‹ Traité de chimie minerale, végétale et animale (volume 4)Chapitre 9 sur 91 · A.MAL1I9E · texte numérisé non relu

A.MAL1I9E

partie; mais la plus grande partie se décompose. Ainsi sublimée , eUß est peu soluble dans Teau , tandis qu obtenue par Toie de précipitation, elle est un peu plus soluble. £n examinant, à Taide dn microscope, la disaolutioa d un sel harmalique au moment où Ion 7 ajoute un alcali 9 on voit que Tkarmalinese sépare d'abord sous forme de gouttelettes huileuses qui , si le sel employé était pur, se changent peu à peu en crist^u?^. Si Ton s est servi au contraire d*un sel brun , ce phénomène sera très-lent : les gouttelettes, pendant l'agitation, s^attachent 4 la tige de verre, sous forme de grumeaux résineux, plus ou moins mous, qui deviennent peu à peu cristallins. C'est pourquoi il faut toujours précipiter l'harmaline à chaud : les gouttelettes se changent presque instantanément en cristaux. L'harmaline est très-peu soluble dans lalcool, tandis qu'elle se dissout abondamment dans lalcool bouil* lant; elle se dépose, par le refroidissement, en cristaux plus groS| qui brunissent au contact de l'air. Si l'on fait bouillir Tharmaline en écailles fines dans une quantité d'alcool insuffisante pour la dissoudre , on remarque que la partie non dissoute devient granuleuse. L'harmaline est peu soluble dans réther,qui la précipite d'une solution alcoolique saturée. L*essence de térébenthine firaîchement distillée, ou Thuile de citron, dissolvent un peu d'harmaline à la température de TébuUition ; mais la solution se colore en brun. Si ces huiles contiennent d^ la résine, l'harmaline se colore sur-le* champ : ThuiLe de térébenthine devient rouge , et l'huile de citron briine. L'huile de pétrole rectifiée bouillante dissout aussi un peu d'harmaline, qui cristallise par le refroidissement; mais ni Thuile ni les cristaux ne se colorent par un long séjour à l'air.

L'harmaline, préparée par Goebel, fut d'abord analysée par yarrentrapp et JVill, Les nombres en centièmes étaient tout à fait exacts , mais la formule = C** H=*^ N* O ne l'était pas. Fritzsche analysa ensuite l'harmaline ainsi que le chlorure harmalique et le sel double platinique, et il en déduisit une autre formule. D'après ces analyses , l'harmaline a pour composition :

Hydrogène. • • • » • 28 6^346 Ammoniaque, 7^719

Niirogène 4 1^9717 Copule • • • . p^^^Si

Oxygène. • * • . » • % 7,265

176 tODIJRË HARMALlQtlE.

Poids atomique : 11753,08. Formule : NH'C' H-N* 0^= hmlAk. Les sels harmaliques purs sont jaune de soufre, et ont une saveur amère. Leur solution aqueuse a la même couleur.

Chlorure harmalique^ hmlkmGX. On l'obtient le mieux en versant goutte à goutte de Tacide chlorhydrique dans une solution d 'acétate harmalique : le sel se précipite, si Ton s'est servi dune quantité suffisante d'acide chlorhydrique. S'il n'a pas une couleur jaune pure, on le laisse égoutter sur un filtre, et on le redissout dans l'eau ; la matière colorante reste sur le papier. On précipite de nouveau le sel par de l'acide chlorhydrique concentré : le reste de matière colorante demeure dissous dans l'acide. On le laisse ensuite égoutter sur du papier brouillard , et on le dessèche dans le vide sur de la chaux vive. Il fiiut le mettre soigneusement à l'abri des vapeurs ammoniacales , dont des traces le colorent en brun. Il forme des aiguilles fines prismatiques jaunes , contenant 4 atomes ou 11,^ pour cent d'eau de cristallisation, dont une partie s'en va déjà à une douce chaleur, tandis que le reste ne s'en va qu'à + loo". A chaud, il est beaucoup plus soluble dans Teau ainsi que dans l'alcool , et il cristallise , par le refroidissement, en fines aiguilles jaunes. A la température de l'ébuUition, l'harmaline chasse l'ammoniaque du sel ammoniac. Quand on fait bouillir l'harmaline brune avec une solution de sel ammoniac, la plus grande partie de la matière colorante reste non dissoute , et la liqueur donne, par le refroidissement, le chlorure harmalique d'un jaune pur.

Chlorure platinico-harmalique , hmlhm G\ -h Pt-&1'. Il se précipite, quand on mêle les deux sels ensemble, en flocons jaune clair, qui se changent peu à peu en lamelles microscopiques; lavés et desséchés, ils forment une poudre jaune légère, contenant »3,172 pour cent de platine.

Le chlorure mercurico^harmalique se précipite en flocons clairs, quand on mêle ensemble les chlorures mercurique et harmalique. Il se dépose, par refroidissement, en fines aiguilles prismatiques.

Le bromure harmalique , hml Am Br, s'obtient comme le chlorure harmalique, auquel il ressemble tout à fait par son aspect, par sa forme et ses propriétés.

lodure harmalique^ hmlAmh II se dépose en cristaux déliés d'un jaune citron , quand on verse goutte à goutte de Tiodure potassique dans une solution d'acétate harmalique. Les cristaux

SULFITE HARMA^LlQUe. 1 77

sottt si peu solubles, qu'on peut \es laver sans perte à Feau froide.

Cfanure harmalique* Il ne parait pas exister bolëment; car lorsqu'on mêle une solution de sel harmalique avec de l'acide ' cyaohydrique ou avec du cyanure potassique, il se sépare un corps particulier qui n'a pas encore été étudié; il ressemble à une nouvelle base, contenant les éléments du cyanogène : il se combine avec l'acide chlorhydrique pour former un sel cristallin, d'où l'on peut facilement éliminer de l'acide cyanhydrique, en laissant du chlorure barmalique.

Cjanure ferrostHharmalique, On l'obtient en versant goutte a goutte une solution feible bouillante de cyanure ferroso-potassique dans une solution également faible et chaude de chlorure harma* lique : une partie du sel se précipite sur-le-champ à l'état cris« tallin et coloré en rouge brique , et le reste se dépose lentement en cristaux un peu plus gros. La liqueur ne renferme plus de trace d'hannaline, si l'on a employé le cyanure ferroso-potassique en excès.

Cyanure ferrico-harmalique. On l'obtient, comme le précédent, à l'aide du cyanure ferrico-potassique. Le sel ne se dépose que par le refroidissement, en prismes déliés, d'un vert brunâtre foncé. Les solutions froides séparent-des corps oléagineux , qui deviennent peu à peu cristallins. La précipitation de Tharmaline est complète. L'acide chlorhydrique se combine avec l'harmaline des deux sels, et élimine du cyanure ferroso-hydrique ou du cyanure ferricoliydrique.

' Le rhodanure harmalique se dépose en cristaux déliés d'un jaune clair, quand on traite une solution de sel harmalique par du rhodanure potassique. Après avoir dissous ces cristaux dans l'eau bouillante, le sel se dépose, par refroidissement, en aiguilles fines, aplaties, d'un éclat soyeux, qui, desséchées, forment une masse feutrée brillante.

Sulfate harmalique^ hmlAm S. On l'obtient en saturant l'acide par l'harmaline en excès. Par levaporation dans le dessiccateur , il se dépose en cristaux jaunes radiés y par Tévaporation à l'aide de la chaleur, il forme un vernis jaune, transparent. Par un excès d'acide sulfurique , on obtient un sel très-soluble , cristallisable en aiguilles jaunes.

Sulfite harmalique. On l'obtient en saturant Tacide sulfureux VI. la

I7B ÊHfiOlÉàtfeft HAtlMÀLIQUÊS.

par At HiÀtra^llné; une {>aiti6 se sépare sous forme d'une poudre jattfie, tandis «fue la plus grande partie reste dans la ilisaotution, qui , ëvaporéft daM té vide \ laisse un vernis jaun« , sans indice de cristAlKiation.

Nitrate harmaUque^ hml km N. 11 est irès-solVible dans Teau, et cristallise en aiguilles. Il est précipité de sa aissolution , tant par lacide nitrique libre que par le nitrate anlmonique. Cependant il ne faut pas le laisser loligtenips en contact avec Tacicle nitrique libre.

Phosphate hmHkakytêe^ htklÂm* P + H. On lobtient en faisant bouillir Tacide phosphorique avec de TliamiaUtae en excès. Par le reiroidiasément, uàe partie se dîéf^ose en cristAux acîculaires, tandis que le nnte ne se diëpose que par Tëvaporation. L*acide phosphorique le précipite de «a dissolution.

