‹ Traité de chimie minerale, végétale et animale (volume 3)Chapitre 71 sur 80 · II · texte numérisé non relu

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6ç|d p{fOftl»ttbliÈ bÈ FBh.

fliiufre dans une corniie de Yerre^ sans élever la chaleur jttiquaii rouge ) mais en chauiTant asses pour que le foulire eh eneès aoii distillé^ il se dégage du gas acide sulfureux, et il reste une poudre foncée d'un brun ehfttain. Cette poudre est fortement attirée par Taimant, prend feu à une chaleur inddérée, brùle comme de Tamédou , et se dissout avec lenteur dans les acides, en donnant naissance ft un sel ferreux ^ sané qu*il se dégage de gaz suW fide hydHque. Cette cdtnbinaison se forme également quand on filit chauffer de la pyrite jaune, en poudre grossière , dans de^ vases mal ferttiés, de tnanière à l^hasser le soufre; la maaseeakî* née se combine, pendant le refroidissement, avec de l'Hxjrgèbe, et conserve très-peu de tendance à le dissoudre dans les acides î avec dégagement de sulfide hydrique.

Phô^pAnre tk /en Le fer se combine fiicilemeni avec le phas« phdre, quand on fait fondre un mélange d'acide phosph<»rîqttei de charhtin en poudre et de limaille de fer; ou, diaprés ff^oMtt^ en tfxpoêânt un mélangé de 4 parties de limaille de fer, 5 parliaé d*os calcinés) 1 1 parties de sable quartzeux broyé fin et i partie de charbon en poudre, à une température suffisante pour fondre le stUoate calciqUë qui se produit. Le phosphure de fer obtenu phr C0 moyen a utHi couleur plus blanche que lacier, et une dureté exthiordinaire ( il est très^cassant, et susceptible du plus bea» polii Plus (Visib)e que la fonte de fer, il n*est pas rare qu'il cristailiaé en prismes paMei*erroidissement. Il parait suseeptible d'étM fondu dans toute proportion avec le fer. Poui' lavoir à un degré déterminé de eoinbinklson, on mêle du phosphate forreux avec Un qaa^i «ba acin poid» de charbon en poudre; On introduit le itiélaDge daiis un creuset) ei on le réduit par un feu de forge (i). On obtient ufe eulot hiétaHique fondu > qui a la couleiir et l'éclat du for. Il est easeattt) et focib à réduire en poudre; sa caïaure est grenue , et d*Une t^Hileur Uti peu (ilus foncée que celle de Taoïer. il n'est point magnétique^ et) quelque fine que aoit sa poudre ) laiaiaBt ne l'attire pas : ce phosphure n'est disftous ni par l'acide sulAirique, ni par l'acide thtorhydrique) et il i^e se dissout que diffid*

(i) Dans cette expérience , il faut employer on excès de phosphate ; car si le cbarfooa était prédominant, il chasserait une partie du phosphore, et on obtiendrait uu mèbiiife lis foaie ei d« phM|Miara èe fer | m IMümI «e aNtaafè far Vmààt Mm^tjén^^^ la Awttt «t iiMoate» tsiriu i|in la ^ha^ribera de fcr rMt mm» forne d'iite ^widr» nénd' liquc.

