‹ Traité de chimie minerale, végétale et animale (volume 4)Chapitre 39 sur 91 · CIRES · texte numérisé non relu

CIRES

Gomme h saponification ne doiine que dés ti*aceji de glycérine, il est évident que Tiiuile de doegling contient une onybase différente de Voxyde lipyliqiie» Mais c'est là encore une étude fort intéressante à faire.

Pour se foire une idée de la composition de cette oxybase, Scharling analysa l'huile de doegling par la combustion, et la trouva, diaprés la moyenne de quatre analyses, composée de :

Ttttdiré. Atomes. Galcalé.

Carbone 79}^o 62 80,22 14

Oiygène.^..; 7,66 4 6,890

Mais le résultat calculé diffère trop du résultat trouvé, pour que cette ailalyle puisse servir au but proposé. Après la soustraction de C^ W 0^ c'est-à-dire de l'acide, il reste G** H**» O. Et comme on n'a pas encore examiné le résidu de savon plombique insoluble dans l'éther, on ne pourrait se faire de la composition de l'oiybase qu'une idée prématurée.

L'huile de doegling^ employée pour les lampes, brûle avec une "flamme plus blanche et plus éclairante que celle d'aucune autre huile grasse \ elle brûle aussi moins vite, et tie répand pas d'odeur comme l'huile de baleine ordinaire» Mais on ne peut pas l'employer pour la préparation du gaz d'éclairage, parce que son gaz Se condense, en grande partie^ en un liquide. Elle ne peut pas non plü!( servir à la fabrication du savon, parce que le produit oxybasique, n'étant pas éliminable, resterait mêlé au savon.

m. GIRES(i).

Les végétaux engendrent plusieurs matières grasses qui appartienhent évidemment à la classe de celles dont nous venons de traiter.

(i) Yoy« : iIkt fûrigine de la cire, par Huber. (Bibliothèque britannique, t. XXYI, 58.)

Sur la composition de la cire ^abeilles, par Hess. (Bulletin scientifique de rAeadémie de Saint-Pétersbourg, t. m.)

Star la cire d'abeilles^ par Leroy. (Revue scientifique et iadustrielle, mai 184 S.)

Sur la formation de la cire dans les abeilles^ par Dumas et Miiue Edwards. (Comptes endus de l'Académie, t» XIH, septembre x843.)

aiiE d'abeillesi S35

Quant à leurs propriétés et leur composition, elles diffèrent des combinaisons d'onyde lipyliqae, mais elles se rapprochent de celles de loxyde cétylique. Ces matières sont les diverses espèces de cifêé^ dont la cire d*abeille forme le type» On en a déjà fait l'objet d'un grand nombre de trayaux. On a essayé de déterminer la composition en centièmes de leurs principes constitutifs, et en déduire des formules; on les a saponifiées , pour en extraire les acides gras. Mais on n'a jamais essayé de reconnaître la base avec laquelle les acides de la cire sont combinés, ou le corps dans lequel la base se change pendant la saponification , bien que le travail de Cheçreul sur le blanc de baleine ait pu, en cela, servir de modèle. En suivant cette marche, on pourra arriver à bien des découvertes importantes. Quant à présent, nous savbns seulement que les cires renferment des acides gras particuliers^ asse« semblables aux [autres acides du même genre. Il n y a pas d*acide oléique, parce que, par la distillation sèche, elles ne donnent pas de traces d'acide pyroléique ; il n'y a pas non plus d'oxyde lipylique, parce que les produits de la distillation sèche ne contiennent pas d'acrol. J'avais déjà, depuis quelque temps, appelé l'attention des chimistes [Rapport annuel^ année 1840, page 479) sur la nécessité d'adopter, pour les recherches sur la cire, les préceptes établis pour l'examen du blanc de baleine, afin de parvenir à découvrir la base avec laquelle les acides gras de la cire se trouvent combinés« Mais, dans aucun des travaux exécutés depuis lors, ce conseil n'a été suivi.

