DU CUIVRE
de la Suède est située près de Fahlun, dans la province Dalarna.
Le cuivre a été connu de temps immémorial, et bien avant le fer; il entrait comme partie principale dans la composition qui servait aux peuples les plus anciens, pour fabriquer les armes et instrumens tranchans, qui étaient ordinairement faits avec du cuivre contenant de l’étain. Les Grecs et les Romains tirèrent la majeure partie de leur cuivre de l’île de Chypre, d’oü vint le nom de cjprium, qui donna naissance ensuite à celui de cuprum.
Les minerais de cuivre que l’on rencontre ordinairement sont 1° le sulfure cuivreux pur, appelé cuwre gris par les mineurs, qui est le plus riche de tous, mais qu’on trouve rarement en grande quantité, et 2® la pyrite de cuivre, qui est une combinaison de sulfure ferrique avec le sulfure cuivreux, dans laquelle la proportion relative des deux sulfures varie” souvent. On ajoute à ce dernier minerai du sidfure ferrique, quand il n’en contient pas naturellement assez pour que la proportion de cuivre n’excède pas huit pour cent; on grille ensuite la masse dans des fours particuliers, ou dans ce qu’on appelle fosses à grillage. La majeure partie du soufre brûle, et les métaux se transforment en soussulfates , qui restent mêlés avec la gangue et avec la portion de minerai qui a échappée au grillage. On ajoute à ce mélange grillé, des minéraux quartzifères, si le minerai n’en renfermait pas assez, et on le fait fondre dans des fourneaux particuliers: l’acide sulfurique et l’oxide cuivri([ue se réduisent, le premier à l’état de soufre, le second à l’état de cuivre. Pendant cette opération , il se reproduit du sulfure cuivreux ; tandis que la plus grande partie du fer forme avec la silice une scorie très- fusible , consistant en un silicate ferreux, dans lequel l’oxigène de l’oxide est égal à celui de l’acide. Le sulfure cuivreux, qui est plus pesant, se rassemble dans une cavité, au fond du fourneau, et on enlève les scories, qui sont plus légères et qui surnagent
PU eu I VUE.
le sulfure. Il importe que les scories soient très-fusibles, ce qui dépend des proportions entre l’oxide ferreux et l’acide silicique; car, quand les scories deviennent épaisses et peu fusibles, elles retiennent les parcelles de sulfure cuivreux, qui ne sont pas assez lourdes pour gagner le fond , et que l’on perd avec les scories. Le sulfure cuivreux, ainsi fondu, est appelé matte; il contient encore beaucoup de sulfure ferreux.
On concasse la masse, et on la grille dans 'des fourneaux particuliers, sous des hangars. Pendant cette opération , qui dure plusieurs semaines, et qui exige des ouvriers exercés et intelligens, le cuivre se convertit ên oxide cuivrique. Pour réduire celui-ci, on le fait fondre avec du charbon et avec des minéraux quartzifères ; l’acide silicique de ces derniers s’empare de l’oxide ferreux et passe avec lui à l’état de scories. Le cuivre réduit, qui renferme encore du fer, du soufre, de l’argent , et assez souvent du cobalt et du nickel, reçoit le nom de cuivre noir ou cuivre cru. On le purifie par la fusion dans un fourneau particulier, en faisant jouer le vent d’un soufflet très-fort à la surface de la masse fondue; le soufre, le fer et en général tous les corps plus combustibles que lui, s’oxident et se scorifîent. Pour procéder à cette purification , on prend ordinairement une masse de cuivre ayant trois pieds de diamètre et deux pieds de hauteur. Quand elle est assez purifiée, on la remue avec un bâton, et l’on jette de l’eau sur la surface du métal ; il se forme alors une croûte solide, que l’on enlève ; on continue de la même manière, jusqu’à ce que toute la masse de cuivre soit solidifiée et enlevée. Le métal, ainsi purifié, est appelé cuivre rosette. Pendant cette opération, il se passe un phénomène, dont on n’a pas encore pu se rendre compte d’une manière satisfaisante : quand le cuivre est resté liquide et découvert pendant quelque temps, durant lequel les ouvriers ont soin de l’écumer fréquemment, il se manifeste souvent une espèce d’ébullition ; des bulles nombreuses viennent crever à la surface du métal fondu, et produisent un jaillissement de