Carbonate féàmùit^. EH mitàbt h sblutiion d'àcëtate par du carbonate potassique, on ne précipite que Tharmaline ; mais quand on èiéle une solution concentrée d acétate avbc une solution saturée de Mcarbonate potiassique^ il se dépose peu à peu des cristaux aciculairvs de bicarbonate faarmalique* Le sel a d'ailleurs peu de consistance. On peikt le laver à Teau glacée^ Texprimer entre des doubles de papier brouillard ^ et le dessécher complètement À l'éir. Maia^ exput^ë encore humide à Tair tm sous Teati, il perd de Tacide earbbniqu«^ pendant qu'il se dépose dès eristaux d*harmaline plus gros que ceux du carbonate.

dxalaïe Jiànàaîiquè , lifiâ Âtti Ê. On Toblient en fâîsaAt digérer Uli excès à'hai^alMè avec uhe Solution d'àcVd'e oxalique. Dans la solution iSItrée c^au^é , le sel 'se déposé 'en âigiuiHes par le i'efroidlssehi'eïit. Lacide oxalique prébi^ite dé la solution tin sursel en aiguilles.

Acétate hannalique^ hml Km Ac. liest extrêmement soluble, et se prend, par lé refVoiâissement, en une tnàs^ iirupèu%e cristalline. La solu'tiôn d^po^e, paV rebüllitiön , 'dé l'hà^ihâlinë , et, par l'évaporalion à lai'cîe <!le là tlialèur , il se ri*égâgpè dfe l'acide acétique.

Chromaten harmaliques, a. Sel neutre y /im/AmCr. 11 se préci* pite quand on traite la solution d'un sel harmallque neuti'e par du Chromate potassique. Lés li'quéur^ i^é d'ô^Vem ttie ni 'ëtehclues ni

SDLFUitË HÂRMALIQUK. I^^

cdftHdës; car autt^itferkt l'harmatine se précipiterait, pendant qd*il ie forme du bichromate potassique; Th^rmriine ie sépat^ alori d ordinaire sous tùtme d nne haile. En mêlatit une solution, satar^à froid', ifihft tîhromate potassique neutre av«t ime solution coDci^nirée ll^oétakft hanÂalique , il se pr^ipite toujours un peu d'harmaliti^ ^'6n sépare ^ar le fiitre. Lorsque la liqueur at donne plus de précipité^ eue dépose, au boWt de Quelque tèttipis, dli chrdttkité haitnali^uie neunte «n petite cri^iauit jatine c1)iir. Loi^* qu'on introdMt \tih» t^ristaUt d^ Chromate datts uhe !ii[)llirion concentrée d'acétate, la liqueur se trouble tout autour des cHstault, et ce trouble disparaît par l'agitation. Après que la liqueur a dissous la plus grande quantité de sel possible, il se sépare, par l'addition d'une plus grande quantité de Chromate, une matière épaisse qui s'attache à labagiiette et aux parois du verre. On décante ensuite la liqueur, et on dissout la matière épaisse dans un peu d'eau, qui laisse un résidu d'harmaline. Par le repos , le Chromate harmaiique se dépose en cristaux, parmi lesquels on remarque quelques cristaux d'harmaline. Le mieux est ae verser la solution dans Teau mère décantée, qui aiminue la solubilité du sel : celui-ci se dépose pur en aiguilles aplaties. A l'état cristallin, il est si peu soluble, qu'on peut le laver à l'eaii. Siûvant Frïtzsche^ Tharmaline, ainsi que ses sels, ottrent deux états isomériqùes : dans l'un , ils sont amorphes , oléagineux et assez solubles; dans 1 autre , ils sont cristaAins et peu solubles. Le chromàté amorphe, si sbrubïe dans l'eab , se change jpeu à peu en chromate cristallin, en perdant sa solubilité dans l'eau froide.

b. Bigel^ hmlkxw Cr\ Il se précipite sur-le-champ en employant le bichromate potassique y bien que le dépôt continue encore à se former pendant quelques instants. Le sel est tout à fait anhydre, et supporte -H 120° sans se décomposer. A une température plus élevée, il ae décompose et se change en harmine, qui se sublime en laissant un résidu brun chromifère. Il se dissout dans l'alcool bouillant mêlé deau, et se dépose, par le refroidissement ^ en cristaux déliés.

Sdffure harràaUque y hml kxti ou A/w/AniH. Quand oh mêle une sölutioti bbncfentréé de sttlfhydrate amihotticpie , convenablemeat satutée de sulfide hydrique, avec une solution concentrée d'acétate harràatiquie, le sel se dépose en prismes déliés» Les cris-

l8o HARMINE.

taux se conservent bien, sous Teau mère, dans un vase bien fermé; mais ils se décomposent à Tair en harmaline et eu sulfide hydrique, qui se dégage. En séparant les cristaux par le filtre et les traitant par Teau, ou voit qu^une partie se dissout en laissant de Tharmaline et répandant une odeur de sulfide hydrique. Cette solution, si on la mêle à Teau mère, dépose les mêmes cristaux. Si elle est trop étendue, il ne se déposera peu à peu que de Tharmaline. Cette grande solubilité ne permet pas d'examiner laquelle des deux formules indiquées est exacte. Cependant la formule

hml Am H est la plus probable.

En mêlant la solution d'un sel harmalique avec une solution de sulfure sodique (on n'en a pas indiqué le degré de sulfuration), il se dépose, dans la liqueur jaune clair, des cristaux jaune orange foncé. Ces cristaux, traités par des acides, cèdent Tharmaline et laissent un résidu sulfuré, indiquant un polysulfiire harmalique.

Les transformations de Tharmaline ont été encore peu étudiées. Nous avons vu que Tharmaline brunit à l'air, et donne naissance à un corps brun , semblable à un acide humoïde, et adhérant avec opiniâtreté à lalcali libre.

Fritzsche a constaté que les acides nitrique et chromique changent Tharmaline en harmine, et, dans certaines circonstances, en chrysobarraine.

Harmine. Cet alcaloïde fut découvert par Fritzsche en traitant l'harmaline par l'acide nitrique ou l'acide chromique; il l'appela d'abord leuco-karmine ^ nom qu'il changea ensuite en celui de harmine. Nous n'en avons qu'une connaissance très-incomplète. Son extraction des semences du peganum harmala a été plus haut indiquée.

On l'obtient en faisant bouillir l'harmaline avec un peu d'acide nitrique, rapprochant la liqueur par l'évaporation , et y ajoutant de l'acide nitrique concentré : le nitrate harmalique se précipite.

On l'obtient aussi en exposant le bichromate harmalique à une température un peu élevée. Il se dépose sur le couvercle du vase un peu d'harmine sublimée. En épuisant le résidu brun poreux par de l'alcool bouillant, on enlève l'harmine, qui cristallise.

L'harmine est incolore, et cristallise en aiguilles. On peut la sublimer en grande partie sans sublimation. Elle est peu ou point

PORPHYBHARMINE. 1 8 1

soluble dans Teau ; elle se dissout dans Talcool , plus à chaud qu'à froid. Pritzsche Ta trouvée composée de :

Atomes. Centièmes.

Carbone «, 27 74>346

Hydrogène ^4 ^,490

Nîtrogène 4 12, 833

Oxygène 2 7?33i

Poids atomique : 2728,1a. Formule: C' H*« N* O* = Ar/w Ak. Ce composé ne se distingue de lliannaline que par deux équipa* lents d*hydrogène de moins contenus dans la copule , ce qui ex* plique sa formation à Taide des acides oxydants.

Les sels harmiques sont incolores et d'une sayeur amère. Ils sont, comme les sels harmaliques , précipités par les acides libres. Du reste , on les a encore peu étudiés.

FrUzsche a décrit, comme produit de transformation de Tharmaline, un autre alcaloïde, sous le nom de

Chrysokarmine. On Tobtient en mêlant une solution aqueuse de sulfate harnialique, d'abord avec de Talcool, puis peu à peu avec de l'acide nitrique concentré : la chrysoharmine se précipite à Vétat de sel jaune abondant. On lave le précipité à l'alcool , puis on le dissout dans l'eau , et on traite la solution par l'ammoniaque : il se précipite de la chrysoharmine pure d'un jaune d'or. Cet alcaloïde se distingue facilement de Vharmaline et de l'harmine, en ce que son sulfate est très-peu soluble dans une liqueur contenant de l'acide sulfurique libre : il se précipite donc par l'addition, de cet acide , tandis que les sulfates des autres bases restent dissous.

Goebel et Fritzsche ont décrit encore un autre alcaloïde, qui est un produit de transformation des bases renfermées dans les semences du peganum karmala. Il a une couleur rouge, et constitue la matière colorante de la plante. Goebel lui donna le nom impropre de harmala , tandis que Fritzsche l'appelle

Porphjrrharmine^ de itopçupeoç, rouge pourpre. Mode d'extraction : On prend des graines de peganum harmala , on en remplit un flacon jusqu'au col , et on y verse de l'alcool à couvrir exactement la couche supérieure des graines. On abandonne ensuite le flacon au repos , ayant soin de remplacer de temps à autre les portions d'alcool qni s'évaporent. Après que la base rouge s'est

iSü ALCALOÏDE DONIÏAKT DKS SELS ROUGES.