Cire d'abeilles. La cire ordinaire, recueillie par les abeilles, est sur la limite entre les produits du règne végétal et ceux du règne animal. Elle transsude entre les arineaux du ventre des abeilles, et celles-ci s'en servent pour construire les alvéoles où elles déposent leurs œufs et leur miel. On avait toujours cru que les abeilles tiraient la cire du pollen des plantes ; mais il résulte de sexpériences faites par Hubèr^ et après lui par d'autres naturalistes, que ce pollen sert de nourriture aux larves, et que les abeilles préparent la cire avec le suc qu'elles tirent de la plante. *

Sur la falsification dé la eire^ par Bonnard. (Journal de pharmacie, t. XXY, 779.) Sur les produits tP oxydation de la eire^ par Ch. Gerhardt. (Revue scientifique, mai

1843.) Action des alcalins sur la cire, par Warinslon et Francis. (Pbiiosophical mag» jântier

m {Note du traducteur,)

536 ciBE d'abrillcs.

Cette question a été, dans ces demiers temps, virement controversée , par suite d'une opinion de Dumas ^ que toute la graisse des animaux provient de la graisse tirée du règne végétal. Mais il résulta, d'une expérience que Dumas avait entreprise en conmiun avec mine Edivards^ que les abeilles qui étaient nourries avec du miel dépouillé de cire continuaient à constniire leurs cellules, quoiqu'en moins grand nombre que si elles avaient pris leur nourriture sur les végétaux.

La cire d'abeilles, telle qu'on l'obtient en lavant celle qu'on trouve dans la ruche, est jaune et a ime odeur particulière, semblable à celle du miel. Sa couleur et son odeur lui viennent du miel, car les alvéoles où les abeilles n'ont point encore déposé de miel fournissent de la cire blanche. Pour débarrasser la cire de ses impuretés, on commence par la fondre dans l'eau, puis on la blanchit par l'exposition au soleil. A cet effet, on coule la cire fondue sur un cylindre en bois, plongeant en partie dans l'eau froide et tournant lentement sur son axe ; la cire est ainsi réduite en lanières minces, qui ne s'attachent pas au bois mouillé ; on l'expose alors au soleil, en la plaçant sur des toiles étendues dans des cadres, et la couvrant avec des réseaux pour la mettre à Tabri du vent. Le soleil et l'humidité atmosphérique blanchissent peu à peu la cire, qui doit être arrosée avec de l'eau quand il ne tombe point de rosée durant la nuit. Mais il est rare que la cire soit blanchie dans toute sa masse, si on ne la refond plusieurs fois. Lorsqu'eUe est blanche, on la fond dans l'eau chaude et on la coule dans des moules (i).

La cire ainsi purifiée est blanche et translucide sur les bords

(i) La cire peut aussi être blanchie par la fusion dans une solution de chlore on de chlorite calcique ; mais, dans ce cas, elle absorbe du chlore, qui se fait sentir quand on la rpfond, et qui empêche les bougies de bien brûler. Solly a indiqué la méthode de blanchiment suivante comme très-avantageuse : On &it fondre la cire à une très-douce chaleur dans un vase de terre, on y ajoute une petite quantité d'acide sulfiirique, préalablement étendu du double de son poids d'eau, puis du nitrate sodique ])ar petites portions, en agitant continuellement, et entretenant la même température. On continue a y ajouter du nitrate sodique, jusqu'à dbparition de la couleur jaune de la cire. L'acide nitrique, devenu libre, détruit la matière colorante, sans réagir sensiblement sur la cire. On la laisse se solidifier, on décante la liqueur acide, et on fait fondre la cire avec de l'eau pure, pour en éloigner complètement las acides libres et le sulfate sodique. Aux Antilles, des abeilles d'une espèce particulière produisent une cire noire, qu'il est impossibje de blanchir. . :**W»

CIRE p\bBILLES. 537

minces ; elle n*a ni odeur ni saveur ; son poids spécifique est de 0,96 à 0,966. EUe entre en fusion entre + 63^ et 64** ; mais à io"* elle devient molle et flexible, en sorte qu'on peut la pétrir et la mouler. Â o"* et au-dessous, elle est dure et cassaute.

