OXIDES DE PLOMB
spécifique est de ii,445; celle du plomb impur ne s’élève qu’à 11,352. Elle n’augmente pas par le martelage. Le plomb peut être réduit en lames minces, mais il a peu de ténacité. Un fil de — de pouce d’épaisseur se rompt déjà quand on y suspend un poids de vingtneuf livres et demie. Le plomb fondu se fige, d’après Creighton , à + 3^2 degrés, et sa température ne s’élève pas, comme celle de l’étain et du bismuth, au moment de la solidification. Chauffé au rouge blanc, il entre en ébullition, et commence à se volatiliser; si on le laisse refroidir lentement, il cristallise en pyramides . à quatre faces ou en octaèdres. Le meilleur dissolvant du plomb est l’acide nitrique; mais quand on ajoute à ce dernier de l’acide sulfurique, il ne dissout, pour ainsi dire, point de plomb : l’acide hydrocbloriquc diminue aussi le pouvoir dissolvant de l’acide nitrique ; cela tient à ce qu’il se forme dans les deux cas des combinaisons très-peu solubles.
Oxides de plomb. Le plomb a quatre degrés d’oxidation : un sousoxide, un oxide et deux suroxides. Son affinité pour l’oxigène n’est pas assez forte pour qu’il puisse décomposer l’eau , en se dissolvant dans les acides.
I ° Sousoxide de plomb. Il se forme quand le plomb reste exposé à l’air. L’éclat du métal disparaît peu à peu , et il se couvre d’une pellicule de couleur bleiie grisâtre qui devient de plus en plus foncée. Si l’on tient le plomb à une température élevée, qui cependant ne suffit pas pour le faire entrer en fusion, cette pellicule augmente d’épaisseur, et finit par devenir d’un noir grisâtre. Si l’on chauffe le métal, jusqu’à ce qu’il soit fondu, la pellicule s’oxide à l’instant même, et prend une couleur jaune brunâtre. On obtient ce sousoxide en plus grande quantité, lorsqu’on soumet l’oxalate plombique à la distillation sèche : il se dégage un mélange de gaz oxide et acide carboniques, et il reste dans la cornue une poudre d’un gris foncé. Ce mode de préparation a été découvert par Dulong. Les propriétés chimiques e£
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I'jS OXIDES DE PLOMB.
la composition de ce sousoxide n’ont point été examinées.
Oxide plombique. On l’obtient quand du plomb fondu s’oxide à l’air, ou quand on dissout du plomb dans l’acide nitrique, qu’on évapore la dissolution jusqu’à siccité, et qu’on calcine le résidu dans un creuset de platine. Sa couleur est jaune; mais il donne une trace jaune rougeâtre ou presque rouge quand on le raie, et se réduit, par la trituration, en une poudre jaune rougeâtre. Les sels plombiques , qui sont décomposés par l’action du feu, saris être fondus, par exemple le sous^ nitrate et l’oxalate, donnent un oxide pulvérulent d’une couleur jaune de soufre très -belle, qui passe au rouge par la trituration. On l’appelait autrefois massicot, Houtou-Labillardière a trouvé qu’en dissolvant de l’oxide plombique dans la soude caustique, et abandonnant la dissolution, pendant quelques mois, à l’action de l’air, l’oxide cristallisait sous forme de dodécaèdres réguliers, blancs et demi - transparens , qui n’étaient pas altéi'és par l’action de la chaleur rouge, et qui, par conséquent, ne contenaient point d’eau. En examinant ces cristaux, il a trouvé qu’ils consistaient en oxide plombique pur. Si l’on précipite le nitrate ou l’acétate plombique par l’hydrate potassique, et qu’on fasse digérer le précipité avec un léger excès d’hydrate, celui -ci enlève tout l’acide au soussel qui s’est formé, et dissout une petite portion d’oxide. Le résidu est de l’hydrate plombique; cet hydrate est blanc, et contient 92,5 parties d’oxide plombique et 7,5 d’eau, qui renferment l’un et l’autre les mêmes quantités d’oxigène.
D’après les expériences de Guyton-Morveau , l’oxide plombique est soluble dans l’eau pure, mais insoluble dans une eau qui contient la moindre trace de sel. Si l’on verse de l’eau distillée dans un vase de plomb, et qu’on l’y laisse pendant quelque temps , le plomb est attaqué 5 et l’eau acquiert la propriété d’exercer une faible action alcaline sur le papier de tournesol rougi ; elle brunit quand on y fait arriver du gaz sulfide by-