Cormëe , oo peut l'extraire des semences ea ajoutant à Tsilcool uo acide ^ mais, par la distillatioB de Talcool, la b^Ue OQuWar pourpre de la liqueur disparait en passant au rouge brun. Si l'on déverse l'alcool sans addition d'acide , et cpi'on traite les graines par de l'acide et i)e leau, on n'enlève pas, à la vmt^, complètement la base rouge ^ mais, en ajoutant de l'amiBOiiÂftqu^ à la solution aqueuse acidulée, on peut la précipiter en Cocons d'un beau pourpre. Quoi ^u il en soit, il est difficile de Vob^îr exempte de tout mélange d'harmaline.

. La porphyrharmine n'a presque pas été encore étudiée. Elle lofBi^ des sels rouges, et on peut, saxis ou avec des mordants, la fixe^suT les étoffea comme une matière coloiante. EU^î donne des nuances bon teint , depuis le rouge poaceau jusqu'au rouge rose.

Algaloïdbs retires bb l'esghscholzia californica.

En 1844? ff^tUz décoxiy rit ^dskns Y esch^cholziacafiforuica y trois alcaloïdes particuliers, qu'il décrivit sans les désigner par des noms spéciaux.

I. Alcaloïde donnant des sels rouges (i). On l'obtient de la manière suivante : On épuise les racines sèches complètement par un mélange d'acide acétique et d'eau, on évapore la solution rouge jusqu'au qu^rt du volume des racines employées, on filtre la liqueur, et on la traite par l'ammoniaque; le précipité ainsi produit a une couleur violette particulière; après l'avoir bien bvé et desséché à une douce chaleur, on le fait digérer avec l'éther. Puis on fait arriver dans la solution éthérée du gaz acide chlorhydriqiie, jusiqu'à ce qu'il ne se forn^e plus de précipité rouge clair ; on le recueille sur un filtre, et on le lave à l'étht^r. On le dissout ensuite dans l>au : la solution est rouge de sang , et dépose une matière résinoïde; l'ammoniaque en p(;écipite la base, qiie Ton purifie en la redissolvant dans l'éther, la précipitant par l'acide chlorbydrique, l'extrayant par l'ammoniaque et la lavant à l'eau. La base est pure , si Teau de lavage passe incolore et insipide. Elle offre

' f ) Nons proposons de Rappeler erythrafine (de Ipu6p6;, rouge, et (5Xç, sel).

{yofe dét traducteur,)

ALGALOÏDB IITCOLOBS. t83

l'aspect d'une poudre gris bleuâtre aveo une faible teinte violette^ et donne des sels cristallins d'un ronge Tif.

a. AlcaJkiie imcdore, sakAie dans Vither (i). Qm Tobtiemy comme la base précédente y ms épuisant la plante pajr un mélange d'aeide acétique el d*eau, et pvécîpîtani par Vammouiaque. O» le lare àleau ammoniaquée , jusqu'à œ que celfecî ne se cokNre plus. Ainsi laTé, on le dessèche et on le dissout dans Véthtf , qui laisse unequamilé notable de matiive colorante itfMi dissoute. On chasse Téther p«r bi distUkitîoo ^ «n ^ssout le résid» dans de Ta« cide acétique, et eir l'en précipiite par Vanwioadaque, a^ec laquelle on fait digérer le précipité. On le lare de nouveau , on le dissout dans un acide, on traite la liqueur par du cbarb^n animal , on filtre et on précipite de nouveau. La base est alors sous forme d*ane poudre blanche, insipide, Insoluble dans Teau, soluble dans l'alcool et dans Téther ; ce& blutions ont une saveur très-amère; elles donnent des sels incolores, d'une saveur tout à la fois amère et acre.

3. Alcaloïde incolore ^ amer y sotuble dans l'eau , dei^enant violet par Pacide sulfurique (2). On le retire de la liqueur d'où les deux bases précédentes ont été précipitées, ainsi que leur eau de lavage. On recueille ces liquides, et on les neutralise exactement par de l'acide acétique. On précipite ensuite la base par de Pacide gallotannique; on lave le précipité, on le dessèche, et on le dissout dans de ralcool de 0,840 densité. On fait digérer la solution avec de Fhydrate calcique, puis on décante le liquide, et on fait digérer l'hydrate avec une nouvelle quantité d'alcool, jusqu'à ce qu'il ne se dissolve plus rien. On mêle ensemble ces solutions alcooliques, qui ont une réaction alcaline , et on y fait arriver du gaz acide carbonique, jusqu'à ce qu'il ne se précipite plus rien. On sépare le carbonate calcique par le filtre, on chasse l'alcool par la distillation, et on épuise le résidu par de l'eau, bouillante : des traces des deux bases précédentes restent non dissoutes. La solution aqueuse est un peu colorée; on Tévapore jusqu'à siccité, et on redissout le résidPu dans Téther, qui laisse fa matière colorante in-

(i) On pourra l'appeler Uucaline (de Xeûxoc, blanc, et étXç, sel).

(iVote du traducteur,) (a) Nous rappellerons iodal'me (de le»S^ç, violet, et diXç, sel).

(Vote du traducteur,)

l84 BERBléfillfE ET BERBINE.

soluble. La base se dépose par Tévaporation de Téther« A nne douce chaleur, elle coule comme une résine. Dans cet état, elle est assez soluble dans Teau , et la solution a une saveur forte , aroère , désag[réable. Au rapport de IValz , la solution aqueuse concentrée donne, par Tammoniaque, un précipité floconneux abondant. Cette réaction semblerait indiquer que la base en question est combinée avec un acide quenlèye ranirooniaque , et qu elle ne se précipite pas dans une liqueur étendue. Elle se dissout dans Talcool et dans Téther ; ces solutions ont la même saveur que la solution aqueuse. Elle forme, avec les acides, des sels solubles, offrant une réaction caractéristique : une solution ne contenant qu'un centième de sel prend, par Taddition de lacide sulfurique, une couleur violette magnifique.

Beebérinb et Berbinb (i).

L'épine- vi nette i^berberis ^vulgaris) ^ et surtout la racine de cei arbrisseau , contiennent deux alcaloïdes , dont Tun fut découvert en i83i par Büchner aine et Herberger y qui le décrivirent avec plus de détails en i835 , sous le nom de berbérine; lautre fut découvert en i836 par Polex ^ qui l'appela oxyajcanthine ^ nom que nous changerons en celui de berbine.

Mode d'extraction de la berbérine : On coupe la racine en morceaux, on l'arrose avec de l'eau bouillante, et on l'y fait digérer pendant quelques heures. On décante l'infusion, on remplace la liqueur décantée par de nouvelle eau bouillante, et on répète cette opération encore une fois. On évapore les infusions jusqu'à consistance d*un extrait clair, et on traite cet extrait à plusieurs reprises par de l'alcool de 0,82, tant que celui-ci acquiert encore une saveur amère ; après quoi on distille la majeure partie de l'alcool, et on place le résidu pendant 24 heures dans un endroit froid. La berbérine se sépare en cristaux pénniformes , dont on laisse s'égoutter l'eau mère glutineuse sur du linge ; après quoi on lave

(i) Voyez : Recherchés chimiques sur ia racine du berbèris vulgaris, par E. Herberger. (Report, f. pharmacie, t. XXXVI, p. i.)

Sur la racine du berbèris vulgaris, par Polex. (Nouvelles Archives de Brandes, t. VI, p. a65.)

{Note du traducteur.)

BERBl^RINB ET BERBINE. l85

les crisfaux avec un peu d'eau froide. On dissout ensuite la berbérioe dans Teau bouillante ; la berberine se dépose de cette solotîon par le refroidissement. En concentrant de nouveau les eaux de lavage et les eaux mères, on obtient encore une portion de berberine. Pour la purifier complètement, il faut la dissoudre jusqu'à reiîis dans lalcool bouillant , la faire cristalliser par le refroidissement, et répeter ce traitement. On lave les cristaux avec de Tesprit-de-vin froid, et on les fait sécher. La racine fournit i,3 pour cent de berberine.

