I 1 4 SULFURE 1>E MERCURE
On obtient ainsi une niasse noire, sur laquelle on verse peu à peu la lessive caustique, en continuant toujours à la triturer. On chauffe ensuite le mélange dans un vase de terre ou de porcelaine; quand on opèie en grand, on peut se servir d’un vase de fonte. On remue le mélange avec un pilon un peu large, d’abord sans in-^ terruption, plus tard de temps à autre. On élève la température jusqu’à -f- 45 degrés, et l’on y maintient le mélange, sans passer au-delà de -h 5o degrés. léeau qui s’évapore, doit être remplacée de temps à autre. Au bout d’environ huit heures, la masse commence à se colorer en rouge brun ; à cette époque, il faut avoir le plus grand soin d’éviter que la température excède -q- 4'^ degrés. Si la masse devient, gélatineuse, on y ajoute plus d’eau, afin que le sulfure reste toujours pulvérulent. Sa couleur rougit alors de plus en plus , et augmente d’intensité avec une rapidité surprenante. Quand elle a atteint le plus haut degré, on peut retirer la masse du feu; cependant il convient de la faire digérer encore quelques heures à une douce chaleur. On voit, d’après cela, que l’opération exige en tout to à 12 heures, et davantage lorsqu’elle se fait plus en grand. On lave le cinabre par suspension et décantation, pour le séparer du mei’cure métallique. Laliqueur qu’on a décantée du cinabre, retient du mercure en dissolution. Evaporée dans une cornue, elle donne d’abord des cristaux d’hyposulfite potassique ; en la décantant et la concentrant de nouveau, elle se prend en un amas de petits cristaux incolores , composés , d’après Brunner , de sulfures potassique et mercurique en proportion telle, que la quantité de soufre est la même dans les deux sulfures. Ce sulfosel renferme une quantité d’eau de cristallisation contenant cinq fois plus d’oxigène qu’il n’en faudrait pour transformer le potassium en potasse. En d’autres termes, il est composé de 54,^8 parties de cinabre, 2 5,33 de sulfure potassique et 20,39 ^ li’eau le décompose et laisse du sulfure noir non dissous.
SULFURE ÜE MERCrfRE.
On a pensé que le cinabre, en passant an rouge, pei’dait une petite quantité d’iiydrogène . et Payssé prétend que le cinabre qui n’est pas tout-à-fait rouge, le devient, quand, après l’avoir réduit en poudre fine, on verse de l’eau dessus, et qu’on le laisse, pendant quatre semaines, à un endroit humide, en ayant soin de le remuer souvent. De son coté, Bertbollet a trouvé que le précipité noir obtenu par le gaz sulfide hydrique , prend, après quelque temps, une teinte rouge quand on le laisse en contact avec la liqueur.
IjC cinabre est décomposé par la calcination à l’air libre, et donne du mercure métallique et du gaz acide sulfureux. Calciné avec les alcalis caustiques fixes, les terres alcalines, et avec la plupart des métaux ou des oxides métalliques, il est décomposé, et, dans tous ces cas, il distille du mercure. Il n’est attaqué, ni par les acides sulfurique, nitrique, hydrocblorique , ni par les dissolutions des alcalis caustiques; mais l’eau régale le dissout, et il s’unit au chlore avec dégagement de lumière, et formation de chlorure mercurique et de chlorure de soufre.
Le cinabre est une sulfobase qui forme, avec les sulfides volatils, des sulfosels volatils. Il se combine, par la voie humide, avec le nitrate, le chlorure, le bromure, l’iodure et le fluorure mercuriques, comme on le verra à l’article de ces sels.
On l’emploie généralement en peinture, comme une belle couleur rouge; celui qui nous vient de la Chine se distingue par la beauté et l’intensité de sa nuance. Sa couleur est d’autant plus belle, qu’il est plus divisé.
D’après les expériences de Sefstrôm ,- le cinabre est composé de 1 3,7 i parties de soufre et 86,29 de mercure, ou cent parties de ce dernier y sont combinées avec i5,9 du premier.