PJSOBl^llÜttft bk FEH. 6tj(

lëfiièrtt danü l'acide nitrique eoticentH et dans Teau renale. Ghouffé alt chalumeau^ il entre aisément en fusion, et rerient très-longtemps son phosphore, même au feu d'oxydatioti. Il est fwmé de ^7 pamies de fer et a 3 parties de phosphore^ Le liiétal y est combine avec la moitié du phosphore qui serait néc^essaire jiour former areo 1 oxyde ferreux un phosphate neutre ) e'est-adire qu'il contient 4 atomes de fer et a de phosphore ^ =: ¥e*P ; par conséquent la chaleur Yolatilise , pendant sa formation , la moitié juste du phosphore qui était contenu dans le sel. Il serait iiltéressant de rechercher si Ton obtiendrait un plus haut degré de combinaison du fet* avec le phosphore, en faisant passer un Courant de gaz hydrogène sur du phosphate ferreux neutre, préalablement chauffé jusqu'au rouge naissant. D après ^. Rose^ ob obtient avec beaucoup de facilité un phospfaure de fer en calcinant de la pyrite pulvérisée Fe, dans une atmosphère de gat phoçphure hydrique, à uiie tempérdture insuffisante pour dé- Coroposei* la pyrite. Il se dégagé du gaz sulfide hydrique, etil reste un phosphure de fer noir, pulvérulent, tout à fait insoluble dans l'acide chlorhydrique, mats soluble dans l'acide nitrique et dans l'eau régale. Sa composition peut être exprimée par la for* mule Fe'P» ou FeP -f- FeP*

Une petite quantité de phosphure de fer qui se trouve dissoute dans une grande quantité de fer méullique diminue , à la tempei-atufe ordinaire^ la ténacité de ce dernier, et fait qu'il casse facileflient à cette température, quoiqu'il soît^ à la ohateur jrouge, aussi ductile que le fer de bonne qualité. Tous lés minerais de fer qui contiennent du phosphate calrique, et surtout un phosphate dé fer, donnent une fonte qui contient du phosphore, et qui peut être emplojrée à la fabrication d'objets coulés, mais qui est impropre à la fabrication du fer en barres. Quand on fait disiM>udre dans les acides un pareil fer cassant à froid , le phosphore passe à l'état d'acide phosphorique ; si l'on sature l'acide libre qui se trouve dans la dissolution ^ soit par un alcali , soit par l'oxyde ferreux, et qu'on laisse la liqueur exposée à l'air pendant quelque temps, il se précipite une poudre blanche, qui est du phosphate ferrique. Bergman ^ qui fit le premier cette remarque, ayant trouvé que la poudre blanche pouvait être réduite par le charbon en une masse métallique d'un gris d'acier, la cotisidéra comme un métal particulier, auqilel il donna le nom de siderum; mais

69^ CAIIBÜRE I>£ FER.

Klaproth a fait voir que ce métal contient du fer et du phos^ phore , et Scheele a prouvé que la poudre blanche est du phos« phate ferrique.

Carbure de fer. Le fer a beaucoup d'affinité pour le carbone ; mais les différentes proportions dans lesquelles il peut se combiner avec lui ne sont pas bien déterminées. Autrefois on regardait le graphite comme un surcarbure de fer. Jai déjà dit, en parlant du charbon , que cette substance n'est que du carbone sous une forme particulière, qui contient accidentellement du fer, mais dans laquelle ce métal n'entre jamais comme corps essentiel à son existence. Les plus hauts degrés de carburation du fer s'obtiennent en soumettant des sels de fer à acides végétaux, dans des yases clos ; à la distillation sèche; alors il ne reste à la fin que du fer et du carbone combinés ensemble. Mais, jusqu'à présent, ces combinaisons n'ont pas été soumises à un examen spécial , parce qu on les a regardées comme de simples mélanges de carbone et d'oxyde ferreux. Les seules qui aient attiré l'attention des chimistes sont celles qui se forment quand on décompose par la distillation sèche, à une température élevée , les doubles cyanures anhydres de fer et d'un autre métal. Les cyanures doubles des radicaux des alcalis et des terres alcalines sont décomposés à la chaleur rouge, de telle sorte que le nitrogène du cyanure de fer se dégage à l'état de gaz, et laisse le fer combiné avec le carbone du cyanogène , pendant que le cyanure alcalin reste intact. Les cyanures doubles, formés par les radicaux des terres alcalines, donnent du carbure de fer déjà à une température que supporte encore le verre; mais ceux formés par les radicaux alcalins exigent pour cela une température bien plus élevée. Si l'on ajoute de l'eau à la masse calcinée, le cyanure alcalin se dissout, tandis que le carbure de fer reste sous forme d'une poudre noire. Le meilleur moyen pour obtenir cette combinaison à Fétat de pureté consiste à distiller dans une cornue du cyanure ferrosoammonique. Il passe d'abord , en même temps que l'eau , du cyanure ammonîque, puis il se dégage du gaz nitrogène. Si, vers la fin de l'opération , on fait rougir le carbure de fer restant, il prend feu, et parait brûler, pendant un instant, comme du gaz oxygène; mais ce phénomène disparaît rapidement. Si une partie du cyanure de fer a échappé à la décomposition, elle se décompose pendant cette élévation rapide de température, et du g»