Dans cet état, la berberine est une poudre légère, dun beau jaune clair, composée d'aiguilles fines, douées d'un éclat soyeux, lesquelles deviennent d autant plus grandes qu'on fait refroidir plus leotement la solution. Elle est inodore, donne une saveur amère forte et persistante. Chauffée à+ loo^, elle devient rougeàtre, mais reprend sa couleur jaune en refroidissant. Chauffée plus fortement, elle brunit. A + i3o®, elle fond en se boursouflant; depuis -h i6o** à 200^, elle développe l'odeur de la corne brûlée, et laisse un charbon difficile à incinérer. Par la distillation sèche , elle fournit une liqueur jaune qui contient de Tammoniaque; 5oo partir» d'eau à -4- la** dissolvent une partie de berberine en jaune. Elle se dissout en toutes proportions dans Teau chaude. Une solution (àible est jaune ; celle qui est concentrée a une couleur brun jaune. Ses solutions ne réagissent ni comme les acides ni comme les bases sur le tournesol et d'autres couleurs végétales. Une partie de berberine exige a5o parties d'alcool froid pour se dissoudre ; l'alcool bouillant la dissout en beaucoup plus grande quantité, après quoi elle cristallise parle refroidissement. Elle est insoluble daus l'éther, dans le sulfide carbonique , le pétrole et Thuile pyrogen ée rectifiée; mais elle se dissout, principalement à chaud, dans Vhuile de lavande, Thuile de térébenthine et les huiles grasses.

Büchner et Herberger prirent d'abord la berberine pour un acide bible; ib ne songèrent donc pas à examiner ses combinaisons avec les acides , c'est-à><)ire les sels berbériques, qui sont précipités de leurs solutions aqueuses par les acides, parce qu'ils sont insolubles dans les acides libres. Ils trouvèrent que la berberine obtenue en précipitant un sel par un acide, et dissoute dans l'eau, est précipitable par une terre alcaline ; ils en conclurent que la berberine s'unit à la terre alcaline pour former un sel peu soluble, dans le- ^el elle jouerait le rôle d'un acide. En mêlant la solution aqueuse

lS6 BttlBRIBre IT WftBfKl.

àè b^bMne av«c k solution d'un &el wélallique, ils obtinirent des précipités qu'ils prirent paur des berbéi?ale#, taod» qv^ ce sont de» combiQaîsoii& de sel métallique avec la berbériiM» l^lfos qu'en produisent la plupart des alcaloïdes. £a 1846^ Fl^Uucum fit ressortir Finexactitude de oette opinion , eu viontrant , par des recherchea plus détaillées, que la berbérine possède toutes les propriétés d'un akaloïde bien caractérisé, quoiqu'elle n exerce pas d'action alcaline siir les couleurs végésalea«

F leitmann prépare la berbérine d'après le procédé ^-d^sSHS vof diqué. On la précipite , à Vaide de l'acide cUorhydciquie , sipus forme de chlorure beibérique. On traite ce sel par un ftijuble excès d'acide sulfarique étendu, et on éTapore la liqueur jusqu'à ce que tout l'aeide chlorhjdrtque soit étiminé. On dissout ensuite le sulfate , et on mêle la solution avec l'eau de baryte jtequ'à ce qH*ii ne se précipiif plus de sulfate harjttqtte, es que la liqneus oSce une réaction alcaline. La berbérine reate en solution danaleou, à laquelle elle communique une couleur rouge foncé. On préiE^iMU l'excès de baryte par du gaz acide carbonique, puis on évapore la vapeur au baUn-marie jusqu'à sicciié. On traite le résidu par de l'alcool concentré bouillant, et c'est de cette solution concentrée qu'on sépare la berbérine par l'étlier. On lave le précipitée l'édier, et on le dissout ikns l'eau bouîHante, où 'A cristaUise.

Les cristaux ainsi obtenus renferment beaucoup d'eau de cristallisation. A + loo"", ils. perdent jusqu'à 19,4 pour cent, en laissant un résidu rouge brun, qui absorbe l'buraidité de Taie et prend une couleur jaune. Chauffée à + isio% la berbérine fond sans per^ dre plus d*eau qu'à + 100^ ; elle se prend, par le rrfroidissemeat, en une masse résineuse. L'analyse a démontré que la berbérine fondue renferme encore % atonies d'eau ; aoaia Fleitmann^ ne réusoit pas à déterminer avec exactitude si l'on peut expulser oette eau à une tempéi;ature plus élevée, sana enti^aînt^r de décomposition.

Pour déterminer la composition et la capacieéde saturation dkla berbérine , Fleitmann a analysé la ba^béiwe àesséchie k + 100% le chlorure berbériq«^ et le sel double plntsniquie. Sa voici le résuha« :

CHLORURE PLATIHlG0*BfeRBiRlQ€£. 1^7

Atomes. Centièmes.

Carbone 4^ 70,824

Hydrogène 36 S,o43

Milrogène 2 3)93o

Oiygène 9 20,ao3

Poids atomique : 4454,74. Formule : NH' 4- C*' H^ O' = bbrAÏ. La berbérine rouge brun , desséche'e à -|- ioo*> est :

=:WrAmH, c'est-à-dire que c'est de Tïiydrate berbérique. La herberine cristallisée, jaune, renferme 10 atomes pu 19,4 pour ceotd'eaii de cristalli9ttk>n , cpxi s'en vont à + loo"*.

Les sfl» berheriques sont jaunes et crtstallisables. II& se conser- ▼entassez bien à lair, tant en dissolution que sous forme solide; et la berbérine est si peu oxydajble, qu'elle se combine avec l'acide chlorique pour former un chlorate neutre. Ces sels sont très-sofubles dans l'eau , et ils sont précipités , comme les sels harmaliques, quand on mêle ta solution avec de l'acide libre, ou qu'on y ajoute un sel à base alcaline, La méthode la plus facite de préparer ces sels consiste donc à mêler la splutîon aqueuse de chlorure berbérique avec un sel potassique r le nouveau sel berbérique se précipite dans une liqueur aqueuse contenant le chlorure potassique en dissolution.

Chlorure berbérique^ bbr km Çt\ + 6 H. On l'obtient en saturant la berbérine par de Pacide chlorhydrique. Dans une solution chaude concentrée, il crista||ljse ^n aigiûlles déliées jaunes, ayant une faible teinte rouge. A -f- loo*^ il perd 5 atomes ou 8,65 pour cent d*eai|^ mais ledei;niev a,V)n\e n^ ^'çn. va pas encore à + I20^ La solution aq^ueyse d^ ce. sel. se ^rend , par le refroidissement y en une masse de cristaux déliée, quajid on y ajpi^te une certaine <|naQtité d'acide chlorhydi;ique.

Chlorure platinico'berbérique , bbr Am €1 4- Pi €1*. Il se précipite en flocons jaune clair, quand on mêle ensemble les cWorures platinique et berbérique. Il est si peu soluble dans l'eau, qu'on pcnt l'y laver sans perte sensible. Il est anhydre^ et contient ^lfi^9 pour cent de ptatine. Il s'altère à l'air humide y en prenant nne couleur sale.

Ia berbérine donne, avec la plupart des chlorures inétalliques,

l88 CflROir\TË BERBléniQuE.

des précipités jaunes , peu solubles dans Feau ; ceux de cuivre et de nickel sont verts. Ce sont des combinaisons du sel métallique avec la berbérine.

En traitant la solution de chlorure berbérique avec les solutions de bromure^ d*iodure ou de cyanure potassique, on obtient des précipités de sels doubles en flocons jaunes. Avec le cyanure ferroso-potassique, on obtient le cyanure ferroso-berbérique en flocons verts jaunâtres, qui donne, avec les sels ferriques, du bleu de Prusse ; une addition de potasse rétablit la berbérine et le cyanure ferroso-potassique.

Le suljate berbérique est inconnu à Tétat neutre. Le bisel^

bbrAxn S -h HS, se dépose peu à peu en petits cristaux jaunes, anhydres, quand on mêle une solution de chlorure berbérique avec de l'acide sulfurique étendu.

• • •• Nitrate berbérique j bbrAmN, On Tobtient en mêlant le. chlorure berbérique avec du nitrate argentique : il se précipite du chlorure argentique, que Ton sépare aussitôt par le filtre. Au bout de quelques instants , le nitrate berbérique se dépose en petites aiguilles d'un jaune clair pur, qui ne renferment pas deau de cristallisation. Il se dissout dans Teau chaude, et cristallise par refroidissement«

Nitrate argentic(hberbérique, 11 se dépose quand on mêle la solution du sel argentique avec une solution de berbérine. D'après Büchner et Herberger ^ il renferme 19, a 5 pour cent d argent.

Chlorate berbérique j bbr Am G\. Il se précipite quand on mêle une solution de chlorure berbérique avec une solution de chlorate potassique. Il se présente sous forme de flocons volumineux jaune clair, qu'on peut laver àTeau, tant qu'ils contiennent du chlorure potassique; après quoi ils commencent à se dissoudre. Le sel est soluble dans Feau pure aussi bien que dans Talcool : il s'y dépose en cristaux jaunes, d'une nuance verdâtre. Il détonne par la chaleur et sous le choc du marteau.

