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Thialdine »
Sélénaldine »
Toluidine • »
Sinapoline »
Théine »
Gonëine »
Leucoline »
Naphtalidine »
Bichlorcinchonine »
Bromcinchonine »
Ginchonine »
Gfainine »
Aricine »
Gotamine »
Thébaîne »
Harmine »
Harmaline »
Furfurine ; • . . . »
Atropine »
Godeine »
Morphine et Bébirine. • . • »
Ghëline ^
Ghélidonine. • »
Picramine >
Berbérine »
Chlorostrychnine »
Strychnine »
Brucine »
Lophine »
Narcotine »
Jervine »
PRINCIPES VEGETAUX NEUTRES.
Les corps qui ne sont pas compris dans« les deux divisions précédentes (acides et alcaloïdes) ont reçu la dénomination de eorp$ neutres j bien que beaucoup d'entre eux aient une certaine tendance à se combiner avec les oxydes inorganiques, surtout avec ceux qui jouissent des propriétés basiques. Ainsi, par exemple, la plupart des résines sont électro-négatives au point de neutraliser les alcalis. Le sucre, Famidon, la gomme, et en général beaucoup de composés qui sont réputés neutres, peuvent se combiner avec les alcalis, les terres et les oxydes métalliques, sans qu'il y ait cependant de véritable neutralisation. Le mot neutre ne doit donc pas être pris ici dans son acception propre ; il signifie que ces corps ne sont ni des acides ni des bases. On les appelle aussi indifférents ; mais cette dénomination est moins exacte.
Les substances végétales neutres peuvent être, en grande partie, divisées en groupes naturels , semblables à la classification des êtres vivants en genres et en espèces. Exemples de ces groupes : sucre, amidon, gomme, huiles grasses, huiles volatiles, résines, matières colorantes, etc. Mais il existe aussi des matières végétales dont la classification est purement conventionnelle. De ce nombre sont une multitude de corps crisullisés ou amorphes, qui existent naturellement dans les plantes ; il ne paraît pas impossible, quand ils seront mieux connus, de les réunir également en groupes. Nous devons aussi mentionner une multitude de produits de transformation qu'on ne rencontre qu'accidentellement dans les corps vivants, et qu'on peut aussi grouper en genres, comme, par exemple , les éthers.
Dans cette classification, d'ailleurs assez difficile, je me suis proposé de rendre la sdence plus intelligible, et d'aider en même temps la mémoire. On me jugera avec indulgence dans le cas où
302 HALIPES.
je n'aurais pas réussi. Certainement la chimie oi^nique n*est pas encore arrivée à la moitié de son développement, et pourtant^ pendant les deux siècles où Ton s'en est occupé , les matériaux se sont prodigieusement accumulés.
Après les apides et les aloalis vé{[^taax vi^nt une ^lßB$ü de corps réellement neutres, constitués par des acides, unis à des oxydes organiques, fonctionnant comme des bases, et qu'on n'est pas encore parvenu à isoler. Ces composés ressemblent donc, par leur constitution, aux sels; mais ils en diffèrent complètement par leurs propriétés.
Pour cette classe si nombreuse de corps organiques, je proposerai la dénomination générale de kalide^ de SXç^ sel, et cTSoc, forme, pour désigner leur analogie de composition avec les sels.
HALIDES.
A la classe des halides appartiennent les huiles grasses, les graisses végétales et animales, les différentes espèces d'éther, résultant de l'action des acides sur l'alcool , sur l'esprit de bois , sur l'huile de pomme de terre et l'acétone; enfin, il faut y comprendre les produits neutres , dus à la combinaison de l'acide nitrique ou nitreux avec un oxyde organique, servant de radical : la présence de l'acide est décelée par l'explosion, pendant laquelle il se dégage du gaz oxyde nitrique, à l'aide de la chaleur.
On n'a pas encore obtenu des combinaisons semblables avec les autres acides ; mais cela tient sans doute à ce qu'ils ne détruisent pas aussi facilement les matières organiques, en les transformant en oxydes susceptibles de se combiner avec l'acide.
Si l'on classe les alcalis comme les sels, l'oxyde basique déterminera le genre, et l'acide l'espèce. Cependant, dans les halides formés par l'acide nitrique ou l'acide nitreux , les bases peuvent être très-différentes ; et comme elles ne forment pas de composés analogues avec les autres acides, le genre sera, au contraire, indiqué par l'acide et lespèce par la base , comme cela arrive pour quelques sels inorganiques.