CARBURE DK FER. 698

nitrogène se dégage avec violence. Ce phénomène de lumière a la plus gi'ande analogie avec celui qu on observe quand on chauffe Fhydrate ferrique ; il repose sur ce que le carbure de fer passe d'une modification isomérique à une autre. Le carbure de fer ainsi obtenu est une poudre noire, sans consistance, qui s*enflamme à une température peu élevée, et brûle comme de l'amadou, en laissant un poids d*oxjde ferrique égal au sien. Sa composition est telle, que si le fer se transformait en oxyde ferreux , et le carbone en acide carbonique , ce dernier absorberait quatre fois autant d'oxygène que le premier; par conséquent il contient i atome de fer et n atomes de carbone, = FeC'. En chauffant de même du bleu de Prusse pur dans des appareils distillatoires , on obtient de Teau , un peu de cyanure ammonique et beaucoup de carbonate ammonique,et il reste dans la cornue du carbure de fer, qui produit un phénomène de lumière semblable à celui dont nous venons de parler. Dans ce carbure, le charbon absorbe trois fois autant d'oxygène que le fer; et 100 parties, après avoir subi la combustion, qui s'opère tout aussi facilement que celle du précédent, laissent io8,a8 parties d'oxyde ferrique rouge. D'après cela, il contient a atomes de fer et 3 atomes de carbone = Fe C\ On ne connaît point de méthode pour préparer un carbure de fer dans lequel le carbone et \^ fer soient réunis dans les mômes proportions que dans le carbonate ferreux, c'est-à-dire , dans lequel il y ait i atome de fer pour i atome de carbone

Je dois rappeler ici le même mode d'action qui a lieu pour le cyanure argen tique (toni. I, pag. 32i ), lorsque celui-ci sert à la formation du paracyanure argentique; et j'ajouterai que le fer ne retient pas le nitrogène , mais que ce dernier se dégage à la chaleur rouge , et laisse du carbure de fer.

Le fer absorbe le carbone par la fusion ; c'est ce qui se voit dans nos hauts fourneaux. Dans la partie supérieure du haut fourneau, le minerai est réduit, par le gaz oxyde carbonique, à l'état de fer métallique ; celui-ci se combine ensuite avec le carbone de deux manières différentes : i^ par le contact immédiat avec les charbons incandescents, à une température élevée; a** parce que le fer, dans les parties plus chaudes du haut fourneau , enlève du carbone au gaz oxyde carbonique, qui se change ainsi en gaz acide carbonique. Suivant le Play et Laurent^ lors-

6()4 C4R9URP P^ fIfcB.

qu'on ferprie herm^tiqueinent Textremite d'un tiibe de porcelaine dispoaëdansqn fourneavi conTenable,quPP jntrQduH ensuite danf le tube un morceau de minerai dç fer et uniporceau dl^' cl)^bpii| Tun er l'autre plapés dans des vasçs de porcelaine séparés, el qu'on adapte, au moyeii d'un bouchon de liège, à t*extré|nité oiiYert^ dû tube, un tuyau 4^ verre recourbé <:t se rendant dans uqe cute i mercure ; enfin , lorsqu'on maintient V^ndroif du tube où se troi|« vent \^s deux vfises de porcelaine, pendant plusieurs heun», i une forte phal^ur rouge , on voit que le minerai de fer se change à la fin ^n carbure de fer. Voici ce qui se pa^se : L'oxygène deVaip du tube se convertie | aux dépens du charbon, en gaz oxyde ca^ bonique, qui à son tour se transforme 9 aux dépens de Toxyde ferrique, en gaz acide carbonique; ce dernier enlève de nouveau du carbone aux fragments de charbon, et repasse à l'état de ga?; oxyde carbonique, Il se produit aussi du gaz oxyde carbonique aux dépens de l'oxygène de l'oxyde ferrique ; le volume du giz est augmenté, et le tube à dégagement est de temps en temps traversé par une bulle de gaz. Au commencement il ne s'opère qud la réduction du fer î mais , à mesure que ceUe*ci fait des progfèii le gaz oxyde carbonique ^st , d'après les donuées indiquée» , dé^ composé par le fer métallique , qui enlève au gaz la moitié de «on carbone) et lega%9 changé en g^z acidç carbonique, absorba dfi nouveau du carbone : ceci dure jusqu'à ce que le fer ^e soit cqqi« biné avec une quantité déterminée de carbone ; toute actioa f 'ar» rête alors.

