‹ Traité de chimie minerale, végétale et animale (volume 4)Chapitre 41 sur 91 · CIRE DE CANNE · texte numérisé non relu

CIRE DE CANNE

à cette température. Par le refroidissement, elle se fendille dans toutes les directions. L alcool la dissout mieux à chaud qu'à froid. Elle se dissout aussi dans Téther et dans les huiles volatiles. D'après Boussingault j elle contient :

Tkt>uvé.

Carbone 82,65

Hydrogène. • • . 1 1^ 5o Oxygène 5,85

Ce calcul se fonde sur l'analogie que la céroxyline offre avec la résine élémi cristallisée. Mais il est évident que le résultat de Tanalyse diffère trop de celui du calcul, tant pour le carbone que pour l'hydrogène.

On n'a pas examiné la manière dont la céroxyline se comporte avec la potasse caustique. La résine élémi ne s'y combine pas. Il se pourrait bien que la céroxyline fût ou une espèce de cire cristallisée, ou un produit d'altération de la base, comme on rencontre quelquefois la glycérine dans les différentes sortes de stéarines , telles que la palmi-stéarine.

Cire de carnauba. Cette cire transsude sur les feuilles d'un palmier du Brésil, connu dans ce pays sous le nom de carnauba. Après la dessiccation des feuilles, on peut l'en détacher facilement. Elle se dissout dans l'alcool bouillant, et se dépose, par le refroidissement, sous forme d'une masse cristalline. Elle se dissout également dans l'éther bouillant. Elle fond, d'après Le^jr^ à + 83%5; à froid , elle est cassante et facile à pulvériser. Let^^jr y trouva 8o,36 pour cent de carbone, i3,07 hydrogène, et 6,57 oxygène. On n'en a pas étudié la saponification.

Cire de canne à sucre. La tige et la partie inférieure des feuilles de la canne à sucre se recouvrent d'une pellicule de cire, surtout dans la variété violette. Jpequin a, le premier, attiré l'attention des chimistes sur cette cire, qu'il appelle cérosie.

Cette cire, qu'on enlève par le raclage, aune teinte violette , due à une matière colorante étrangère, qu'on extrait en traitant la cire en poudre par l'alcool froid. On la dissout ensuite dans l'alcool bouillant ; on filtre la solution bouillante pour la séparer des débris d'épiderme , et on l'évaporé au bain-marie.

La dre de la canne à sucre est un peu jaunâtre , dure , cassante

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et facile à réduire en poudre, qui est d'un blanc de neige. Après sa fusion, elle se solidifie à +8o^ Quand on en fait fondre une livre et qu'on déverse la partie liquide , on voit la partie solidifiée se recouvrir d aiguilles cristallines. Elle brûle comme de la cire blanche ou comme le blanc de baleine. A+ lo"", son poids spécifique est 0,961. Elle est peu soluble dans Talcool froid; elle se dissout dans 100 parties d'alcool bouillant de o,833 ; par le refroidissement, la solution se prend si bien en gelée, qu'on peut retourner le vase sans rien verser. Par le refroidissement de la solution bouillante médiocrement saturée, elle cristallise en paillettes nacrées. Par le refroidissement d'une solution éthérée bouillante, elle se dépose en grains. Elle se saponifie, quoique difficilement, en la faisant bouillir avec une lessive de potasse caustique; mais on n'en a pas encore examiné les produits.

D'après l'analyse de Lewyj la cire de canne à sucre se compose de : ^

TrouTé. Atomes. Calculé.

Carbone 81,^4 9^ 81,86

Hydrogène.... i3,64 19a i3,6o

Oxygène 4>6*^ 4 49^4

Ce calcul présuppose, commedans les cires précédentes, i atome d'oxygène pour la base, et 3 atomes d'oxygène pour Tacide.

En faisant fondre la cire de canne à sucre avec de l'hydrate potassique et de la chaux, jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de gaz hydrogène, mêlant le produit avec de l'eau, traitant la liqueur par du chlorure barytique, et faisant bouillir le précipité sec et lavé dans de l'alcool , on obtient un sel terreux, d'où Lewy a séparé, par l'acide chlorhydrique , un acide particulier qu'il nomme acide cérosique. Ce dernier fond à +93%5, etil est à peu près insoluble dans l'alcool bouillant et dans l'éther. Mais dans une solution d'huile de pétrole fraîchement distillée , saturée à -h i4o% il se dépose par le refroidissement. D'après l'analyse d« Lewy^ il se compose de :

Trouvé. Atomes; Calculé.