Le cinabre est quelquefois falsifié avec du minium; mais cette fraude est facile à découvrir, soit au chalumeau, soit à l’aide de l’acide nitrique, comme pour l’oxide mercurique. En médecine, on l’emploie en fumi-
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gâtions, clans les maladies svpliiliticjues, et pour colorer différens rnédicaniens.
D’après les expériences de Sefstrom, le mercure se combine encore dans une autre proportion avec le soufre. On obtient ce composé, quand on mêle un sel rnercureux avec de l’eau, et qu’on fait passer un courant de gaz sulfide hydrique à travers la Iif|ueur, ou c|üand on décompose ce sel par un sulfliydrate. L’oxide rnercureux est réduit par l’hydrogène, tandis que le soufre se combine avec le mercure, et forme avec lui une masse noire , pulvérulente , qui partage avec l’oxide rnercureux la propriété d’être décomposé, à l’aide d’une douce chaleur, et de se transformer en globules de mercure, et en sulfure mercurique. A une température plus élevée, le mercure distille, après quoi le cinabre se su»* bl ime. Dans ce sulfure, qui est une sulfobase énergique, le mercure est combiné avec moitié moins de soufre que dans le sulfure mercurique.
Phosphure de mercure. Le mercure se combine avec le phosphore; mais la combinaison ne peut pas être opé'rée directement. Pelletier a obtenu ce composé en fai-* sant digérer deux parties d’oxide mercurique avec une partie et demie de phosphore et de l’eau, et remuant souvent le mélange. Il se forme du phosphate mercurique et du phosphure de mercure. Ce dernier se présente sous forme d’une masse noire, tenace, qui peut être coupée au couteau , et qui entre en fusion à une très-douce chaleur. A l’air libre , le phosphore s’oxide, et quand on soumet le phosphure à la distillation , il passe d’abord du phosphore, puis du mercure.
Quand on décompose le chlorure rnercureux par des vapeurs de phosphore, on obtient du chlorure phosphoreux, du mercure métallique, plus, un composé rouge foncé, qui supporte, sans altération, la température à laquelle le mercure se volatilise, et qui paraît être du phosphure de mercure saturé. On peut le conserver sans qu’il s’altère.
Amalgames. J^es combinaisons du mercure avec les
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autres métaux, sont remarquables sous plus d’un rapport. On leur donn^ le nom Ôl amalgames ^ et comme elles peuvent être obtenues sous forme liquide, à la température ordinaire de fair, il résulte de cet état d’aggrégation un moyen d’apprendre, dans quel état se trouvent . les combinaisons des autres métaux entre eux. En examinant de plus près la dissolution d’un métal dans le mercure , nous trouvons qu’une combinaison définie du mercure avec le métal ajouté, se trouve dissoute dans le reste du mercure, d’où elle se dépose souvent sous forme cristalline, et duquel 011 peut la séparer presque en entier par des moyens mécaniques. Ainsi, quand on prend une combinaison d’un métal avec autant de mercure qu’il en faut , pour que l’amalgame soit liquide , qu’on la verse sur une peau de chamois, que l’on noue celle-ci autour du mercure, et qu’on presse fortement le mélange, le mercure passe à travers les pores de la peau, et laisse la combinaison, qui ne retient plus alors qu’une portion de mercure libre, simplement mêlé avec elle.
A la vérité, le mercure, qui a passé a travers la peau, n’est pas parfaitement pur, mais il contient très-peu du métal étranger. La même chose arrive toutes les fois qu’on fait fondre, à de hautes températures, des métaux les uns avec les autres ou avec des sulfures : souvent Timion peut avoir lieu dans toutes sortes de proportions ;
^ mais , quand il est possible de traiter le composé de même que l’amalgame, ou d’une manière analogue, on parvient à séparer la véritable combinaison, du métal libre qui lui servait de dissolvant. La liquation en fournit la preuve. Dans cette opération, on débarrasse un métal de la plus grande partie des substances étrangères mêlées avec lui, en le tenant, pendant long-temps , à une temperature voisine de celle à laquelle il se fige, et le décantant ensuite : on trouve alors au fond du vase une combinaison cristallisée des métaux qu’il tenait en dissolution. INous pouvons donc poser en fait que les métaux ne se combinent entre eux (pi’en proportions définies, mais que
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ces combinaisons se dissolvent dans les métaux fondus, à peu près comme les sels dans l’eau.
