‹ Traité de chimie minérale, végétale et animale (volume 5)Chapitre 58 sur 95 · DI CA DM IL* M · texte numérisé non relu

DI CA DM IL* M

la portion de métal qui distille la première, la dissoudré ensuite dans l’acide suifurique, et la purifier par la méthode qui a déjà été indiquée.

Le cadmium a la couleur de l’étain; il est brillant, et susceptible d’un beau poli. Sa cassure est fibreuse; il cristallise facilement en octaèdres réguliers, et en se solidifiant, sa surface se couvre d’arborisations en feuilles de fougère. Il est mou , facile à ployer, à limer et à couper, et tache comme le plomb, les corps qui le touchent; il est plus dur et a plus de ténacité que l’étain. Lorsqu’on le ploie, il fait entendre un cri comme l’étain. Il est très- ductile, et l’on parvient aisément à le tirer en fils, et à le réduire, par le marteau, en feuilles trèsminces, sans qu’il se fendille sur les bords; cependant Faction prolongée du marteau y produit de petites fissures. Hérapatlî indique, comme un signe propre à faire juger de sa pureté, qu’il puisse être coupé avec des tenailles incisives, sans que la partie moyenne se brise; si elle se rompt, il contient de l’étain. Sa pesanteur spécifique, à l’état fondu, est de 8,6o4 à -f- i6,5 degrés, et de 8,6944 quand il a été martelé.

Il est très-fusible el se liquéfie bien au-dessous du rouge. A une température qui paraît dépasser de peu le point d’ébullition du mercure, il bout et distille sous forme de gouttes. Les vapeurs de cadmium n’ont point d’odeur particulière.

De même que l’étain, il n’éprouve aucune altération à l’air, et ce n’est qu’au bout de quelque temps qu’il se couvre d’une pellicule grisâtre, d’un aspect demi -métallique. Si on le chauffe à l’air libre, il s’enflamme facilement , et brûle en répandant une fumée jaune brunâtre, et déposant un enduit jaune sur les corps environnans. Celte fumée n’a point d’odeur spéciale.

Le cadmium est du nombre des métaux qui se dissolvent dans les acides , avec dégagement de gaz liydrogène; cependant cela n’arrive qu’avec- les acides puissans, et à l’aide de la chaleur. Les dissolutions sont incolores. D’après Hérapath , le chromate potassique ne les trouble pas, et quand il y fait naître un

SULFURE CADMIQUE. Î9^

précipité, c’est une preuve qu’elles contiennent du zinc ou du plomb.

Oxide cadmique. On ne connaît au cadmium qu’un seul oxide, qu’on obtient par la combustion du métal; ou bien en précipitant une dissolution d’oxide cadmique par un carbonate alcalin , lavant et calcinant le précipité. La couleur de l’oxide cadmique varie suivant son état d’agrégation; elle est d’un jaune rougeâtre foncé, d’un brun clair, d’un brun foncé, ou même noire. Sa pesanteur spécifique est de 8,i83. Il n’est point fusible et ne se volatilise pas à une très -haute température : mais quand on le mêle avec du charbon en poudre, il paraît se volatiliser, même à l’aide d’une chaleur modérée, à cause de la facilité avec laquelle il se réduit, et parce que le métal volatilisé s’enflamme et reproduit de l’oxide, en brûlant à l’air libre. Quand on soumet le cadmium, dans un matras de verre à long col, à une légère ébullition long-temps prolongée, on obtient, d’après Hérapath , de l’oxide cadmique cristallisé en aiguilles purpurines, opaques, et groupées en forme de rayons. L’oxide cadmique est insoluble dans l’eau; mais il forme avec elle un hydrate que l’on obtient en le précipitant , par un alcali caustique , de sa dissolution dans un acide, \2hjdra te cadmique est blanc, perd son eau par l’action de la chaleur, et absorbe de l’acide carbonique quand on le conserve dans des vaisseaux ouverts. Les alcalis caustiques fixes ne le dissolvent pas; mais il 'est soluble dans l’ammoniaque. L’oxide cadmique anhydre, sur lequel on verse de l’ammoniaque, devient d’abord blanc, et se dissout ensuite. Si l’on chasse l’ammoniaque par l’évaporation , l’oxide se dépose à l’état d’hydrate mucilagineux. Le carbonate ammonique ne le dissout pas : aussi se sert-on de ce sel pour débarrasser l’oxide cadmique de l’oxide zincique qu’il peut contenir, et qui en est dissous.

L’oxide cadmique est composé de 8'7,/j5 parties de cadmium et ts4,55 d’oxigène; ou loo parties de métal y sont combinées avec i4,35i d’oxigène.

Sulfure cadndque. Le cadmium se combine avec le

îq6 alliages de cadmium.

soufre par la voie humide et par la voie sèche. Le gat sulfide hydrique forme, dans les dissolutions de cadmium, un précipité de belle couleur jaune ou rouge de feu, qui ressemble un peu à l’orpiment; il s’en distingue toutefois en ce qu’il ne se rassemble point en flocons, et par la facilité avec laquelle il tombe au fond de la liqueur. Par la voie sèche, on obtient cette combinaison moins facilement, en fliisant fondre du cadmium avec du soufre , qu’en calcinant un mélange d’oxide cadmique et de soufre.