Chromate berbérique. On ne le connaît pas à Yétat neutre. Le

bichromate^ ür AmCr*, se précipite quand on mêle une solution de chlorure berbérique avec une solution de bichromate potassique. Il présente Faspect d'^ne vnasse vplumipeuse, jaune, faoile

SURSULFURE ÂMHOJflQU£. 189

à laver dans leau froide. Après la dessicoation , c est une poudre pesante, d un jauue clair.

Ayec les acides végétaux^ la berbérine forme des sels cristallins, qu on n*a pas bien étudiés.

II acide gaUotannique précipite la berbérine de ses dissolutions.

Transformations de la berbérine. 1 . Action de Pair. Bien que la berbérine, soit isolée, soit combinée avec les acides, résiste à l'influence de Tair, elle absorbe, à Télat humide, l'oxygène, en se colorant eo brun , quand on la mêle avec la potasse ou l'ammoniaque. 11 se transforme par là en un corps foncé, humoîde, qui se combine avec l'alcali, d'où on peut le précipiter par un acide. Par 1 ebullition avec un excès de potasse, il se développe de l'ammoniaque.

a. Action du chlore. Lorsqu'on conduit du gaz chlore dans sa solution, il se forme un précipité brun, tandis que la liqueur devient brun pâle. Le précipité brun est insoluble dans leau, partiellement soluble dans l'alcool bouillant et complètement dans la potasse caustique ; les acides le précipitent de nouveau de cette dernière solution. Le brome et l'iode ne paraissent pas exercer d action sur la berbérine.

3. Action de F acide sulfurique concentré. L'acide sulfurique la dissout en vert olive ; la solution donne avec l'eau un précipité broo, insoluble dans l'alcool et l'éther, mais soluble dans les alcalis caustiques.

4* Action de t acide nitrique concentré. L'acide nitrique la dissout, avec un violent dégagement de vapeurs rouges ; la liqueuc, qui est rouge foncé, se décolore à peu près, quand on la chauffe.

Après avoir évaporé la solution jusqu'à consistance sirupeuse, l'eau enlève de l'acide oxalique et de l'acide nitrique en laissant ttoe matière jaune, que l'on peut pétrir comme de la cire. Cette matière est peu soluble dans l'eau , mais elle se dissout dans l'alcool, et sa solution donne un précipité avec les sels plombiques ou argentiques.

5. Le sursulfuré ammonique donne , avec la solution du chlorure berbérique, un précipité rouge brun, contenant du soufre^ cependant ce n'est pas là un sulfure berbérique, car, dissous dans de Tacide chlorhydrique , il ne dégage point de sulfide hydrique, et la solution donne, au bout de quelque temps, des cristaux jaune rougeàtre, renfermant du soufre. Il se dissout faiblement dans

Teitu, qu'il colore en brun, et bette solution dôme) àTec l'acétate plombique, un précipité d'un beau rouge, ayant une odeur d'éther sulfhydriqué. La tsoluttoh des dîstauk retirés de là tiquetlr chior« hydrique donne aussi, avec les sels piontbiquef , un précipité rouge. Fltitmeuin trouva^ tians ce corps ^ i6,83 pour cent de soufre, et il lui attribue les propriétés d'nkie base.

6. Par rébuUition, niéme prolongée , avec Yhydrate pötassi^ne, la berbérine ne développe ^as d'kihmöhtaque , mais elle fend et vient surnager; après Térapol^ation de là liqueur, die présente l'aspect d'une matière brune^ résinrâse*, d une saveur aÉière^ peu solnble dans Veau \ mais soluUe dans l'alcool , où elle se dépose en cristaux.

7. Par la distillation sèche^ la berbérine, soit libre, soit à l'état de sels^ surtout à l'état de biehromate, donné une petite quantité d'un sublimé jauite cristallin^ insoluble dabs l'eau et söluble dans l'alcool : la solution élcooltque est précipitée en Jauriè par l'^au, et en jaune soufre par Tacetit« plotnbi^uè ; ellb réduit Targent du nitrate argen tique. Elle est rouge rue par réfracden, et verdâtre par réflexion.

La berbérine est une matière colorante jaune, que Ton petit, sans moiidJant, fixer sur les étoffes de lin, dé coton, de laine, et particulièrement sur les étoffes de sole. L'emploi du sel stanniqné, comme mordant^ rend la couleur plus belle et plu!i stable.

BsABfKS {ojcjracantkiney On la rentoiitré principalement dans 1 ecorce de la racine de Tépinoivinette. Pour l'en ettrâire^ ott conpe la racine en petits morceaux et on l'épuisé par l'alcool, jusqu'à ce qu'il ne se dissolve plus rien. On mêle ensuite la solution alcoolique avec 1 1 d'eâu, et on la distille jusqu'à ce qu'il tie reste plus que de l'eau : il se dépose une résine que l'on sépare par le filtre. Le liquide filtré , on 1 évapore , ^t on s'arrête lorsqu'une goutte, posée sur une lame froide, donne des cristaux de berbérine : par le refroidissement de la liqueur, la berbérine cristallise. On filtre Teslu mère, et on la traite par du carbofaate sodique : la berbine se précipite. On la lave^ on la dissout dans de Tacide sulfurique étendu, on fait bouillir la liqueur^ pour la décolorer, avec du charbon animal, et on la traite de nouveau par du carbonate sodique : la berbine se précipite sous forme d'une poudre blanche i il faut la conserver soigneusement à l'abri de la lumière di-

recte du ^leil j car autrement leite se cölöireillit 'd^lboh) en JMliie, fviS èh brtih. E!lé \k uûè}àrè\ït àhil^^, tùiiA }plkt tä th^letir, et se décôlbpà^'é at^ d^^^^efît de pt^^lIkUs âMMotiiAcatlk. Elle est f}nsifùè insoluble dans l^'éati, ihais «Ife ^i asseï sduble é^m l*al* cool, infime très^hydratë. EHè se dissout diàVI^ l'ëtti^j auèsi bien que dans les huiles grasses et volatiles. Les solutions Y>nt «ne réaction albaÛhè sur le j^tàpier dé tôViH^'ésol l^it^tlsâl^nt rougi. — lÀ berbiné h'a pas Aé ahàlys^e. ÂV^c 1^ acidb&j «Ile forme des ^Is ataiéH, et blt)6 éh ^i\ pécMl&è ^r Vàbftlé ]^liotannique. Les cfalotûrè, ^iA&ité tt âitraté bé»)it|^ie5 cristàHinent «n àij»iiilles dé- Kétei. Les sels % *àddeâ Vëgetèu^ De {paraissent |)âft i^ceptlblés de criàbriisér.

tous les alcaloïdes jusqu'ici décrits contiennent de Voxygène dans leur copule; ceux dont nous allons parler maintenant en sont pri?és. Si la copule est constituée par un carbure hydrique , lalcaloïde, à Télat anhydre, sera le plus souvent liquide, volatil, et d'une odeur forte, pénétrante, désagréable. On peut distiller ces bases, soit isolément, soit avec de l'eau. Nous n'en connaissons jusqu'à présent que deux dans la nature organique, savoir, la nicotine et la couéine , bien que leur nombre soit probablement beaucoup plus considérable. Mais on peut en produire plusieurs artificiellement.

Nicotins (i)«

Cette base existe dans le tabac, qui paraît la contenir à l'état d'acétate, et lui devoir son icrelé et son àctioi) narcotique. Elle a été découverte^ en 1829, par Posselt et Reimann ^ qui l'ont ex-

(0 Toycz ; Analyse du taïac a larges feaiKeSy par VanquelÎB. (Anmlei dft cliiiliie, MXXJ,p. idg.)

lur U tabac, par Biiclincr. ( RejperC f. ^iharinâcie, t. XkHII, p. 5«t.)

Examen dûmi^ue du tabac, et préparation du principe actif de cette plante, ^» Pofidt et k'eîmann. (Journal d« Geîgev, t. X1ÙT, p. z^.)

Sur la nicotiae, etc., par Posselt et Reimann.^ ( Archives de Brandes, t. XHXI» p. »47.)

Sur la nieotianine et\ses^comhinaisons, par Edm. i)&vy. (PkHöSbpfi. Ma|;aaiae, B9-

]ga NICOTINE.

traite de différentes espèces de nicoUana^ savoir : du nicotiana ta* bacunij du macrophjrlla rustica et glutinosa. Elle n existe pas seulement dans les feuilles ; Büchner en a Clement trouvé dans la graine du tabac. De même que la base suivante , elle se distingue des autres alcalis végétaux par la facilité avec laquelle elle se dissout dans Teau.

