‹ Traité de chimie minérale, végétale et animale (volume 5)Chapitre 63 sur 95 · ALLIAGES DF. ZINC · texte numérisé non relu

ALLIAGES DF. ZINC

par l’alcali avant le zinc, qui reste; si on le lave avec de Tacide hydrochlorique, c’est le zinc qui est dissous le premier, et le laiton devient rouge. Parties égales de zinc et de cuivre, ou une partie du premier et quatre du second, donnent un alliage d’un jaune plus foncé, qui ressemble à l’or, et qu’on appelle pour cela similor. Cet alliage est malléable, même à la chaleur rouge, et il le devient encore davantage en y faisant entrer un peu d’acier fondu. On connaît sous les noms de tomback, pinschbeck, etc., plusieurs autres alliages de zinc et de cuivre. A cette occasion, je vais faire connaître une méthode employée en Angleterre, pour transformer la surface du cuivre en laiton, de manière à produire une fausse dorure. On fait bouillir une partie de zinc et douze parties de mercure avec de l’acide hvdrochlorique, du tartre brut et de l’eau; on introduit dans cette liqueur le cuivre, dont la surface a été préalablement bien décapée, au moyen de l’acide nitrique. Dans ce cas, il n’est pas facile d’expliquer en vertu de quelle affinité le cuivre précipite le zinc , contrairement à l’ordre ordinaire; cependant elle paraît être la suite d’une action électrique , que la présence du mercure met en jeu.

Suivant Cooper, un mélange de seize parties de cuivre, d’une de zinc et de sept de platine, donne un laiton qui ressemble tellement à l’or de seize carats (ou qui contient -f d’or pur), qu’on peut l’employer avec avantage pour ornemens. Il est très - malléable , et quand il ne contient point de fer, on peut le réduire en feuilles minces, et l’étirer en fils déliés; mais — de fer suffît pour lui enlever une grande partie de sa malléabilité. Il ne change point à l’air, et l’eau-forte ordinaire ne l’attaque pas, à moins qu’on ne la chauffe jusqu’à l’ébullition. Pour le préparer, on fait d’abord fondre le mélange de cuivre et de platine sous une couche de charbon pulvérisé, et avec du borax comme flux; puis on retire le mélange du feu, et on y ajoute le zinc, en remuant la masse.

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Le zinc augmente la dureté du plomb y et le rend plus^ apte à recevoir le *poli. Ces deux métaux s’allient en toutes proportions, et ils conservent leur malléabilité, meme quand la quantité de zinc est le double de celle du plomb.

Le zinc forme, avec X étain y un alliage peu ductile mais dur et sonore. On prétend qu’il entre du zinc dans le pewter des Anglais.

Le zinc et le bismuth n’ont pas pu être alliés.

Le zinc sert à la fabrication du laiton ; à l’état de feuilles laminées il est employé aux mêmes usages que le plomb et le cuivre. Quelques tentatives qu’on a faites, dans ces derniers temps, pour l’employer à la confection des ustensiles de cuisine, n’ont pas réussies, parce qu’il est attaqué de suite par les acides libres. J’ai déjà parlé, en traitant de l’électricité, du parti qu’on a tiré de ce métal pour produire des phénomènes électriques.

L’oxide et les sels zinciques sont employés en médecine, soit à l’extérieur, soit à l’intérieur. Les préparations de zinc, administrées intérieurement, agissent avec beaucoup d’efficacité comme fortifians , astringens et antispasmodiques. Le sulfate zincique est un vomitif, dont l’action est rapide et sure : on en fait prendre, suivant les circonstances, depuis quinze jusqu’à soixante grains. A l’extérieur on emploie, soit l’oxide zincique, soit les dissolutions de sulfate, soit des emplâtres d’oxide zincique et de plomb, comme moyens dessiccatifs, forlifians et astringens.

i6. Du nickel.

Ce métal est très-peu répandu dans la nature. Combiné avec l’arsenic et mêlé avec un peu de fer, de cuivre et de cobalt, il forme un minéral particulier, le nickel arsenical. Quelquefois on le rencontre à l’état, soit d’oxide, soit d’arséniate niccolique. En Suède, on l’a trouvé à Loos , dans l’Helsingland , combiné avec le

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soufre et l’arsenic, et dans la mine de cuivre de Kuso, près de Falilun, où, d’après Gahn, il entre dans la composition d’une pyrite sulfureuse compacte. En outre, ce métal ne manque presque jamais dans les pierres météoriques.

Sa combinaison la plus ordinaire avec l’arsenic a la couleur du cuivre métallique ; et comme les mineurs allemands, qui les premiers la trouvèrent, essayèrent vainement d’en extraire du cuivre, ils lui donnèrent le nom de faux cuivre (kupfer-nickel ). Le célèbre minéralogiste suédois Cronstedt découvrit, en ly^i, que ce minéral contenait un métal particulier, qu’il appela nickel; découverte que Bergman confirma plus tard par des expériences nombreuses et faites avec beaucoup de soin.

On n’extrait point en grand le nickel de ses minerais. Pour l’obtenir, il faut opérer en petit, et le séparer des métaux étrangers qui l’accompagnent; ce qui n’est pas sans difficultés. On a pour cela un grand nombre de procédés, dont la plupart ne donnent que des résultats fort imparfaits. La purification du nickel se partage en deux opérations principales : l’une, qui consiste a le débarrasser de l’arsenic; l’autre, qui comprend la séparation des métaux dont les oxides jouent le rôle de bases, et parmi lesquels le cobalt , qui accompagne constamment le nickel, est le plus difficile à séparer.

Pour extraire le nickel on prend , tantôt du nickel arsenical , qui provient principalement de Schneeberg en Saxe; tantôt un produit d’usine qu’on obtient dans cet endroit, et que l’on rencontre, dans le commerce, sons le nom de speiss. Ces deux substances contiennent principalement de l’arsenic et du nickel. On réduit le minerai de nickel en poudre, et on le grille, d’abord seul , puis avec du charbon en poudre ; on répète ce traitement en mêlant la mine à cbaque grillage avec une nouvelle quantité de charbon en poudre, jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus de vapeurs arsenicales par l’effet de la chaleur. Plus le grillage est complet, et

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