Les halides s'accordent entre eux sur ce point, qu'ils ne sont pas affectés de la même manière que les sels par des bases fortes;
HÀUI>£$« 3o3
les hydrates alcalins s'emparent, il est vrai, deFadde; mais cette action est très-lente, ef s'effectue rarement sans le secours de la chaleur. La décomposition ressemble plutôt à une transformation : l'oxyde basique, au lieu de se séparer, soit isolément, soit à l'état d'hydrate, se combine avec les éléments de l'eau ; il se forme ainsi un corps différent, qui ne possède plus les propriétés d'une base. Cette assimilation des élémml« de l'es^u de la part d'un corps organique est une opération fort importante dans les phénomènes des ètrei Yi^ants.
L'analyse démontre que le corps qui s'obtient pendant la décomposition des halides par des bases fortes, est différent de celui contenu dans Thalide. En additionns^nt le poids du corps séparé à celui de l'acide à l'état anhydre, on obtient une somme plus forte que le poids de l'halide employé pour l'analyse. En déterminant la composition de l'halide d'après ses éléments, et calculant son poids atomique d'après celui de l'acide, on obtient la composilion et le poids atomique de l'oxyde basique, déduction faite des éléments et du poids atomique de l'acide contenu dans l'halide. La composition et le poids atomique de ces oxydes basiques sont donc connus, bien que nous ne puissions les préparer, ni isolément , ni à l'état d'hydrates. En analysant le produit formé pendant la séparation de la base, on trouve quelle est la quantité d'hydrogène et d'oxygène ab6orbée> résultat qui s'accorde constamment avec l'augmentation de poids obtenue par l'analyse de l'halide décomposé par un alcali. Dans le cas le plus commun, i atome d'oxybase prend les éléments de i atome d'eau ; mais nous avons aussi un exemple , dans lequel a atomes d'oxybase s'unissent aux éléments de 3 atomes d'eau , pour former i atome du nouveau produit ; et cela a lieu ayec la base des huiles grasses, avec l'oxyde Upylique.
La cause de la difficulté avec laquelle le3 alcalis s'approprient les acides des halides, réside sans doute dans la manière particulière dont les éléments de l'acide et de la base sont groupés dans les halides. En chimie minérale, les trithionates et tétrathionates nous offrent un fait analogue : mêlés avec des acides forts, ils ne cèdent la base qu'au bout de quelques moments, en se décomposant en acide sulfureux et en soufre.
3o4 HALIDES.
PREMIÈRE CLASSE D HALIDES.
MaTIBRBS 6&AS5B8.
A. Combinaisons de Voocyde Upjrlique ayec les acides.
Les combinaisons dont il sera ici question sont les huiles et les matières grasses, tant végétales qu'animales, à Texception du blanc de baleine {sperma ceti) et des cires, qui ont pour bases d autres oxydes.
Le mode de composition des huiles et des matières grasses fut découvert par Chei^reuL
Depuis les temps les plus reculés, on connaissait la préparation des savons. Pline V Ancien en fait mention sous le nom de sapa, que l'on fait dériver de l'ancien mot germanique sape, savon. Au rapport de Gallien, c'est des Gaulois que les Romains apprirent à le faire ; et les Germains préparaient du savon de meilleure qualité que celui des Gaulois. A l'époque où les chimistes commencèrent à s'occuper de ce sujet, il était généralement admis que les savons étaient simplement une combinaison d'huile et d'alcali. Berihollet regarda les huiles ou les graisses comme des corps acides, susceptibles de s'unir aux bases. Scheele, en préparant de l'emplâtre diapalme, qu'on obtient en combinant des huiles grasses avec de l'oxyde plombique et addition d'un peu d'eau, reconnut qu'il se formait une matière sucrée, particulière, qu'il appela principium dulce oleorum, c'est-à-dire, principe doux des huiles. Mais tout ce qu'on savait sur cette matière était le résultat d'observations faites accidentellement, et entremêlées de simples suppositions. Enfin , la formation du principe doux des huiles resta inexpliquée jusqu'à l'époque où Chet^reul fixa son attention sur ce sujet.