Le produit çiin^i formé est une véritable combinaison chim^ue de carbone et de fer. Mais lorsqu'on fait fondre ce composé «ni contapt fiveç du charbon , il en absorbe quelques centièn^es deso« poids, dont 1^ pl|is grande partie cristallise en écailles fuyant eue le fer fondu vienne à se solidifier par le refroidissement : ces cristaux peuvent souvent devenir très-gros, si le refroidissenieot se fait lentement ; le composé chimique de carbone et de fer sesoUdifîe autour^ et forme une masse brune, à cassure éci|illeuse, qui se laisse marteler et aplatir sous le m^i^teau. Lorsque le produit fondu du carbone dans le carbure dç fer est rapidement versé dans l'eau froide, il se prend sur-le-champ en une masse blanche, cassante et dure, dont les angles rayent le verre.

hai fonte est une semblable combinaison du fer avec le carbone, plus fusible que le fer doux ; elle renferme en outre une plus ou

moîns gr^pde quantité de chArbon i qyi a*y est Aépmé suui forinil f)'é^aii)les. 11 y a s^u\^jïi despèccs (1^ funte qu'il p#ut sß trouver <]|9 purps étr{iiiger$ dan« les u)inerqis;(n9i.S| en gén^ruli pn ^n dis« tîngue trois principales :

I® /^«w/« wow, Elle a wne copieur fontye, est un p«fu nioH^s f» pr#n^ l>mpr^îno du mari^üM. £11^ «ut p^s^ani^i et ^ çnMtir^t à gros grf)inS| l^iise apercevoir distinctement defi puillftt^s di^gm« phit« qui s*7 irouvent mêlées. \i\\ß eut plu« fufibU qw N üutrt^« sortes dq fpm#; e( quitud elle est rrfroidie lenleuienti i|«#<14pos« du grfipliite h 89 «urfiicd. Gwi ß\\ß qui contient U p'uf grande prppurûon de Cfirbone , et on Voliii^nt quelquefois dgn« le« Iwutf foprneau^i quand on a été obligé d'^mplpy^r trop iji^ q^^fhon^ proportionnetlenient «u miner^j.

a^ /^oii^ ^/*2>^. Elle e«t douée d'une «olidiié et dune ténacité ppnsidémbles. Sa cf^ssure e«t grenue. Qn pi^ut U tourner et h fo^ rer, On «en sert pour conler divers objet« j et principalement de# bouche« à feu, Ëlje provient de« minerai« dfî bonne qualité, quand le hfiut fourneau marche convenablement. l.or«que, par remploi d*une trop grande quantité de charbon proportionnellenient au minerai, elle commence à «e rapprocher de la nature de la fonte noire, on lui donne le nom defqntß truitée^

3" fçnte blanche, Il y en e deui^ sorte« ; l'une prpvjent de Uli'» nerais niangané«ifère«, qu'on a traité« dan« le hüUt fourneau, comme à lordinpire ; laytre se forme quand OP 4 employé une proportion de minerai trop grand*; relativement à la quuntité de charbon- EUe est dun blpnc dargent, cas«ante, et «i dure que le Terre en est rayé, Elle ne prend poin^ l'empreinte du mwteaw, ge 0HS«yre est cristalline» et Ton y trouve quelquefoj« de très-grande^ surface« cristallisée«. Un changement «ubit de température la fait casser comme du verre. ,

