OXIDES DE PL A TI N [QUE
composé, qui ressemble à de la rouille. Pendant le lavage, il traverse volontiers le papier, en formant avec l’eau pure un lait jaunâtre ; cependant la majeure partie reste sur le filtre. Il contient ^ pour loo de potasse, qui ne peut point être enlevée par l’eau. 11 se dissout avec lenteur, mais complètement dans l’acide hydroclîlorique. Les acides sulfurique et nitrique ne paraissent point exercer d’action dissolvante sur lui ; mais ils s’emparent de l’alcali , qui est remplacé par une portion de l’acide employé. Lorsqu’on le calcine jusqu’au rouge naissant dans des vases distillatoires, il abandonne la moitié de son oxigène, et laisse une combinaison de potasse et d’oxide platineux , dont la couleur est foncée. Il détone fortement avec les corps combustibles.
La combinaison de l’oxide platinique avec l’ammoniaque est explosive , et porte le nom de platine fulminant. Elle a été découverte par Ed. Davy. On l’obtient de la manière suivante. On dissout le sulfate platinique dans l’eau, et on le précipite par l’ammoniaque. Le précipité est un soussel double , que l’on décompose en le faisant digérer avec une dissolution étendue d’hydrate sodique; la combinaison d’oxide platinique et d’ammoniaque reste alors à l’état de pureté. Après avoir été lavée et séchée, elle représente une poudre d’un brun foncé, qui ne fait explosion qu’<à-j-2i4 degrés, mais avec la même violence que l’or fulminant. Elle ne fait explosion , ni par l’étincelle électrique , ni par le choc ou la percussion. Elle n’absorbe pas le gaz ammoniaque. L’acide sulfurique la dissout, en prenant une teinte brune foncée; l’acide nitrique et l’acide hydroclîlorique n’agissent pas sur elle. Dans le gaz acide hydrocblorique, elle se transforme peu à peu en sel ammoniac platinique.
L’oxide platinique est composé de 86,o5 parties de platine et i3,95 parties d’oxigène; le métal y est combiné avec deux fois autant d’oxigène que dans l’oxide platineux.
En faisant l’iiistoire de l’osmium et de l’iridium, nous avons parlé d’un degré d’oxidation intermédiaire entre les oxides osmieux et osmique, irideux et iridique. Il
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est naturel de présumer, que le platine a également un oxide susplatineux . Edmond Davy dit que, quand on déeompose le platine fulminant par l’acide nitrique bouiE iant, il reste un oxide de platine, dont la composition correspond à celle d’un semblable oxide intermédiaire. Lorsqu’on calcine le platine fortement et pendant longtemps avec de l’hydrate'^ou avec du nitrate potassique, on obtient un oxide jaune verdâtre , auquel on peut enlever la potasse, jusqu’à un certain point, par le lavage. Mais cet oxide est rarement exempt de platine métallique, qui reste, quand on le dissout dans l’acide bydrocblorique. Si l’on soumet le composé d’oxide platinique et de potasse à une nouvelle et forte calcination avec de l’hydrate potassique , on obtient un composé de potasse et d’oxide platinique bien plus foncé en couleur, qui, après avoir été lavé avec de l’eau, se dissout sans résidu dans l’acide bydrocblorique, avec lequel on le fait digérer. La dissolution , mêlée avec du chlorure potassique, donne d’abord beaucoup de chlorure double platinique et potassique; puis, après l’évaporation, un sel prismatique rouge, qui est du chlorure double platineux et potassique. Il est donc évident, que l’oxide ainsi obtenu contient plus d’oxigène que l’oxide platineux , et moins que l’oxide platinique; mais, dans les essais que j’ai tentés pour l’analyser, je n’ai jamais trouvé le chlorure platineux dans une proportion fixe et invariable, par rapport au chlorure platinique, et j’ai toujours vu qu’il se comportait comme un mélange indéterminé d’oxide platineux et d’oxide platinique. L’existence de l’oxide susplatineux est donc encore douteuse.
Platine et hydrogène. 11 n’est pas bien décidé que le platine puisse se combiner avec l’hydrogène ; cependant les combinaisons qu’on obtient par les procédés SLiivans, paraissent le rendre vraisemblable. On précipitepar l’ammoniaque un mélange de chlorure platinique et de chlorure ferrique; on lave bien la combinaison des deux oxides métalliques, et, après l’avoir séchée, on la réduit, au rouge naissant, dans un courant de gaz hydrogène. Le métal réduit est jeté de suite dans
SULFURE^ PLATINEUX. G5
de Tacide hydrochlorique, et le fer étant dissous par la digestion, il reste un corps noir. Après avoir été séché, ce corps est dépourvu d’éclat métallique, il ne s’enflamme pas par le contact avec l’alcool; mais quand on le chauffe, il prend feu bien au-dessous du rouge, détone légèrement , et est lancé de tous côtés. En vase clos , il se décompose sans explosion.