Carbone 80,1 1 96 8o,o4

Hydrogène. , . . i3,35 19a i8,3o

Oxygène 6,34 6 6>66

55o CIRE DU LAW DE l'aËBR« A VACHE,

C'est un acide hydraté, maïs on ti'en a pas encore déterminé la capacité de saturation.

La cire de canne donné, avec l'acide sulfurique concentré, tm sulPacide copule, qui forme, avec la chaux, un sel assez soluble. Probablement il se produit deux acides semblables , Tun résultant de la base, et Tautre des acides gras.

Cire dUcaidaqtde ( cera de los andaqvies ). Cette cire provient dune espèce d'abeilles, appartenant au genre melipona {faifosa?\ et construisant ses ruches dans des creux d arbre. Elle est recueillie par les tribus d'Indiens qui habitent sur les bords des grands affluents de l'Orénoque et du fleuve des Amazones. On s*en sert en Amérique pour la fabrication des bougies , et il est rare d'en trouver dans le commerce d'Europe. Cette cire a été examinée par Leivy. Elle ressemble à la cire d'abeilles ordinaire, a pour poids spécifique 0,917, et, après sa fusion, se solidifie à + 77*. D après les recherches de Lewy^ elle se compose de 5o parties de cire de palmief) 49 parties de cire de canne à sucre et 5 parties d'élaïpe liquide. En faisant bouillir la cire avec 16 parties d'alcool , on dissout l'élaïne et la cire de canne, tandis que la cire de palmier reste insoluble. La solution se prend en gelée par le refroidissement. On l'agite, on la filtre, et ce qui passe, on le fait de nouveau bouillir pour en séparer des traces de la partie insoluble. En dissolvant la cire de canne dans une petite quantité d'alcool bouillant, on la purifie de la cire de palmier qui accompagne les premières solutions. Quant à la fusion et à la composition en centièmes de ces produits, Lewy les trouva parfaitement identiques avec la cire de palmier et la cire de canne. Mais il n'a pas examiné l'élaïne qui reste dans la solution alcoolique après la séparation de la cire de canne. On n'a pas non plus fait d'expériences sur la saponification.

Cire du lait de Varhre à vache. On l'obtient en évaporant le lait et faisant ainsi coaguler l'albumine. Elle se sépare à l'état fondu, et peut être décantée. Le lait en contient à peu près la moitié de son poids. Par ses propriétés, cette cii^e approche plus qu'aucune autre de la cire d'abeilles. Elle est d'un blanc tirant un peu sur le jaune, se ramollit à + 40"*, et peut alors être pétrie, se fond à + 60®, se dissout dans l'alcool bouillant, d'où elle se précipite par le refroidissement , se saponifie facilement avec les alcalis caustiques^ et brûle très-bien à l'état de bougie. Nous revien-

CIRE DU LAIT DE l'arbre A VAGHC. 55 1

drons sur cette cire, à Fhistoiredes sacs des plantes laiteuses.

La cire se rencontre , en outre , dans presque toutes les plantes et parties y^étales. Elle recouvre Tépiderme des fruits charnus , par exemple, des prunes, ainsi que de beaucoup de feuilles. Elle existe dans les parties reftes des végétaux, savoir, dans les tiges et les feuilles ; écrasées et exprimées , ces parties donnent un suo vert : par le repos , la matière verte se dépose ; c'est un mélange de cire, de chlorophylle et quelquefois d amidon. Pour les plantes sèches, on les traite par Talcool bouillant j parle refroidissement, on obtient le même mélange , mais toujours sali de résine, qu'où peut , dans beaucoup de cas , enlever par le lavage à l'alcool froid. — Il importe de rappeler que le tnot cire ne signifie pas toujours ici cire d'abeilles , mais qu'il s'applique à toute espèce de graisse cireuse. On peut ainsi facilement confondre les cires avec les graisses ; cependant on les distingue les unes des autres dans un tube de verre terminé à un bout : les corps gras répandent une odeur caractéristique d'acrol, indiquant la présence de l'oxyde iipylique. D'un autre côté, on reconnaît les cires à leur composition élémentaire : autant que nou» sachions , elles contiennent toujours plus de 78 centièmes de carbone et moins de 8 centièmes d'oxygène.

Pour donner un aperçu de la composition des acides et des bases que nous venons de décrire dans la section précédente^ nous allons donner ici une table semblable à celle des autres acides organiques. Nous y avons ajouté les formules dotit nous nous sommes servis.

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