Le mercure s’unit aisément aux radicaux des alcalis et des terres alcalines; mais il ne paraît 'se combiner, ni avec les radicaux des terres proprement dites, ni avec les métaux dont les oxides se rapprochent des terres par leurs propriétés chimiques.
A volume égal, le mercure s’unit au potassium avec dégagement de lumière; l’amalgame est solide, dur, cassant et non malléable; à l’air, il se décompose lentement. Quand il contient une plus grande proportion de mercure, il donne des cristaux d’une combinaison en proportions définies. (On peut comparer, à ce sujet, ce que j’ai dit dans le deuxième volume, à l’article dù potassium. )
Le sodium et le mercure se combinent avec une telle violence, que la masse devient rouge : l’amalgame reste liquide après le refroidissement. Quand on décompose la soude caustique par la pile électrique, en se servant de mercure comme conducteur négatif, on voit se former dans le mercure une végétation métallique , qui est un amalgame cristallisé.
J’ai parlé en son lieu de la combinaison du mercure avec V ammonium y le calcium, etc.
Le sélénium s’unit au mercure en plusieurs proportions. L’amalgame au minimum de sélénium se présente sous forme d’une masse solide, d’un blanc d’étain; quand on le chauffe, il se sublime en feuilles brillantes, sans entrer en fusion. Si l’on ajoute plus de sélénium, l’excès de ce métal se volatilise d’abord, puis il se sublime une masse grise cristalline, qui paraît être du séléniure de mercure au maximum, et enfin du séléniure de mercure au minimum. Le séléniure de mercure est dissous à froid par l’eau régale, et converti en séléniternercurique. L’acide nitrique le dissout difficilement, et seulement à l’aide de la chaleur, en le transformant en sélénite rnercureux.
D’après Bergman, il se forme un amalgame ééarse-
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nie ^ qui est gris, quand on inet digérer, dans un vase fermé, une partie d’arsenic avec cinq parties de mercure, et qu’on remue souvent ie mélange.
Le mercure se combine très-lentement avec Xanti- Dioine ; l’amalgame est grenu, et d’un blanc d’étain.
il en est de même du tellure.
La combinaison de Xargent avec le mercure a beaucoup de tendance à cristalliser. On la rencontre dans le règne minéral, tantôt à l’état liquide, mêlée avec des cristaux: , tantôt cristallisée, soit en octaèdres réguliers, à angles tronqués, soit en dodécaèdres rhomboïdes. Oa obtient la même combinaison cristallisée, en mêlant trois parties d’une dissolution saturée d’argent dans l’acide nitrique, avec deux parties d’une dissolution également saturée de mercure dans le même acide, et plaçant , au fond du vase qui contient le mélange, un amalgame de sept parties de mercure et d’une partie d’argent en feuilles. Au boutade s/j à 4^ heures, on trouve, dans la liqueur, une multitude de cristaux, doués du brillant métallique, qui s’étendent, sous forme de ramification, jusqu’à la surface du liquide, et produisent ainsi une végétation qu’on appelait autrefois arbre de Diane. La formation de ces cristaux est due à la précipitation de l’argent par le mercure; elle n’a lieu que quand il y a plus de mercure qu’il n’en faut pour la précipitation complète de l’argent, sans que, toutefois, il y en ait assez pour que la végétation inétallique en soit dissoute. L’amalgame cristallisé est composé de 65 parties de mercure et 35 d’argetU, et le mercure qu’il contient, absorbe deux fois autant d’oxigène, pour se transformer en oxide mercurique, que l’argent pour passer à l’état d’oxide argentique. On prépare ramalgarne d’argent, par la voie sèche, en chauffant du mercure avec de l’argent en feuilles, ou bien avec de l’argent à l’état de poudre calcinée, tel (ju’on l’obtient en précipitant l’argent par le cuivre. Ciet amalgame sert pour argenter, comme celui d’or pour dorer.