Lorsqu’on fait fondre du platine avec du potassium, et qu’on traite l’alliage par l’eau, qui oxide le potassium et le dissout, le platine se précipite en paillettes noires, qui sont analogues, par leur nature, à la combinaison précédente, et que Humphry Davy regarda comme de î’hydrure de platine.
D’après ce qui précède, toutes ces combinaisons paraissent réellement contenir du gaz hydrogène, soit seul, soit combiné avec le carbone. Mais elles exigent un examen plus approfondi , relativement à leur composition.
Sulfures de platine. Le platine s’unit au soufre par la voie sèche et par la voie humide. Si l’on chauffe du platine très-divisé dans de la vapeur de soufre, ces deux corps se combinent avec dégagement de lumière. La combinaison est rarement saturée. Elle est grise et jouit de l’éclat métallique. Nous ne connaissons au platine ({lie deux degrés de sulfuration.
Sulfure platineux. On l’obtient en triturant bien un mélange de sel ammoniac platinique et de soufre, et le chauffant dans une cornue, jusqu’à ce que tout le sel ammoniac et le soufre en excès soient chassés. Le sulfure qui reste, est gris et d’un aspect métallique, semblable à celui du platine seul. Pour le préparer par la voie luimide, on décompose du chlorure platineux par un sulfhydrate. Après l’avoir lavé, on peut le sécher, sans qu’il soit décomposé. Quandonle cbauffeen vase ouvert, le soufre brûle, et il reste du platine. Il est formé de 86,98 parties de platine et 14,02 de soufre.
Sulfure platinique. On l’obtient en dissolvant dans ill. * 5
PnOSPHÜIlE DK PLATINK.
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Feau du chlorure platiiiique, et versant la dissolutioo goutte à goutte dans une dissolution d’un sulfliydrate, ou en décomposant une dissolution de chlorure double platinique et sodique parle gaz sulfide hydrique. (Si l’on fait arriver ce gaz dans une dissolution ordinaire de platine, il se forme un précipité, qui détone ça et là, ((uand on le chauffe. ) sulfure platinTque est d’un brun foncé, et devient noir par la dessiccation. Si on le fait sécher au contact de l’air, une partie de son soufre se transforme en acide sulfurique , et il se forme une si grande quantité de ce dernier, que le sulfure reste humide, et que, quand on l’a séché sur du papier , celuici est charbonné par l’acide sulfurique. En le séchant dans le vide, sur de Facide sulfurique, il n’est pas altéré. Soumis à la distillation, il abandonne, au rouge naissant , la moitié de son soufre , et laisse du sulfure platineux.
Les deux sulfures de platine constituent des sulfobases, et le sulfure platinique se combine avec les sulfobaseS plus électropositives que lui ; de là vient qu’il se dissout dans les alcalis caustiques, dans les carbonates, les sulfhydrates et les sulfures alcalins, quoique en petite quantité. Les dissolutions sont d’un brun foncé , et quand on y verse un acide, le sulfure se précipite, coloré en brun châtain. Le sulfure platinique se dissout^ à l’aide de la chaleur, dans Facide nitrique concentré ^ en passant à l’état de sulfate platinique. Il est composé de 75,41 parties de platine et 24,59 de soufre.
Phosphure de platine. Le platine se combine facilement avec le phosphore, dans les'mêmes circonstances que le soufre. Il devient alors cassant et fusible. Orr gâte souvent des creusets de platine, quand on y traite des phosphates à une haute température, et qu’il y tombe par hasard du charbon. Le phosphure de platine est d’un blanc argentin, dur, à cassure cristalline, et plus fusible que l’argent. Éd. Davy dit que l’on obtient du platine combiné avec le maximum de phospliore,
SILICIURE DE PLATINE. 67
quand on chauffe un mélange de sel ammoniac platinique et de phosphore , et qu’on obtient un phosphure avec le minimum de phosphore, en chauffant dans le vide un mélange de platine en poudre et de phosphore. D’après ce chimiste, le produit contiendrait dans le premier cas, 3o, et, dans le dernier, 17,5 pourcent de phosphore. Mais la différence dans ces proportions dépend de la température, et on ne peut pas regarder ces deux phosphures comme des combinaisons définies. Ed. Davy croit avoir trouvé que le phosphure de platine fondu cristallise en cubes. Pelletier a proposé d’employer le phosphore , à la place de l’arsenic , pour rendre le platine malléable.