Il trouva qu'en dissolvant du savon dans beaucoup d'eau, on obtient une liqueur trouble qui donne, par l'agitation , une multitude d'écaillés micacées , extrêmement fines, douées d'un grand éclat au soleil. Il recueillit ces écailles , et les dessécha sur du papier à filtre : elles formèrent une croûte compacte , d'un grand
BALI DES. 3o5
éclat nacré. C'est pourquoi il appela ce corps margariney du latin margaritüy perle. En faisant bouillir la margarine avec de Tacide chlorhydrique, il se sépai^ à la surface de la liqueur une huile grasse, qui se prit, par le refroidissement, en une matière cristalline, et, après Tévaporation de la liqueur filtrée, il trouva du chlorure sodique. La matière grasse solide , dépouillée par le lavage de toute trace d'acide chlorhydrique , conservait cependant la faculté de rougir le papier de tournesol, et se comportait comme un acide propre à se combiner avec les bases : il lui donna le nom à' acide margarique. C'est ainsi que CAei^rea/ commença, en i8i3, une série de recherches sur les produits de la saponification, qu'il continua avec persévérance pendant dix ans ; ces recherches surpassèrent en exactitude et en richesse de résultats tous les tra* vaux de chimie organique alors connus. Il parvint ainsi à découvrir au moins neuf acides nouveaux qui, neutralisant un oxyde organique, constituent les différentes huiles et matières grasses des animaux et des végétaux, et il réussit, plus ou moins complètement, à les séparer.
En traitant ces matières grasses par un alcali, et enlevant ensuite ce dernier par un acide puissant, comme l'acide sulfurique, il trouva que la liqueur contenait, outre le sulfate alcalin, constamment le principe doux des huiles, qui devint aussi un objet de ses recherches.
Il tira de ces faits la conclusion que les huiles sont des combinaisons formées par des acides gras particuliers, neutralisés par un oxyde organique; que chaque huile ou matière grasse était un mélange de deux ou de plusieurs de ces combinaisons , et que la différence entre ces matières était fondée, soit sur la différence même des acides gras, soit sur Tinégalité des proportions dans le mélange de ces combinaisons neutres.
Quatre des acides gras qu il avait découverts, bien qu'ils fussent volatils à une température élevée, ne l'étaient cependant pas assez pour être distillés avec de l'eau \ il leur donna les noms ^ acide margariquey à! acide stéarique^ A^ acide oléique et ^ acide céiique. Les cinq autres pouvaient être distillés avec l'eau ,• ils reçurent la dénomination générale d'acides gras "volatils^ et les noms particuliers Ôl acide butyrique^ ô! acide phocénique^ A' acide capronique, d'acide caprique et d'acide hircique.
Traitées par un alcali, toutes les matières grasses examinées, li- VI. 20
3o6 HALIDES.
quides ou solides, donnèrent, à l'exceptioii da Umnc de balciae, le principe doux des huiles, qu'il appela gfycérime (de jlmk^ doux). Le blanc de baleine donna, par le même traitement, un corps gras particulier, insoluble dans l'eau, et quil nomma MaL Les combinaisons neutres des acides gtras avec loxjde organique, et qui sont solides à la température ordinaire, il les appela stéafime (de oTMtp, graisse), tandis que les autres, qui restent liquides à la température ordinaire, reçurent le nom d'éUune (de IXatov, huile).
La route fut ainsi tracée pour arriver à une connaissance exacte des corps gras. C'est en 1828 que Chevreul publia ses Recherches sur les corps gras; et, depuis cette époque, le nombre des acides retirés des corps gras a plus que quadruplé.
Cheifreul analysa , avec toute la précision alors possible , les corps qu'il avait découverts , et il en détermina le poids atomique. Il réussit ainsi pour quelques-uns d'entre eux, mais pas tout à fait pour les autres. Les résultats directs de ces analyses furent en général exacts. Mais , à I époque où ces analyses étaient faites, on admettait, pour poids atomique du carbone, 76,46a , au lieu de 75,1a; et comme le carbone de ces corps dépassait, le plus souvent, 76,5 pour cent, l'analyse donnait nécessairement au moins 1 1 pour cent de carbone de trop, et cette erreur devait aussi influer sur le résultat du calcul : la quantité d'hydrogène était portée trop haut, et la quantité d'oxygène, déterminée par la perte, était portée trop bas.
En déterminant la quantité d'acides gras et de glycérine qu'on obtient par la saponification d'une huile ou matière grasse, on trouve que cette quantité dépasse de 4 ^ à 5 ^ pour cent le poids de l'huile ou matière grasse employée. Chei^reul expliqua cette circonstance, en admettant que l'acide ainsi que la glycérine, même complètement secs, étaient chimiquement combinés avec de l'eau non éliminable, et qui est la cause de l'excès de poids indiqué. Cette explication s'est trouvée, en effet, confirmée. Mais Chei^reul admettait, de plus, que la glycérine était, comme telle, contenue dans la matière ou l'huile grasse, et que si elle ne se combinait pas avec l'acide, c'est que la glycérine ainsi que l'acide avaient plus d'affinité pour l'eau , que l'un pour l'autre. A l'époque où cette explication fut donnée, on ignorait encore qu'une oxybase organique, au moment où elle est en contact avec l'eau, peut se