La cire ne se dissout que partiellement dans Talcool, en laissant une portion insoluble ou peu soluble. Elle se dissout peu dans réther froid, mais complètement dans 10 parties d'éther bouillant. Elle peut être fondue avec les huiles grasses. Avec l'hydrate potassique, elle se saponifie presque aussi difficilement que le blanc de baleine. Par Tammoniaque caustique, ainsi que par une solution de carbonate potassique ou sodique, elle se change à + y&* en une émulsion ou liqueur laiteuse qui ne s'éclaircit pas. En ajoutant beaucoup de carbonate potassique ou d'hydrate potassique, on repousse la partie émulsive qui se ramasse à la surface sous forme de résiné épais. Enlevée et desséchée, cette matière émulsive ressemble à du savon ; mais les acides en extraient du carbonate po> tassique avec effervescence^ et laissent la cire intacte. La cire, maintenue longtemps dans un vase clos, en fusion, entre + 70*" et 90% avec une forte lessive d'hydrate potassique , se saponifie à la fin complètement, ainsi que les expériences de Chei^reul et de Lewy l'ont démontré. Chevreul dit avoir ainsi retiré de la cire 34,6 pour cent d'acide gras, qu'il prit pour un mélange de beaucoup d'acide margarique avec peu d'acide oléique, et 56,7 P^^i* cent d'une graisse solide, qui, après la fusion, commençait à se solidifier à + 74° f > et était encore un peu molle à + 64**. D'après les expériences de Che^freuly l'acide sulfurique concentré dissout la cire à + 70^ Cette solution se prend en masse par le refroidissement. Sans doute l'acide sulfurique a par là séparé les principes de la cire, comme cela arrive pour les huiles. A une chaleur plus forte, la masse noircit, avec dégagement d'acide sulfureux. L'acide nitrique donne avec la cire , au bout d'une réaction prolongée , de l'acide succinique, et probablement un^ou plusieurs autres acides, qui proviennent de l'action de l'acide nitrique sur la graisse. Les vapeurs qui passent à la distillation entraînent des acides gras volatils, qui exhalent une odeur d'acide butyrique.

John découvrit que la cire se partage, par l'alcool, en deux principes bien différents : l'un, soluble dans l'alcool bouillant, il l'appela cérine^ du latin cera^ cire ; l'autre, peu ou point soluble, il le nomma mjricine^ le supposant identique avec la graisse de m/-

5ä6 CtÂE b'AÈÉfLt«9*

rica. Bottdet et Bôissenot trouyèrent que la eëritie peut se sapo* nifièr, et qu'elle donne un mélange d*acide solide et d'acide gras liquide, quHls prirent, connue Chepreulj pouf de l'acide margarique et de Tacide oléique, et, en outre, une graisse non saponifiable, qulls appelèrent céraïnây sans laisser entrevoir que dette matière pourrait , eomme 1 ethal , être un produit de la base arec laquelle les acides étaient combinés. -^ Les données yarient sur les quantités relatives de cérine et de liiyricine dans la cii^e. John y trouva 90 pour cent de cétine et lo pour cent de mjrricine ; Boudet et Bôissenot j trouvent 70 de la première et 3o de la dernière, des différences peuvent tenir, soit des produits d'années différentes, soit à ce que la matière, réputée insoluble dans l'alcool, peut s*y dissoudre en partie par une ébuUitioii trop prolongée. Bucholz et Brandes ont trouvé dans la cire environ 2 | pour cent d'un principe liquide oléagineux, qui reste après l'évaporation jusqu'à siccité de la solution alcoolique de cérine, et après la séparation de cette dernière. Ce fait fut plus tard confirmé par Lewy^ qui appela ce principe céroléinCy et que nous appelons cérélaïne.