On a indiqué diverses méthodes de préparation de la nicotine. Reimann et Posselt soumettent à la distillation les feuilles de tabac sèches avec de Teau mêlée de j^ d'hydrate potassique, jusqu'à ce que le liquide qui passe n'ait plus de saveur acre. Le produit de h distillation, composé de nicotine et d'ammoniaque, on le sature avec de l'acide sulfurique, et on le distille à une douce chaleur jusqu'à siccité. On épuise le résidu par de l'alcool anhydre, qui dissout le sulfate nicotique , et laisse le sulfate ammonique insoluble. On évapore la solution alcoolique, au bain-niarie, jusqu'à siccité; on mêle le résidu ayec une forte lessive de potasse, et on distille le mélange : l'eau et la nicotine passent à la distillation. On enlève la nicotine par Téther, on la dépouille de l'eau au moyen du chlorure calcique fondu , et on chasse Téther par la distillation : la nicotine reste colorée en brun, et peut être distillée séparément.

Schloesing indique la méthode suivante : On prépare uu extrait aqueux de tabac, qui renferme la nicotine à l'état de sel. On l'épuisé ensuite par Talcool, et on évapore jusqu'à faible consistance d'extrait. On l'agite avec de l'hydrate potassique, quireod la nicotine libre, qu'on enlève par l'éther ; après la distillation de ce dernier, la nicotine reste colorée et souillée d'eau, d*am-

Mémoire sur la tùcoiine, par O. Heory et BoutroD-Charlard. (Journal de pbanoacie, t. XXII, p. 689.)

Sur la composition de la nicotine et de quelques-uns de ses composés, par OrtigOit* (Anuales de Liebig, t. XLI, p. 1x4.)

Sur la composition de la nicotine, par Barruel. (Comptes rendus de l'Académie des scieoces, janv. 184a, p. 224.)

Note sur la nicotine^ par Barrai. (Annales de ^imie et de physique, t YU, 3* soie, p. i5i.)

Note sur la nicotine, pai* Melsens. (Annales de chimie et de physique, t. IX, 3* série, p. 465.)

Recherches sur les produits de la distillation sèche du tabac, par Zeise. (Journal fur prdit cfaemle, t XIX, p. 383.)

(Note du traducteur,)

NicoTms. 193

moniaque et d'étber. Pour la débarrasser des matières étrangères ^ on la distille dans un appareil dans lequel on fait passer du gaz hydrogène sec, en maintenant la températare, pendant la heures, à + i4o^ En élevant ensuite la température à + 180*", la nicotine repasse incolore et anhydre. Une livre de bon tabac donne ainsi 5o à 60 grammes de nicotine.

Voici une autre méthode d'extraction : On exprime le suc de 110 livres de feuilles fraîches de nicoUana talacum en fleurs, on fait coaguler ce suc par Tébullition , on le sépare par filtration du coagulum, et on Tévapore jusqu'à ce qu'il n'en reste que 6 livres. La liqueur obtenue est d'un brun foncé, et d'une saveur très-âcre; on la mêle avec un excès d'hydrate calcique , avec lequel on ia laisse en contact pendant plusieurs heures. On la filtre , on la distille, et on traite le produit de la distillation par l'éther, comme je viens de le dire.

OrUgosa prépare la nicotine de la manière suivante : Il épuise les feuilles de tabac par de l'eau contenant un peu d'acide sulfurique, il évapore la solution jusqu'à consistance sirupeuse, et mêle le résidu brun avec environ \ de son volume de lessive potassique concentrée ; puis il distille le mélange en ayant soin de remplacer de temps en temps l'eau qui a passé. Le produit de la distillation est une solution de nicotine et d'ammoniaque dans Teau : la nicotine y surnage sous forme de gouttes brunes oléagineuses. On sature le produit de la distillation avec de lacide snifurique, ou mieux encore avec de l'acide oxalique ; on Tévapore jusqu'à siccité, et on épuise le résidu par de l'alcool anhydre qui dissout le sel niccotique et laisse le sel ammoniacal insoluble. On évapore la solution jusqu'à consistance sirupeuse, et on la traite, dans un flacon, par de la potasse caustique et de l'éther, qui dissout la nicotine. On répète le traitement par l'éther jusqu ace qu'il ne se dissolve plus rien ; puis on chasse l'éther par la distillation. U passe d'abord, à la distillation, de l'éther pur, puis vient un mélange d'éther et d'eau, enfin une huile incolore que Ton recueille à part, et qui devient jaunâtre à la fin de la distillation. Cette huile, c'est la nicotine, mais souillée encore d'un reste d'alcool ou d'éther, qu'on ne pourrait enlever par la potasse sans altérer profondément la nicotine. Ainsi obtenue, la nicotine est incolore, semblable à une huile douée d'une forte odeur de ta- VI. l3

194 KIGOTUrB«

bac, et susceptible d*étre distULée à + xoo% en laissant une résine brunâtre^ soluble dans lalcool.

Barrai indique le mode de préparation suivant : On épuise les feuilles de tabac par de Teau acidulée avec de Tacide sulfurique ou de l'acide cblorhydrique; on concentre la solution, par Tevaporation , jusqu'à la moitié de son volume , et on la distille avec de rhjdrate potassique. Le produit de la distillation renferme de la nicotine qu'on enlève par l ether. On chaufiEe la solution éthé> rée jusqu'à ce que la plus grande partie de l'éther ait passé à la distillation, et on abandonne le résidu, pendant quelques se* maines, à un endroit chaud; on le chauffe à la fin jusqu'à -h i4o° : il se dégage de l'ammoniaque et des traces de quelques mélanges volatils. On mêle ensuite le liquide, ainsi concentré, avec de l'hydrate potassique, et on le distille, au bain d'huile, à + 190% dans un courant lent de gaz hydrogène pur et sec : la nicotine qui passe est un peu colorée ; on la décolore par une rectification dans le gaz hydrogène.

La nicotine a les propriétés suivantes : c'est un liquide incolore, assez mobile, d'une forte odeur de tabac , tout à la fois piquante et désagréable. Sa saveur est acre, brûlante, et persiste longtemps. Son poids spécifique est, suivant Henry et Boutron^ = i,o48* La nicotine ne se solidifie pas à — > 10®. A + 100% elle répand, à l'air, une vapeur visible, et entre + 100° et 200" on peut la distiller, sans ébuUition. Ceci s'effectue le mieux à + 100% dans une atmosphère exempte de gaz oxygène. A + aSo"", l'ébulUtion s'établit ; mais une partie notable de nicotine se décompose, et on obtient un produit de distillation brun, tandis qu'il reste du charbon dans la cornue. Avec de l'eau , on peut la distiller comme une huile volatile : elle se dépose sous forme de gouttes oléagineuses. Mais alors, pour empêcher la nicotine de brunir, il faut opérer, à l'abri du contact de l'air, dans un appareil de gaz hydrogène. La nicotine est inflammable ; elle brûle le mieux avec une mèche, en donnant une flamme claire et fuligineuse. Elle a une forte réaction alcaline, sur le papier de tournesol et sur le curcuma ; elle se dissout assez notablement dans l'eau. La nicotine préparée d'après la méthode d'Ortigosa^ et qui est souillée d'éther, dissout la moitié de son poids d'eau en formant un liquide limpide, oléagineux, qui se trouble par l'addition d'un peu d'eau, en déposant de la nicotine hydratée. La nicotine est miscible, en toutes pro-

ÙUUmVnM NtCOTlQtTE. ||^$

portions, avec Talcool et T^ther ; ee dernier l'extrait de la solution aqueue. Elle est peu soluble dans lessence de térébenthine ^ mais elle se dissout dans Fhuile d olives , d*où Ton peut Textraire par des acides.

BiimU et Onigosa ont analysé la nicotine, et sont arrivés tous deux à des résultats concordants. Le pemier a analysé la nico* dne anhydre et le sel double platinique ; le dernier n'a analysé que ie sel double platinique. En voici les résultats :

Atomes. Centièmes.

Carbone lo 73,209

Hydrogène 16 9j73o

Nitrogène 2 17,061

Poids atomique : 1026^10. Formule : Sff + C~ H" = nie Ak.

il est évident que la nicotine hydratée est : = nie Am H, dont on B a pas encore déterminé le nombre d'atomes d'eau.

D'après une analyse de MeisenSj la nicotine renfermerait wi équivalent d'hydrogène de moins que dans les résultats oi^dessus iadiqués. Mais ce chimiste paraît s'être servi d'un échantillon de nicotine altéré par l'influence de l'air. Cependant Schlàssing dit que son analyse s'accorde parfaitement avec celle de Melsêfts^ et qu'il a obtenu C^° H'^ N\ Mais cette formule ne représente que î atome de nicotine; car i atome d acide sulfurique forme, avec aC^H'^N'y un sel complètement neutre, n'offrant aucun indice de réaction alcaline ; et si l'on mêle une solution de chlorure barytique avec une quantité pesée de nicotine, et qu'on y fasse ar* river du gax acide carbonique jusqu'à dissolution de nicotine, il se précipite le double de carbonate barytique que n'indique la formule C'** ff* N*. Quoi qu'il en soit, ceci est en quelque sorte en contradiction avec Fanalyse du sel double platinique , qui a une plus grande autorité.