Le sulfure cadmique est fixe. Il n’entre en fusion qu’au rouge blanc naissant, et il cristallise, pendant le refroidissement, en lames micacées , demi -transparentes, d’une belle couleur citrine. Tant qu’il est chaud, sa couleur paraît d’un rouge cramoisi foncé; mais elle passe au jaune par le refroidissement. A froid, il est dissous par l’acide hydrochlorique concentré, avec dégagement de gaz sulfide hydrique, sans dépôt de soufre; mais l’acide étendu le dissout difficilement, même à l’aide de la chaleur. Réduit en poudre fine, il donne une couleur rouge de feu, d’une beauté remarquable, qui peut devenir d’un grand prix pour la peinture, tant à l’huile qu’à Taquarelie , et qui donne de très-belles nuances de vert quand on la mêle avec des couleurs bleues.

Le sulfure cadmique est composé de 77,60 parties de métal et 22,40 de soufre; ou de loo du premier et de 28,866 du second.

Phosphure de cadmium. Le phosphore se combine facilement avec le cadmium ; le phosphure qui en résulte est gris, doué d’un faible éclat métallique, cassant et très-peu fusible. Chauffé, en vases ouverts, il brûle avec une flamme phosphorique très-vive, et se transforme en phosphate cadmique. Il se dissout dans l’acide hydrochlorique , avec dégagement de gaz phosphure d’hydrogène.

Alliages de cadmium. Le cadmium s’unit aisément à d’autres métaux , et forme avec eux des alliages cassans. Quand on expose ces alliages à une très- haute

ALLIAGES DE CADMIUM. 197

température , le cadmium se volatilise. Ils ont été peu étudiés. '

Le cadmium forme avec le platine une combinaison très-peu fusible , d’un blanc argentin , et cassante. Cent parties de platine en retiennent, à la chaleur rouge, i 17,3 de cadmium : ainsi, dans cet alliage, les deux métaux exigent la même quantité d’oxigène pour passer à l’état d’oxides.

Le cadmium donne avec le cuivre un alliage blanc, tirant un peu sur le jaune, et cassant. Quelques centièmes de cadmium suffisent pour rendre le cuivre cassant. Cent parties de cuivre en retiennent, à la chaleur rouge, 82,2 de cadmium; proportion voisine de celle dans laquelle les deux métaux absorbent la même quantité d’oxigène pour se transformer, le cuivre en oxide cuivreux, le cadmium en oxide cadmique. Si l’on chauffe l’alliage jusqu’au point de fusion du cuivre, le cadmium distille en totalité.

Le cadmium s’unit aisément au mercure^ et forme avec lui un amalgame d’une belle couleur blanche argentine, qui cristallise en octaèdres. Les cristaux tombent au fond du mercure, et ont, par conséquent, une pesanteur spécifique plus grande que celle de ce dernier; ils se liquéfient déjà à + 76 degrés. L’amalgame saturé de cadmium est formé de 21,74 parties de cadmium et de 78,26 de mercure : les deux métaux s’y trouvent donc combinés en proportion telle, qu’il leur faudrait une égale quantité d’oxigène pour se transformer, l’un en oxide mercureux, l’autre en oxide cadmique.

Le cadmium n’étant découvert que depuis fort peu de temps, on n’a pas encore pu en tirer grand parti. Si l’on parvient à s’en procurer des quantités un peu considérables , sa malléabilité pourra le rendre utile dans les usages ordinaires de la vie. Il est présumable que la première application qu’on fera de ce métal , consistera à l’employer, à l’état de sulfure, comme couleur à l’usage des peintres. On a commencé à se servir en médecine du sulfate cadmique , comme re-

DÜ ZI IS G.

mède contre les maux d’yeux; mais il n’est pas bien décidé si l’on doit le préférer aux sels zinciques, par lesquels on le remplace souvent dans les circonstances ois l’on prescrit des dissolutions de cadmium»

i5. Du zinc.-

Le zinc était déjà connu des Anciens, surtout la miné' de zinc qu’on appelle calamine, et dont on s’est servi de très-bonne heure pour pix^parer du laiton, en l’unissant au cuivre. Les Grecs donnaient à ce minerai le nom de caclmia, en mémoire de Cadmus, qui leur avait enseigné le premier à s’en servir. I^a dénomination de zinc a été introduite par Paracelse, au commencement du seizième siècle. Le zinc paraît avoir été reconnu comme métal particulier, à l’époque oii il fut apporté de la Chine; car ce n’est que vers le milieu du siècle précédent qu’on a découvert les moyens de le tirer des minerais qui existent en Europe. Déjà, en 174^1 Svab fît, en Suède, des essais pour l’extraire de la blende grillée, par la distillation avec du charbon en poudre; mais le produit ne couvrit pas les frais de l’entreprise.

J.e zinc n’a pas encore été trouvé à l’état natif; la nature nous l’offre, soit combiné avec le soufre dans le minerai connu sous le nom de blende, soit uni à la^ silice ou à l’acide carbonique, constituant la calamine, soit enfin à l’état de sulfate zincique.

Pour obtenir du zinc à l’état métallique, on est obligé d’employer un autre appareil de réduction que ceux dont j’ai parlé jusqu’à présent, parce qu’il se volatilise à une forte chaleur rouge. Autrefois on grillait la calamine, on la mêlait avec du charbon en poudre, on introduisait le mélange dans de grands creusets coniques, dont le fond était muni d’un tuyau en fer, qui passait à travers une ouverture pratiquée dans la grille du fourneau, et s’ouvrait au-dessus d’un récipient contenant de l’eau. L’ouverture supérieure du creuset était fermée avec de l’argile, et l’on élevait la température jusqu’au

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