{Plusieurs de ces données sont connues depuis plus de vingt ans, d'autres depuis plus de dix. On a voulu considérer la cire d'abeilles comme un oxyde organique unique, et oh l'a analysée avec soin, pour s'assurer de la quantité relative des principes constitutifs. On a ainsi obtenu des c;Jiiffres qui correspondent presque à la formule simple : C" H'° O, ce qui donne 81,12 pour cent de carbone, i3,48 hydrogène et 5,4o oxygène. Tel est le résultat des analyses de Hess^ Marcliand et Fan der Fliet. Mais outre qu'une pareille formule ne donne pas une idée exacte de la composition d'un corps aussi complexe, il faut ajouter que l'atome du carbone ayant été calculé d'après les données anciennes, il a été dosé trop haut, et par cela même l'oxygène a dû être dosé trop bas. En dernier lieu , la cire pure a été analysée par Lewy, qui a obtenu le résultat suivant :

TroaTé. Atomes. Calculé.

Carbone. . . . 79,27 i4 79)288

Hydrogène.. i3,22 28 13,173

Oyxgène. ... 7,5 1 i 7)539

Il est évicleni que cette formule n^exprime que le nombre- re-

kikim. SS9

latif des atomes ëlëtnéntairès. En supposant tpie la base renferme I atome d*ox;fgèiie et le^ addes 3 atomes ^ oh a la formule: Q56 gi» Q« £^^jr trouva la cire jaune composée de 80,48 pour cent de carbone, i3,36 hydrogène, et i,i6 oxygène»

Nous allons maintenant examiner séparément chacune des pai> ties constitutives de la tire d abeilles.

Cérine. Quand on fait bouillir la cire avec to à isi fois Son poids d'altiool de o,833 poids spécifique^ la cérine se dissout, et se dépose, par Je refroidissement de la solution filtrée bouillante , sous forme de flocons blancs ou jaunes , selon que la cire em^ ployée était blanche ou jaune. On décàiite l'alcool refroidi, on exprime la cérine , on fait de nouveau bouillir la cire avec Talcool décanté y et on continue cette opération 'jusqu'à ce que la cérine se soit déposée après le refroidissement d'un nouveau décoctum. La cérine ainsi obtenue est encore mêlée d'une partie de la matière peu soluble dans l'alcool, et qu'on enlève par Téther à 4- i8' et 20° y qui dissout la cérine, et laisse la partie peu soluble dans l'alcool. Après l'évaporation de l'éther, là cérine reste.

La cérine ressemble parfaitement à la cire, doiit elle partage d'ailleurs les principales propriétés. Elle a la mênie dureté, le même point de solidification, et, d'après Le^y^ presque la même composition que la cire, savoir: 79,20 pour cent de carbone, i3,2o hydrogène, et 7,60 oxygène. Elle se dissout dans 16 parties d'alcool anhydre bouillant, et cette solution se prend, d'après Bucholz ^ en gelée par Je refroidissement. EUesedissolit dans l'alcool aqueux d'autant moins que celui-ct renferhie plus d'eati, et se sépare en flocons. Si la solution bouillante n'est qu à demi saturée, la cérine se dépose, selon Le{\>f^ en fitles aiguilles cristallines. A + 16®, elle se dissout dans 4^ parties d'éther; eUe est beaucoup plus soluble dans Téther bouillant , où elle se dépose, par le refroidissement, à l'état de flocons. Elle se dissout aussi dans l'huile de térébenthine chaude , et se dépose , par le refroidissement , en grains mous blancs.

La cérine peut se saponifier avec une solution concentrée dépotasse caustique. La liqueur est trouble etémulsive. OnTévapore à siccité, et on traite le résidu par l'esprit-de-vin froid , qui dissout le savon et l'excès de potasse, en laissant une matière cireuse non saponifiable , la céraïne.

Il vaudrait peut-être mieux , comme pour le blanc de baleiné.