Les sels nicotiques se distinguent par leur saveur brûlante de tabac Us sont très-solubles dans Teau, et ordinairement déliquescents, de manière qu'il est difficile de les faire cristalliser. Ils sont assez solubles dans l'alcool, mais la plupart paraissent être insolubles dans réther.

l^chhrure nicotiquê^ me Am€l, cristallise en longues fibres,

ig6 ACETATE N1GOTIQÜE.

quand on sature la nicotine libre par du gaz acide chlorh jdrique sec. On peut ensuite le sublimer à une température inférieure au point d'ébullition de la nicotine. U est insoluble dans Téther, et déliquescent à lair.

Chlorure mercunco'^ammonique , HçGl + mc Ak. H se précipite sous forme d'une poudre cristalline, quand on mêle la solution aqueuse du chlorure mercurique avec une solution aqueuse de nicotine. Il fond au-dessous de + loo*", en jaunissant et s*al^ térant. Il est insoluble dans l'eau et dans l'éther, mais un peu soluble dans l'alcool.

Chlorure platinico-nicotique^ me Am €1 + PI Gl\ Il forme un précipité jaune cristallin , en mêlant ensemble les solutions un peu concentrées des deux sels. Il est un peu soluble dans l'eau et dans une liqueur étendue ; mais, au bout de quelques heures , il ne se dépose pas sur-le-champ en prismes rhomboïdaux, quadrilatères, insolubles dans l'alcool et dans l'éther. Ce moyen pourrait être employé pour purifier la nicotine contenant de l'ammoniaque : on la dissout dans un excès d'acide chlorhydrique, on y ajoute de l'eau, puis un excès de chlorure platinique : le sel platinique ammoniacal se précipite sur-le-champ, et on le sépare par le filtre 9 après quoi le sel double nicotique cristallise. On en retire la nicotine par de l'hydrate potassique concentré; on la sépare ensuite par la distillation ou par l'éther. Le sel double renferme 34,^45 pour cent de platine.

D'après Barrai ^ le chlorure nicotique donne, avec plusieurs chlorures métalliques , des sels doubles cristallins. Les sels doubles avec les chlorures stannique et mercurique sont incolores ; celui obtenu avec le chlorure ferrique est brun jaunàti«.

Le buodure nicotique se précipite en brun kermès , quand on mêle un sel nicotique avec une solution de biiodure potassique.

Sulfate nicotique^ nia Am S. H ne cristallise pas : il se dessèche en une masse satine amorphe,' inodore.

Le phosphate nicotique se dépose sous fomie de lamelles larges, dans une solution sirupeuse.

h'oxalate nicotique est très-soluble, et peut s'obtenir en cristaux.

Le tartrate nicotique est très-soluble, et cristallise en grains*

Vacétate nicotique offre l'aspect d'un sirop incristallisable»

comüifE. iQfj

Tfwufùrmations de la nieotine. La nicotine ab5ori>e peu à peu loxjgène de l'air : elle devient brune, sirupeuse. On n*a pas encore étudié la nature de cette altération ; de même qu on ignore les aJtérations que lui font éprouver les corps halogènes , et les acides suUurique et nitrique concentrés.

La nicotine est un poison violent. Une seule goutte sufiBt pour tuer un gros chien. A dose plus £ûble, elle agît' comme un narcotique. Le tabac lui doit son action. La nicotine s* en va avec la fumée du tabac. En condensant, dans un appareil convenable, la famée de feuilles de tabac allumées, Melsens obtint de la nicotine pure : 3o grammes pour 4 2 l^îlog^« ^^ tabac, cVst-à-dire § pour cent du poids du tabac.

Schloesing indique la méthode suivante, comme parfoitement propre à s'assurer de la quantité de nicotine contenue dans le tabac. On épuise, dans Tappareil d'extraction de Robiquety 10 grammes de tabac par de l'éther qui a absorbé du gaz ammoniac ; en faisant bouillir le solutum éthéré, on chasse toute l'ammoniaque, sans perdre de nicotine. On évapore ensuite l'éther presque com» plétement, et on neutralise le résidu exactement par de l'acide sulfurique étendu: diaprés la quantité d'acide employé, on calcule la quantité de nicotine, mais en doublant le poids atomique. De cette manière il trouva , dans du tabac français récolté dans les départements du Lot et de Lot-et-Garonne, environ 7 à 8 pour cent de nicotine; dans celui de Virginie et de Kentucky, de 6 à 7 pour cent, et dans celui de Maryland et de la Havane, environ 2 pour cent. Le tabac à priser ne renferme que 2 pour cent de nicotine.

CiONBIHB (l).

Cet alcaloïde existe dans le eonium maculatum. Il a été annoncé pour la première fois par Gieseke^ en 1828; mais c'est Geiger qui, le premier, l'a obtenu à l'état pur et isolé. Il ne faut pas le confondre avec la ci'cutine , extraite du cicuta virosa.

(x) Voya: Sur U principe œuf de la cigaë, par L. Gieseke. (Archives de Brandes,

iv Ut propriétés toniques de ia cig^ëei fie son alealoide, par R. CbristispD. (Annj^es ^IJAi|,t.WX»p.5«J

igS coiriiirE«

La manière la plus facile dte ise 1« procurer conaiate à farojer les graines, à les mêler avec 4^6 fois son poids d*eau, et, après j avoir ajouté une quantité de lessive potassique concentrée égaie à { du poids des graines , à distiller le mélange aussi longtemps qu'il passe une eau alcaline, odorante. Le produit de' la distillation est neutralisé par de Tacide stilfurit|ue, évaporé, à une douce chaleur, en consistance sirupeuse, et le résidu traité à plusieurs reprises par un mélange de i partie d*éther et 2 parties d'alcool à 90 centièmes, jusqu'à ce que ce mélange ne dissolve plus rien. Le sulfate conéique se dissout, et il reste du sulfate ammonîque. On élimine réther et Talcool par la distillation , et, après avoir ajouté de l'eau au résidu, on fait évaporer la liqueur au bain -marie, jusqu'à ce que toutes les traces d'alcool aient disparu; ensuite on mêle la liqueur, dans une cornue, avec une quantité de lessive potassique égale à la moitié de son poids , et on la distille rapidement dans un bain de chlorure calcique dissous , en recueillant le produit de la distillation dans un récipient entouré d'un mélange frigorifique« La conéine passe, sous la forme d'une liqueur oléagineuse , avec une liqueur qui est une solution de conéine dans Teau. Cette dernière est séparée de la conéine, recohobée, mêlée avec de l'hydrate potassique pour retenir l'eau, et distillée jusqu'à ce qu'il ne se condense plus de conéine oléagineuse.

On ne peut employer la même méthode pour extraire la conéine de la plante fraîche récoltée peu de temps avant la floraison.

La conéine obtenue de cette manière contient encore un peu d'eau et d'ammoniaque. Pour la débarrasser de l'eau, on la laisse en contact avec du chlorure calcique fondu, puis on la distille rapidement dans un appareil sec, entièrement dépouillé d'air, et muni d'un récipient entouré d'nn mélange frigorifique. Pour enlever l'ammoniaque au produit de la distillation, on le place dans

Sur 1$ coniitm maeuiatum et ton principe uciif, par Oeîsfr. (AfcèivM de ', t. XXXIX, p. 23o.) Notice sur la conéine de M. Geifer, par Deschamps. (Journal de pharmacie^ t. XXI^

P- 77.) Note sur la conéine, par Deschamps. (Journal de pharmacie, t. XXn, p. a 34.) Recherches sur C alcalinité de la conéine , par Boutron-Cluuriard et O. Heniy. ( Annales de chimie et de physique, t. LXI , p. 337.) ^fir U composition de la conéine, par Ortigota. <AiHialeB de liebig, t. Xifi, p. 3x3.)