Borure de platine. On l’obtient, d’après Collet-Descotils, en fondant le platine avec du borax et du carbone. La combinaison est dure, aigre, légèrement cristalline, et donne de l’acide borique, quand on la dissout dans l’eau régale,
Siliciure de platine. On avait admis, pendant quelque temps, l’opinion de Collet -Descotils , que le platine se combinait avec le carbone, et en devenait plus fusible. Ce chimiste avait trouvé que le platine pouvait contenir jusqu’à trois pour cent de carbone. Mais Boussingault a fait voir que ce platine, au lieu d’être uni au carbone, était combiné avec le silicium. L’assertion de Collet-Descotils me porta à essayer d’obtenir du platine malléable, d’après le même principe que celui qu’on suit dans la préparation du fer malléable; c’est-àdire en faisant fondre le platine après l’avoir mêlé avec de la poudre de charbon , et cherchant ensuite à brûler le carbone à l’air; mais je ne réussis point. Le platine entra bien en fusion : mais on ne pouvait le rendre malléable. Sa pesanteur spécifique était de i8,3, il était trèsdur et grenu. Boussingault avait trouvé sa pesanteur spécifique de 17,7. Les observations qu’il avait faites sur le prétendu carbure de platine, me portèrent à l’examiner à mon tour, et je trouvai que le platine y était
ALLIAGES ÜL PI.ATGXï*.
combiné avec une forte dose de silicium ; en sorte qu’en fe traitant par l’eau régale, il ne tardait pas à se couvrir d’une croûte d’acide silicique , assez épaisse pour s’opposer à la dissolution du métal. Le platine avait tiré ce silicium des cendres du charbon avec lequel on l’âvait chauffé, ainsi que du creuset. Quoiqu’il soit croyable que le platine puisse être combiné avec une certaine quantité de carbone, cependant le composé qu’on a généralement regardé comme un carbure , n’est qu’un siliciure. Boussingault a trouvé que le platine, mêlé avec du charbon exempt de silicium, ne peut pas être fondu.
Alliages de platine. Le platine s’allie facilement à la plupart des métaux. Lorsqu’on emploie les proportions convenables , il s’unit à plusieurs d’entre eux avec un dégagement de lumièresouvent très-intense. Fox a trouvé qu’en faisant fondre le platine avec de l’étain, de l’antimoine, du zinc ou du plomb, le mélange s’échauffe jus- (fu’au rouge blanc complet. Si l’ôn roule ensemble des feuilles de plomb et de platine, et qu’on les fasse rougir par un bout, la masse s’échauffe au moment de la combinaison , au point d’être lancée de tous côtés.
Le platine a beaucoup ‘d’affinité pour le potassium , et se combine avec lui, à une haute température. Lorsqu’on traite l’alliage par l’eau, il s’en détache ces paillettes noires, dont nous avons parlé plus haut, comme étant une combinaison de platine et d’hydrogène.
Le platine, tel qu’on l’obtient par la décomposition du sel ammoniac platinique , s’unit à X arsenic avec dégagement de lumière, et l’alliage entre en fusion. En faisant fondre ensemble i partie de platine et l d’arsenic, on obtient i partie et ^ d’arséniure de platine.
Parties égales de platine et de moljbdene forment une masse d’un gris clair, douée de l’éclat métallique, aigre et à cassure serrée. Une partie de platine et quatre parties de molybdène donnent un alliage d’un gris bleu, dur, aigre, à cassure grenue.
ALLIAGES DE PLATi:M:.
On obtient avec le tungstène une masse métallique, grise et cassante.
Le platine forme avec V antimoine une masse métallique, dure, aigre, dont la cassure est à grain fin; la majeure partie de l’antimoine peut en être chassée par la calcination. Fox a proposé de donner de la cohérence au platine, en le faisant fondre avec de rantimoine, puis chassant ce dernier, comme il a été dit à l’article de l’or. Le petit culot de platine, qui reste, est ensuite forgé.
L’alliage de platine et diiridiwn est parfaitement malléable, quand la proportion du dernier métal s’élève tout au plus à un ou deux centièmes; sa dureté est beaucoup plus grande que celle du platine pur, et il résiste mieux que celui-ci a l’action du feu et des réactifs. Cet alliage convient particulièrement pour la confection des ustensiles de chimie. Une plus grande quantité d’iridium rend le platine cassant, de sorte qu’il se gerce sous Je choc du marteau; et quand l’alliage contient parties égales des deux métaux, il est tout -à- fait aigre, mais on peut le braser.
Le platine forme avec le zinc un mélange gris bleu, très -fusible, qui est si cassant, qu’on peut aisément le réduire en poudre. En l’exposant à une haute température, le zinc est brûlé; cependant, par ce procédé, la totalité de ce métal ne peut pas être séparée du platine, parce que la masse, moins riche en zinc, qui reste, est très-peu fusible,
\Jétain donne avec le platine un alliage dur, cassant, à gros grain. La présence d’une petite quantité de platine suffit pour diminuer la malléabilité de l’étain.
Le platine se combine très-facilement avec le plomb : il suffit de verser du plomb fondu dans un creuset de platine, pour que le plomb dissolve, pendant le refroidissement, une portion considérable du creuset.
Le bismuth s’unit aussi au platine, et une partie de ce dernier peut être extrait de l’alliage, au moyen de la liquation.