ALLIAGES d’ÉTAÎN
Si Ton abàiîdonne cet aüia^e à un refroidissement lent, i’étain se sépare du cuivre. Aussi lorsqu’on brise le bouton après la fonte des canons, ou remarque que la surface de la cassure présente un mélange purement mécanique d’étain et de cuivre, et quand on chauffe la masse jusqu’au point de fusion de‘ Tétain, celui-ci s’écoule, et il reste une masse poreuse, qui est du cuivre contenant moins d’étain. Par une plus grande quantité d’étain, par exemple 20 à ^5 pour cent, la masse devient élastique, sonore et cassante : on l’emploie alors pour faire les cloches. Refroidi lentement, cet alliage durcit. Si on le plonge incandescent dans l’eau, il devient mou, susceptible d’être tourné, et se laisse forger à une température voisine de la chaleur rouge. Une proportion d’étain plus forte encore donne un métal blanc, argentin, qui prend le poli, et dont on se sert pour la confection des miroirs métalliques. L’addition d’un peu d’arsenic améliore le métal des miroirs, qui est ordinairement formé de trois parties de cuivre, d’une d’étain et d’un peu d’arsenic; ou bien de deux parties de cuivre, d’une d’étain et d’un seizième d’arsenic. Little prescrit Sa parties de cuivre, 4 tl^ laiton (fil à faire les épingles), 16 4 d’étain et ï * d’arsenic. Le mélange fondu est granulé, puis fondu une seconde fois. Quoique l’étain précipite le cuivre de ses dissolutions dans les acides, cependant ou peut précipiter i’étain sur du cuivre, et recouvrir ce dernier d’étain, ainsi que le prouve l’étamage des épingles. On dissout de l’étain tlans un mélange d’une partie de surtartrate potassique, de deux d’alun, de deux de sel marin et d’une certaine quantité d’eau, et on y introduit les épingles. Quelque temps qu’on laisse les épingles dans cette liqueur, elles ne s’étament pas; mais, si l’on y met un petit morceau d’étain, toutes les épingles, qui sont en contact les unes avec les autres, s’éîament. Si aucune épingle n’est touchée par l’étain, l’étamage ne s’opère pas. On s’aperçoit aisément que c’est là un phénomène électrochimique, dû au contact de l’étain avec le cuivre. L’étamage réus-
DI] PI.OMB.
slt aussi avec de raluo sans tartre; mais la couleur des épingles devient d’un blanc mat, semblable à celui de l’argent, dont la surface a été affinée par l’ébullition avec le tartre. On peut, à l’aide du procédé suivant, étamer de petits objets en fer, en cuivre ou en laiton : on mêle de l’alun, du tartre et du sel marin dans la proportion qui vient d’être indiquée; on ajoute au mélange un peu de sulfate ou de chlorure stanneux; puis on met une petite bande de zinc en contact avec l’objet qu’on veut étamer, et on les introduit tous deux dans la liqueur. Après quelques momens, l’étamage est achevé, surtout quand la liqueur a été employée à chaud. Si la surface est mate, et qu’on veuille la rendre brillante, il suffit de la frotter avec un linge, après l’avoir lavée avec de l’eau. Cet étamage empêche les métaux de s’oxider à l’air.
L’utilité de l’étain pour la fabrication de différons ustensiles de ménage est généralement connue (^voyez h cet égard les alliages du plomb avec l’étain). Son peu de solubilité dans les acides faibles, le rend très-propre à en hiire des plats et des assiettes, et on s’en sert dans les pharmacies pour les vaisseaux destinés à opérer les cuissons. A l’état métallique, les médecins l’administrent, sous forme pulvérulente, comme vermifuge; ses combinaisons avec le chlore sont très-importantes en teinture.
i3. Du Aplomb.
Le plomb est, comme l’étain et le cuivre, un des métaux les plus anciennement connus; il en est déjà fait mention dans les livres de Moïse. Dans la nature, on le rencontre ordinairement en combinaison avec le soufre, constituant \à galerie ; quelquefois on le trouve aussi à l’état d’oxide, et assez souvent combiné avec les acides, comme base de sels.
En grand, on obtient le plomb principalement dans l’extraction de l’argent de la galène argentifère. Dans quelques endroits de l’Angleterre, on exploite une ga-