Les usages du mercure dans les arts sont varies : on
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Tc^mpioie à iiiellre les glaces au lain , à dorer, à extraire For et l’argent de différens minerais, etc. C’est, en outre , un médicament d’une haute importance. Le chlorui*e mercureux agit comme laxatif, quand on le prend h dose forte. Les préparations mercurielles, prises à petites doses et pendant long-temps, produisent une fièvre particulière, ébranlent les dents, gonflent les gencives , excorient l’intérieur de la bouche , rendent l’baleine fétide, et occasionnent un flux abondant de salive. On les emploie avec beaucoup de succès pour le traitement des maladies syphilitiques, pour diminuer la violence des symptômes dans les fièvres graves, et contre une multitude d’affections diverses, dans lesquelles elles sont aujourd’hui un des meilleurs médicamens. Tantôt on fait prendre les sels mercureux à l’intérieur, tantôt on frotte de certaines parties de la peau avec un mélange de graisse et de mercure extrêmement divisé, qui porte le nom ^onguent mercuriel simple ; on présume que l’effet de ce dernier repose sur ce que le mercure se transforme, à la surface de la peau, en oxide mercureux , qui est dissous par l’acide de la transpiration et absorbé. Pendant long-temps, on a admis que cet onguent renfermait du mercure oxidé, jusqu’à ce que Vogel essaya de prouver que ce métal s’y trouvait seulement à l’état de division extrême. Mais Donovan a reconnu, qu’une partie du mercure est réellement dissoute dans la graisse , à l’état d’oxide mercureux, et il conclut, de ses expériences, qu’il n’y a que cette partie dissoute qui agisse , et que la portion qui s’y trouve mêlée sous forme métallique, doit être considérée comme en pure perte. Il prescrit de préparer l’onguent en prenant , par exemple, une livre d’axonge de porc fondue, la mêlant avec six gros d’oxide mercureux, que l’on a d’abord trituré avec une petite portion de graisse, faisant digérer le mélange, pendant une heure, à une température qui doit être entre \- lôo et q- [6o degrés, et le broyant ensuite jusqu’à ce qu’il soit froid,, pour le rendre bien intime. Si la
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chaleur s’élève jusqu’à -h 200 degrés, pendant la digestion, il se forme du mercure métallique et de l’oxide mercurique. Si l’on chauffe encore davantage^ la réduction devient complète. Suivant Donovan, chaque once de cette masse contient 2 1 grains d’oxide mercureux dissous par la graisse; le reste ne s’y trouve qu’en sim- |)le mélange.
Les sels mercuriques exercent la même action que les sels mercureux, mais avec beaucoup plus de rapidité et souvent avec une violence telle, qu’ils deviennent des poisons dangereux, dont l’usage comme médicamens , quoique indispensable, exige la plus grande • circonspection. Les doreurs et les miroitiers tombent quelquefois, après avoir été exposés pendant des années aux vapeurs de mercure métallique, dans un état particulier de faiblesse du système musculaire , qui est accompagné d’un tremblement continuel de tous les muscles soumis à la volonté, et qu’on parvient rarement à guérir. Il est donc de la plus haute importance que ces personnes évitent, autant que possible, de toucher le métal avec les mains nues, et que les vapeurs mercurielles soient conduites hors des ateliers : pour atteindre ce dernier but, d’Arcet a inventé un fourneau particulier, à l’aide duquel les vapeurs, après avoir été conduites au-dehors, se condensent de manière qu’on perd très-peu de mercure.
g. Du cuivre.
Le cuivre est un des métaux les plus répandus. On le trouve tantôt à l’état natif, cristallisé en cubes, ou en octaèdres réguliers, et le plus souvent en cristaux dendritiques; tantôt uni au soufre, ou à l’oxigène; tantôt à l’état de sulfate, d’arséniate, de carbonate, de phosphate ou de silicate cuivrique. C’est ordinairement le sulfure qu’on exploite. Les mines riches de l’Amérique septentrionale et de la Sibérie renferment souvent de grandes quantités de cuivre natif. La principale mine de cuivre
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