Qans ce« derniers temp« % on a commencé à fabriquer différenlft objets avec de la fonte, comme de« çouteeu^i de« ci«eaui^» de petit« clous, etc,, qui d ordinaire se fon^ en fer fi)rgé ou aciéré; et on a découvert pour cette fabricatipn un moyen de diminuer la dureté de la fonte s ^t de lui enlever ain«i |a propriété qu'elle pqssède de ca««er comme du verre. C'est ce qu'on appelle adpucfr la fonte, opération qui consiste h envelopper la pièoe coulée d'une matière pulvérulente, à l'y tenir pendant longtemps au rouge, e^ à la laisser refroidir avec l'enveloppe, On crut d'abord QM la

6g6 PONTE BLANCHR.

fonte se convertissait en fer malléable par la combustion du charbon. C'est Réaumur qui eut cette idée, et Lucas exécuta ropéntion , en enveloppant la fonte d*un mélange d'hématite en poudre et de carbonate calcique; mais Texpérience a prouvé que la nature chimique du fer n'est pas changée par cette opération , et qu'on arrive au même résultat en chauffant la fonte dans du sable, ou dans du charbon en poudre. I^e changement que la fonte subit dans ce cas est donc analogue à celui qu'éprouve l'acier quand on le fait recuire , et le verre quand il est refroidi lentement.

Quand la fonte reste longtemps sous l'eau, elle se décompose; l'acide carbonique contenu dans l'eau dissout le fer et l'eatraîne : il reste une masse grise, qui ressemble au graphite. Lorsqu'on retira de l'eau, il y a quelques années, les canons d'un vaisseau qui avait coulé à fond, cinquante ans auparavant, aux environs de •Carlscrona , on les trouva au tiers convertis en une pareille masse poreuse; à peine étaient-ils à l'air depuis un quart d'heure, qu'ils commencèrent à s'échauffer tellement, que l'eau qui y restait encore s'échappa sous forme de vapeur, et qu'il fut impossible d'y toucher. Depuis, Macculloch a observé que le corps analogue au graphite qui se forme ainsi présente toujours ce phénomène , et que ce corps s'échauffe presque jusqu'au rouge , en absorbant de l'oxygène. On ne sait pas précisément ce qui se passe dans ce cas.

C'est à Bergman que nous devons les premières notions seientifiques sur la composition de la fonte. Il trouva que plus elle est noire, moins elle dégage d'hydrogène en se dissolvant dans les acides ; d'où il conclut que la fonte était du fer incomplètement réduit, devant contenir en outre du carbone, puisqu'elle laissait du graphite pour résidu. Plus tard , on a tiré des expériences de Bergman cette conclusion, que la fonte était une combinaison triple de fer, d'oxygène et de carbone; et quoique d'anciens chimistes eussent cherché à prouver qu'à la température où le fer se forme, une pareille combinaison ne saurait subsister, cette opinion fut cependant adoptée. On a regardé comme un fait favorable à l'existence d'un pareil composé, le bouillonnement que la fonte parait éprouver pendant l'afBnage, phénomène que nous avons attribué à l'oxydation du carbone contenu dans le fer aux dépens de l'oxygène des scories mêlées avec le métal. Si l'on obtient moins de gaz hydrogène quand on dissout la fonte dans les acides que quand on y dissout le même poids de fer en barres, cela tient,

FONTR BL Alf CHR. 697

d'une {>art, à ce que la fonte contient du carbone, qui diminue d'autant la quantité de fer à dissoudre ; et , de l'autre part, à ce que le carbone de la fonte se combine avec Thydrogène; d'où résulte une huile volatile qui est entraînée par le gaz hydrogène, et se condense dans l'eau du récipient, ainsi que du gaz carbure d'hydrogène, dans lequel le gaz hydrogène est réduit à la moitié du Yolume qu'il occuperait, s'il était à l'état de gaz hydrogène pur. J'ai analysé avec soin une espèce de fonte manganésifère de Lekebergslag, et je Tai trouvée composée de 91, 53 parties de fer, 4)^7 de manganèse, et 3,9 de carbone (y compris des traces de silicium et de magnésium). Il n'y eut donc aucune perte qu'on aurait pu attribuer à la présence de l'oxygène.

