltique humide récemment précipité ; celui-ci se colore peu à peu en vert pâle , et , s'il n'a pas été préalablement chauffé, il conserve cette couleur après la dessiccation. Les sels basiques bleus éprouvent ce changement plus vite que l'hydrale, qui, par une dessiccation rapide, peut être en général consei*vé Intact; et, après cette opération, il reste parfaitement intact. On obtient le même oxyde vert en ajoutant une solution cobaltique à de l'eau froide aérée, mêlée d'un peu de potasse caustique; mais il ne se forme pas, si l'eau a été préalablement dépouillée d'air par l'ébullition ; SI ne se sépare alors qu'un sel bleu basique.

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