54o ç^Alms.

traiter la solution de savon par du chlorure calcique, et épuiser le précipité par réther, qui dissout la cérame et laisse le savon.Eneore cette opération ne paraît-elle pas indispensable : on pourrait enlever la céraïneen agitant la liqueur avec des portions renouvelées d'éther, jusqu'à ce qu'elle soit devenue limpide. — Après la séparation de la céraïne, en traitant la combinabon potassique par de l'acide chlorhydriqne, on précipite un acide gras, que la plupart des chimistes ont pris pour de l'acide margarique. Au rapport de Lei^ qui a préparé et analysé cet acide , il est hlanc , cristallisable , fusible à +65'',et peusoluble, même à chaud, dans l'esprit-devin et réther. Mais Lewy n'a pas dit s'il avait préalablement séparé la céraïne, et si l'acide a été obtenu en traitant directement la liqueur saponifiée par de l'acide chlorhydrique. Ce n'est qu'un mélange de céraïne avec les acides gras de la cérine, cas dans lequel on ne peut rien conclure des résultats analytiques, qui ont donné 79,85 pour cent de carbone, 13,72 hydrogène, et 6,43 oxygène. Ce qui montre que l'analyse a porté sur un pareil mélange , c'est que la quantité d'oxygène qu'on y a trouvée est même inférieure à celle de l'acide stéarique anhydre, bien que le produit analysé ait dù^étre hydraté.

Lêivy a appelé ce produit acide cérique. Nous réserverons ce nom pour l'acide gras de la cérine, dans le cas où il ne serait pas identique avec l'acide margarique.

Céraïne. Ce corps est pour la cérine ce que l'éthal est pour le blanc de baleine. Il a d'abord été observé, comme nous l'avons dit , par Boudet et Boissenot^ qui l'obtinrent en épuisant le savon de cérine sec par de l'eau mêlée d'alcool : lavé d'abord avec de l'eau acidulée, puis avec de l'eau bouillante, il resta surnageant sur l'eau. Comme il est souvent mêlé de cérine incomplètement saponifiée, on le traite encore une fois avec une lessive de potasse bouillante, jusqu'à ce qu'il ne se dissolve plus rien.

La céraïne refroidie présente l'aspect d'une masse cassante, insipide et inodore. Elle fond , d'après Boudet et Boissenot, à H- 70* ; mais probablement leur produit n'était pas exempt de cérine ; car, d'après EttUng , elle ne fond pas même dans une lessive de potasse concentrée. A une température plus élevée, on peut, comme 1 ethal, la distiller sans altération. Elle n'est guère plus soluble dans l'alcool froid que dans l'alcool bouillant, qui se prend en gelée par le refroidissement. Par le refroidissement très-lent d'une solution

GBRAÏNE. 541

alcoolique moins saturée, elle se dépose, suivant Ettling^ en cristaux minces réunis en flocons.

Suivant l'analyse SEttling^ calculée d'après latome du carbone corrigé, la céraïne se compose de:

Trouvé. Atomes. Calculé.

Carbone 79,432 3i 79,53i

Hydrogène i3,749 64 1 3,639

Oxygène 69819 ^ 6,83o

Le calcul de l'analyse est fondé sur Thypothèse de a atomes d'oxygène^ comme pour 1 ethal, qui s'en distingue en ce qu'il renferme I atome de carbone et 2 atomes d'hydrogène de plus.

D'après cette manière de voir, la céraïne provient de la combinaison de l'oxybase organique de la cérine avec les éléments de I atome d'eau. D'après cela, on peut ainsi représenter la composition de cet oxyde, pour lequel nous proposons le nom à! oxyde kérique^ de xrjpoç, cire :

Atomes. Geotièmes.

Carbone 3i 82,707

Hydrogène 62 i3,74i

Oxygène i 3,552

Poids atomique, = 281 5,60. En admettant l'analyse de la céraïne comme exacte, et supposant, d'après cela, que la cérioe analysée par Lewx se compose de i atome d'oxyde kérique et I atome d'un acide gras, contenant 3 atomes d'oxygène, on a le résultat suivaant :

Trouvé.