En outre , la fonte renferme toujours un peu de silicium , quelquefois du magnésium , du chrome et du phosphore. Quand on la dissout dans l'acide chlorhydrique ou sulfurique étendu , il se dégage un gaz hydrogène fétide ; si Ton fait passer ce gaz à tra« vers un flacon rempli d'alcool , celui-ci prend la même odeur, et devient laiteux quand ensuite on l'étend d'eau. Ce trouble provient d'une huile volatile qui résulte de la combinaison du carbone contenu dans la fonte , avec une proportion déterminée de l'hydrogène et de l'oxygène de l'eau , et qui se dépose en partie sur la paroi intérieure du tube qui conduit le gaz; de sorte que, lorsqu'on y verse de l'eau, celle-ci s'écoule comme elle ferait sur du verre enduit de graisse. Le gaz hydrogène que l'on fait passer par un flacon au fond duquel se trouve une couche d'acide sulfurique concentré, et qui touche au tube de dégagement, absorbe, suivsLnt Schrotter, cette huile, et le gaz se dégage sans odeur jusqu'à ce que l'acide commence à être saturé d'huile. L'acide se colore ainsi d'abord en jaune, puis en rouge foncé. Versé, ainsi saturé, dans une grande quantité d'eau froide, l'acide abandonne l'huile, qui se sépare peu à peu , et qui , recueillie, est verdàtre, et présente quelque consistance. Elle a l'odeur du pétrole, et paraît en avoir aussi la composition; en d'autres termes, elle paraît être une combinaison de carbone avec l'hydrogène, sans oxygène. L'huile ainsi recueillie diffère cependant de celle qui est précipitée dans l'alcool. L'acide sulfiirique a , en effet , la propriété de dissoudre plusieurs huiles volatiles, sans les décomposer ; mais, étant ensuite précipitées par l'eau , elles se trouvent dans une modification îsomérique toute différente ; leur point d'ébulUtion est d'ordi-

698 FOITTF BMUCHC.

naire plus ^levé. Lorsqu'on dissout la fonte dans l'acide sulfuriqu^ étendu, il reste une masse charbonneuse qui, reçue sur qn filtre, ressemble à de la graisse, et contient une certaine quantité de l'huile volatile et fétide dont je viens de parler. Cette masse est formée de carbone et d acide silicîque; et quand le fer eontientdu phosphore ou de l'arsenic, qn en retrouve une partie dans e^ ré^ sidu, combiné avec du fer. Il est remarquable que l'acide cblorhydrique donne un résidu moins charbonneux et moins d'huile j de sorte que le résidu, an lieu d'être noir, comme celui que laisse l'acide sulfurique, est gris et quelquefois blanc. Si l'on dissout la fonte dans l'acide nitrique ou dans l'eau régale , il se dégage d« gaz oxyde nitrique et un peu d'acide carbonique, et il se dépose de petites paillettes cristallineS| noires, et douées de Téolat méullique; ces cristaux sont du graphite, et se dissolvent dans une nouvelle quantité d'acide. La précipitation de ces paillettes prouve que , dans la masse de fonte qui est à l'état de fusion , il se separe, pendant la solidification , une combinaison cristallisée de carbone et de fer, qui se trouve probablement dissoute et répartie uniformément dans la masse , tant que la température de celle-ei est élevée« Lorsqu'on fait bouillir ces paillettes avec de l'acide chlorhydrique concentré, il s'y dissout du fer avec dégagement de gaz hydrogène, tandis que les paillettes se réduisent en une poudre noire. Après que tout a été complètement dissous, il resfe une poudre d'un brun foncé, soluble en petite quantité dans l'eau bouillante, qu'elle colore en brun jaunâtre, et d où elle se précipite par le refroidissement, £lle est insoluble dans les acides, mais elle est dissoute par 1^ alcalis caustiques, et fQvm^ avec eux une liqueur opaque, de coulevir brune presque noire, et d'où l^ acides la précipitent sans qu'elle soit altérée. Séchée et allumée en un point, elle brûle comme de l'fimadout et dqpue up^ cendre rougeàtre. £u up mot, cette poudre a tous les caractères de la matière ^tipaetiv^ qui se ren^^ontre daps la terre végétale, et qui est une des dernières substances dans lesquelles se résolvent |es corps organiques pendant la putréfaciÎQn. Le çompQ^é ep queltion renferme du nitrogène , si l'on ^piploie de l'eau régale pour la dissolution j il a les caractères d'un acide, ainsi que je le dirai avec plMs de détails à propos de la décoinppsitiau spontanée des matières végétales. Il est remarqi^ahle que quand la fonte contient du magnésiumi ou p'en repcQptre presque pas dan§ la dilwIttHeD}