(Note du traducteur,)

COTXiOfE. 199

le vue sur de l'adde suUîirique : rammoniaque se dégage en grosses bulles. Du piomept QÙ le dégagepient des bulles a cessé, on retire la conéine pour la conserver dàos un vaisseau qu pn en remplit entièrement et qu*on bouche exactêinent; le mieux est de se servir à cet effet de tubes de verre qu^oh scelle à la lampe,

La conéine pure fon^e une liqueur oléagineuse, incolore, ty^ms« parente, d'un poids spécifique de 0,89, douée dune odeur péné* tränte, désagréable, suffocante, qui, à une petite distance, irrite les yeux et cause des vertiges. A une grande distance, elle exhale une odeur d'urine de souris, comme la plante elle-même. Elle a une saveur extrêmement acre, désagréable et analogue à celle du tabac, ne dilate pas la pupille, ne réagit pas à la manière des alcalis tant qu'elle est sèche , mais devient fortement alcaline du moment où elle se trouve en contact avec de l'eau. Elle produit sur le papier une tache graisseuse qui se dissipe peu à peu. Distillée à l'abri du contact de l'air , elle passe sans altération. Elle bout à + sia"". Distillée à l'état d'hydrate, elle se décompose par«tieljement , en laissant un résidu résineux« Elle est inflammable , et brule comme une huile volatile. Elle dissout de l'eau, mais elle en dissout davantage à froid qu'à chaud. Voilà pourquoi lors- ^'on chauffe la conéine aqueuse, par exemple lorsqu'on entoure de la main le flacon qui la renferme , elle dépose de l'eau et se trouble. A la température moyenne de lair , elle absorbe | de son poids d'eau ; à — 6"" , elle en dissout un poids plus grand que le sien. A une température plus élevée, il s'en sépare de l'eau qui tombe au fond. 100 parties d'eau dissolvent i partie de conéii^e à+ i5 degrés. A une température plus basse, l'eau en dissout davantage ; c'est pourquoi cette solution se trouble aussi par la chaleur. La solution a une ^veur acre , et elle réagit à la manière des alcalis. La conéine se mêle en toute proportion avec l'alcool* La solution d'une partie de conéine dans 4 parties d'alcool n'est pas troublée par Teau. Isa conéine exige six parties d'éther pour se dissoudre. Les huiles grasses et volatiles la dissolvent également. Les alcalis n augmentent pas sa solubilité dans l'eau«

La composition de la conéine a été déterminée par Ortigosa i vpi a analysé la conéine anhydre ainsi que le sel double ptetini* que. En voici le résultat :

^OO CHLORURE COHÉIQUE.

Atomes. Geotièmes.

GarboDe i6 76,841

Hydrogène 3o 1I9968 Ammoniaq. i3,585

Nitrogène a 119I91 Copule. . • SG^^iS

Poîds atomique : 1 564, 18. Formule : NB' + C* H** = con M. Ortigosa trouva par le calcul 3a atomes d'hydrogène ; mais Texpérience ne s'accorde pas bien avec le calcul. Peut-être a-t-il voulu représenter les atomes d'hydrogène par le double des atomes de

Sels conéiques. La conéine est une forte base salifiable. Sa solution aqueuse précipite l'oxyde stanneux et l'oxyde ferrique de leurs sels. Elle forme des sels parfaitement neutres, dont les dissolutions doivent être évaporées dans le vide, puisque le contact de l'air décomposerait la base. Plusieurs d'entre eux cristallisent, mais difficilement. A l'état sec, ils n'ont pas d'odeur; mais leur solution dans l'eau donne une légère odeur de la base. Ils ont une saveur acre et désagréable. Us sont tous solubles dans l'eau, et plusieurs d'entre eux se liquéfient très-promptement à l'air. Us sont dissous par l'alcool et par un mélange d'alcool et d'éther, mais non par l'éther pur. La teinture d'iode colore leurs dissolutions en jaune safran et les trouble ; mais le précipité ne tarde pas à disparaître , après quoi elles se clarifient de nouveau. Le chlorure platinique et l'infusion de noix de galle en précipitent des flocons. Les alcalis développent l'odeur de conéine. Au contact de l'air, la solution d'un sel conéique devient d'abord rouge ou violette , puis verte ou bleue foncée ; mais l'addition d'un alcali fait disparaître la couleur, et reproduit l'odeur de conéine. Par l'évaporation au moyen de la chaleur, l'oxyde combiné avec l'ammoniaque se décompose, l'ammoniaque devient libre dans la liqueur, et il se précipite des flocons bruns. Si on traite alors la liqueur par un alcali fixe, il se dégage de l'ammoniaque et de la conéine, et il se précipite une masse résineuse d'un brun foncé, amère, inodore et non vénéneuse.

Chlorure conéique^ con Am C\. Uebig plaça sous la cloche d*une pompe pneumatique deux verres contenant respectivement de IV cide chlorhydrique fumant, et de la conéine exempte d'ammo- Dia<{ne. En peu 4® temps ces corps s'étaient neutn^U^és, et i)

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trouva, dans les deux verres, un sel incolore , en feuilles larges , qui se liquéfiait promptement à Tair , mais qui, par Tévaporation ;jii moyen de la chaleur, reprenait la forme de cristaux feuilletés, en éprouvant toutefois, de la part de Tair , le changement de couleur mentionné plus haut.

Chlorure mercurico-conéique. Il se précipite sous forme d*une poudre blanche , quand on traite la solution du chlorure mercurique avec une solution aqueuse de conéioe. Il est insoluble dans l'eau et dans l'alcooU II fond au-dessous de + loo"* , en jaunissant et s altérant.

Chlorure platinicO'Conéique y conhmGi-\-Vx,GV. Il est d'un l>eau jaune orange, et assez soluble dans l'eau. On l'ohtient le mieux par le mélange des solutions aqueuses des chlorures platinique et conéique; il se précipite, et on peut le laver à l'alcool. U contient 39,77 P^"^ ^^^^ ^^ platine.

Suif aie conéique ^ eo/iAmS. On ne Ta pas obtenu à l'état sec. Ortigosa dit qu'en mêlant la solution de ce sel avec une solution de suliate aluminique , et abandonnant le mélange à l'évaporation

spontanée, on obtient des octaèdres réguliers = con Am S + Al S*

+ 24È, c'est-à-dire un alun ammoniacal, copule avec C'^ H'*.

Quand on mêle une solution de sulfate cuivrique avec une solution aqueuse de conéine, il se forme un précipité de sulfate criprico-conéique, très-peu soluble dans l'eau, et assez soluble dans l'alcool et dans l'éther.

Nitrate conéique. Sa dissolution évaporée à Tair laisse un extrait brun , déliquescent, dans lequel on trouve des aiguilles et des grains cristallins.

Le tartrate conéique se trouhle pendant l'évaporation ; il se colore en vert ou en brun , et laisse un résidu qui offre des traces d^uue cristallisation grenue. Lorsqu'on le redissout dans l'eau, il laisse déposer des flocons bruns.

L'acétate conéique se dessèche à l'air en une masse brunâtre , semblable à un vernis, qui, redissoute, dépose un résidu brun.

Le gallotannate conéique est un précipité blanc, floconneux«

Transformations de la conéine. L'hydrate conéique brunit peu à peu à l'air , en devenant résinoïde : ce changement est plus rapide par la chaleur^ mais la présence de Thydrate potassique ne I accélère pas. Va inatière brune ^ ain^i formée, paraît être |inç

loa algaiiOIdes«

base; on pourra VaLp^Aer apoconine. Lorsqii^on la dissout dans l'alcool et qu'on la précipite ensuite par l'eau, elle a , après Tavoir lavée, les propriétés suivantes : elle est noire ou brun foncé, d une saveur amère, mais non acre, conserve longtemps un état mou dû à l'eau qu'elle retient , mais durcit après la dessiccation com« plète. Elle retient opiniâtrement une petite quantité de conéioe qui lui communique son odeur. Elle est très-fusible et trèsinflammable. Elle tombe au fond de l'eau. Bouillie avec ce liquide, elle surnage, en absorbe une petite quantité , devient visqueuse et demi-liquide, yao parties d'eau en dissolvent environ X partie. Très-soluble dans l'alcool , peu soluble dans Téther. Ses solutions dans l'eau et l'alcool réagissent à la manière des alcalisj on ignore si cette réaction est due à de Fammoniaque, à delaconéine, ou à des propriétés basiques particulières. Les acides la dissolvent i ces solutions s'altèrent plus profondément sous l'influence de l'air.

Par l'action du ehlorêy la conéine devient d'abord verte, puis brune, extractiforme et épaisse. Par ïiode , elle devient d'abord rouge de sang, puis d'un vert olive foncé avec un éclat métallique, rouge foncé vue par transmission , et épaisse comme un extrait. Par Yacide sulfurique concentré^ elle devient d'abord rouge pourpre, puis vert olive. Par Yacide nitrique concentré, elle devient rouge de sang, elle s'échauffe ensuite, développe violemment des vapeurs rouges , et prend une couleur jaune orange. Par le gaz (Wide chlorhjrdrique anhydre^ elle s'échauffe ^ et devient d'abord rouge pourpre , puis bleu indigo.

La conéine est un poison très-énergique. Les sels sont aqueux, moins vénéneux que la base libre. On n'en a pas encore trouvé d'applications,

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