Atomes.

Calciilé.

IIO

En ôtant à^ cette composition i atome d'oxyde kérique = C^' H'* O, il reste pour l'aide cérique C** H** O^ formule qui ne diffère de celle de l'acide laurostéarique que par 2 atomes d'hydrogène. Tout cela n'est d'ailleurs destiné qu'à £ûre voir la concor-

54a i^liaiirp.

dance parfaite du calcul hypothétique avec le résultat analytique de la cérine.

La cérine soumise à la distillation sèche s^ compprte tout à fait comme la cétine : Tacide cérique hydraté se retrpuve dans |e produit de la distillation, et l'oxyde kérique , en cédant de Teau, s'est changé en une huile volatile î qui n'a pas été examinée.

Lewy a annopcé qu'en mêlant intimement la çérifie en poudre avec une masse fondife d'hydrate potassique et de chaux caustique, et chauffant le mélange dans une cornue de + âso"" à + aSo"", il se dégage du gaz hydrogène ; et, en continuant Texpérience jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus d'hydrogène , on obtient une combinaison potassique qui, traitée par l'acide chlorhydrique, dépose un acide gras qui , d'après les recherches et l'analyse de Lewy'i contient de l'acide stéarique. Cette donnée fut contestée par Francis et Warrington; mais ces chimistes ont opéré par la voie humide, et sans employer la température élevée dont Lewy s'était servi ; et ils n'obtinrent ainsi qu'une saponification plus ou moins complète de la cérine. Quant au résultat de Lewjj il n'est guère probable que [ce |soit [de l'acide stéarique^ car cet acide , soumis à un traitement semblable, se change en acide margarique, avec dégagement d« gaz hydrogène. Pour résoudre cette question, il faudrait en|reprendre de nouvelles expériences.

Kérine (de ^r\^^ cire). No^is donnerons ce nom à \^ matière de la cire , presque insoluble dans l'alcool , et que John avait appelée myricine , la comparant inexactement avec la stéarine de 1^ cire myrica. Après que lalcooi de o,833, avec lequel on ^ fait bouillir de la cir^ jusqu'à S ou 6 reprises , ne dépose plus rien par le refroidissement, on dissout le résidu dans Talcool anhydre bouillant, et on filtre la liqueur bouillante : ce qui s était dissous se dépose presque complètement par le refroidissement. On l'exprime pour le débarrasser de l'alcool, et on le fait fondre jpour en éliminer encore quelques traces de ce véhicule.

La kérine est un corps dur, insipide et inodore comme }a cire, et fond, d'après Ettling , à + ^S"", et, d'après Bqudet e\ Bois^ senotj à + 65^ Son poids spécifique est à peu près égal à celui de la cire. Elle exige aoo fois sqn poid$ d'alcool bouillant 4e o,844 pour se dissoudre, et se dépose en flocons par le re&pidjsseinent. Elle se dissout dans i2i3 parties d'alcpol bouillant anhydre, et se sépare presque complétismeat par là r^froidi^^emept. Ëlje ejit inso-

lubie, à froid, dans Téther, et s^y dissout^ à chaud , dans 100 parties , et se dépose par le refroidisseipent. Elle se dissout , à chaud, dans Thuile de térébenthine, mais sans se déposer par )e refroidissement,

D après les analyses assez concordantes d^Jittlinget l^wx^ la ké* rine a presque la même composition q^e la cfre :

Carbone. * ; » • • 8q,i36 80,23

Hydrogène i3,75i i3,aa

Oxygène. • . » • . â,ii4 â,5o

Ces nombres font voir que la kérine renferme un peu plus de carbone que la cire et la cérine.