^t qHß h plu« gwnd« portion enu«, Pomm« partie confilitußnie , d^iis c^f^^ matière végétale arliBcielle ; en c^lcjnanl oett^ depiiiàre, çt traitant )^s cendres par un apidfs, la ipagné«« ae dissoutt |1 eat éTid^Dl; que ce corps fe forme , soit aux dépens du carbone eon-^ tiCBu dan$ la fonte, de Thydrog^ne de Teaq et de Ipxygène da lacide nitrique, ^oit ep s emparant d^ magn^^ium et du silicium (]ai?s ]e§ pleines proportions inconnue« qut^ celles dana lesquellea ç^ corps se repf^onlrent dana la patur« orgapique, Si Ton verse pn alcali dans ]a dissolution de la fonte, ja liqueur conserve a% couleur jaupp, même après la précipitation de tput le ferj et cette poiileur provient d'une proportion de matière geipblabl^ à de rjiifmine dissoute par ('alcalit

n importe souvent, pour la fabrication du fer, de connaîtrais çopipositiop de la fonte employé^- ^ous dirons dana le dernier volume, à l'article Analyse ^ copiment on y arrivff.

y acier est du fer contenant moins de carbone que la fonte; il unit à la ductilité du fer pur la dureté et la fusibilité de la fonte« Pour préparer l'acier , il existe différentes méthodes, qui toutes ont pour but de combiner le fer purifié avec upe certaine quan* tité de carbone, mais qui fournissent des qualités difTérentea d'à« cier. Si l'on tient | pendant quelques instanu , une b^rrç d^ fer plongée dans de la fonte liquide, celle-ci lui c^de du carbone et la transforme en acier, Si Top ti^nt, pendant quelque tenips, de la fqpteà l'état de (iisipp sous unecopche de aeont^Ss unç oer^in^ (juaniité de carbope bnile , et l'on obtient: de Xßcier ftnt^. Gai acier eçt souvent de mauvaise qualité, parce que 1^ procédé ^ l'aidf duquel on le fabrique ne peut pas être exécuté av^c la précision nécessaire. Op forge ensuite l'acier brpt en harreq étroites et min« ces, dont on en réunit la à i5 en les brasant, puis op réduit U masse en barres étroites et carrées, qui sont désignées sous )e nom d*açier corroyé. Quand on place alternativement 9 dans de grandes caisse^ bien lutées | des barres de bon fer, surtout d'ppç espèce qui contient du manganèse et des cpucbes de charbon en poudre, et qu'pp les expose pendant plpsieur^ jours au rouge blanc, le fer absorbe du carbone sans entrer en fusion, et , ep retirant les barres, op les trouve totalement converties en acief, Op conçoit, du reste, qp'upe calcination trop ou trop peu pror longée donne de Tacier trop dur ou trop mou, et que la durée d^ l'opération et le degré de chaleur sont d^ la pipa haute ipipor«

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