D'après Boudet et Boissenot, la kérine n*est pas saponifiable par une lessive de potasse : ils la firent bouillir dans une lessive de potasse caustique, et trouvèrent que la potasse ne dissolvait rien, et qu'elle pourrait être séparée par un acide. Mais cela pouvait prouver seulement que la nouvelle combinaison n'est pas solu* ble dans un liquide contenant une certaine quantité de potasse. Cependant Lei^y dit avoir réussi à saponifier la kérine, et il ajoute que Tacide chlorhydrique enlève à la potasse un acide gras, fusible à +6o%5,et composé de 77,8 5 pour cent de carbone, 13,17 hydrogène, et 8,98 oxygène, La remarque que nous venons de faire au sujet de l'analyse de l'acide cérique e^t aussi applicable ici : pendant la séparation) de l'acide gras , Leçvjr précipita en même temps le corps gras , dans lequel se transforma la base de la kérine et peut-être aussi de la céraïne, et il analysa ce mélange, qui pouvait, en outre, contenir de la kérine encore npn saponifiée. La proportion d'oxygenß, qui s'y trouve plus grande que dans la kérine, indique , en tout cas , un acide gras hydraté dans le (mélange. Le^x nomma le produit analysé acide myrieique. Il va[sans dire que si ce produit est réellement un acide particulier de la kérine, il faudra l'appeler acide kérique.

On a dit que la kérine peut être distillée sans altération. Mais ceci mérite un nouvel examen ; car il est probable que le produit de la dissolution renferme, outre de la kérine non décomposée, une huile volatile et de Tacide kérique hydraté, comme cela arrive pour Téthal et la céraïne.

544 KÉRiLAlKE.

Kérélaïne. Ce produit, retiré de la solution alcoolique qui a déposé la cérine par le refroidissement, est, d'après Bucholz et BrandeSy jaune brun, graisseux, ayant une odeur de cire et unesaveur amère. Suivant Levify^ c est un corps mou qui fond à + 28^,5 , et contient une petite quantité d'un acide libre , ce qui lui donne la propriété de rougir le papier de tournesol. Il se dissout à froid dans lalcool aussi bien que dans Téther. Lewy Ta analysé , mais sans indiquer comment il est parvenu à séparer les dernières traces de cérine. Il y trouva 78,74 pour cent de carbone, ia,5i hydrogène, et 8,75 oxygène. On ne paraît pas avoir fait d'expériences sur la manière dont la kérélaïne se. comporte pendant la saponification. L'acide gras liquide qu'elle renferme est, d'après CAei^reu/y Boudet et Boissenot, de l'acide oléique. La kérélaïne représente, d'après Let^jr^ 4 ^ ^ pour cent du poids de la cire.

De tout ce qui précède on paraît devoir conclure que la cire d'abeilles se compose de trois corps gras particuliers , constitués par trois acides gras différents, et probablement par une seule base.

Quelquefois on falsifie la cire en la mêlant avec de la fécule de pommes de terre, fraude qui se découvre par la fusion. Quelquefois elle est mêlée avec du suif, dont la présence est moins facile à constater quand il se trouve en petite quantité. On prétend qu'on pout le découvrir par l'odeur de suif que répand la mèche d'une bougie Êiite avec une pareille cire, lorsqu'on souffle la flamme, et que la mèche présente encore des points en îgnidon. Selon Boudât et Boissenot^ on peut découvrir le suif par la distillation sèche. La cire pure ne donne point d'acide pyroléique ; mais si elle renferme seulement 2 pour cent de suif, on obtient de l'acide pyroléique , facile à reconnaître en ce qu'il communique à l'eau, avec laquelle on fait digérer le produit de la distillation, la propriété de précipiter l'acétate plombique neutre. D'ailleurs, l'odeur d'acrol qu'exhale le produit de distillation est déjà un indice suffisant pour reconnaître la présence du suif. — Une fraude moins nuisible, mais toujours répréhensible, consiste dans un mélange fondu d'acides stéarique et margarique. On la découvre en fondant la cire dans de l'eau de chaux claire : la cire pure vient, à l'état fondu, surnager à la surface de l'eau de chaux, qui reste limpide. Si la cire est au contraire mêlée d'acide margarique et stéarique, l'eau de chaux se trouble, et finit par perdre toute réaction alcaline.

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